TRA-SE-105 : le recreusage des pneumatiques, une prime CEE qui se compte au pneu
Recreuser un pneu poids lourd, c’est lui redonner de la sculpture au lieu de le remplacer. La fiche TRA-SE-105 valorise chaque pneumatique recreusé à 360 kWh cumac, sans investissement, sans matériel à acheter : seule la taille de la flotte fait le volume. Voici comment fonctionne cette fiche, ce qu’elle exige et ce qu’elle rapporte selon le nombre de pneus traités.
- Secteur
- Transport
- Version applicable
- v. A14-1
- Durée de vie conventionnelle
- 1 an
L'essentiel
- La fiche couvre le recreusage de pneumatiques neufs ou rechapés, réalisé par un professionnel.
- Le montant est forfaitaire : 360 kWh cumac par pneumatique recreusé, multipliés par le nombre de pneus.
- Une même preuve de réalisation regroupe des recreusages étalés sur six mois au maximum.
- La preuve mentionne la nature de l’opération, le nombre de pneus recreusés et la période concernée.
- L’opération n’est pas cumulable avec les fiches TRA-SE-108, TRA-SE-109, TRA-SE-110 et TRA-SE-111.
Ce que couvre la fiche TRA-SE-105
La fiche d’opération standardisée TRA-SE-105, dans sa version A14-1, porte un intitulé sans ambiguïté : « Recreusage de pneumatiques neufs ou rechapés ». Elle appartient au catalogue des opérations éligibles aux certificats d’économies d’énergie (CEE), dont les économies sont chiffrées de façon conventionnelle.
Le code se lit en trois blocs. TRA désigne le secteur du transport, par opposition au bâtiment résidentiel (BAR), au tertiaire (BAT), à l’industrie (IND) ou à l’agriculture (AGRI). SE signifie service : la fiche ne récompense pas l’achat d’un équipement mais une prestation réalisée sur un matériel existant. Le numéro 105 est le rang de la fiche dans la série.
La conséquence est concrète : on ne valorise pas un bien durable mais un geste d’entretien, qui se répète à chaque passage en atelier. La durée de vie conventionnelle retenue par le catalogue est d’ailleurs courte : un an.
Le texte prévoit enfin une règle de non-cumul : l’opération n’est pas cumulable avec les fiches TRA-SE-108 et TRA-SE-109, ni avec TRA-SE-110 et TRA-SE-111.
Le recreusage expliqué simplement
Un pneu poids lourd est conçu avec une réserve de gomme sous la sculpture d’origine. Lorsque les rainures approchent de la limite d’usure, un professionnel équipé d’un outil de recreusage retrace les sillons dans cette réserve, selon le tracé prévu par le fabricant. Le pneu retrouve de la profondeur et repart pour une nouvelle tranche de kilomètres.
L’intérêt énergétique tient à la résistance au roulement. Un pneu usé, à la gomme mince, roule avec une résistance plus faible qu’un pneu neuf ; le recreusage prolonge précisément cette phase de vie où la consommation de carburant est la plus basse. C’est ce gain que la fiche traduit en kWh cumac.
La fiche vise les pneumatiques neufs ou rechapés : un pneu de première monte arrivé en fin de sculpture comme un pneu déjà rechapé. Dans les deux cas, c’est un travail de garage, exécuté pneu par pneu, sans immobilisation lourde du véhicule.
Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu
Le bénéficiaire naturel est l’exploitant de la flotte : transporteur de marchandises, autocariste, gestionnaire de parc en compte propre. Le garage poids lourd ou le spécialiste du pneumatique est l’exécutant : la fiche impose un professionnel, et c’est lui qui produit la preuve de réalisation sur laquelle repose tout le dossier.
Le texte ne limite pas l’éligibilité à un type de véhicule ou à un tonnage. Il fixe deux bornes : la nature de l’opération, et la période portée sur la preuve, qui ne peut pas dépasser six mois.
- Éligible : le recreusage, par un professionnel, de pneumatiques neufs ou rechapés, quel qu’en soit le nombre.
- Non cumulable : toute valorisation au titre de TRA-SE-108, TRA-SE-109, TRA-SE-110 ou TRA-SE-111 pour la même opération.
- Hors champ : un recreusage qui ne serait pas réalisé par un professionnel, ou une campagne étalée sur plus de six mois dans une seule preuve.
Le calcul du montant
La formule est des plus simples : un forfait par pneumatique, multiplié par le nombre de pneumatiques recreusés. Ni coefficient de zone climatique, ni tranche de taille : le montant est strictement proportionnel au volume traité.
Chaque pneumatique recreusé vaut 360 kWh cumac. Une flotte qui recreuse 100 pneus dans la période obtient 100 × 360 = 36 000 kWh cumac. Cette linéarité explique pourquoi la fiche prend tout son sens à l’échelle d’un parc : l’unité de compte n’est pas le camion, c’est le pneu.
| Paramètre | Valeur retenue par la fiche |
|---|---|
| Montant unitaire | 360 kWh cumac par pneumatique recreusé |
| Variable | N = nombre de pneumatiques recreusés |
| Formule | 360 × N |
| Période couverte par une preuve | Six mois au maximum |
| Durée de vie conventionnelle | 1 an |
Exemples chiffrés selon la taille de la flotte
Prenons des flottes de tailles courantes et un nombre de pneus recreusés sur six mois. Ce nombre est une hypothèse de travail, pas une donnée de la fiche : selon les véhicules et le rythme d’usure, un même parc peut recreuser plus ou moins de pneumatiques dans la période.
Un artisan transporteur avec quelques ensembles routiers fait recreuser 40 pneus dans le semestre : 40 × 360 = 14 400 kWh cumac.
Une PME régionale d’une dizaine de véhicules en fait recreuser 120 : 120 × 360 = 43 200 kWh cumac.
Un autocariste ou un transporteur d’une quarantaine de véhicules en fait recreuser 400 : 400 × 360 = 144 000 kWh cumac.
Un groupe de transport ou un loueur de poids lourds en fait recreuser 1 000 : 1 000 × 360 = 360 000 kWh cumac.
Une flotte nationale en fait recreuser 2 500 : 2 500 × 360 = 900 000 kWh cumac.
Chaque preuve couvre au plus six mois, mais rien n’empêche d’en établir une nouvelle pour la période suivante. Une flotte qui recreuse 400 pneus par semestre, deux semestres de suite, totalise 2 × 144 000 = 288 000 kWh cumac sur l’année, en deux dossiers distincts.
| Profil de flotte | Pneus recreusés sur six mois | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|---|
| Artisan transporteur | 40 | 40 × 360 | 14 400 |
| PME régionale | 120 | 120 × 360 | 43 200 |
| Autocariste ou transporteur moyen | 400 | 400 × 360 | 144 000 |
| Groupe ou loueur poids lourd | 1 000 | 1 000 × 360 | 360 000 |
| Flotte nationale | 2 500 | 2 500 × 360 | 900 000 |
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EstimerLes conditions techniques
La fiche tient en trois conditions, toutes vérifiables sur pièces. L’intervenant : le recreusage est effectué par un professionnel, sans que la fiche détaille de qualification particulière. L’objet : des pneumatiques neufs ou rechapés, ce que la preuve doit mentionner expressément. Le calendrier : les recreusages regroupés dans une même preuve s’étalent sur au plus six mois.
La fiche fixe aussi les deux dates qui structurent le dossier. La date d’engagement est la date de réalisation du premier recreusage figurant sur la preuve ; la date d’achèvement, celle du dernier. Particularité notable : l’engagement ne correspond pas ici à la signature d’un devis, mais au premier geste technique.
- Recreusage effectué par un professionnel.
- Pneumatiques neufs ou rechapés.
- Période de recreusage d’au plus six mois par preuve de réalisation.
- Date d’engagement = premier recreusage de la preuve ; date d’achèvement = dernier recreusage de la preuve.
Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation
Tout le dossier repose sur un document : la preuve de réalisation, en pratique la facture ou l’attestation du professionnel qui a recreusé les pneus. Elle mentionne la nature de l’opération, le recreusage de pneumatiques neufs ou rechapés : une facture qui parlerait seulement d’« entretien » ne suffit pas. Elle indique le nombre de pneumatiques recreusés, variable N de la formule. Elle précise enfin la période, avec des dates qui permettent de lire le premier et le dernier recreusage.
La bonne pratique consiste à demander au garage un récapitulatif semestriel qui liste les recreusages, les compte et borne la période : il sert à la fois de preuve et de support pour caler les dates d’engagement et d’achèvement.
- Mention explicite du recreusage de pneumatiques neufs ou rechapés.
- Nombre de pneumatiques recreusés.
- Période de réalisation, ne dépassant pas six mois, avec la date du premier et du dernier recreusage.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Parce que la fiche est simple, les contrôles portent presque exclusivement sur la cohérence de la preuve avec le texte. Le nombre d’abord : le N du calcul doit correspondre exactement au nombre de pneumatiques recreusés inscrit sur la preuve. La période ensuite : si les dates couvrent plus de six mois, la condition n’est pas remplie, et mieux vaut découper une campagne longue en deux preuves successives que de tout rassembler sur un document qui déborde.
Viennent enfin la qualité de l’intervenant et la nature de la prestation : la preuve doit émaner d’un professionnel et désigner sans équivoque un recreusage de pneumatiques neufs ou rechapés. Le contrôle vérifie aussi l’absence de double valorisation avec les fiches TRA-SE-108, TRA-SE-109, TRA-SE-110 et TRA-SE-111.
- Nombre de pneus déclaré différent du nombre porté sur la preuve.
- Période de recreusage supérieure à six mois sur une même preuve.
- Preuve qui ne nomme pas le recreusage ou ne précise pas qu’il porte sur des pneumatiques neufs ou rechapés.
- Dates d’engagement ou d’achèvement incohérentes avec le premier et le dernier recreusage listés.
- Cumul avec l’une des fiches TRA-SE-108, TRA-SE-109, TRA-SE-110 ou TRA-SE-111.
Questions fréquentes
Combien rapporte un pneu recreusé au titre de TRA-SE-105 ?
La fiche fixe un montant forfaitaire de 360 kWh cumac par pneumatique recreusé. Le total d’un dossier s’obtient en multipliant 360 par le nombre de pneus recreusés inscrits sur la preuve de réalisation.
Peut-on regrouper toute l’année dans un seul dossier ?
Non. La période de recreusage couverte par une preuve de réalisation ne peut pas dépasser six mois. Pour une année complète, il faut deux preuves successives et donc deux dossiers.
Quelle est la date d’engagement pour cette fiche ?
C’est la date de réalisation du premier recreusage qui figure sur la preuve de réalisation. La date d’achèvement est celle du dernier recreusage de la même preuve.
Le recreusage peut-il être fait par l’atelier interne de la flotte ?
La fiche exige que le recreusage soit effectué par un professionnel et que la preuve de réalisation en atteste. Le document doit nommer le recreusage de pneumatiques neufs ou rechapés, compter les pneus et préciser la période.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.