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Tertiaire · Fiche BAT-EN-102

BAT-EN-102 : jusqu’à 5 760 kWh cumac par m² pour isoler les murs d’un bâtiment tertiaire

Ce que peu d’installateurs savent : sur cette fiche, le montant dépend de l’énergie qui chauffe le bâtiment. Un bâtiment au gaz ou au fioul rapporte une fois et demie ce que rapporte le même bâtiment chauffé à l’électricité, pour un chantier strictement identique.

Secteur
Tertiaire
Version applicable
v. A64.3
Durée de vie conventionnelle
30 ans

L'essentiel

  • La fiche valorise l’isolation des murs d’un bâtiment tertiaire existant, par l’intérieur ou par l’extérieur, au m² d’isolant posé.
  • Le calcul : valeur de base (zone climatique et énergie de chauffage) × facteur de secteur d’activité × surface isolée.
  • Un bâtiment chauffé au combustible vaut environ 1,6 fois un bâtiment chauffé à l’électricité, dans les trois zones.
  • Le secteur santé bénéficie d’un facteur 1,2, contre 0,6 pour les bureaux, l’enseignement, les commerces et les autres usages, et 0,7 pour l’hôtellerie-restauration.
  • La résistance thermique minimale exigée par la fiche doit être prouvée par un document de certification.

Ce que couvre la fiche, et ce que veut dire son code

La BAT-EN-102 rémunère la mise en place d’un isolant thermique sur les murs d’un bâtiment tertiaire existant. La pose peut se faire par l’intérieur comme par l’extérieur.

Le code se lit en trois parties. BAT désigne le bâtiment tertiaire, par opposition à BAR pour le résidentiel. EN signifie enveloppe : la fiche traite de la peau du bâtiment, pas de ses équipements. 102 est le numéro d’ordre dans la famille des fiches d’enveloppe tertiaire.

La durée de vie conventionnelle est de 30 ans, ce qui explique les volumes élevés au mètre carré par rapport aux fiches d’équipement.

  • Bâtiments visés : bureaux, enseignement, commerces, hôtellerie-restauration, santé, et les autres usages tertiaires
  • Paroi visée : les murs en contact avec l’extérieur ou avec un local non chauffé
  • Unité de calcul : le mètre carré d’isolant effectivement posé, pas la surface du bâtiment

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est le maître d’ouvrage des travaux : propriétaire, société d’exploitation, collectivité, établissement de santé, foncière ou bailleur commercial. Le bâtiment doit être existant ; les constructions neuves et les extensions sont exclues.

Pour une entreprise de travaux, c’est un argument commercial direct, à condition de respecter la chronologie : le rôle actif et incitatif du mandataire doit être établi avant la signature du devis, donc avant tout engagement du client.

Une même opération ne se valorise qu’une fois. Si un autre acteur a déjà déposé une demande sur les mêmes murs, le dossier est rejeté.

Comment se calcule le montant

Trois éléments se multiplient : la valeur de base, le facteur de secteur d’activité et la surface posée. C’est la valeur de base qui fait la particularité de cette fiche.

Dans la plupart des fiches d’enveloppe, elle ne dépend que de la zone climatique. Ici, elle dépend aussi de l’énergie qui chauffe le bâtiment. La fiche distingue deux cas : le chauffage électrique et le chauffage au combustible, c’est-à-dire gaz, fioul, propane, bois ou réseau de chaleur.

ZoneChauffage électriqueChauffage combustibleÉcart
H13 0004 800+ 1 800
H22 5003 900+ 1 400
H31 6002 600+ 1 000

Le facteur de secteur d’activité

La valeur de base est ensuite multipliée par un facteur qui dépend de l’usage principal du bâtiment. Il traduit la durée d’occupation et le besoin de chauffage propres à chaque activité : un hôpital chauffe jour et nuit toute l’année, un bureau cinq jours sur sept en journée.

Le tableau applique chaque coefficient à la valeur la plus élevée du barème, celle d’un bâtiment en zone H1 chauffé au combustible.

SecteurFacteurExemple en H1 au combustible
Bureaux0,64 800 × 0,6 = 2 880
Enseignement0,64 800 × 0,6 = 2 880
Commerces0,64 800 × 0,6 = 2 880
Hôtellerie-restauration0,74 800 × 0,7 = 3 360
Santé1,24 800 × 1,2 = 5 760
Autres0,64 800 × 0,6 = 2 880

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Combien ça représente, en vrai

Un immeuble de bureaux en zone H1 chauffé au gaz, 1 000 m² de murs isolés par l’extérieur : 4 800 × 0,6 × 1 000 = 2 880 000 kWh cumac.

Le même immeuble, même zone, même surface, mais chauffé par des radiateurs électriques : 3 000 × 0,6 × 1 000 = 1 800 000 kWh cumac. L’écart est de 1 080 000 kWh cumac pour un chantier strictement identique. C’est pourquoi la première question à poser au client, avant même de mesurer les murs, porte sur son énergie de chauffage.

Une clinique en zone H2 chauffée au fioul, 600 m² isolés par l’intérieur : 3 900 × 1,2 × 600 = 2 808 000 kWh cumac. Des bureaux dans la même zone avec la même énergie auraient donné 3 900 × 0,6 × 600 = 1 404 000 kWh cumac. Le facteur santé double le résultat.

La conversion en euros dépend du prix du MWh cumac au moment du dépôt. Retenez surtout les ordres de grandeur relatifs : combustible plutôt qu’électricité, santé plutôt que bureaux, H1 plutôt que H3.

Les conditions techniques à respecter

La fiche impose une résistance thermique minimale à l’isolant posé, justifiée par un document officiel, certificat ACERMI ou équivalent, accompagné de la fiche technique du produit. Une simple mention de l’épaisseur sur la facture ne suffit pas.

L’isolant doit être mis en œuvre sur un mur en contact avec l’extérieur ou avec un local non chauffé. Un mur mitoyen entre deux zones chauffées ne compte pas.

  • Résistance thermique minimale exigée par la fiche, prouvée par certification
  • Isolant posé sur un mur donnant sur l’extérieur ou sur un local non chauffé
  • Facture précisant la surface, la marque, la référence, la résistance thermique et le mode de pose
  • Énergie de chauffage et secteur d’activité justifiés par une pièce du dossier

Les contrôles, et ce qui fait tomber un dossier

Le point le plus fragile de cette fiche est la déclaration de l’énergie de chauffage. Déclarer un bâtiment au combustible alors qu’il est chauffé à l’électricité gonfle le montant d’environ une fois et demie. Au contrôle, c’est une non-conformité majeure. Demandez une preuve : contrat de fourniture, facture d’énergie ou photo du générateur.

Vient ensuite le classement du secteur. Le facteur santé attire les erreurs : une maison de retraite, un cabinet médical en pied d’immeuble et un laboratoire ne relèvent pas forcément de la même case. Fondez le classement sur l’usage principal et conservez la pièce qui le prouve.

  • Devis signé avant l’établissement du rôle actif et incitatif
  • Résistance thermique non justifiée par un certificat
  • Surface d’isolant surestimée par rapport au relevé de contrôle
  • Énergie de chauffage ou secteur d’activité mal déclarés
  • Mur isolé donnant sur un local chauffé, donc exclu du calcul

Questions fréquentes

Le bâtiment a une chaudière gaz et des convecteurs électriques dans une aile, quelle énergie déclarer ?

On retient l’énergie de chauffage principale, celle qui couvre l’essentiel des surfaces. Documentez le choix avec le contrat de fourniture et un plan des zones chauffées, et faites valider la lecture avant de signer le devis, pas après.

Peut-on cumuler avec une prime pour la toiture ou les menuiseries du même bâtiment ?

Oui, chaque fiche d’enveloppe vise une paroi différente et fait l’objet d’un calcul séparé. Ce qui est interdit, c’est de valoriser deux fois les mêmes mètres carrés de murs.

L’isolation par l’intérieur donne-t-elle le même montant que par l’extérieur ?

Oui. Le barème ne distingue pas le mode de pose, seulement la zone, l’énergie de chauffage, le secteur et la surface. La résistance thermique minimale s’applique dans les deux cas.

Un parc de commerces en zone H3 chauffés à l’électricité, est-ce que ça vaut le coup ?

C’est la combinaison la moins valorisée du barème : 1 600 × 0,6 = 960 kWh cumac par m². Sur de grandes surfaces le volume reste significatif, mais priorisez dans votre parc les bâtiments au gaz ou au fioul, puis ceux situés en H1 et H2.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.