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Résidentiel · Fiche BAR-TH-143

BAR-TH-143 : le système solaire combiné, un forfait simple, des conditions éliminatoires

Chauffer la maison et l’eau chaude avec le soleil : c’est ce que récompense la fiche BAR-TH-143. Son barème tient en trois chiffres, un par zone climatique, sans facteur de surface ni de performance. Mais ses conditions sont éliminatoires, et elle ferme la porte aux primes pompe à chaleur et chaudière biomasse. Un foyer doit choisir.

Secteur
Résidentiel
Version applicable
v. A79-6
Durée de vie conventionnelle
20 ans

L'essentiel

  • Un forfait unique par zone climatique : 134 800 kWh cumac en H1, 121 000 en H2, 100 500 en H3, sans facteur de surface ni de performance.
  • Émetteurs basse température obligatoires : plancher, plafond ou murs chauffants, ou radiateurs dimensionnés à un DTnom inférieur ou égal à 40 K selon la norme EN 442.
  • Au moins 8 m² de capteurs hors tout, productivité d’au moins 600 W/m², stockage strictement supérieur à 400 litres, certification CSTBat ou Solarkeymark ou équivalente.
  • Non cumulable avec BAR-TH-171 pompe à chaleur air/eau, BAR-TH-172 pompe à chaleur eau/eau et BAR-TH-113 chaudière biomasse : une seule prime sur le poste chauffage.
  • Durée de vie conventionnelle de 20 ans, la plus longue du résidentiel. Version A79-6 applicable depuis le 1er janvier 2026, opérations engagées jusqu’au 31 décembre 2030.

Ce que couvre la fiche BAR-TH-143

La fiche BAR-TH-143 encadre la mise en place d’un système solaire combiné, ou SSC, destiné au chauffage et à la production d’eau chaude sanitaire d’un logement. Comme toute fiche d’opération standardisée du dispositif des certificats d’économies d’énergie, elle attribue aux travaux un volume forfaitaire exprimé en kWh cumac, l’unité de compte du dispositif.

Le code se lit en trois blocs. BAR désigne le bâtiment résidentiel, par opposition aux fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie ou AGRI de l’agriculture. TH signifie thermique : la fiche porte sur la production de chaleur, non sur l’enveloppe du bâtiment. Le nombre 143 est un simple numéro d’ordre.

La version en vigueur est la A79-6, applicable aux opérations engagées à compter du 1er janvier 2026. La fiche s’applique aux opérations engagées jusqu’au 31 décembre 2030, soit cinq années pleines de visibilité.

Un système solaire combiné, c’est quoi ?

Un chauffe-eau solaire ne fait qu’une chose : chauffer l’eau sanitaire. Un système solaire combiné va plus loin. Les mêmes capteurs, en plus grand nombre, alimentent un ballon qui sert à la fois à l’eau chaude sanitaire et au circuit de chauffage. C’est ce combiné qui donne son nom au système.

Le principe est simple. Des capteurs thermiques chauffent un fluide, qui cède sa chaleur à un ballon de grande capacité. Ce ballon joue le rôle de réserve : il lisse l’écart entre le moment où le soleil donne et celui où la maison a besoin de chaleur. Depuis le ballon, l’eau part vers les émetteurs de chauffage et vers les points de puisage. Un appoint prend le relais quand le soleil ne suffit pas.

La fiche pose une exclusion nette : les capteurs hybrides, qui produisent à la fois électricité et chaleur, sont exclus. Seuls les capteurs thermiques purs entrent dans le champ de BAR-TH-143.

Qui peut en bénéficier ?

La fiche vise le résidentiel, propriétaire occupant ou bailleur. Le vrai filtre n’est pas administratif, il est technique : le système doit être couplé à des émetteurs de chauffage central de type basse température.

La fiche les énumère : planchers chauffants, plafonds chauffants, murs chauffants, ou radiateurs dits basse température dimensionnés à un delta de température nominal, le DTnom, inférieur ou égal à 40 K suivant la norme EN 442. Ce DTnom est l’écart entre la température moyenne de l’eau dans le radiateur et celle de la pièce. Un radiateur qui délivre sa puissance nominale avec une eau à 60 °C de moyenne dans une pièce à 20 °C est exactement à la limite : 60 moins 20 égale 40 K. Au-delà, il ne compte plus.

Pourquoi cette exigence ? Parce que le solaire thermique est une énergie à température modérée : un capteur produit d’autant plus qu’il travaille à basse température. La fiche parle d’ailleurs d’optimisation de la valorisation de l’énergie solaire. Cette condition écarte beaucoup de maisons anciennes chauffées par des radiateurs haute température, sauf à les remplacer en même temps ou à passer au plancher chauffant, ce qui change l’ampleur du chantier.

Comment se calcule le montant

Ici, la fiche est d’une simplicité rare. Le volume de certificats ne dépend que d’un paramètre : la zone climatique du logement. Trois zones, trois forfaits.

On cherchera en vain un facteur de surface chauffée, un coefficient de performance du capteur, un bonus lié au volume du ballon ou une modulation selon l’énergie d’appoint. Une maison de 90 m² et une maison de 200 m² situées dans la même zone reçoivent le même volume de certificats. Un capteur très performant et un capteur qui franchit de justesse le seuil de productivité aussi.

Cette absence de curseurs a une logique. Les conditions techniques fixent déjà un plancher : 8 m² de capteurs, un ballon de plus de 400 litres, une productivité minimale. La fiche ne récompense pas d’aller au-delà, elle récompense d’y être. La seule variable, la zone climatique, traduit le fait qu’un système solaire combiné remplace d’autant plus d’énergie de chauffage que l’hiver est long : H1 regroupe les climats les plus rigoureux, H3 les plus doux. Le montant est ainsi connu avant même le devis.

Zone climatiqueMontant de certificats en kWh cumac
H1134 800
H2121 000
H3100 500

Combien ça représente, en vrai

Entre H1, 134 800 kWh cumac, et H3, 100 500 kWh cumac, l’écart est de 34 300 kWh cumac. Rapporté au montant de H3, cela fait environ 34 % de plus pour une maison en H1, puisque 34 300 divisé par 100 500 donne 0,341. Dit autrement, un logement en H3 obtient environ 75 % de ce qu’obtient un logement en H1, puisque 100 500 divisé par 134 800 donne 0,746.

Entre H1 et H2, l’écart est de 13 800 kWh cumac, soit environ 11 % de plus pour H1, puisque 13 800 divisé par 121 000 donne 0,114. Entre H2 et H3, il est de 20 500 kWh cumac, soit environ 20 % de plus pour H2, puisque 20 500 divisé par 100 500 donne 0,204. La marche est donc plus haute entre H2 et H3 qu’entre H1 et H2.

Reste la durée de vie conventionnelle : 20 ans, la plus longue du résidentiel. Le kWh cumac, pour cumulé et actualisé, additionne les économies d’énergie attendues sur toute la durée de vie conventionnelle de l’équipement, en donnant moins de poids aux années lointaines. Plus cette durée est longue, plus le forfait intègre d’années d’économies. Les 134 800 kWh cumac de la zone H1 ne sont donc pas une économie annuelle : c’est un total conventionnel sur deux décennies.

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Non cumulable : le choix à faire avec la pompe à chaleur ou la biomasse

Voici la vraie question. La fiche dit noir sur blanc que l’opération n’est pas cumulable avec les opérations relevant des fiches BAR-TH-171 pompe à chaleur de type air/eau, BAR-TH-172 pompe à chaleur de type eau/eau ou eau glycolée/eau et BAR-TH-113 chaudière biomasse individuelle. Ce sont les trois grandes fiches de chauffage du résidentiel. Un foyer ne peut pas empiler la prime du solaire combiné et celle de l’un de ces générateurs.

Techniquement, rien n’empêche d’associer les deux : un système solaire combiné a besoin d’un appoint, et une pompe à chaleur ou une chaudière à granulés sont des appoints cohérents avec des émetteurs basse température. Le dispositif CEE, lui, ne valorise qu’une seule des deux opérations. Il faut choisir laquelle déclarer.

Le raisonnement se pose en deux temps. D’abord, la maison est-elle éligible au solaire combiné ? Émetteurs basse température, place pour 8 m² de capteurs bien orientés, volume pour un ballon de plus de 400 litres : si une case manque, la prime ira au générateur. Ensuite, si les deux voies sont ouvertes, il faut comparer les volumes de certificats des deux fiches pour la situation précise du logement. Les fiches BAR-TH-171, BAR-TH-172 et BAR-TH-113 ont leurs propres règles ; ce qui compte, c’est le résultat pour ce logement-là.

La clause vise nommément ces trois fiches et ne dit rien des autres opérations du résidentiel. Mais sur le poste chauffage, la règle est claire : une seule prime, un seul choix, et ce choix se fait avant de signer le devis.

Les conditions techniques, une par une

Chaque condition est exigée par la fiche. Aucune n’est facultative, aucune ne se compense par une autre.

  • Le professionnel : titulaire d’un signe de qualité répondant aux exigences de l’article 2 du décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014, pour des travaux relevant du 2° du I de l’article 1er de ce décret, soit le cadre de la qualification RGE. La mise en place est réalisée par un professionnel.
  • Les capteurs : thermiques uniquement. Les capteurs hybrides produisant électricité et chaleur sont exclus.
  • La productivité : supérieure ou égale à 600 W/m² de surface d’entrée, calculée en multipliant le rendement optique mesuré en condition delta T égal à 0 par un rayonnement G de 1 000 W/m². Traduction : un rendement optique d’au moins 0,60, puisque 600 divisé par 1 000 donne 0,60.
  • La surface : la surface hors tout des capteurs installés est supérieure ou égale à 8 m². C’est la surface hors tout qui compte ici, non la surface d’entrée utilisée pour la productivité.
  • Le stockage : un ou plusieurs ballons d’eau chaude solaires dont la capacité est strictement supérieure à 400 litres. Un ballon de 400 litres tout rond ne passe pas ; plusieurs ballons peuvent être additionnés.
  • La certification : CSTBat ou Solarkeymark, ou des caractéristiques équivalentes fondées sur les normes EN 12975-1 et NF EN ISO 9806, établies par un organisme de l’Espace économique européen.
  • Les émetteurs : basse température, planchers, plafonds ou murs chauffants, ou radiateurs à DTnom inférieur ou égal à 40 K selon EN 442.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Chaque condition est éliminatoire. Il n’existe pas de valorisation réduite pour un dossier qui satisfait presque tout : 7,5 m² de capteurs, un ballon de 400 litres ou des radiateurs à 45 K de DTnom sortent du champ de la fiche, sans montant partiel.

Le dossier doit permettre de vérifier chaque point : référence des capteurs et du ballon, surface hors tout installée, capacité de stockage, certificat portant le rendement optique, signe de qualité valide à la date des travaux. La basse température des émetteurs doit être démontrable, par la nature du plancher ou par la fiche technique des radiateurs selon EN 442. Voici les points de chute les plus fréquents.

Le solaire combiné est la fiche la plus lisible du résidentiel sur le plan du montant, et l’une des plus exigeantes sur le plan technique. On connaît le forfait en dix secondes, on sécurise l’éligibilité en plusieurs semaines.

  • Radiateurs existants conservés sans preuve de leur régime basse température.
  • Capteurs hybrides, séduisants sur le papier, mais exclus par la fiche.
  • Ballon de 400 litres exactement, alors que la fiche exige strictement plus.
  • Confusion entre surface hors tout et surface d’entrée.
  • Dossier déposé en parallèle d’une prime BAR-TH-171, BAR-TH-172 ou BAR-TH-113 sur le même logement.
  • Qualification du professionnel absente, expirée ou hors domaine.

Questions fréquentes

Puis-je cumuler la prime BAR-TH-143 avec celle d’une pompe à chaleur air/eau ?

Non. La fiche exclut le cumul avec BAR-TH-171, BAR-TH-172 et BAR-TH-113. Vous pouvez installer les deux équipements, mais une seule opération sera valorisée en certificats. Le choix se fait avant de signer le devis.

Mes radiateurs actuels sont-ils compatibles ?

Seulement s’ils sont dimensionnés à un DTnom inférieur ou égal à 40 K selon la norme EN 442. Les planchers, plafonds et murs chauffants sont admis d’office. Des radiateurs conçus pour de l’eau très chaude doivent être remplacés pour que le dossier soit éligible.

Un ballon de 400 litres suffit-il ?

Non. La fiche exige une capacité strictement supérieure à 400 litres. La capacité de plusieurs ballons d’eau chaude solaires peut en revanche être additionnée.

Le montant dépend-il de la surface de ma maison ou de la qualité des capteurs ?

Non. Le forfait ne dépend que de la zone climatique : 134 800 kWh cumac en H1, 121 000 en H2, 100 500 en H3. Ni la surface chauffée, ni la performance des capteurs au-delà de 600 W/m², ni le volume du ballon au-delà de 400 litres ne le modifient.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.