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Résidentiel · Fiche BAR-TH-179

BAR-TH-179 : la pompe à chaleur collective air/eau, la plus grosse fiche CEE du chauffage collectif

Une pompe à chaleur air/eau en chaufferie collective se valorise appartement par appartement, et le compteur monte vite : une copropriété de 60 logements en zone H1 dépasse les 8 millions de kWh cumac dans la configuration la plus courante. Mais trois paramètres font varier le résultat du simple au quintuple : la tranche d’Etas, l’usage chauffage seul ou chauffage et eau chaude sanitaire, et le facteur R qui sanctionne les PAC sous-dimensionnées par rapport à la chaufferie. Décryptage de la version A81-2, applicable depuis le 30 avril 2026.

Secteur
Résidentiel
Version applicable
v. A81-2
Durée de vie conventionnelle
22 ans

L'essentiel

  • La fiche vise une ou plusieurs PAC air/eau de puissance thermique nominale inférieure ou égale à 400 kW, installées pour un système de chauffage collectif résidentiel, en chauffage seul ou en chauffage et ECS.
  • Le montant se calcule par appartement chauffé : de 60 000 kWh cumac (H3, chauffage seul, première tranche) à 170 000 kWh cumac (H1, chauffage et ECS, Etas de 190 % ou plus), multiplié par le nombre d’appartements.
  • Passer de chauffage seul à chauffage et ECS rapporte environ 46 % de plus en H1 sur la première tranche : 146 000 contre 100 000 kWh cumac par appartement.
  • Le facteur R vaut 1 dès que la PAC atteint 40 % de la puissance utile de la chaufferie après travaux. En dessous, il tombe au rapport des puissances : une PAC de 150 kW dans une chaufferie de 500 kW donne R = 0,30.
  • Une PAC utilisée uniquement pour l’eau chaude sanitaire n’est pas éligible, et la fiche n’est pas cumulable avec BAR-TH-169 quand la PAC assure le chauffage et l’ECS.

Ce que couvre la fiche BAR-TH-179

Le code se lit en trois blocs. BAR désigne le secteur du bâtiment résidentiel, par opposition au tertiaire (BAT), à l’industrie (IND) ou à l’agriculture (AGRI). TH signale une opération thermique, c’est-à-dire touchant à la production ou à la distribution de chaleur. Le nombre 179 est simplement le numéro d’ordre de la fiche dans la famille BAR-TH. La version en vigueur est la A81-2, applicable aux opérations engagées à compter du 30 avril 2026.

La dénomination officielle est précise : mise en place d’une ou de plusieurs pompes à chaleur de type air/eau, de puissance thermique nominale inférieure ou égale à 400 kW, pour un système de chauffage collectif. Trois idées à retenir. D’abord, il peut s’agir de plusieurs machines : une cascade de deux ou trois PAC est traitée comme une seule opération. Ensuite, le plafond de 400 kW s’apprécie sur la puissance thermique nominale, définie plus loin comme la puissance Prated à la température de conception de référence de -10 °C. Enfin, la PAC doit alimenter un système de chauffage collectif, c’est-à-dire une distribution d’eau chaude qui dessert les émetteurs de plusieurs logements.

La fiche admet que la PAC couvre les besoins du bâtiment intégralement ou en partie. Une PAC installée en relève d’une chaudière existante est donc éligible, mais c’est précisément ce cas qui déclenche le facteur R, détaillé plus bas. La durée de vie conventionnelle retenue est de 22 ans.

  • BAR : bâtiment résidentiel, TH : opération thermique, 179 : numéro d’ordre de la fiche.
  • Une ou plusieurs PAC air/eau, puissance thermique nominale inférieure ou égale à 400 kW.
  • Chauffage collectif, en couverture totale ou partielle des besoins du bâtiment.
  • Version A81-2 applicable depuis le 30 avril 2026, durée de vie conventionnelle de 22 ans.

Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu

Le bénéficiaire type est un maître d’ouvrage de logements collectifs équipés d’un chauffage central à eau : syndicat de copropriétaires représenté par son syndic, bailleur social, société foncière résidentielle. Le bureau d’études fluides qui dimensionne la chaufferie et l’installateur qui la réalise sont les deux acteurs techniques dont dépend la solidité du dossier, car ce sont eux qui fixent les valeurs qui entrent dans la formule : puissance nominale, Etas selon l’application, puissance utile de la chaufferie après travaux.

Deux exclusions structurent le périmètre. La première est nette : une PAC utilisée uniquement pour la production d’eau chaude sanitaire ne donne lieu à aucun certificat au titre de cette fiche. Seules sont éligibles les PAC dimensionnées pour répondre, en tout ou partie, aux besoins de chauffage, ou de chauffage et d’ECS. Le chauffage est donc la condition d’entrée, l’ECS un complément valorisé mais jamais suffisant à lui seul.

La seconde concerne le cumul avec la fiche BAR-TH-169, qui traite des PAC collectives air/eau ou eau/eau dédiées à l’eau chaude sanitaire. La règle est formulée avec soin : la BAR-TH-179 n’est pas cumulable avec la BAR-TH-169 si la PAC installée au titre de la BAR-TH-179 est utilisée pour le chauffage et l’ECS. Autrement dit, on ne peut pas toucher deux fois pour la même fonction ECS. En revanche, la clause ne vise pas le cas d’une PAC BAR-TH-179 en chauffage seul associée à une machine distincte dédiée à l’ECS : la combinaison reste alors à examiner au regard de chaque fiche, mais le texte de la BAR-TH-179 ne l’interdit pas en tant que tel.

  • Éligibles : copropriétés, bailleurs sociaux et tout maître d’ouvrage de logements collectifs à chauffage central à eau.
  • Exclu : la PAC qui ne sert qu’à l’eau chaude sanitaire.
  • Non cumulable avec BAR-TH-169 lorsque la PAC BAR-TH-179 assure à la fois le chauffage et l’ECS.

Comment se calcule le montant : la formule à trois facteurs

Le montant de certificats, exprimé en kWh cumac, s’obtient par une multiplication à trois termes : montant par appartement × N × R.

Le montant par appartement est lu dans le barème. Il dépend de trois entrées : la tranche d’Etas de la PAC (cinq tranches, de 111 % à plus de 190 %), l’usage (chauffage seul, ou chauffage et ECS) et la zone climatique du bâtiment (H1, H2 ou H3).

N est le nombre d’appartements chauffés par la ou les PAC installées au titre de la fiche. La définition est donnée en note : ce sont les appartements qui disposent d’émetteurs de chaleur alimentés par la PAC installée. Un local commercial en pied d’immeuble ou un logement raccordé à un autre générateur ne compte pas. À l’inverse, dès qu’un radiateur ou un plancher chauffant d’un appartement est alimenté par le réseau que la PAC dessert, l’appartement entre dans N.

R est un facteur correctif compris entre 0 et 1. Il vaut 1 dans la grande majorité des projets où la PAC constitue la base de la chaufferie, et il descend en dessous de 1 lorsque la PAC ne représente qu’une petite fraction de la puissance installée. Sa mécanique, avec le seuil des 40 %, fait l’objet d’une section dédiée.

La fiche ajoute une précision utile pour les cascades hétérogènes : on entend par PAC différentes des PAC relevant de classes d’Etas différentes. Deux machines de même classe se traitent comme un seul ensemble ; deux machines de classes différentes appellent une lecture distincte du barème.

Le barème complet : tranche d’Etas, usage et zone climatique

Le tableau ci-dessous reprend l’intégralité des montants par appartement, en kWh cumac. La lecture se fait en trois temps : on repère la tranche d’Etas de la PAC, puis la ligne d’usage, puis la colonne de la zone climatique.

Quelques repères de lecture. La plage complète va de 60 000 kWh cumac (zone H3, chauffage seul, première tranche) à 170 000 kWh cumac (zone H1, chauffage et ECS, Etas de 190 % ou plus), soit un rapport d’environ 2,8 entre les deux extrêmes. La progression d’une tranche d’Etas à la suivante est réelle mais modérée : en H1 chauffage seul, on passe de 100 000 à 107 000, 112 000, 115 000 puis 117 000. Entre la première et la dernière tranche, le gain est de 17 000 kWh cumac par appartement, soit 17 %. L’usage et la zone pèsent beaucoup plus lourd que la tranche d’Etas, ce qui doit orienter les arbitrages du maître d’ouvrage : mieux vaut sécuriser l’usage chauffage et ECS qu’acheter un point d’Etas supplémentaire.

Attention enfin à un effet de seuil qui n’apparaît pas dans le tableau mais découle des conditions techniques : la première tranche (Etas de 111 % à moins de 126 %) n’est accessible qu’aux PAC en application moyenne et haute température, puisqu’une PAC en application basse température doit afficher au moins 126 % pour être éligible.

Tranche d’EtasUsageH1H2H3
111 % ≤ Etas < 126 %Chauffage seul100 00084 00060 000
111 % ≤ Etas < 126 %Chauffage et ECS146 000127 000100 000
126 % ≤ Etas < 150 %Chauffage seul107 00089 00064 000
126 % ≤ Etas < 150 %Chauffage et ECS155 000135 000107 000
150 % ≤ Etas < 175 %Chauffage seul112 00093 00067 000
150 % ≤ Etas < 175 %Chauffage et ECS163 000142 000112 000
175 % ≤ Etas < 190 %Chauffage seul115 00096 00069 000
175 % ≤ Etas < 190 %Chauffage et ECS167 000146 000115 000
Etas ≥ 190 %Chauffage seul117 00097 00070 000
Etas ≥ 190 %Chauffage et ECS170 000148 000117 000

Chauffage seul contre chauffage et ECS : l’écart chiffré

C’est le levier le plus puissant du barème. Sur la première tranche d’Etas en zone H1, un appartement chauffé seul vaut 100 000 kWh cumac ; le même appartement en chauffage et ECS vaut 146 000. L’écart est de 46 000 kWh cumac par appartement, soit une hausse de 46 % (146 000 / 100 000 = 1,46).

L’écart relatif est encore plus marqué dans les zones moins froides. En H2, on passe de 84 000 à 127 000, soit 43 000 de plus et une hausse d’environ 51 % (43 000 / 84 000 = 0,512). En H3, de 60 000 à 100 000, soit 40 000 de plus et une hausse d’environ 67 % (40 000 / 60 000 = 0,667). Sur la tranche la plus haute en H1, l’écart reste de 53 000 kWh cumac (170 000 contre 117 000), soit environ 45 %.

Rapporté à une copropriété de 60 logements en H1 sur la première tranche, le choix chauffage et ECS représente 46 000 × 60 = 2 760 000 kWh cumac supplémentaires, à facteur R égal. C’est plus que le montant total d’une petite copropriété en H3 sur la même tranche.

Ce choix a deux contreparties techniques à anticiper. D’une part, le professionnel doit détenir un signe de qualité couvrant à la fois les travaux du 5° (chauffage) et du 6° (eau chaude sanitaire) du décret de 2014, alors que le chauffage seul n’exige que le 5°. D’autre part, l’usage chauffage et ECS ferme la porte à une valorisation parallèle au titre de BAR-TH-169. Enfin, l’Etas retenu pour classer la PAC reste celui du chauffage des locaux, hors dispositif de régulation : la production d’ECS ne modifie pas la tranche.

ZoneChauffage seulChauffage et ECSÉcart par appartementÉcart relatif
H1100 000146 00046 000+46 %
H284 000127 00043 000+51 %
H360 000100 00040 000+67 %

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Le facteur R et le seuil des 40 % de la puissance utile de la chaufferie

Le facteur R est le garde-fou de la fiche. Il empêche de valoriser la totalité des appartements d’un immeuble quand la PAC ajoutée ne fait qu’effleurer les besoins de chauffage, la chaudière conservée continuant d’assurer l’essentiel. La règle tient en une phrase : si la puissance thermique nominale de la ou des PAC nouvellement installées est strictement inférieure à 40 % de la puissance utile de la chaufferie après travaux, alors R est égal au rapport de cette puissance nominale sur la puissance utile totale de la chaufferie après travaux. Dans le cas contraire, R vaut 1.

Deux définitions conditionnent le calcul. La puissance thermique nominale est la puissance Prated selon le règlement (UE) n° 813/2013 pour les conditions climatiques moyennes, c’est-à-dire à la température de conception de référence de -10 °C, déterminée selon l’application de la PAC installée. Ce n’est donc ni la puissance à 7 °C affichée en tête de catalogue ni la puissance maximale : c’est une valeur normalisée, à lire dans la fiche produit à la bonne température et pour la bonne application. La puissance utile de la chaufferie après travaux est la somme des puissances thermiques nominales de tous les équipements de chauffage, ou de chauffage et d’ECS, présents après travaux, PAC comprise. Les équipements de secours n’y entrent pas.

Posons l’exemple. Une chaufferie après travaux comprend une PAC neuve de 150 kW et une chaudière gaz de 350 kW conservée en appoint. La puissance utile totale est de 150 + 350 = 500 kW. Le seuil des 40 % vaut 0,40 × 500 = 200 kW. La PAC, à 150 kW, est strictement inférieure à ce seuil : R = 150 / 500 = 0,30. Pour une copropriété de 60 logements en H1, chauffage et ECS, première tranche, le montant devient 146 000 × 60 × 0,30 = 2 628 000 kWh cumac, au lieu de 146 000 × 60 × 1 = 8 760 000 kWh cumac si R valait 1.

Changeons maintenant le dimensionnement : une PAC de 200 kW et une chaudière de 300 kW. La puissance utile totale reste de 500 kW et le seuil reste de 200 kW. La PAC atteint exactement 200 kW ; elle n’est pas strictement inférieure au seuil, donc R est égal à l’unité. Le montant remonte à 8 760 000 kWh cumac. Entre les deux configurations, 50 kW de PAC en plus et 50 kW de chaudière en moins changent le résultat de 6 132 000 kWh cumac (8 760 000 − 2 628 000). C’est la raison pour laquelle le bureau d’études doit faire entrer le seuil des 40 % dans sa note de dimensionnement dès l’avant-projet.

Dernier point, souvent décisif : le statut de la chaudière conservée. Si elle est maintenue en appoint et participe à la couverture des besoins, sa puissance entre dans le dénominateur. Si elle est reléguée au rôle de secours, elle n’y entre pas, et une PAC seule en base a mécaniquement R = 1. Le dossier doit pouvoir justifier ce statut de manière cohérente avec le schéma hydraulique et la régulation.

Configuration après travauxPuissance utile totaleSeuil de 40 %Facteur RMontant (60 appts, H1, chauffage et ECS, 1re tranche)
PAC 150 kW + chaudière 350 kW en appoint500 kW200 kW150 / 500 = 0,30146 000 × 60 × 0,30 = 2 628 000
PAC 200 kW + chaudière 300 kW en appoint500 kW200 kW1 (200 kW n’est pas < 200 kW)146 000 × 60 × 1 = 8 760 000
PAC 150 kW + chaudière 350 kW en secours150 kW60 kW1146 000 × 60 × 1 = 8 760 000

Combien ça représente en vrai : quatre copropriétés passées au calcul

Premier cas, le plus classique. Une copropriété de 60 logements en zone H1, chauffée par radiateurs, remplace une partie de sa chaufferie gaz par deux PAC air/eau de 120 kW chacune, soit 240 kW, en chauffage et ECS. L’Etas déclaré pour l’application retenue est de 130 %, ce qui place la machine dans la tranche 126 % à moins de 150 %. Une chaudière de 200 kW est conservée en appoint. La puissance utile après travaux est de 240 + 200 = 440 kW ; 40 % de 440 kW font 176 kW ; 240 kW dépassent ce seuil, donc R = 1. Montant : 155 000 × 60 × 1 = 9 300 000 kWh cumac.

Deuxième cas, un bailleur social. Un ensemble de 120 logements en zone H2, chauffage seul par radiateurs, s’équipe d’une PAC de 400 kW, la puissance maximale admise, avec un Etas de 118 % en application moyenne et haute température, soit la première tranche. L’ancienne chaudière est basculée en secours et n’entre pas dans la puissance utile : celle-ci se limite aux 400 kW de la PAC, R = 1. Montant : 84 000 × 120 × 1 = 10 080 000 kWh cumac. Cet exemple illustre que le volume vient du nombre d’appartements bien plus que de la performance de la machine.

Troisième cas, une petite copropriété du sud. 24 logements en zone H3, chauffage et ECS, PAC de 90 kW seule en base, Etas de 152 % pour l’application retenue, donc troisième tranche. Aucun autre générateur hors secours, R = 1. Montant : 112 000 × 24 × 1 = 2 688 000 kWh cumac. Même en zone H3 et sur un petit immeuble, l’opération reste d’un ordre de grandeur supérieur à ce que produit la plupart des fiches résidentielles à l’unité.

Quatrième cas, celui qui fait mal. Une copropriété de 80 logements en zone H1, chauffage seul, radiateurs, ajoute une PAC de 100 kW devant une chaudière de 400 kW conservée en base, avec un Etas de 128 %, deuxième tranche. Puissance utile après travaux : 100 + 400 = 500 kW ; seuil de 40 % : 200 kW ; 100 kW sont strictement inférieurs, donc R = 100 / 500 = 0,20. Montant : 107 000 × 80 × 0,20 = 1 712 000 kWh cumac. Si le projet avait retenu une PAC de 200 kW et une chaudière de 300 kW, le seuil de 200 kW aurait été atteint, R aurait valu 1, et le montant aurait été de 107 000 × 80 × 1 = 8 560 000 kWh cumac. Cinq fois plus, pour la même copropriété et la même tranche d’Etas.

CasNZoneUsageTrancheRCalculMontant (kWh cumac)
Copropriété 60 lots, 2 × 120 kW + appoint 200 kW60H1Chauffage et ECS126 % ≤ Etas < 150 %1155 000 × 60 × 19 300 000
Bailleur social 120 lots, PAC 400 kW, chaudière en secours120H2Chauffage seul111 % ≤ Etas < 126 %184 000 × 120 × 110 080 000
Copropriété 24 lots, PAC 90 kW seule24H3Chauffage et ECS150 % ≤ Etas < 175 %1112 000 × 24 × 12 688 000
Copropriété 80 lots, PAC 100 kW + base 400 kW80H1Chauffage seul126 % ≤ Etas < 150 %0,20107 000 × 80 × 0,201 712 000

Les conditions techniques : Etas, application et qualification

La performance se mesure par l’efficacité énergétique saisonnière pour le chauffage des locaux, l’Etas, selon le règlement (UE) n° 813/2013, déterminée selon l’application de la PAC installée. Deux seuils d’entrée coexistent : 111 % au minimum pour une application moyenne et haute température, 126 % au minimum pour une application basse température. L’Etas pris en compte est celui de la pompe à chaleur seule pour les besoins de chauffage, hors dispositif de régulation : le gain de classe qu’un régulateur peut apporter sur l’étiquette ne compte pas ici.

La question de l’application est tranchée par les émetteurs, pour les PAC assurant uniquement le chauffage. Plancher chauffant, plafond chauffant, mur chauffant et ventilo-convecteurs à eau classent la PAC en application basse température, avec l’Etas à 35 °C. Tous les autres émetteurs, radiateurs en tête, mais aussi toute solution mixte comme radiateurs et plancher chauffant, classent la PAC en application moyenne et haute température. Une PAC affichant 128 % à 35 °C mais installée sur des radiateurs devra donc justifier son Etas pour l’application moyenne et haute température, qui est en général plus faible, et c’est cette valeur qui déterminera la tranche.

Côté puissance, le plafond de 400 kW et le facteur R se lisent tous deux sur la puissance thermique nominale Prated à -10 °C, pour l’application retenue. La cohérence entre l’application déclarée pour l’Etas et celle retenue pour la puissance est un point que le bureau d’études doit verrouiller.

Côté professionnel, la mise en place doit être réalisée par une entreprise titulaire d’un signe de qualité conforme aux exigences de l’article 2 du décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014, ce que le marché appelle couramment la qualification RGE. Le signe doit couvrir les travaux relevant du 5° du I de l’article 1er du décret pour une PAC en chauffage seul, et des 5° et 6° pour une PAC en chauffage et ECS. Un installateur qualifié pour le seul chauffage ne peut pas porter un dossier chauffage et ECS.

  • Etas supérieur ou égal à 111 % en moyenne et haute température, à 126 % en basse température, PAC seule hors régulation.
  • Chauffage seul : plancher, plafond, mur chauffants et ventilo-convecteurs à eau valent basse température (Etas à 35 °C) ; radiateurs et solutions mixtes valent moyenne et haute température.
  • Puissance thermique nominale = Prated à -10 °C selon le règlement (UE) n° 813/2013, pour l’application retenue.
  • Signe de qualité du décret n° 2014-812 : 5° pour le chauffage, 5° et 6° pour le chauffage et l’ECS.

Les contrôles : ce qui fait tomber un dossier

Un dossier BAR-TH-179 est examiné sur la capacité de ses pièces à reconstituer chacun des trois termes de la formule et à démontrer le respect des conditions de la fiche. Les points de fragilité sont connus, et presque tous tiennent à une incohérence entre ce qui est déclaré et ce qui est installé.

Le premier motif de rejet est l’Etas rapporté à la mauvaise application. Déclarer une PAC en basse température alors que l’immeuble est chauffé par radiateurs, ou alors qu’un plancher chauffant coexiste avec des radiateurs, revient à retenir un Etas à 35 °C que la fiche interdit dans ce cas. Si l’Etas en moyenne et haute température est inférieur à 111 %, la PAC n’est tout simplement pas éligible ; s’il est simplement plus bas, la tranche change et le montant avec.

Le deuxième motif touche à l’usage et au cumul. Une PAC qui ne dessert que la production d’ECS ne relève pas de la fiche, quelle que soit la façon dont le dossier la présente. Une PAC déclarée en chauffage et ECS qui ferait par ailleurs l’objet d’une valorisation BAR-TH-169 tombe sous la clause de non-cumul. Et un dossier chauffage et ECS porté par un installateur dont le signe de qualité ne couvre pas le 6° du décret ne remplit pas la condition de qualification.

Le troisième motif concerne le nombre N. Ne peuvent être comptés que les appartements disposant d’émetteurs alimentés par la PAC installée. Un immeuble de 60 lots dont 8 sont chauffés par un autre réseau ou par des équipements individuels compte 52 appartements, pas 60. Les locaux qui ne sont pas des appartements n’entrent pas dans N.

Le quatrième motif, le plus technique, porte sur le facteur R. Trois erreurs reviennent : retenir une puissance PAC à une autre température que la Prated à -10 °C, oublier d’inclure dans la puissance utile un générateur conservé en appoint, ou au contraire qualifier de secours une chaudière qui participe en réalité à la couverture des besoins. Dans chacun de ces cas, le rapport de puissances calculé n’est pas celui de la fiche, et le montant est faux. Enfin, une PAC ou une somme de PAC dont la puissance thermique nominale dépasse 400 kW sort du champ de la fiche.

La bonne pratique consiste à figer, dès la phase d’étude, un tableau récapitulatif de la chaufferie après travaux : chaque générateur, sa puissance nominale à -10 °C, son rôle (base, appoint ou secours), l’application et l’Etas de la PAC, la liste des appartements desservis. C’est ce tableau, cohérent avec les factures et la fiche produit, qui permet à un dossier de résister au contrôle.

  • Etas déclaré pour une application qui ne correspond pas aux émetteurs réels.
  • PAC utilisée uniquement pour l’ECS, ou cumul avec BAR-TH-169 sur une PAC chauffage et ECS.
  • Signe de qualité ne couvrant pas le 6° pour un dossier chauffage et ECS.
  • N surévalué : appartements sans émetteurs alimentés par la PAC.
  • R mal calculé : mauvaise température de référence, appoint oublié ou secours abusif.
  • Puissance thermique nominale supérieure à 400 kW.

Questions fréquentes

Une PAC installée en relève d’une chaudière gaz conservée est-elle éligible à la BAR-TH-179 ?

Oui, la fiche admet une PAC dimensionnée pour répondre en partie aux besoins de chauffage. Mais si sa puissance thermique nominale est strictement inférieure à 40 % de la puissance utile de la chaufferie après travaux, chaudière comprise, le facteur R tombe au rapport des puissances. Une PAC de 100 kW devant une chaudière de 400 kW donne R = 100 / 500 = 0,20, soit un montant divisé par cinq.

Quelle différence entre chauffage seul et chauffage et ECS sur le montant ?

Sur la première tranche d’Etas en zone H1, l’appartement vaut 100 000 kWh cumac en chauffage seul et 146 000 en chauffage et ECS, soit 46 % de plus. Pour 60 logements, l’écart est de 46 000 × 60 = 2 760 000 kWh cumac. En contrepartie, l’installateur doit être qualifié pour le chauffage et l’ECS (5° et 6° du décret de 2014) et aucune valorisation BAR-TH-169 n’est possible sur la même PAC.

Comment compter les appartements chauffés (N) ?

N correspond aux appartements qui disposent d’émetteurs de chaleur alimentés par la ou les PAC installées au titre de la fiche. Les appartements raccordés à un autre générateur ou équipés d’un chauffage individuel, ainsi que les locaux qui ne sont pas des appartements, ne comptent pas.

Quel Etas retenir pour une PAC sur radiateurs ?

Pour une PAC assurant uniquement le chauffage, les radiateurs, comme toute solution mixte radiateurs et plancher chauffant, classent la PAC en application moyenne et haute température. C’est l’Etas déterminé pour cette application, PAC seule et hors régulation, qui doit atteindre au moins 111 % et qui fixe la tranche du barème. L’Etas à 35 °C n’est retenu que pour les planchers, plafonds et murs chauffants et les ventilo-convecteurs à eau.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.