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Tertiaire · Fiche BAT-EN-104

BAT-EN-104 : fenêtres et portes-fenêtres à vitrage isolant en tertiaire, ce que vaut la prime CEE

Remplacer des fenêtres simple vitrage dans un bâtiment tertiaire ouvre droit à des certificats d’économies d’énergie au titre de la fiche BAT-EN-104. Le montant dépend de trois paramètres seulement : la zone climatique, le secteur d’activité et la surface posée. Voici comment il se calcule, ce que la fiche exige et ce qui fait tomber un dossier.

Secteur
Tertiaire
Version applicable
v. A54-3
Durée de vie conventionnelle
30 ans

L'essentiel

  • Seul le remplacement de fenêtres, fenêtres de toiture ou portes-fenêtres équipées de simple vitrage avant travaux est éligible, dormant compris, sauf dans le cas de la double fenêtre.
  • Barème : 5 300 kWh cumac par m² en zone H1, 4 300 en H2, 2 900 en H3, multiplié par un facteur secteur de 0,6 (bureaux, enseignement, commerces, autres secteurs), 0,7 (hôtellerie-restauration) ou 1,3 (santé).
  • La surface retenue est celle de la menuiserie complète, profilés, dormants, ouvrants et joints inclus, et non celle du seul vitrage.
  • Uw inférieur ou égal à 1,5 W/m².K, évalué selon la norme NF EN 14351-1+A2 ; 1,8 W/m².K pour une double fenêtre à double vitrage renforcé.
  • La preuve de réalisation mentionne la pose, la surface et les Uw des équipements ; à défaut, marque, référence, surface installée et document du fabricant ou d’un organisme accrédité.

Ce que couvre la fiche BAT-EN-104

Le code se lit en trois blocs. BAT désigne le secteur du bâtiment tertiaire : bureaux, établissements d’enseignement, commerces, hôtels et restaurants, établissements de santé. EN renvoie à l’enveloppe du bâtiment, c’est-à-dire aux parois qui séparent les locaux chauffés de l’extérieur, dont les baies vitrées. Le numéro 104 identifie l’opération dans cette famille. La version en vigueur est l’A54-3, applicable aux opérations engagées à compter du 1er janvier 2024, avec une durée de vie conventionnelle de 30 ans.

Concrètement, la fiche valorise la mise en place d’une fenêtre, d’une fenêtre de toiture ou d’une porte-fenêtre complète équipée d’un vitrage isolant, en remplacement d’un équipement qui était en simple vitrage avant travaux. Les baies fixes sont admises. L’opération inclut le remplacement du dormant existant : il ne s’agit pas d’une rénovation partielle, mais d’une menuiserie neuve posée à la place de l’ancienne, cadre compris.

La fiche prévoit une variante : la double fenêtre. Il s’agit de poser, sur la baie existante, une seconde fenêtre à double vitrage renforcé devant la fenêtre simple vitrage conservée. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, le dormant d’origine n’a pas à être remplacé. Cette solution intéresse les bâtiments dont la façade doit conserver ses menuiseries extérieures.

La condition d’entrée et les opérations exclues

Tout repose sur un critère : l’état avant travaux. La fenêtre, la fenêtre de toiture ou la porte-fenêtre remplacée doit être équipée de simple vitrage. Un bâtiment dont les baies sont déjà en double vitrage, même ancien et peu performant, n’entre pas dans le champ de la fiche. C’est le premier point à vérifier sur site, photos à l’appui, avant d’annoncer une prime à un gestionnaire.

La fiche liste ensuite explicitement ce qui ne donne pas lieu à la délivrance de certificats.

  • Le simple remplacement de vitrages sur une fenêtre ou une porte-fenêtre existante : changer les verres en gardant le châssis n’est pas une opération BAT-EN-104.
  • La fermeture d’une loggia par des parois vitrées.
  • La construction d’une véranda à parois vitrées.
  • La création d’une ouverture dans une paroi opaque : percer un mur pour y poser une fenêtre neuve ne remplace rien, donc ne se valorise pas.
  • Le remplacement de fenêtres ou de portes-fenêtres existantes sur des murs façades rideaux. Cette exclusion pèse en tertiaire, où les façades rideaux sont courantes sur les immeubles de bureaux : si la façade est une façade rideau, la fiche ne s’applique pas, quelle que soit la performance des menuiseries posées.

Qui peut en bénéficier

La fiche s’adresse aux bâtiments tertiaires existants, puisqu’elle suppose des fenêtres en simple vitrage avant travaux. Le tableau de montant identifie les secteurs d’activité concernés : bureaux, enseignement, commerces, hôtellerie-restauration, santé, et une catégorie « autres secteurs » qui accueille le reste du tertiaire. Un gestionnaire d’immeuble de bureaux, une collectivité qui rénove une école, un exploitant hôtelier, un établissement de santé ou un commerçant propriétaire de ses murs sont donc tous dans la cible.

Côté exécution, la fiche pose une exigence simple : la mise en place est réalisée par un professionnel. C’est le menuisier ou l’entreprise de pose qui réalise les travaux et qui établit la preuve de réalisation ; c’est aussi lui qui détient les données techniques (Uw, surface, marque, référence) dont le dossier a besoin. Pour un menuisier, maîtriser cette fiche est un argument commercial direct : la prime se calcule au mètre carré posé et se chiffre dès le devis.

Le volume de certificats est ensuite valorisé auprès d’un obligé ou d’un délégataire, le plus souvent par l’intermédiaire d’un mandataire qui constitue le dossier et le fait contrôler. Son intervention doit commencer avant la signature du devis, car c’est à ce moment que se fige l’éligibilité de l’opération.

Le calcul du montant et la surface retenue

La formule tient en une ligne : montant de base par m² selon la zone climatique, multiplié par le facteur correctif du secteur d’activité, multiplié par la surface totale S des fenêtres, doubles fenêtres et portes-fenêtres posées, exprimée en m². Le montant de base vaut 5 300 kWh cumac par m² en zone H1, 4 300 en H2 et 2 900 en H3. Les facteurs correctifs sont les suivants.

  • Bureaux, enseignement, commerces : 0,6.
  • Hôtellerie-restauration : 0,7.
  • Santé : 1,3.
  • Autres secteurs : 0,6.
  • Lecture du tableau : la santé est le secteur le mieux traité, avec plus du double des bureaux à zone égale (6 890 contre 3 180 kWh cumac par m² en H1).
  • La surface retenue n’est pas celle du vitrage. La fiche est explicite : la surface de fenêtre inclut la surface de l’ensemble des profilés, fixes, dormants ou ouvrants, joints, mastics et produits d’étanchéité compris, qui encadrent l’élément de remplissage. On mesure donc la menuiserie complète et l’on additionne toutes les baies remplacées pour obtenir S. Mesurer au vitrage, c’est se priver d’une partie de la prime ; mesurer au-delà du cadre, c’est s’exposer à un redressement au contrôle.
Zone climatiqueBase (kWh cumac / m²)Bureaux, enseignement, commerces, autres (x 0,6)Hôtellerie-restauration (x 0,7)Santé (x 1,3)
H15 3003 1803 7106 890
H24 3002 5803 0105 590
H32 9001 7402 0303 770

Six exemples chiffrés sur des bâtiments tertiaires

Les surfaces ci-dessous correspondent à des chantiers courants. Le calcul se pose toujours dans le même ordre : base de zone multipliée par le facteur secteur, ce qui donne le montant par m², puis multiplication par la surface S.

  • École primaire en zone H1, 120 m² de menuiseries remplacées : 5 300 x 0,6 = 3 180 kWh cumac par m² ; 3 180 x 120 = 381 600 kWh cumac, soit 381,6 MWh cumac.
  • Hôtel en zone H2, 80 m² de fenêtres de chambres : 4 300 x 0,7 = 3 010 ; 3 010 x 80 = 240 800 kWh cumac.
  • Établissement de santé en zone H1, 200 m² : 5 300 x 1,3 = 6 890 ; 6 890 x 200 = 1 378 000 kWh cumac, soit 1 378 MWh cumac.
  • Commerce de centre-ville en zone H3, 45 m² de fenêtres et portes-fenêtres : 2 900 x 0,6 = 1 740 ; 1 740 x 45 = 78 300 kWh cumac.
  • Immeuble de bureaux en zone H2, 300 m² : 4 300 x 0,6 = 2 580 ; 2 580 x 300 = 774 000 kWh cumac.
  • Clinique en zone H3, 150 m² : 2 900 x 1,3 = 3 770 ; 3 770 x 150 = 565 500 kWh cumac.
  • Deux enseignements. La zone pèse lourd : à surface et secteur égaux, un chantier en H1 rapporte environ 1,8 fois un chantier en H3 (5 300 contre 2 900). Le secteur change l’échelle : 200 m² dans un établissement de santé en H1 valent plus que 300 m² de bureaux en H2 (1 378 000 contre 774 000 kWh cumac).
BâtimentZoneFacteur secteurSurface S (m²)Montant par m² (kWh cumac)Total (kWh cumac)
École primaireH10,61203 180381 600
HôtelH20,7803 010240 800
Établissement de santéH11,32006 8901 378 000
CommerceH30,6451 74078 300
Immeuble de bureauxH20,63002 580774 000
CliniqueH31,31503 770565 500

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Les performances exigées : le Uw, et rien d’autre

La fiche fixe une seule grandeur de performance, le coefficient de transmission surfacique Uw, qui mesure la déperdition thermique de la menuiserie complète, vitrage et cadre. Plus il est bas, plus la fenêtre isole. Hors double fenêtre, le Uw des fenêtres et portes-fenêtres posées doit être inférieur ou égal à 1,5 W/m².K. Pour une double fenêtre, la seconde fenêtre posée sur la baie existante doit être à double vitrage renforcé et présenter un Uw inférieur ou égal à 1,8 W/m².K.

Dans les deux cas, la valeur est évaluée selon la norme NF EN 14351-1+A2. C’est un point de contrôle : un Uw annoncé sans référence à cette norme, ou un coefficient Ug (vitrage seul) présenté à la place du Uw, ne suffit pas. Le Ug d’un double vitrage est généralement plus flatteur que le Uw de la fenêtre entière ; les confondre est l’erreur classique du devis mal rédigé.

Certaines fiches fenêtres encadrent aussi le facteur solaire Sw. Dans le texte de la BAT-EN-104 reproduit ici, seul le Uw est encadré : aucun seuil de Sw n’y apparaît. Il n’y a donc pas de facteur solaire à justifier dans le dossier, ce qui n’empêche pas d’en tenir compte dans le choix technique, par exemple pour les façades très exposées d’un immeuble de bureaux.

Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation

La preuve de réalisation, en pratique la facture, porte trois mentions cumulatives.

  • La mise en place d’une ou plusieurs fenêtres, doubles fenêtres, fenêtres de toiture ou portes-fenêtres : le libellé doit dire qu’une menuiserie complète a été posée, et non « remplacement vitrage » ou « fourniture de châssis ».
  • La surface de fenêtre, double fenêtre ou porte-fenêtre, en m², mesurée menuiserie complète comme indiqué plus haut.
  • Les Uw des équipements installés, évalués selon la norme NF EN 14351-1+A2.
  • Voie de secours : si la facture ne comporte pas toutes ces mentions, la preuve de réalisation mentionne la mise en place d’un ou plusieurs équipements avec leur marque, leur référence et leur surface installée, et elle est complétée par un document issu du fabricant ou d’un organisme établi dans l’Espace économique européen et accrédité selon la norme NF EN ISO/IEC 17065 par le COFRAC ou par tout autre organisme d’accréditation signataire de l’accord européen multilatéral pris dans le cadre de l’European co-operation for Accreditation (EA). Ce document indique que l’équipement de marque et référence installé est bien une fenêtre, double fenêtre, fenêtre de toiture ou porte-fenêtre complète.
  • Conseil aux menuisiers : bâtir une fois pour toutes un modèle de facture avec une ligne par type de menuiserie, la surface en m², la marque, la référence et le Uw de chaque modèle. On évite ainsi de courir après une attestation fabricant plusieurs mois après le chantier.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier BAT-EN-104 se vérifie sur pièces et, le cas échéant, sur site. Les motifs de rejet se déduisent directement des conditions de la fiche.

  • L’état initial n’est pas du simple vitrage : le dossier est hors champ, quelle que soit la qualité de la pose. Photographier les menuiseries avant dépose.
  • L’opération relève d’une exclusion : simple changement de vitrage, loggia fermée, véranda, ouverture créée dans une paroi opaque, façade rideau.
  • Le dormant n’a pas été remplacé alors qu’il ne s’agit pas d’une double fenêtre : la fiche l’inclut dans l’opération.
  • Le Uw dépasse 1,5 W/m².K (ou 1,8 pour la double fenêtre), n’est pas évalué selon la norme NF EN 14351-1+A2, ou la facture n’indique qu’un Ug.
  • La surface est incohérente : facture, devis et relevé sur site doivent donner le même S, mesuré menuiserie complète. Une surface gonflée est un motif de redressement.
  • La facture ne porte ni le Uw ni la surface, et aucun document du fabricant ou d’un organisme accrédité ne vient la compléter.
  • La pose n’a pas été réalisée par un professionnel.
  • La zone climatique et le secteur d’activité ne font pas tomber le dossier mais en changent le montant : un bâtiment classé « santé » à tort, avec son facteur 1,3, sera ramené à 0,6 ou 0,7 au contrôle. Il faut pouvoir justifier l’activité réellement exercée dans les locaux.
  • Au total, la BAT-EN-104 est une fiche lisible : un critère d’entrée (simple vitrage avant travaux), un seuil de performance (Uw), une surface mesurée selon une règle précise et un barème à trois zones et quatre facteurs. Les dossiers qui tombent sont presque toujours ceux où l’une de ces briques a été traitée à la légère au moment du devis.

Questions fréquentes

Mon bâtiment a déjà du double vitrage ancien, puis-je bénéficier de la BAT-EN-104 ?

Non. La fiche exige que la fenêtre, la fenêtre de toiture ou la porte-fenêtre remplacée soit équipée de simple vitrage avant travaux. Un double vitrage, même daté et peu performant, sort du champ de la fiche.

Peut-on ne remplacer que les vitrages en conservant les châssis ?

Non. Le simple remplacement de vitrages sur une fenêtre ou une porte-fenêtre existante est expressément exclu. L’opération porte sur une menuiserie complète, dormant compris, sauf dans le cas de la double fenêtre où le dormant d’origine est conservé.

Comment mesurer la surface qui sert au calcul ?

On retient la surface de la menuiserie complète : vitrage, profilés fixes, dormants et ouvrants, joints, mastics et produits d’étanchéité inclus. On additionne toutes les baies remplacées pour obtenir S, puis on multiplie par le montant de zone et le facteur secteur. Exemple : 60 m² de bureaux en zone H1 donnent 5 300 x 0,6 x 60 = 190 800 kWh cumac.

Une double fenêtre est-elle valorisée comme une fenêtre neuve ?

Oui, au même barème : montant de zone multiplié par le facteur secteur et par la surface. La différence tient aux conditions : la seconde fenêtre posée sur la baie existante doit être à double vitrage renforcé avec un Uw inférieur ou égal à 1,8 W/m².K, contre 1,5 W/m².K pour une fenêtre de remplacement, et le dormant d’origine n’a pas à être remplacé.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.