AGRI-TH-105 : le récupérateur de chaleur sur tank à lait, ou comment chauffer l’eau de la laiterie avec le froid du lait
Le groupe frigorifique du tank rejette dehors la chaleur du lait pendant que la laiterie chauffe de l’eau pour laver la machine à traire. La fiche AGRI-TH-105 finance l’équipement qui relie les deux : 0,138 kWh cumac par litre de lait produit dans l’année.
- Secteur
- Agriculture
- Version applicable
- v. A16-1
- Durée de vie conventionnelle
- 14 ans
L'essentiel
- Opération visée : récupérateur de chaleur installé au niveau du groupe frigorifique du tank à lait, pour chauffer l’eau utilisée dans la laiterie.
- Montant : 0,138 kWh cumac multiplié par la production laitière annuelle P, en litres, de l’année civile précédant la date d’engagement.
- Ordres de grandeur : 300 000 litres donnent 41 400 kWh cumac, 1 200 000 litres donnent 165 600 kWh cumac.
- Condition clé : matériel validé par le Comité Technique dédié (CNIEL, Institut de l’Élevage, GIE Élevages de Bretagne) et posé par un professionnel.
- Durée de vie conventionnelle : 14 ans. Version de la fiche : A16-1.
Ce que couvre la fiche AGRI-TH-105
La dénomination officielle est la suivante : « Mise en place d’un récupérateur de chaleur dans une exploitation agricole laitière, au niveau du groupe frigorifique du tank à lait, pour le chauffage de l’eau utilisée dans la laiterie. » Chaque mot compte : exploitation laitière, groupe frigorifique du tank, eau de la laiterie. La version en vigueur est la A16-1.
Décodage du code. AGRI désigne le secteur d’application, l’agriculture, à côté des fiches BAR (résidentiel), BAT (tertiaire), IND (industrie) ou TRA (transport). TH signale une opération thermique, qui agit sur la production ou la récupération de chaleur, par opposition aux fiches EQ (équipements) ou UT (utilités). Le nombre 105 est un rang d’ordre dans la famille.
La durée de vie de 14 ans n’est pas une garantie du fabricant : c’est la période conventionnelle de comptage des économies, déjà intégrée dans le coefficient de 0,138.
Le principe : la chaleur jetée d’un côté manque de l’autre
Le lait sort du pis à 37 °C et doit être ramené à 4 °C dans le tank. Le groupe frigorifique pompe cette chaleur et la rejette, par son condenseur, dans l’air de la laiterie ou à l’extérieur. À chaque traite, matin et soir, des calories partent dans l’atmosphère.
À quelques mètres, un chauffe-eau électrique prépare l’eau chaude du lavage de la machine à traire et du tank. Deux nettoyages par jour, toute l’année : un poste d’électricité régulier et difficile à réduire.
Le récupérateur s’intercale sur le circuit du groupe frigorifique et transfère la chaleur du condenseur à un ballon d’eau qui alimente le chauffe-eau : l’eau arrive préchauffée, la résistance électrique n’a plus qu’une partie du chemin à faire. Plus il y a de lait refroidi, plus il y a de chaleur disponible, d’où une prime indexée sur les litres produits.
La fiche ne donne ni rendement, ni température d’eau, ni volume de ballon : elle décrit l’objet et son usage, et confie la technique au Comité Technique qui valide les matériels.
Qui peut en bénéficier, et ce qui reste en dehors
Le bénéficiaire est une exploitation agricole laitière équipée d’un tank à lait et de son groupe frigorifique. La fiche ne fixe aucun seuil de troupeau ni de production et ne distingue pas les formes juridiques : exploitant individuel, GAEC, EARL ou atelier d’une coopérative. Elle ne précise pas l’espèce ; pour un atelier caprin ou ovin, poser la question au mandataire avant l’engagement.
Ce qui reste en dehors découle du texte lui-même.
- Un récupérateur posé ailleurs que sur le groupe frigorifique d’un tank à lait ne relève pas de cette fiche.
- Un matériel non validé par le Comité Technique dédié ne donne pas droit aux certificats, quelles que soient ses performances.
- Une pose par l’exploitant lui-même ne remplit pas la condition du professionnel.
- La chaleur récupérée doit servir au chauffage de l’eau utilisée dans la laiterie ; la fiche ne mentionne aucun autre usage.
- Le texte ne dit rien du cumul avec d’autres aides, du remplacement d’un récupérateur existant ni du bâtiment neuf : à vérifier avant de s’engager.
Le calcul du montant
La formule tient en une ligne : montant en kWh cumac = 0,138 × P, où P est la production laitière annuelle de l’exploitation, en litres par an. Ni zone climatique, ni tranche de puissance, ni coefficient correcteur : un seul paramètre, le volume de lait.
La fiche précise l’année à retenir : « La production laitière annuelle P à considérer est celle de l’année civile précédant la date d’engagement de l’opération. » Pour un devis signé en 2026, c’est la production de l’année civile 2025. Pas la campagne laitière, pas une moyenne de plusieurs années, pas la production prévisionnelle.
Repère : 1 000 litres valent 138 kWh cumac (0,138 × 1 000).
| Paramètre | Valeur ou définition | Où le trouver dans la fiche |
|---|---|---|
| Coefficient | 0,138 kWh cumac par litre de lait | Article 5, montant de certificats |
| P | Production laitière annuelle de l’exploitation, en litres par an | Article 5 |
| Année de référence de P | Année civile précédant la date d’engagement | Article 5 |
| Formule | Montant = 0,138 × P | Article 5 |
| Durée de vie conventionnelle | 14 ans, déjà intégrée dans le coefficient | Article 4 |
Quatre exemples chiffrés, de l’exploitation familiale au GAEC
Les tailles de troupeau sont des hypothèses d’illustration, pas des données de la fiche : seul le volume de lait de l’année civile précédant l’engagement entre dans le calcul.
Exemple 1, exploitation familiale d’environ 40 vaches, 300 000 litres. Montant : 0,138 × 300 000 = 41 400 kWh cumac.
Exemple 2, exploitation de taille moyenne, environ 75 vaches, 600 000 litres. Montant : 0,138 × 600 000 = 82 800 kWh cumac. Le volume double, la prime double.
Exemple 3, GAEC à deux ou trois associés, environ 150 vaches, 1 200 000 litres. Montant : 0,138 × 1 200 000 = 165 600 kWh cumac.
Exemple 4, pour la règle de l’année civile. Un éleveur a produit 480 000 litres en 2025, en prévoit 550 000 en 2026 et signe en 2026 : ce sont les 480 000 litres qui comptent. Montant : 0,138 × 480 000 = 66 240 kWh cumac.
| Exemple | Troupeau (hypothèse) | P retenue (litres/an) | Calcul | Montant (kWh cumac) |
|---|---|---|---|---|
| 1. Exploitation familiale | Environ 40 vaches | 300 000 | 0,138 × 300 000 | 41 400 |
| 2. Taille moyenne | Environ 75 vaches | 600 000 | 0,138 × 600 000 | 82 800 |
| 3. GAEC | Environ 150 vaches | 1 200 000 | 0,138 × 1 200 000 | 165 600 |
| 4. Année de référence | Production 2025, engagement 2026 | 480 000 | 0,138 × 480 000 | 66 240 |
Vous avez une opération AGRI-TH-105 en cours ? Estimez-la en quelques clics.
EstimerLes conditions techniques
La fiche est sobre : aucune exigence de performance chiffrée, ni puissance minimale, ni rendement d’échange, ni température d’eau, ni volume de stockage. Elle pose en revanche deux conditions de fond.
- La mise en place est réalisée par un professionnel.
- Le récupérateur de chaleur est validé par le Comité Technique dédié, composé du Centre National Interprofessionnel de l’Économie Laitière (CNIEL), de l’Institut de l’Élevage et du GIE Élevages de Bretagne.
- Cette validation tient lieu de cahier des charges : le comité juge du matériel, son attestation fait foi. Première question à poser à l’installateur : ce modèle, marque et référence, est-il validé ?
- La fiche ne contient ni la liste des matériels validés ni la procédure de validation : à obtenir auprès du comité ou du fabricant.
Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation
La preuve de réalisation, en pratique la facture, doit mentionner la mise en place d’un récupérateur de chaleur sur un tank à lait. « Fourniture et pose échangeur », sans lien avec le tank, ne suffit pas.
La fiche prévoit une voie de secours. Si la mention manque, la facture doit indiquer la mise en place, sur un tank à lait, d’un équipement avec ses marque et référence, complétée par un document du fabricant attestant que cet équipement est un récupérateur de chaleur.
S’y ajoute le document justificatif spécifique à l’opération : celui qui atteste que le récupérateur de chaleur sur le tank à lait est validé par le Comité Technique dédié. Il complète la facture sans la remplacer. Quant au justificatif de la production P, la fiche impose la valeur mais ne nomme pas la pièce : le mandataire indiquera le document attendu.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
La fiche ne décrit ni procédure de contrôle sur site ni taux de contrôle. Ce qu’elle permet d’identifier avec certitude, ce sont les points examinés : ses propres conditions de délivrance.
- Matériel non validé par le Comité Technique, ou attestation de validation absente : c’est la pièce spécifique à l’opération, sans elle le dossier ne tient pas.
- Facture muette sur le récupérateur ou le tank à lait, sans marque, référence ni document du fabricant.
- Pose par un non-professionnel.
- Production P mal choisie : campagne laitière au lieu de l’année civile, année en cours au lieu de l’année précédente, ou volume prévisionnel. Une surévaluation gonfle le montant et expose à une correction.
- Règle de bon sens : attestation du comité, rédaction de la facture et justificatif de production se vérifient au stade du devis, pas une fois le matériel posé.
Questions fréquentes
J’ai agrandi mon troupeau cette année. Quelle production de lait est prise en compte ?
Celle de l’année civile précédant la date d’engagement. La production de l’année en cours et la production prévisionnelle ne comptent pas.
Mon installateur me propose un récupérateur de chaleur. Comment savoir s’il est éligible ?
Il doit être validé par le Comité Technique dédié (CNIEL, Institut de l’Élevage, GIE Élevages de Bretagne). Demandez l’attestation de validation pour la marque et la référence exactes du modèle.
La facture indique seulement la marque et la référence de l’appareil. Est-ce bloquant ?
Non, si elle précise que l’équipement est posé sur un tank à lait et qu’un document du fabricant confirme que ce modèle est un récupérateur de chaleur. Sinon, la mention « récupérateur de chaleur sur un tank à lait » doit figurer sur la facture.
Existe-t-il une taille minimale d’exploitation pour en bénéficier ?
Non. La fiche ne fixe aucun seuil de troupeau ni de production. Le montant est proportionnel aux litres, à raison de 0,138 kWh cumac par litre : 300 000 litres donnent 41 400 kWh cumac.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.