AGRI-TH-117 : déshumidificateur thermodynamique en serre chauffée, 710 kWh cumac par mètre carré
Sur le papier, c’est l’une des fiches les plus simples du catalogue : un montant par mètre carré, une surface, et le compte est fait. Sur un hectare de serre chauffée, le volume dépasse 7 millions de kWh cumac. Mais derrière cette simplicité, la fiche AGRI-TH-117 pose des conditions techniques précises, et un dossier qui les ignore ne vaut rien.
- Secteur
- Agriculture
- Version applicable
- v. A73-3
- Durée de vie conventionnelle
- 17 ans
L'essentiel
- Un barème d’une simplicité rare : 710 kWh cumac par m² de serre équipée, sans zone climatique ni coefficient. Un hectare équipé vaut 710 × 10 000 = 7 100 000 kWh cumac.
- La serre doit être chauffée au sens de la fiche : consigne minimale de chauffage supérieure à 12 °C sur la période de culture. Le hors gel ne suffit pas.
- Unités fixes uniquement, les roulettes sont exclues, pilotées par l’ordinateur climatique et reliées exclusivement au réseau public d’électricité.
- Chaque unité doit dépasser 9 L/h de capacité et 2 L/kWh de performance à 20 °C et 80 % Hr, attesté par un rapport d’essai de laboratoire accrédité ISO 17025, avec photos.
- La version A73-3 vaut pour les opérations engagées depuis le 1er septembre 2025 et avant le 1er septembre 2030. Durée de vie conventionnelle : 17 ans.
Ce que couvre la fiche AGRI-TH-117
La fiche AGRI-TH-117 valorise la mise en place d’un système de déshumidification thermodynamique fixe destiné à gérer l’hygrométrie dans une ou plusieurs serres maraîchères chauffées. Elle appartient au volet agricole des certificats d’économies d’énergie, et sa version en vigueur, A73-3, s’applique aux opérations engagées à compter du 1er septembre 2025.
Le code se lit en trois blocs. AGRI désigne le secteur d’application, l’agriculture, par opposition aux fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie ou BAR du résidentiel. TH signifie thermique : l’opération agit sur le chauffage et le traitement de l’air. Le nombre 117 est un simple numéro d’ordre dans la série.
Deux bornes encadrent le texte : la fiche s’applique aux opérations engagées à compter du 1er septembre 2025 et cesse de s’appliquer aux opérations engagées à partir du 1er septembre 2030. C’est la date d’engagement, et non la date de mise en service, qui compte.
La durée de vie conventionnelle retenue est de 17 ans. C’est elle qui explique en partie le niveau élevé du montant au mètre carré : les économies sont comptées sur toute la vie de l’équipement, puis actualisées, d’où le terme de kWh cumac, pour cumulés et actualisés.
Pourquoi déshumidifier une serre chauffée fait économiser de l’énergie
Une serre chauffée est une machine à produire de l’humidité : les plantes transpirent, le substrat s’évapore, l’irrigation ajoute de l’eau dans l’air. Quand l’hygrométrie monte trop, la condensation apparaît sur le feuillage, avec le cortège de maladies fongiques que tout maraîcher connaît. La méthode traditionnelle pour l’évacuer est aussi simple que coûteuse : on ouvre les ouvrants pour renouveler l’air, et on chauffe pour compenser l’air froid qui entre et faire baisser l’humidité relative. Autrement dit, on jette par le toit la chaleur qu’on vient de payer.
Le déshumidificateur thermodynamique renverse cette logique. Il fonctionne comme une pompe à chaleur : l’air humide passe sur une batterie froide, la vapeur d’eau se condense et est évacuée sous forme liquide, puis l’air séché repasse sur une batterie chaude et retourne dans la serre. L’humidité est traitée sans ouvrir, la chaleur reste à l’intérieur, et l’énergie consommée par le compresseur est en grande partie restituée à l’air. La consommation de chauffage baisse et le climat est plus stable.
C’est ce gain de chauffage, compté sur la durée de vie de l’équipement, que la fiche convertit en kWh cumac. L’exigence d’un pilotage par l’ordinateur climatique n’est pas un détail administratif : c’est lui qui garantit que la déshumidification remplace l’aération au lieu de s’y ajouter.
Qui peut en bénéficier : la serre doit être chauffée au sens de la fiche
La fiche vise les serres maraîchères chauffées, et elle définit précisément le mot chauffée : une serre est considérée comme chauffée lorsque sa température de consigne minimale pour le chauffage est supérieure à 12 °C sur la période de culture.
Cette définition est le premier filtre du dossier. Elle repose sur la consigne, c’est-à-dire le réglage du chauffage, et non sur la température observée un jour donné. Une serre réglée pour maintenir, par exemple, un minimum de 16 °C la nuit pendant la culture entre dans le champ. Une serre simplement maintenue hors gel n’est pas une serre chauffée au sens de la fiche, même si elle dispose d’un générateur de chaleur. Et une consigne fixée exactement à 12 °C ne franchit pas le seuil, puisque la fiche exige une valeur strictement supérieure.
Les exploitations concernées au premier chef sont les producteurs de légumes sous abri chauffé : tomate, concombre, poivron, aubergine, fraise hors-sol, jeunes plants. Une ou plusieurs serres peuvent être traitées dans la même opération, et la fiche précise qu’un bloc de serre est un volume délimité par des parois de serre, ce qui permet de raisonner bloc par bloc. L’installation doit être confiée à un professionnel. Enfin, comme pour toute opération CEE, le mandataire qui valorise les certificats doit être intervenu avant l’engagement : un devis signé avant tout contact avec lui ne peut plus être valorisé.
- Éligible : serre maraîchère dont la consigne minimale de chauffage dépasse 12 °C sur la période de culture.
- Exclu : serre froide, serre en simple hors gel, consigne inférieure ou égale à 12 °C.
- Le raisonnement se fait bloc par bloc, un bloc étant un volume délimité par des parois de serre.
Comment se calcule le montant
Le barème tient en une ligne : 710 kWh cumac par mètre carré, multiplié par S, la surface de serre équipée en m². Aucune zone climatique, aucune tranche de puissance, aucune distinction entre serre verre et serre plastique. Un montant, une surface, un produit.
La seule variable à documenter est donc S : la surface effectivement traitée par le système installé, et non la surface totale de l’exploitation. Si un maraîcher possède trois blocs et n’en équipe que deux, S correspond aux deux blocs équipés. Le montant ne dépend ni du nombre d’unités ni de leur puissance, dès lors que chaque unité respecte individuellement les seuils décrits plus bas.
| Paramètre | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Montant unitaire | 710 kWh cumac par m² | Fiche AGRI-TH-117, point 5 |
| Surface S | Surface de serre équipée, en m² | À justifier dans le dossier |
| Formule | 710 × S | Résultat en kWh cumac |
| Durée de vie conventionnelle | 17 ans | Fiche AGRI-TH-117, point 4 |
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EstimerCombien ça représente en vrai
Le chiffre de 710 kWh cumac paraît modeste tant qu’on raisonne au mètre carré. Il change de dimension dès qu’on le multiplie par la surface d’une serre, qui se compte en milliers de mètres carrés. Posons les calculs.
Un hectare équipé représente 7,1 GWh cumac, un volume rarement atteint par une opération unique sur un seul site. Une coopérative qui accompagne cinq producteurs d’un hectare chacun porte un programme de 5 × 7 100 000 = 35 500 000 kWh cumac. C’est ce qui fait de cette fiche un levier majeur pour la filière, et ce qui explique l’attention portée aux conditions d’éligibilité : les volumes sont trop importants pour qu’un dossier approximatif passe sans être regardé.
- Serre de 3 000 m² : 710 × 3 000 = 2 130 000 kWh cumac, soit 2,13 GWh cumac.
- Serre de 5 000 m² : 710 × 5 000 = 3 550 000 kWh cumac, soit 3,55 GWh cumac.
- Un hectare, soit 10 000 m² : 710 × 10 000 = 7 100 000 kWh cumac, soit 7,1 GWh cumac.
- 2,5 hectares, soit 25 000 m² : 710 × 25 000 = 17 750 000 kWh cumac, soit 17,75 GWh cumac.
| Surface équipée | Calcul | Montant en kWh cumac | En GWh cumac |
|---|---|---|---|
| 3 000 m² | 710 × 3 000 | 2 130 000 | 2,13 |
| 5 000 m² | 710 × 5 000 | 3 550 000 | 3,55 |
| 10 000 m² (1 ha) | 710 × 10 000 | 7 100 000 | 7,1 |
| 25 000 m² (2,5 ha) | 710 × 25 000 | 17 750 000 | 17,75 |
Les conditions techniques : fixe, performant, piloté, prouvé
C’est ici que se joue la conformité. Le système peut être composé d’une ou de plusieurs unités, mais elles doivent être fixes : la fiche dit en toutes lettres que la mise en place d’unités montées sur roulettes n’est pas éligible. En revanche, l’implantation est libre, à l’intérieur ou à l’extérieur de la serre chauffée, avec ou sans gaines aérauliques. Deux contraintes supplémentaires : le système est piloté via un ordinateur climatique, et les unités sont reliées exclusivement au réseau public de distribution d’électricité.
Vient ensuite la performance, mesurée à 20 °C et 80 % d’humidité relative. Chaque unité doit présenter une capacité de déshumidification C supérieure à 9 L/h et une performance R supérieure à 2 L/kWh. R est le rapport entre la capacité en L/h et la puissance électrique absorbée en kW : le nombre de litres d’eau extraits par kilowattheure consommé. Une unité qui condense 12 L/h en absorbant 5 kW affiche un R de 12 divisé par 5, soit 2,4 L/kWh, conforme. La même capacité avec 6,5 kW absorbés donne 12 divisé par 6,5, soit environ 1,85 L/kWh, non conforme. Les seuils s’apprécient unité par unité : une seule unité en dessous fait tomber la condition.
Enfin, la preuve. Les caractéristiques de chaque modèle installé sont attestées par un rapport d’essai établi par un laboratoire certifié par l’ILAC, dont font partie le COFRAC français et l’European accreditation, selon la norme ISO 17025. Ce rapport indique la marque, le modèle ou la référence, la capacité C en L/h et la puissance absorbée en kW à 20 °C et 80 % Hr, et inclut une photo de chaque unité et de sa plaque signalétique. Une fiche commerciale du fabricant ne remplace pas ce rapport.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Installateur | Mise en place réalisée par un professionnel | Devis et facture au nom d’une entreprise |
| Type d’unité | Une ou plusieurs unités fixes, roulettes exclues | Écarter tout matériel conçu comme mobile |
| Pilotage | Via un ordinateur climatique | Prévoir le raccordement dans le devis |
| Alimentation | Reliée exclusivement au réseau public de distribution d’électricité | Aucune autre source |
| Capacité C | Supérieure à 9 L/h à 20 °C et 80 % Hr | À vérifier pour chaque unité |
| Performance R | Supérieure à 2 L/kWh à 20 °C et 80 % Hr | R = capacité en L/h divisée par la puissance absorbée en kW |
| Preuve | Rapport d’essai ISO 17025, laboratoire certifié ILAC | Marque, référence, C, puissance, photos de l’unité et de la plaque |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
La simplicité du barème a une contrepartie : les pièces sont peu nombreuses, donc chacune pèse lourd. Voici les motifs de rejet les plus prévisibles au regard du texte de la fiche.
Le bon réflexe consiste à constituer le dossier avant la commande, pas après la pose : vérifier la consigne de chauffage et savoir comment la prouver, obtenir du fabricant le rapport d’essai ISO 17025 pour la référence exacte envisagée, mesurer la surface des blocs réellement équipés, inscrire le raccordement à l’ordinateur climatique dans le devis. Quand ces points sont calés, le calcul se fait en une ligne et le dossier tient.
- Serre non chauffée au sens de la fiche : consigne inférieure ou égale à 12 °C, simple hors gel, ou consigne impossible à documenter. Le paramétrage de l’ordinateur climatique est la meilleure preuve.
- Unités montées sur roulettes : exclusion explicite, quelle que soit leur performance.
- Rapport d’essai absent ou incomplet : pas de laboratoire accrédité ISO 17025, pas de valeurs à 20 °C et 80 % Hr, pas de photo de l’unité ou de la plaque signalétique. Ou rapport qui ne correspond pas à la référence lue sur la plaque du matériel posé.
- Unité sous les seuils : capacité inférieure ou égale à 9 L/h, ou performance inférieure ou égale à 2 L/kWh, même pour une seule unité du système.
- Absence de pilotage par un ordinateur climatique, ou alimentation autre que le réseau public de distribution d’électricité.
- Surface S surévaluée : surface totale déclarée alors qu’un seul bloc est équipé.
- Opération engagée à compter du 1er septembre 2030, ou mandataire intervenu après l’engagement.
Questions fréquentes
Ma serre est seulement maintenue hors gel l’hiver. Suis-je éligible à l’AGRI-TH-117 ?
Non. La fiche exige une température de consigne minimale de chauffage supérieure à 12 °C sur la période de culture. Une consigne hors gel, ou inférieure ou égale à 12 °C, ne fait pas de la serre une serre chauffée au sens de la fiche, même si un générateur de chaleur est présent.
Puis-je équiper seulement une partie de mes serres ?
Oui. Le montant est calculé sur S, la surface effectivement équipée en m², et non sur la surface totale. Un maraîcher qui équipe 5 000 m² sur 12 000 m² obtient 710 × 5 000 = 3 550 000 kWh cumac. La fiche permet de raisonner bloc par bloc.
La fiche technique du fabricant suffit-elle pour prouver la capacité et la performance ?
Non. La fiche impose un rapport d’essai établi par un laboratoire certifié par l’ILAC, dont le COFRAC et l’European accreditation, selon la norme ISO 17025, mentionnant la marque, le modèle ou la référence, la capacité en L/h et la puissance absorbée en kW à 20 °C et 80 % Hr, avec une photo de chaque unité et de sa plaque signalétique. Demandez ce rapport avant de commander.
Jusqu’à quand la fiche AGRI-TH-117 est-elle applicable ?
La version A73-3 s’applique aux opérations engagées à compter du 1er septembre 2025 et avant le 1er septembre 2030. C’est la date d’engagement qui compte, pas la mise en service. Une opération engagée le 1er septembre 2030 ou après n’entre plus dans le champ de la fiche.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.