Aller au contenu
Industrie · Fiche IND-UT-120

IND-UT-120 : compresseur d’air basse pression à vis ou centrifuge, la prime CEE expliquée

Produire tout son air comprimé à la pression du réseau général alors qu’une partie des usages se contente de basse pression, c’est comprimer pour rien. La fiche IND-UT-120 valorise la mise en place d’un compresseur à vis ou centrifuge dédié aux applications à moins de 1,5 bar relatif, avec un montant proportionnel à la puissance électrique nominale de la machine.

Secteur
Industrie
Version applicable
Voir la fiche officielle
Durée de vie conventionnelle
15 ans

L'essentiel

  • Mise en place d’un compresseur d’air à vis ou centrifuge, de puissance électrique nominale inférieure à 400 kW, pour des applications nécessitant de l’air à basse pression, soit < 1,5 bar relatif.
  • Les compresseurs à lobes (ou roots) et les machines à plusieurs étages de compression en série, de type soufflantes, sont exclus.
  • Montant : 19 300 kWh cumac par kW de puissance électrique nominale. Un compresseur de 75 kW ouvre droit à 1 447 500 kWh cumac.
  • Durée de vie conventionnelle de 15 ans ; mise en place réalisée par un professionnel.
  • La preuve de réalisation mentionne un compresseur d’air basse pression à vis ou centrifuge et sa puissance électrique nominale, ou à défaut la marque et la référence complétées par un document du fabricant.

Ce que couvre la fiche IND-UT-120

La fiche d’opération standardisée IND-UT-120 porte sur la mise en place d’un compresseur d’air à vis ou d’un compresseur d’air centrifuge, de puissance électrique nominale inférieure à 400 kW, destiné à des applications qui nécessitent de l’air à basse pression, définie par la fiche comme une pression inférieure à 1,5 bar relatif.

Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur de l’industrie. UT renvoie à la famille des utilités, c’est-à-dire les équipements qui produisent un fluide ou une énergie de service pour le process (air comprimé, froid, vapeur) sans être eux-mêmes des machines de production. Le numéro 120 identifie l’opération dans cette famille. La durée de vie conventionnelle retenue pour le calcul des certificats est de 15 ans.

Le catalogue dont est extraite cette fiche ne fournit ni numéro de version ni date d’entrée en vigueur ; nous ne les inventons pas.

    Le principe : ne pas comprimer plus que nécessaire

    Dans beaucoup d’usines, un seul réseau d’air comprimé alimente tous les postes, du plus exigeant au plus modeste. Or certains usages se contentent de moins de 1,5 bar relatif : servis par le réseau général, ils reçoivent un air comprimé bien au-delà du besoin, puis détendu au point d’utilisation. L’énergie dépensée pour atteindre la pression du réseau est perdue.

    La logique de la fiche est de dédier à ces usages une machine conçue pour la basse pression, à vis ou centrifuge, qui ne fournit que la pression réellement nécessaire. La fiche ne fixe pas la pression du réseau général et ne demande pas de la mesurer : le critère porte uniquement sur l’usage servi par le nouveau compresseur. Elle ne parle pas non plus d’équipement remplacé ni de situation de référence chiffrée : la mise en place du compresseur basse pression est valorisée forfaitairement, selon sa puissance.

      Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu

      Le code IND rattache l’opération au secteur industriel. Le texte de la fiche ne détaille pas davantage le périmètre des bénéficiaires ; il définit l’opération par l’équipement et par l’usage : compresseur à vis ou centrifuge, puissance électrique nominale inférieure à 400 kW, applications nécessitant de l’air à basse pression, soit < 1,5 bar relatif.

      La fiche est tout aussi explicite sur ce qui ne passe pas.

      • Les compresseurs d’air de type lobes, aussi appelés roots, ne sont pas éligibles, quelle que soit leur puissance.
      • Les machines utilisant plusieurs étages de compression en série, de type soufflantes, ne sont pas éligibles non plus.
      • Un compresseur de 400 kW ou plus sort du champ.
      • Un compresseur destiné à un usage qui exige plus de 1,5 bar relatif ne relève pas de cette fiche, même s’il est à vis ou centrifuge.

      Le calcul du montant

      Le barème tient en une ligne : le montant en kWh cumac est égal à 19 300 multiplié par P, où P est la puissance électrique nominale du compresseur en kW. Il n’y a ni coefficient de zone climatique, ni distinction selon le secteur d’activité, ni plafond exprimé en kWh cumac. La seule borne est celle de l’éligibilité : à partir de 400 kW, il n’y a pas de montant du tout.

      Le tableau ci-dessous donne le résultat pour quelques puissances courantes.

        Puissance électrique nominale PCalculMontant en kWh cumac
        45 kW19 300 × 45868 500
        100 kW19 300 × 1001 930 000
        200 kW19 300 × 2003 860 000
        300 kW19 300 × 3005 790 000
        400 kW et plushors champ de la fichenon éligible

        Trois exemples chiffrés

        Premier cas : un atelier de conditionnement met en place un compresseur à vis basse pression de 30 kW pour des postes qui n’ont besoin que d’une faible surpression. La machine est installée par un professionnel et la facture précise sa nature et sa puissance. Le calcul est 19 300 × 30 = 579 000 kWh cumac.

        Deuxième cas : un site agroalimentaire installe un compresseur centrifuge basse pression de 75 kW pour un procédé fonctionnant à moins de 1,5 bar relatif. Le calcul est 19 300 × 75 = 1 447 500 kWh cumac (19 300 × 70 = 1 351 000, plus 19 300 × 5 = 96 500).

        Troisième cas : une usine dédie un compresseur à vis basse pression de 160 kW à un réseau secondaire regroupant ses usages basse pression. Le calcul est 19 300 × 160 = 3 088 000 kWh cumac (19 300 × 100 = 1 930 000, plus 19 300 × 60 = 1 158 000).

          CasTechnologiePuissanceCalculMontant en kWh cumac
          Atelier de conditionnementCompresseur à vis basse pression30 kW19 300 × 30579 000
          Site agroalimentaireCompresseur centrifuge basse pression75 kW19 300 × 751 447 500
          Réseau secondaire basse pressionCompresseur à vis basse pression160 kW19 300 × 1603 088 000

          Vous avez une opération IND-UT-120 en cours ? Estimez-la en quelques clics.

          Estimer

          Les conditions techniques

          Les exigences techniques sont peu nombreuses, mais fermes. La technologie : seuls les compresseurs à vis et centrifuges sont admis. La puissance : la puissance électrique nominale doit être inférieure à 400 kW. L’usage : l’air produit doit servir des applications nécessitant de l’air à basse pression, inférieure à 1,5 bar relatif. Enfin, la mise en place doit être réalisée par un professionnel ; la fiche ne précise pas de qualification particulière.

          Certains points ne figurent pas dans le texte, et il faut le dire clairement : aucun rendement minimal, aucune exigence de variation de vitesse, aucun débit, aucune mesure de pression, aucune note de dimensionnement ne sont demandés. Le dossier repose sur la nature de la machine, sa puissance et la destination basse pression de l’air.

            Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation

            La fiche décrit deux façons de constituer la preuve de réalisation, dans un ordre de préférence clair.

            Voie principale : la preuve de réalisation mentionne la mise en place d’un compresseur d’air basse pression à vis ou centrifuge et sa puissance électrique nominale. Deux informations doivent donc apparaître noir sur blanc : la nature de l’équipement et sa puissance électrique nominale en kW.

            Voie de secours : si la facture ne comporte pas ces mentions, elle doit au minimum indiquer la mise en place d’un équipement avec sa marque et sa référence. Elle est alors complétée par un document issu du fabricant indiquant que l’équipement de cette marque et de cette référence est un compresseur d’air basse pression à vis ou centrifuge, et précisant sa puissance électrique nominale.

            • Exiger dès la commande une facture qui nomme le compresseur d’air basse pression à vis ou centrifuge et indique sa puissance électrique nominale.
            • Sinon, joindre le document du fabricant qui confirme la technologie et donne la puissance électrique nominale.

            Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

            Le texte de la fiche ne décrit pas de modalité de contrôle spécifique à cette opération : pas de visite sur site imposée, pas de pièce complémentaire au-delà de la preuve de réalisation. Les points vérifiés découlent directement de la dénomination et des conditions de délivrance, et un dossier tombe dès qu’un des critères n’est pas démontré par les pièces.

            • Technologie non conforme : compresseur à lobes (roots) ou soufflante à plusieurs étages en série, même présentée comme basse pression.
            • Puissance hors champ : 400 kW ou plus de puissance électrique nominale.
            • Usage non justifié : le compresseur n’est pas destiné à des applications à moins de 1,5 bar relatif.
            • Preuve incomplète : la facture ne mentionne ni la nature du compresseur et sa puissance électrique nominale, ni la marque et la référence complétées par le document du fabricant.
            • Document fabricant muet sur la puissance électrique nominale : le montant ne peut pas être calculé.
            • Mise en place non réalisée par un professionnel.

            Questions fréquentes

            Un compresseur à lobes (roots) basse pression est-il éligible à l’IND-UT-120 ?

            Non. La fiche exclut expressément les compresseurs d’air de type lobes (ou roots), ainsi que les machines à plusieurs étages de compression en série, de type soufflantes. Seuls les compresseurs à vis et centrifuges sont admis.

            Comment est calculé le montant de certificats ?

            Le montant en kWh cumac est égal à 19 300 multiplié par la puissance électrique nominale du compresseur en kW. Un compresseur de 75 kW donne 19 300 × 75 = 1 447 500 kWh cumac.

            Que doit contenir la facture pour que le dossier soit recevable ?

            Elle mentionne la mise en place d’un compresseur d’air basse pression à vis ou centrifuge et sa puissance électrique nominale. À défaut, elle indique la marque et la référence de l’équipement, complétées par un document du fabricant confirmant la technologie et précisant la puissance électrique nominale.

            Un compresseur de 400 kW est-il éligible ?

            Non. La fiche exige une puissance électrique nominale inférieure à 400 kW. À 400 kW ou au-delà, l’opération sort du champ de l’IND-UT-120.

            Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.