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Tertiaire · Fiche BAT-EN-103

BAT-EN-103 : isoler un plancher bas tertiaire, jusqu’à 6 240 kWh cumac par m²

En tertiaire, le mètre carré de plancher bas isolé vaut deux fois le mètre carré de toiture. C’est l’inverse de ce que tout le monde a appris en résidentiel, et c’est pour cela que presque personne ne le propose.

Secteur
Tertiaire
Version applicable
v. A64.4
Durée de vie conventionnelle
30 ans

L'essentiel

  • La fiche valorise l’isolation d’un plancher bas dans un bâtiment tertiaire existant : sur sous-sol non chauffé, sur vide sanitaire ou sur passage ouvert.
  • Le calcul : valeur de zone (5 200 en H1, 4 200 en H2, 2 800 en H3) × facteur de secteur × surface d’isolant posé.
  • Le facteur va de 0,6 pour les bureaux, l’enseignement, les commerces et les autres usages à 1,2 pour la santé, avec 0,7 pour l’hôtellerie-restauration.
  • En H1, le plancher vaut 5 200 kWh cumac par m² contre 2 600 pour la toiture tertiaire : deux fois plus, à surface égale.
  • La durée de vie conventionnelle est de 30 ans.

Ce que couvre la fiche, et ce que veut dire son code

Le code se lit en trois morceaux. BAT désigne le bâtiment tertiaire, EN l’enveloppe, c’est-à-dire les parois du bâtiment, et 103 le numéro d’ordre de la fiche dans cette famille.

La fiche vise la mise en place d’un isolant sur un plancher bas d’un bâtiment tertiaire existant. Trois configurations sont concernées : le plancher qui sépare les locaux chauffés d’un sous-sol non chauffé, le plancher sur vide sanitaire, et le plancher qui donne sur un passage ouvert, porche ou passage sous immeuble.

Leur point commun : le plancher est en contact avec un volume froid, et la chaleur s’échappe par le bas. Isoler cette paroi, le plus souvent par le dessous, coupe la déperdition sans toucher aux locaux occupés.

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est le propriétaire ou l’exploitant d’un bâtiment tertiaire existant. Pour une entreprise de travaux, la cible est large : des bureaux sur parking en sous-sol, une école sur vide sanitaire, un magasin en pied d’immeuble avec cave, un hôtel, une clinique ou un EHPAD. Dès qu’un local chauffé repose sur un volume non chauffé, la fiche peut s’appliquer.

  • Bâtiment tertiaire existant, pas de construction neuve
  • Locaux chauffés au-dessus d’un sous-sol non chauffé, d’un vide sanitaire ou d’un passage ouvert
  • Isolant posé par un professionnel, avec une facture qui décrit précisément la prestation
  • Rôle actif et incitatif établi avant la signature du devis, comme pour toute opération

Comment se calcule le montant

La formule tient en une ligne : valeur de zone climatique × facteur de secteur d’activité × surface d’isolant posée.

La zone dépend du département. H1 pour les régions les plus froides, H2 pour les régions intermédiaires, H3 pour le pourtour méditerranéen. Plus la zone est froide, plus la valeur est élevée, parce que l’économie annuelle est plus importante.

Zone climatiquekWh cumac par m², avant facteur de secteur
H15 200
H24 200
H32 800

Le facteur de secteur d’activité

Plus un bâtiment est chauffé longtemps et à température élevée, plus l’isolation fait économiser. Un établissement de santé fonctionne jour et nuit toute l’année, avec des consignes élevées. Un bureau est chauffé aux heures ouvrées et vide le week-end.

Sur une même surface et dans la même zone, un dossier santé vaut donc deux fois un dossier bureaux.

SecteurFacteurExemple en H1
Bureaux0,65 200 × 0,6 = 3 120
Enseignement0,65 200 × 0,6 = 3 120
Commerces0,65 200 × 0,6 = 3 120
Hôtellerie-restauration0,75 200 × 0,7 = 3 640
Santé1,25 200 × 1,2 = 6 240
Autres0,65 200 × 0,6 = 3 120

Pourquoi c’est le geste le plus rentable au mètre carré du tertiaire

En résidentiel, tout le monde a appris la même chose : on commence par la toiture, parce que c’est là que ça rapporte le plus. En tertiaire, le barème dit l’inverse. En zone H1, la fiche toiture tertiaire s’appuie sur 2 600 kWh cumac par m². La fiche plancher bas s’appuie sur 5 200. Le rapport est exactement de deux.

Ce n’est pas une anomalie. Les bâtiments tertiaires sont souvent larges et peu hauts, avec de grands plateaux posés sur des parkings ou des vides sanitaires jamais isolés. Le plancher bas est alors la paroi la plus déperditive du bâtiment.

Résultat, sur le terrain : le geste le plus rentable au mètre carré est celui qu’on propose le moins. Les gestionnaires de patrimoine ne pensent pas à leur sous-sol, et la plupart des installateurs ne leur en parlent pas.

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Combien ça représente, en vrai

Un immeuble de bureaux en zone H1, posé sur un parking en sous-sol non chauffé, 1 000 m² de plancher isolés par le dessous : 5 200 × 0,6 × 1 000 = 3 120 000 kWh cumac.

Une clinique en zone H2, 800 m² de plancher sur vide sanitaire : 4 200 × 1,2 × 800 = 4 032 000 kWh cumac. Avec moins de surface et une zone moins froide, la clinique dépasse l’immeuble de bureaux, uniquement grâce au facteur de secteur.

Un hôtel en zone H3, 500 m² sur passage ouvert : 2 800 × 0,7 × 500 = 980 000 kWh cumac. La zone H3 divise presque la valeur par deux par rapport à H1, mais le volume reste significatif sur un seul chantier.

Les conditions techniques à respecter

La fiche fixe une résistance thermique minimale pour l’isolant posé, qui doit apparaître sur la facture ou sur la fiche technique jointe. En dessous, l’opération n’ouvre droit à rien, quelle que soit la surface.

La surface valorisée est celle de l’isolant réellement posé, pas celle du plancher au sol. Si des réseaux, des retombées de poutres ou des locaux techniques empêchent d’isoler certaines zones, elles ne comptent pas.

  • Résistance thermique au moins égale au minimum exigé par la fiche, justifiée par la facture ou la fiche technique
  • Plancher donnant sur un sous-sol non chauffé, un vide sanitaire ou un passage ouvert, avec la nature du volume froid décrite au dossier
  • Facture précisant marque, référence, résistance thermique, épaisseur et surface posée
  • Bâtiment tertiaire existant, avec justification du secteur d’activité retenu

Les contrôles, et ce qui fait tomber un dossier

Le contrôle peut être documentaire ou physique, avec un organisme qui se déplace et mesure la surface isolée et l’épaisseur. Vous devez pouvoir prouver chaque chiffre du dossier. Les causes de rejet tiennent moins à la technique qu’au dossier lui-même.

  • Une surface déclarée supérieure à la surface réellement isolée : premier motif de rejet en contrôle sur site
  • Une résistance thermique absente de la facture, ou inférieure au minimum exigé
  • Un facteur de secteur incohérent avec l’usage réel du bâtiment
  • Un plancher entre deux étages chauffés, qui n’entre pas dans la fiche
  • Un bâtiment neuf ou une extension présentée comme bâtiment existant

Questions fréquentes

Le plancher d’un parking en sous-sol est-il éligible même si le parking est ventilé ?

Oui, à condition que le parking ne soit pas chauffé. C’est même le cas type de la fiche. Il faut décrire la nature du sous-sol dans le dossier et poser l’isolant sur la face inférieure du plancher, en respectant la résistance thermique minimale exigée.

Comment choisir le facteur quand le bâtiment mélange plusieurs activités ?

Le facteur s’applique à l’usage des locaux chauffés situés au-dessus du plancher isolé. Si un immeuble comporte des commerces en pied et des bureaux au-dessus, seul le plancher bas des commerces est concerné, et c’est le facteur commerces qui s’applique. En cas d’usage réellement mixte, retenez le facteur le plus bas ou découpez la surface par usage avec un justificatif.

Peut-on cumuler avec l’isolation de la toiture ou des murs du même bâtiment ?

Oui, ce sont des fiches distinctes qui portent sur des parois différentes. C’est même l’occasion de présenter le plancher en premier au client, puisqu’il vaut deux fois la toiture au mètre carré en tertiaire.

Quelle surface déclarer : celle du plancher ou celle de l’isolant ?

Celle de l’isolant réellement posé. Si des réseaux ou des locaux techniques empêchent d’isoler une partie du plafond du sous-sol, cette partie ne compte pas. Faites un relevé avant le devis et faites correspondre la facture au relevé : en contrôle, c’est la surface mesurée qui fait foi.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.