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Résidentiel · Fiche BAR-TH-129

BAR-TH-129 : jusqu’à 128 320 kWh cumac pour une pompe à chaleur air/air

La fiche BAR-TH-129 valorise la pose d’une pompe à chaleur air/air dans un logement. Le principe paraît simple. En pratique, trois points font la différence entre un dossier payé et un dossier refusé : le plafond de 12 kW, le SCOP de l’équipement et la surface réellement chauffée par la PAC. Voici ce que dit la fiche, ligne par ligne, avec les calculs.

Secteur
Résidentiel
Version applicable
v. A27.3
Durée de vie conventionnelle
17 ans

L'essentiel

  • La fiche couvre la mise en place d’une pompe à chaleur air/air par un professionnel, en appartement ou en maison individuelle.
  • Deux conditions techniques strictes : puissance nominale inférieure ou égale à 12 kW et SCOP supérieur ou égal à 3,9.
  • Le montant de base dépend du type de logement, de la zone climatique (H1, H2, H3) et, en maison, de la tranche de SCOP.
  • Un facteur de surface s’applique ensuite. Il va de 0,5 à 2,5 en appartement et de 0,3 à 1,6 en maison.
  • Seule la surface chauffée exclusivement par la PAC compte. Une pièce qui garde un autre chauffage sort du calcul.

Ce que couvre la fiche BAR-TH-129

La fiche BAR-TH-129 porte un intitulé court : mise en place d’une pompe à chaleur de type air/air. C’est l’équipement que l’on appelle souvent climatisation réversible ou split. Il prend la chaleur dans l’air extérieur et la restitue dans l’air du logement, sans passer par un circuit d’eau.

Le code se lit en trois parties. BAR désigne le secteur du bâtiment résidentiel, c’est-à-dire les logements. TH désigne la famille thermique, celle des équipements de chauffage et de production de chaleur. 129 est le numéro d’ordre de la fiche dans cette famille.

La version en vigueur est la v. A27.3. La durée de vie conventionnelle retenue est de 17 ans. Cette durée sert au calcul des kWh cumac : les économies d’énergie sont comptées sur toute la période, avec une actualisation, d’où le terme « cumulés actualisés ».

Qui peut en bénéficier

La fiche distingue deux types de logements : l’appartement et la maison individuelle. Les montants ne sont pas les mêmes dans les deux cas, et les facteurs de surface non plus. Le type de logement est donc la première information à fixer dans un dossier.

Le bénéficiaire est l’occupant ou le propriétaire du logement dans lequel la PAC est posée. Pour un installateur, cela veut dire que chaque chantier de PAC air/air chez un particulier peut ouvrir un droit à prime, à condition de respecter les critères techniques ci-dessous.

La fiche impose que la mise en place soit réalisée par un professionnel. Une pose par le particulier lui-même, même avec un matériel conforme, ne permet pas de valoriser l’opération.

Comment se calcule le montant

Le calcul se fait en deux temps. On part d’un montant unitaire exprimé en kWh cumac. Il dépend du type de logement, de la zone climatique du logement (H1, H2 ou H3) et, pour une maison individuelle, de la tranche de SCOP de l’équipement. On multiplie ensuite ce montant par un facteur correctif lié à la surface chauffée.

En appartement, il n’existe qu’une seule ligne : SCOP supérieur ou égal à 3,9. En maison individuelle, la fiche sépare deux tranches. Un SCOP de 3,9 à moins de 4,3 donne le premier montant. Un SCOP de 4,3 et plus donne le second.

LogementSCOPH1H2H3
AppartementSupérieur ou égal à 3,921 30017 40011 600
Maison individuelleDe 3,9 à moins de 4,377 90063 70042 500
Maison individuelle4,3 et plus80 20065 60043 700

Les facteurs de surface : appartement et maison ne suivent pas la même grille

Le montant unitaire est corrigé par un facteur qui dépend de la surface chauffée S, exprimée en mètres carrés. Le point qui surprend le plus : la grille n’est pas la même en appartement et en maison. Pour une même surface, le facteur appartement est toujours supérieur ou égal au facteur maison.

En appartement, le facteur démarre à 0,5 et grimpe jusqu’à 2,5 au-delà de 130 m². En maison, il démarre à 0,3 et s’arrête à 1,6. La logique est celle d’un montant unitaire plus faible en appartement, compensé par un facteur plus généreux. À l’arrivée, la maison reste mieux valorisée à surface égale, mais l’écart se resserre sur les grandes surfaces.

La surface de référence est le pivot 60 ≤ S < 70 m² en appartement, avec un facteur de 1. En maison, le facteur 1 se trouve dans la tranche 90 ≤ S < 110 m².

Surface chauffée SFacteur en appartementFacteur en maison
S < 35 m²0,50,3
35 ≤ S < 60 m²0,70,5
60 ≤ S < 70 m²10,6
70 ≤ S < 90 m²1,20,7
90 ≤ S < 110 m²1,51
110 ≤ S ≤ 130 m²1,91,1
S > 130 m²2,51,6

Combien ça représente en vrai : trois exemples complets

Exemple 1. Une maison individuelle en zone H1, équipée d’une PAC air/air de SCOP 4,0, qui chauffe seule une surface de 95 m². Le SCOP est dans la tranche de 3,9 à moins de 4,3, donc le montant unitaire est de 77 900 kWh cumac. La surface est dans la tranche 90 ≤ S < 110, donc le facteur maison est de 1. Résultat : 77 900 × 1 = 77 900 kWh cumac.

Exemple 2. Un appartement en zone H2, avec une PAC de SCOP 4,1, qui chauffe seule 75 m². Le montant unitaire appartement H2 est de 17 400 kWh cumac. La surface est dans la tranche 70 ≤ S < 90, donc le facteur appartement est de 1,2. Résultat : 17 400 × 1,2 = 20 880 kWh cumac.

Exemple 3. Une maison individuelle en zone H3, avec une PAC de SCOP 4,5, qui chauffe seule 140 m². Le SCOP est dans la tranche 4,3 et plus, donc le montant unitaire est de 43 700 kWh cumac. La surface dépasse 130 m², donc le facteur maison est de 1,6. Résultat : 43 700 × 1,6 = 69 920 kWh cumac.

Le maximum théorique de la fiche se trouve en maison, zone H1, SCOP de 4,3 et plus, surface supérieure à 130 m² : 80 200 × 1,6 = 128 320 kWh cumac. En appartement, le maximum est en zone H1 au-delà de 130 m² : 21 300 × 2,5 = 53 250 kWh cumac.

Un dernier calcul pour mesurer l’effet du SCOP en maison. En zone H1, passer de la tranche 3,9 à moins de 4,3 à la tranche 4,3 et plus fait gagner 80 200 moins 77 900, soit 2 300 kWh cumac, avant facteur de surface. C’est moins de 3 % d’écart. Le SCOP fait franchir le seuil d’éligibilité, mais c’est la surface qui fait le montant.

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Les conditions techniques à vérifier avant de poser

Le plafond de 12 kW est la condition la plus souvent oubliée. Il ne s’agit pas d’un seuil qui réduit le montant. C’est une porte : au-dessus, il n’y a aucun droit. Sur une grande maison, la tentation existe de poser un groupe extérieur plus puissant. Si la puissance nominale déclarée selon le règlement dépasse 12 kW, la fiche ne s’applique plus.

Pour l’installateur, le réflexe à prendre est simple : avant le devis, lire la puissance nominale et le SCOP sur la documentation technique du fabricant, et les reporter tels quels sur le devis puis sur la facture.

  • La mise en place est réalisée par un professionnel.
  • La puissance nominale de la PAC air/air est inférieure ou égale à 12 kW. Au-delà, l’opération n’est pas éligible, quel que soit le SCOP.
  • Le coefficient de performance saisonnier (SCOP) est supérieur ou égal à 3,9.
  • La puissance nominale et le SCOP sont déterminés selon le règlement n° 206/2012 de la Commission du 6 mars 2012. C’est cette valeur, et pas une valeur commerciale ou une valeur à une autre température, qu’il faut lire sur la fiche produit.
  • La preuve de réalisation mentionne la mise en place d’une pompe à chaleur air/air, la puissance nominale et le SCOP de l’équipement.
  • À défaut, la preuve mentionne la marque et la référence de l’équipement. Elle est alors complétée par un document issu du fabricant ou d’un organisme accrédité qui donne la puissance nominale et le SCOP.

Le piège du mot « exclusivement »

La fiche précise que la surface S prise en compte est la surface exclusivement chauffée par la pompe à chaleur installée. Ce mot change tout. Il ne suffit pas que la PAC souffle dans une pièce. Il faut que cette pièce ne soit chauffée par rien d’autre.

Cas typique : une maison de 120 m² dont le salon et la cuisine, soit 50 m², reçoivent une unité intérieure, tandis que les chambres gardent leurs radiateurs électriques. La surface à déclarer n’est pas 120 m², mais 50 m². En maison, 50 m² tombe dans la tranche 35 ≤ S < 60, facteur 0,5. En zone H1 avec un SCOP de 4,5, le montant devient 80 200 × 0,5 = 40 100 kWh cumac, au lieu de 80 200 × 1,1 = 88 220 kWh cumac si la PAC chauffait seule les 120 m².

Le chauffage d’appoint est le piège le plus courant. Un poêle, un convecteur laissé en place ou une chaudière encore raccordée aux radiateurs d’une pièce retirent cette pièce du calcul. Si l’objectif est de valoriser toute la surface, il faut que la PAC soit le seul système de chauffage de chaque pièce comptée. Cela suppose souvent plusieurs unités intérieures et la dépose ou la mise hors service des anciens émetteurs.

Pour un dossier solide, la surface déclarée doit pouvoir se justifier pièce par pièce : quelles pièces sont desservies par une unité intérieure, et quelles pièces n’ont plus aucun autre moyen de chauffage.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier BAR-TH-129 est examiné sur pièces par l’organisme qui dépose les certificats, puis peut faire l’objet d’un contrôle sur pièces ou sur site. Les points vérifiés sont ceux de la fiche : équipement, puissance, SCOP, professionnel, surface.

  • Puissance nominale supérieure à 12 kW : le dossier est inéligible, sans réduction possible.
  • SCOP inférieur à 3,9 : même conséquence. Attention à la valeur lue, qui doit être celle déterminée selon le règlement n° 206/2012.
  • Facture sans mention de la puissance nominale et du SCOP, et sans marque ni référence : la preuve de réalisation est incomplète.
  • Marque et référence présentes mais aucun document du fabricant ou d’un organisme accrédité joint : la preuve n’est pas complétée comme la fiche l’exige.
  • Surface déclarée qui inclut des pièces encore chauffées par un autre système : la surface n’est pas « exclusivement » chauffée par la PAC, le facteur est surévalué.
  • Mauvais type de logement ou mauvaise zone climatique : le montant unitaire retenu n’est pas le bon.
  • Pose réalisée sans professionnel : la première condition de la fiche n’est pas remplie.

Questions fréquentes

Ma pompe à chaleur air/air fait 14 kW. Ai-je droit à une prime réduite ?

Non. La fiche BAR-TH-129 exige une puissance nominale inférieure ou égale à 12 kW. Au-dessus de ce plafond, l’opération n’entre pas dans la fiche. Il n’existe pas de montant réduit pour les équipements plus puissants.

Mon équipement affiche un SCOP de 4,3 exactement. Quelle ligne du tableau s’applique en maison ?

La ligne « 4,3 et plus ». La première tranche va de 3,9 à moins de 4,3, donc 4,3 en est exclu. En zone H1, cela donne un montant unitaire de 80 200 kWh cumac au lieu de 77 900, avant application du facteur de surface.

La PAC chauffe le salon, mais les chambres gardent des radiateurs électriques. Quelle surface déclarer ?

Seulement la surface du salon et des pièces où la PAC est le seul chauffage. La fiche parle de surface exclusivement chauffée par la pompe à chaleur installée. Les chambres qui conservent un radiateur sortent du calcul, même si la PAC contribue à les tempérer.

La facture de l’installateur ne mentionne pas le SCOP. Le dossier est-il perdu ?

Pas forcément. La fiche prévoit qu’à défaut, la preuve de réalisation mentionne la marque et la référence de l’équipement, complétées par un document issu du fabricant ou d’un organisme accrédité. Ce document doit faire apparaître la puissance nominale et le SCOP déterminés selon le règlement n° 206/2012.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.