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Résidentiel · Fiche BAR-TH-137

BAR-TH-137 : la prime CEE pour raccorder un immeuble ou une maison à un réseau de chaleur

La fiche BAR-TH-137 valorise le raccordement d’un bâtiment résidentiel existant à un réseau de chaleur. Elle se distingue de presque toutes les autres fiches du résidentiel : la preuve de réalisation n’est pas une facture de travaux mais le contrat de fourniture de chaleur, la date d’achèvement est celle de sa prise d’effet, et la durée de vie retenue atteint 30 ans. Voici comment elle fonctionne, ce qu’elle rapporte et ce qui fait tomber un dossier.

Secteur
Résidentiel
Version applicable
v. A79-4
Durée de vie conventionnelle
30 ans

L'essentiel

  • La fiche couvre le raccordement d’un bâtiment résidentiel existant, immeuble collectif ou maison individuelle, à un réseau de chaleur, réalisé par un professionnel.
  • Le bâtiment ne doit pas avoir été raccordé à un réseau de chaleur dans les cinq ans précédant la date d’engagement, et aucun raccordement antérieur ne doit avoir déjà donné lieu à une demande de CEE.
  • En collectif : 47 700 kWh cumac par logement en zone H1, 39 500 en H2, 30 800 en H3, multipliés par le nombre de logements raccordés.
  • En maison individuelle : un forfait de zone (48 300, 40 200 ou 29 600 kWh cumac) corrigé par un facteur de surface habitable de 0,5, 0,7 ou 1.
  • La preuve de réalisation est le contrat de fourniture de chaleur ; la date d’achèvement est sa prise d’effet ou la première livraison de chaleur mentionnée au contrat.

Ce que couvre la fiche BAR-TH-137

La fiche d’opération standardisée BAR-TH-137, version A79-4, porte sur le « raccordement d’un bâtiment résidentiel existant à un réseau de chaleur ». Trois mots comptent. « Résidentiel » : seuls les logements sont concernés, en immeuble collectif ou en maison individuelle. « Existant » : le bâtiment doit déjà être construit, la fiche ne vise pas une construction neuve. « Raccordement » : l’opération valorisée est l’acte de relier le bâtiment au réseau, pas la rénovation du réseau lui-même.

Le code se lit en trois blocs. « BAR » désigne le secteur d’application, le bâtiment résidentiel. « TH » désigne la famille thermique, celle des opérations qui agissent sur le chauffage, l’eau chaude sanitaire ou la production de chaleur. « 137 » est le numéro d’ordre de la fiche dans cette famille. Le suffixe A79-4 identifie la version du texte en vigueur, celle qui doit figurer dans le dossier.

Point remarquable, la durée de vie conventionnelle retenue est de 30 ans. C’est un horizon exceptionnellement long dans le catalogue résidentiel, et c’est lui qui explique le niveau des forfaits : les kWh cumac, kilowattheures « cumulés et actualisés », représentent les économies attendues sur toute la durée de vie de l’opération. Un raccordement qui produit ses effets pendant trente ans pèse mécaniquement plus qu’un équipement remplacé au bout de quinze.

    Un réseau de chaleur, et pourquoi le raccordement économise de l’énergie

    Un réseau de chaleur est un chauffage collectif à l’échelle d’un quartier ou d’une ville. Une ou plusieurs unités de production centralisées chauffent de l’eau, qui circule dans des canalisations enterrées jusqu’aux bâtiments desservis. Dans chaque bâtiment, une sous-station équipée d’un échangeur transfère la chaleur vers le circuit de chauffage et d’eau chaude de l’immeuble. L’exploitation est assurée par un gestionnaire de réseau, avec lequel chaque abonné signe un contrat de fourniture de chaleur.

    L’économie d’énergie vient de la substitution. Le bâtiment raccordé abandonne sa production locale de chaleur, souvent des chaudières individuelles ou une chaufferie collective vieillissante, au profit d’une production centralisée, exploitée par des professionnels et capable de mobiliser des sources de chaleur qu’un immeuble seul ne pourrait pas exploiter. La fiche ne demande pas de mesurer la consommation avant et après : elle repose sur un forfait conventionnel. Ce qui est vérifié, c’est que le raccordement a bien eu lieu, qu’il concerne un bâtiment éligible et qu’il est attesté par le bon document.

      Qui peut en bénéficier, et la condition des cinq ans

      La fiche s’adresse à toute personne qui fait raccorder un bâtiment résidentiel existant : un syndicat de copropriétaires, représenté par son syndic ; un bailleur social pour son parc locatif ; un propriétaire pour sa maison individuelle. Dans tous les cas, la mise en place doit être réalisée par un professionnel.

      La condition la plus structurante est celle des cinq ans, sous la forme de deux conditions cumulatives. Première : le bâtiment ne doit jamais avoir été raccordé à un réseau de chaleur dans le délai de cinq ans précédant la date d’engagement de l’opération. Seconde : le cas échéant, le ou les raccordements précédents ne doivent pas avoir fait l’objet d’une demande de certificats d’économies d’énergie.

      Cette double condition exclut deux situations. D’abord le simple changement de contrat : un immeuble déjà desservi qui renégocie son abonnement ne réalise pas une opération d’économies d’énergie au sens de la fiche. Ensuite la double valorisation : un bâtiment raccordé, débranché, puis raccordé de nouveau ne peut pas percevoir une seconde prime si le premier raccordement a déjà été valorisé en CEE. Le délai de cinq ans se compte en arrière à partir de la date d’engagement.

      • Aucun raccordement à un réseau de chaleur dans les cinq ans précédant la date d’engagement.
      • Aucune demande de CEE déjà déposée pour un raccordement antérieur du même bâtiment.

      Le barème du collectif : un montant par logement multiplié par le nombre de logements

      Le point 5 de la fiche comporte deux barèmes distincts. Le premier concerne le bâtiment résidentiel collectif. Il fixe un montant en kWh cumac par logement, qui dépend uniquement de la zone climatique, et le multiplie par N, le nombre de logements raccordés. Il n’y a ni facteur de surface ni plafond exprimé dans la fiche : la formule est simplement montant de zone × N. Le forfait décroît de H1, la zone la plus froide, à H3, la plus douce, puisque les besoins de chauffage, et donc les économies attendues, y sont moindres.

      • Formule : montant de zone × N, avec N = nombre de logements raccordés.
      Zone climatiqueMontant par logement (kWh cumac)Formule
      H147 70047 700 × N
      H239 50039 500 × N
      H330 80030 800 × N

      Le barème de la maison individuelle : un montant de zone corrigé par la surface

      Le second barème du point 5 est explicitement intitulé « Pour une maison individuelle ». Il n’y a qu’un logement, donc pas de multiplication par N. À la place, le montant de zone est multiplié par un facteur correctif qui dépend de la surface habitable S : 0,5 lorsque S < 70 m², 0,7 lorsque 70 ≤ S < 90 m², et 1 lorsque S ≥ 90 m².

      Les montants de zone de la maison ne sont pas ceux du collectif : 48 300 kWh cumac en H1, 40 200 en H2 et 29 600 en H3. Une maison de 90 m² ou plus perçoit le forfait plein de sa zone ; une maison plus petite voit son forfait réduit de 30 % ou de moitié. La surface habitable doit être justifiée dans le dossier puisqu’elle détermine le facteur applicable.

      • Formule : montant de zone × facteur correctif de surface.
      • Facteur 0,5 si S < 70 m² ; 0,7 si 70 ≤ S < 90 m² ; 1 si S ≥ 90 m².
      Zone climatiqueMontant de zone (kWh cumac)S < 70 m² (× 0,5)70 ≤ S < 90 m² (× 0,7)S ≥ 90 m² (× 1)
      H148 30024 15033 81048 300
      H240 20020 10028 14040 200
      H329 60014 80020 72029 600

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      Combien ça représente en vrai : six exemples chiffrés

      En collectif, premier exemple : une copropriété de 60 logements en zone H1. Le forfait est de 47 700 kWh cumac par logement, soit 47 700 × 60 = 2 862 000 kWh cumac. C’est l’ordre de grandeur que la durée de vie de 30 ans permet d’atteindre, et qui fait de cette fiche l’une des plus lourdes du résidentiel collectif. Deuxième exemple : un bailleur social raccorde 120 logements en zone H2, soit 39 500 × 120 = 4 740 000 kWh cumac. Troisième exemple, en zone H3 : un petit immeuble de 24 logements obtient 30 800 × 24 = 739 200 kWh cumac.

      En maison individuelle, quatrième exemple : une maison de 110 m² en zone H1. La surface est supérieure ou égale à 90 m², le facteur est de 1 : 48 300 × 1 = 48 300 kWh cumac, un montant qui dépasse légèrement le forfait par logement du collectif en H1 (47 700). Cinquième exemple : une maison de 80 m² en zone H2, dans la tranche 70 ≤ S < 90, facteur 0,7 : 40 200 × 0,7 = 28 140 kWh cumac. Sixième exemple : une maison de 60 m² en zone H3, tranche S < 70, facteur 0,5 : 29 600 × 0,5 = 14 800 kWh cumac.

        CasZoneParamètreCalculTotal (kWh cumac)
        Copropriété, 60 logementsH1N = 6047 700 × 602 862 000
        Bailleur social, 120 logementsH2N = 12039 500 × 1204 740 000
        Petit immeuble, 24 logementsH3N = 2430 800 × 24739 200
        Maison de 110 m²H1Facteur 148 300 × 148 300
        Maison de 80 m²H2Facteur 0,740 200 × 0,728 140
        Maison de 60 m²H3Facteur 0,529 600 × 0,514 800

        La preuve de réalisation : le contrat de fourniture de chaleur

        C’est ici que la fiche s’écarte le plus des habitudes du résidentiel. Pour la quasi-totalité des opérations, la preuve de réalisation est la facture des travaux. Pour le raccordement à un réseau de chaleur, la fiche est explicite : « la preuve de réalisation de l’opération est le contrat de fourniture de chaleur entre le bénéficiaire de l’opération et le gestionnaire du réseau ».

        La conséquence sur le calendrier est immédiate. La date d’achèvement n’est ni la date des travaux de branchement ni celle d’une facture, mais « la date de prise d’effet du contrat de fourniture de chaleur ou de première livraison de chaleur mentionnée au contrat ». Un immeuble peut donc être physiquement raccordé sans que l’opération soit achevée au sens de la fiche, tant que le contrat n’a pas pris effet ou que la première livraison n’a pas eu lieu. C’est cette date qui sert de référence pour les délais de dépôt.

        Il n’est pas nécessaire de produire l’intégralité du contrat : le document joint à la demande comporte « les extraits d’intérêt du contrat de fourniture de chaleur ». Ces extraits doivent mentionner, d’une part, les parties signataires et leurs signatures, avec pour chacune le nom ou la raison sociale, l’adresse et les représentants ; d’autre part, la date de signature du contrat et celle de sa prise d’effet ou de la première livraison de chaleur. Pour un syndic ou un bailleur, cela impose d’anticiper la rédaction du contrat avec le gestionnaire : un contrat muet sur la date de prise d’effet, ou dont les signataires ne sont pas identifiés, ne pourra pas servir de preuve tel quel, même si la chaleur est bien livrée.

        • Extraits à fournir : parties signataires et signatures (nom ou raison sociale, adresse, représentants).
        • Extraits à fournir : date de signature, et date de prise d’effet ou de première livraison de chaleur.

        Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

        Les points de contrôle découlent des conditions de la fiche. Le premier porte sur la nature du bâtiment : résidentiel et existant. Le deuxième sur l’intervenant : un professionnel. Le troisième, le plus délicat, sur l’historique : il faut établir que le bâtiment n’a pas été raccordé à un réseau de chaleur dans les cinq ans précédant la date d’engagement, et qu’aucun raccordement antérieur n’a déjà été valorisé en CEE.

        Le quatrième point est documentaire et concentre la majorité des rejets : la qualité du contrat produit comme preuve. Sans date de prise d’effet ni date de première livraison, la date d’achèvement ne peut pas être fixée, donc les délais ne peuvent pas être vérifiés. Sans identification des signataires par leur nom ou raison sociale, leur adresse et leurs représentants, l’opération ne peut pas être rattachée au bénéficiaire déclaré.

        Le cinquième point porte sur le calcul. En collectif, N doit correspondre aux logements effectivement raccordés, et la zone climatique à la commune du bâtiment. En maison, la surface habitable doit être justifiée : un écart d’un côté ou de l’autre des seuils de 70 m² et de 90 m² fait passer le facteur de 0,5 à 0,7 ou de 0,7 à 1. Enfin, la version citée doit être A79-4 et la chronologie doit respecter l’ordre engagement, réalisation, dépôt.

        • Raccordement antérieur dans les cinq ans, ou déjà valorisé en CEE : dossier irrecevable.
        • Contrat sans date de prise d’effet ni de première livraison, ou signataires non identifiés : preuve incomplète.
        • N ou surface habitable non justifiés, zone climatique erronée : forfait recalculé ou dossier rejeté.

        Questions fréquentes

        La facture des travaux de raccordement suffit-elle comme preuve pour la BAR-TH-137 ?

        Non. La fiche désigne le contrat de fourniture de chaleur entre le bénéficiaire et le gestionnaire du réseau comme preuve de réalisation. Ses extraits doivent mentionner les parties signataires et leurs signatures (nom ou raison sociale, adresse, représentants), la date de signature et la date de prise d’effet ou de première livraison de chaleur.

        Quelle est la date d’achèvement de l’opération ?

        C’est la date de prise d’effet du contrat de fourniture de chaleur ou la date de première livraison de chaleur mentionnée au contrat, et non la date des travaux de branchement ni celle d’une facture.

        Mon immeuble était raccordé à un réseau de chaleur il y a trois ans, puis a été débranché. Est-il éligible ?

        Non. Le bâtiment ne doit jamais avoir été raccordé à un réseau de chaleur dans les cinq ans précédant la date d’engagement, et trois ans se situent dans ce délai. Même au-delà de cinq ans, un raccordement antérieur ayant déjà fait l’objet d’une demande de CEE bloque l’opération.

        Comment se calcule la prime pour une maison de 85 m² en zone H2 ?

        On applique le barème « Pour une maison individuelle » : montant de zone H2 de 40 200 kWh cumac, multiplié par le facteur de la tranche 70 ≤ S < 90 m², soit 0,7. Le forfait est donc de 40 200 × 0,7 = 28 140 kWh cumac. Avec 90 m² ou plus, le facteur passerait à 1 et le forfait à 40 200 kWh cumac.

        Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.