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Agriculture · Fiche AGRI-EQ-107

AGRI-EQ-107 : isoler les parois d’une serre chauffée, la fiche CEE qui se compte en milliers de mètres carrés

Sur une serre chauffée, les parois latérales forment une immense surface d’échange avec l’extérieur. La fiche AGRI-EQ-107 valorise leur isolation à hauteur de 170 kWh cumac par m² de serre maraîchère et 92 kWh cumac par m² de serre horticole. Périmètre, matériaux admis, calcul, exemples et pièces à fournir : décryptage complet.

Secteur
Agriculture
Version applicable
v. A38-1
Durée de vie conventionnelle
15 ans

L'essentiel

  • Opération couverte : isolation latérale des parois de serres chauffées, en ajout ou en remplacement des parois en plastique ou en verre.
  • Barème : 170 kWh cumac par m² de serre équipée en maraîchage, 92 kWh cumac par m² en horticulture. La surface retenue est celle de la serre, pas celle des parois.
  • Six familles de parois admises : polycarbonate, PMMA, double vitrage de verre, panneau sandwich, double paroi verre-ETFE, double paroi ETFE. Les doubles parois affichent un U ≤ 3 W/m².K.
  • L’isolation couvre la totalité des parois de la serre et la pose est réalisée par un professionnel.
  • La preuve de réalisation mentionne le type de paroi, la marque et la référence, la valeur U et la surface équipée ; à défaut, un document du fabricant ou d’un organisme accrédité complète la facture.

Ce que couvre la fiche AGRI-EQ-107

La fiche AGRI-EQ-107 est une fiche d’opération standardisée du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE). Sa dénomination officielle tient en une phrase : « mise en place d’une isolation latérale, au niveau des parois de serres chauffées, le cas échéant en remplacement des parois en plastique ou en verre ». Chaque mot compte. L’opération vise les parois latérales, et non la toiture. Elle concerne des serres chauffées, autrement dit des bâtiments où chaque calorie qui s’échappe a d’abord été payée. Et elle peut prendre deux formes : l’ajout d’une isolation sur une paroi existante, ou le remplacement d’une paroi en plastique ou en verre par une paroi isolante.

Le code se lit en trois blocs. AGRI désigne le secteur d’application, l’agriculture. EQ signifie équipement : la fiche porte sur la mise en place d’un élément matériel sur le bâtiment, ici la paroi isolante. Le nombre 107 est le rang de la fiche dans cette famille. La version en vigueur est la A38-1, applicable aux opérations engagées à compter du 31 juillet 2021, et la durée de vie conventionnelle retenue pour le calcul des certificats est de 15 ans.

Le principe : une seconde peau sur les flancs de la serre

Une serre est conçue pour laisser entrer la lumière, ce qui en fait aussi un bâtiment qui laisse sortir la chaleur. Sur une serre chauffée, les parois latérales constituent une surface d’échange considérable avec l’air extérieur, et une paroi simple, film plastique ou verre simple, freine très peu la chaleur. Isoler ces flancs revient à poser une seconde peau qui ralentit le transfert thermique entre l’intérieur chauffé et l’extérieur.

La fiche traduit cette exigence par un indicateur : le facteur de transmission thermique U, exprimé en W/m².K. Il mesure la chaleur qui traverse un mètre carré de paroi pour un degré d’écart entre intérieur et extérieur. Plus U est bas, mieux la paroi isole. Pour les doubles parois, la fiche exige U ≤ 3 W/m².K, valeur évaluée selon la norme NF EN 673 pour le verre et NF EN ISO 6946 pour les autres matériaux.

Autre choix structurant : le barème n’est pas exprimé par mètre carré de paroi posée, mais par mètre carré de serre équipée. C’est la surface de la serre, celle que tout exploitant connaît, qui sert de base au calcul. Cela simplifie le dossier et explique pourquoi les montants grimpent vite : une serre de production se compte en milliers de mètres carrés.

Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu

La fiche s’adresse aux exploitants de serres chauffées : maraîchers, horticulteurs, coopératives ou structures qui exploitent des serres pour leur compte. Elle distingue deux types de culture, et cette distinction pèse directement sur le montant : les serres maraîchères, valorisées à 170 kWh cumac par m², et les serres horticoles, valorisées à 92 kWh cumac par m². La qualification de la serre doit donc être établie sans ambiguïté dès le montage du dossier.

Les installateurs sont concernés au même titre, puisque la fiche impose que la mise en place soit réalisée par un professionnel. Une pose effectuée par l’exploitant lui-même ne permet pas la délivrance des certificats. Plusieurs situations sortent par ailleurs du périmètre.

  • Les serres non chauffées : la dénomination vise explicitement les serres chauffées.
  • La toiture : la fiche parle d’isolation latérale, au niveau des parois. Le toit n’entre pas dans son périmètre.
  • Une isolation partielle : l’isolation doit couvrir la totalité des parois de la serre. Traiter un seul pignon ou une seule façade ne suffit pas.
  • Les matériaux hors liste : seuls le polycarbonate, le PMMA, le double vitrage de verre, le panneau sandwich, la double paroi verre-ETFE et la double paroi ETFE sont admis.
  • Une double paroi dont le facteur U dépasse 3 W/m².K.

Le calcul du montant

Le montant de certificats, exprimé en kWh cumac, s’obtient par une multiplication unique : le coefficient propre au type de culture, multiplié par la surface de la serre équipée, notée S et exprimée en m². Le barème ne fait intervenir aucun autre paramètre : ni zone climatique, ni épaisseur de matériau, ni mode de chauffage.

Le rapport entre les deux coefficients est parlant : 170 divisé par 92 donne environ 1,85. À surface égale, une serre maraîchère génère donc près de 1,85 fois plus de certificats qu’une serre horticole. Le classement du type de culture n’est pas un détail administratif, c’est le premier levier du montant.

Type de cultureMontant en kWh cumac par m² de serre équipéeFormule
Serres maraîchères170170 × S
Serres horticoles9292 × S

Six exemples à des surfaces réalistes

Les serres de production se mesurent rarement en centaines de mètres carrés : une serre maraîchère s’étend couramment d’un demi-hectare à plusieurs hectares, une serre horticole de quelques milliers à une quinzaine de milliers de mètres carrés. Les exemples ci-dessous retiennent ces ordres de grandeur, chaque calcul étant posé en clair.

Deux enseignements. D’abord, la comparaison entre la serre maraîchère de 5 000 m² (170 × 5 000 = 850 000 kWh cumac) et la serre horticole de 8 000 m² (92 × 8 000 = 736 000 kWh cumac) : la première, pourtant plus petite de 3 000 m², produit davantage de certificats, uniquement du fait du coefficient. Ensuite, l’échelle : pour un hectare de maraîchage, une seule opération atteint 170 × 10 000 = 1 700 000 kWh cumac, soit 1 700 MWh cumac, ce qui justifie de soigner chaque pièce du dossier.

CasType de cultureSurface équipée (m²)CalculMontant (kWh cumac)Montant (MWh cumac)
1Maraîchère5 000170 × 5 000850 000850
2Maraîchère10 000 (un hectare)170 × 10 0001 700 0001 700
3Maraîchère30 000 (trois hectares)170 × 30 0005 100 0005 100
4Horticole2 50092 × 2 500230 000230
5Horticole8 00092 × 8 000736 000736
6Horticole15 00092 × 15 0001 380 0001 380

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Les conditions techniques

La fiche pose quatre conditions, cumulatives, et chacune doit pouvoir se lire dans les pièces du dossier.

Un point de vocabulaire : la fiche qualifie le facteur de transmission thermique d’horizontal dans ses conditions et de vertical dans la preuve de réalisation. Dans les deux cas, c’est la performance thermique de la paroi latérale qui est visée.

  • Pose par un professionnel, sans exception.
  • Nature de la paroi : polycarbonate, PMMA (polyméthacrylate de méthyle), double vitrage de verre, panneau sandwich, double paroi verre-ETFE (éthylène tétrafluoroéthylène) ou double paroi ETFE.
  • Couverture intégrale : l’isolation latérale est mise en place sur la totalité des parois de la serre.
  • Performance des doubles parois : U ≤ 3 W/m².K, évalué selon NF EN 673 pour le verre et NF EN ISO 6946 pour les autres matériaux.

Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation

La preuve de réalisation de l’opération, en pratique la facture, est la pièce centrale du dossier. La fiche prévoit deux voies. Dans la voie principale, la facture porte à elle seule l’ensemble des mentions suivantes.

À défaut, la preuve de réalisation doit au minimum mentionner la mise en place d’un isolant latéral, sa marque et sa référence, ainsi que la surface de serre équipée. Elle est alors complétée par un document issu du fabricant ou d’un organisme établi dans l’Espace économique européen et accrédité selon la norme NF EN ISO/IEC 17065 par le COFRAC ou par tout autre organisme d’accréditation signataire de l’accord européen multilatéral pertinent. Ce document indique que le matériau de marque et référence mis en place est un isolant de l’un des six types admis et précise son facteur de transmission thermique vertical.

En pratique, cette seconde voie sauve les dossiers dont la facture a été rédigée sans penser aux CEE : la fiche technique du fabricant apporte le type de paroi et la valeur U qui manquent.

  • La mise en place d’un isolant latéral.
  • Le type de paroi mis en place : polycarbonate, PMMA, double vitrage de verre, panneau sandwich, double paroi verre-ETFE ou double paroi ETFE.
  • La marque et la référence du matériau.
  • La valeur du facteur de transmission thermique vertical de la paroi.
  • La surface de serre équipée.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier AGRI-EQ-107 se contrôle sur pièces, en confrontant la facture et, le cas échéant, le document du fabricant ou de l’organisme accrédité aux exigences de la fiche. Les points de chute se déduisent directement de ces exigences.

C’est le rôle d’un mandataire CEE comme CORE ENERGY de verrouiller ces points avant le dépôt : chaque mention sur la facture, la fiche technique du fabricant quand elle manque, le type de culture et la surface réellement équipée.

  • Facture muette sur la marque et la référence, sans document du fabricant ou d’un organisme accrédité en complément : impossible de rattacher le matériau à une famille admise.
  • Absence de valeur U, sur la facture comme sur le document complémentaire.
  • Double paroi dont le facteur U dépasse 3 W/m².K.
  • Surface de serre équipée absente ou incohérente avec la serre réellement traitée : c’est la variable S, elle conditionne l’intégralité du montant.
  • Isolation partielle : la totalité des parois n’est pas traitée.
  • Type de culture mal qualifié : une serre horticole déclarée maraîchère gonfle le montant de près de 85 % (170 contre 92 kWh cumac par m²) et ne résiste pas au contrôle.
  • Serre non chauffée, ou pose qui n’a pas été réalisée par un professionnel.

Questions fréquentes

Ma serre est fermée par un simple film plastique. Puis-je remplacer les parois latérales par du polycarbonate et bénéficier de la fiche ?

Oui. La dénomination prévoit expressément la mise en place de l’isolation « le cas échéant en remplacement des parois en plastique ou en verre ». Le remplacement des flancs par l’un des six matériaux admis entre dans le périmètre, à condition de traiter la totalité des parois et de respecter les exigences de preuve.

La surface S correspond-elle à la surface des parois posées ou à la surface de la serre ?

À la surface de la serre équipée, en m². Le barème est exprimé par mètre carré de serre, non par mètre carré de paroi. Pour une serre maraîchère d’un hectare, le calcul est simplement 170 × 10 000 = 1 700 000 kWh cumac.

Puis-je isoler uniquement la façade exposée au nord ?

Non. La fiche exige que l’isolation latérale soit mise en place sur la totalité des parois de la serre. Une opération partielle ne permet pas la délivrance des certificats.

Le toit de la serre est-il concerné ?

Non. La fiche AGRI-EQ-107 vise une isolation latérale, au niveau des parois. La toiture n’entre pas dans son périmètre, et le montant se calcule uniquement à partir de la surface de serre équipée et du type de culture.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.