BAR-TH-125 : jusqu’à 67 200 kWh cumac par maison, et plus d’un million sur une résidence, avec la VMC double flux
La fiche BAR-TH-125 valorise la pose d’une VMC double flux dans un logement existant. Le barème distingue l’individuel du collectif, l’autoréglable de la modulée, et applique un facteur de surface qui change tout. Attention à l’échéance : la fiche ne s’applique qu’aux opérations engagées avant le 1er juillet 2028.
- Secteur
- Résidentiel
- Version applicable
- v. A54.5
- Durée de vie conventionnelle
- 17 ans
L'essentiel
- La fiche couvre la VMC double flux autoréglable ou modulée dans un logement résidentiel existant, en maison comme en immeuble.
- Elle est applicable aux opérations engagées avant le 1er juillet 2028. C’est la date de signature du devis qui compte.
- En individuel, le montant dépend de la zone climatique et se multiplie par un facteur de surface qui va de 0,3 à 1,6.
- La version modulée vaut plus que l’autoréglable : 42 000 contre 39 700 kWh cumac en H1. Elle n’existe qu’en installation individuelle.
- En collectif, le montant se calcule par logement, sans facteur de surface : 23 000 kWh cumac par logement en H1.
Ce que couvre la fiche BAR-TH-125 et ce que veut dire son code
Le code se lit en trois parties. BAR désigne le secteur du bâtiment résidentiel. TH signale une opération thermique, c’est-à-dire liée au chauffage, à l’eau chaude ou à la ventilation. Le numéro 125 identifie la fiche dans le catalogue des opérations standardisées.
La fiche vise la mise en place d’un système de ventilation mécanique contrôlée double flux, autoréglable ou modulé, dans un logement résidentiel existant. L’autoréglable est admise en installation individuelle comme en installation collective. La modulée, avec bouches d’extraction hygroréglables, n’est admise qu’en installation individuelle.
Sa version en vigueur est la v. A54.5, pour une durée de vie conventionnelle de 17 ans. C’est cette durée qui explique les volumes élevés de kWh cumac : l’économie annuelle est cumulée et actualisée sur toute la période. Point à noter dès maintenant : la fiche est applicable aux opérations engagées avant le 1er juillet 2028.
À quoi sert une VMC double flux, expliqué simplement
Une VMC simple flux extrait l’air vicié des pièces humides et laisse entrer l’air neuf par des grilles en façade. En hiver, cet air neuf arrive froid. Le chauffage doit compenser.
Une VMC double flux fait deux choses en même temps. Elle extrait l’air vicié et elle insuffle de l’air neuf. Les deux flux se croisent dans un échangeur sans se mélanger. L’air sortant cède sa chaleur à l’air entrant. Le logement est ventilé avec de l’air préchauffé, ce qui réduit les besoins de chauffage.
La version autoréglable maintient des débits constants. La version modulée, à bouches d’extraction hygroréglables, adapte les débits à l’humidité des pièces. C’est cette gestion plus fine qui justifie un montant supérieur dans le barème.
Pour l’occupant, le bénéfice se ressent sur trois plans : une facture de chauffage allégée, une meilleure qualité d’air et moins de bruit venant de l’extérieur, puisque les entrées d’air en façade disparaissent.
Qui peut en bénéficier
La fiche s’adresse à tout logement résidentiel existant. Un logement neuf n’est pas éligible : l’opération doit concerner un bâtiment déjà achevé.
Deux configurations sont prévues. L’installation individuelle équipe un seul logement, maison ou appartement, avec sa propre centrale. L’installation collective équipe plusieurs logements d’un même immeuble à partir d’un système centralisé.
- Propriétaire occupant d’une maison individuelle qui remplace une simple flux ou une ventilation naturelle.
- Propriétaire bailleur qui rénove un logement mis en location.
- Syndicat de copropriétaires qui vote l’installation d’une VMC double flux collective.
- Bailleur social qui équipe un ou plusieurs immeubles de son parc.
Comment se calcule le montant en individuel : autoréglable contre modulée
En installation individuelle, le calcul suit une formule simple : montant de base selon la zone climatique, multiplié par le facteur de surface habitable. La zone climatique dépend du département du logement. H1 correspond aux zones les plus froides, H3 au pourtour méditerranéen.
Le tableau ci-dessous reprend les montants de base, avant application du facteur de surface.
L’écart entre les deux technologies est net et constant : 2 300 kWh cumac de plus en H1, 1 900 en H2, 1 300 en H3. Ce surplus est ensuite multiplié par le facteur de surface, donc il grandit avec la taille du logement.
| Zone climatique | VMC double flux autoréglable | VMC double flux modulée |
|---|---|---|
| H1 | 39 700 kWh cumac | 42 000 kWh cumac |
| H2 | 32 500 kWh cumac | 34 400 kWh cumac |
| H3 | 21 600 kWh cumac | 22 900 kWh cumac |
Le cas du collectif : un montant par logement, multiplié par le nombre de logements
En installation collective, la logique change. Le barème donne un montant par logement pour la VMC double flux autoréglable. Ce montant est multiplié par le nombre de logements desservis, noté N. Aucun facteur de surface n’intervient.
Cette règle a une conséquence directe pour vous : sur une résidence, le volume grimpe très vite. Chaque logement supplémentaire ajoute la totalité du montant de base, quelle que soit sa surface. Un studio compte autant qu’un grand appartement.
Pour un syndic ou un bailleur social, c’est l’argument principal. Une seule opération, un seul dossier, et un volume qui dépasse largement ce qu’une maison individuelle peut produire. À noter : le collectif ne se valorise qu’en autoréglable, la modulée étant réservée à l’individuel.
| Zone climatique | Montant par logement (autoréglable) | Formule |
|---|---|---|
| H1 | 23 000 kWh cumac | 23 000 × N |
| H2 | 18 800 kWh cumac | 18 800 × N |
| H3 | 12 500 kWh cumac | 12 500 × N |
Vous avez une opération BAR-TH-125 en cours ? Estimez-la en quelques clics.
EstimerLe facteur de surface, qui pénalise les petits logements
En individuel, le montant de base est multiplié par un facteur qui dépend de la surface habitable S, en mètres carrés. Le facteur est identique pour l’autoréglable et la modulée.
La courbe est très marquée. En dessous de 35 m², le facteur tombe à 0,3. Au-dessus de 130 m², il monte à 1,6. D’un extrême à l’autre, le volume est multiplié par plus de cinq : 1,6 divisé par 0,3 donne environ 5,3.
Concrètement, un studio de 30 m² en H3 équipé d’une autoréglable produit 21 600 × 0,3 = 6 480 kWh cumac. Le même équipement dans une grande maison de 150 m² en H1 produit 39 700 × 1,6 = 63 520 kWh cumac. Avant de chiffrer un petit appartement, vérifiez donc la surface habitable : le résultat peut être décevant.
| Surface habitable S | Facteur correctif |
|---|---|
| S < 35 m² | 0,3 |
| 35 ≤ S < 60 m² | 0,5 |
| 60 ≤ S < 70 m² | 0,6 |
| 70 ≤ S < 90 m² | 0,7 |
| 90 ≤ S < 110 m² | 1 |
| 110 ≤ S ≤ 130 m² | 1,1 |
| S > 130 m² | 1,6 |
Combien ça représente en vrai : trois exemples chiffrés
Exemple 1 : maison de 95 m² en zone H2, VMC double flux autoréglable en installation individuelle. Montant de base : 32 500 kWh cumac. Surface entre 90 et 110 m², facteur 1. Résultat : 32 500 × 1 = 32 500 kWh cumac.
Exemple 2 : maison de 140 m² en zone H1, VMC double flux modulée en installation individuelle. Montant de base : 42 000 kWh cumac. Surface supérieure à 130 m², facteur 1,6. Résultat : 42 000 × 1,6 = 67 200 kWh cumac. Avec une autoréglable sur la même maison, le résultat aurait été de 39 700 × 1,6 = 63 520 kWh cumac. La modulée apporte 3 680 kWh cumac de plus.
Exemple 3 : résidence de 48 logements en zone H1, VMC double flux autoréglable en installation collective. Montant par logement : 23 000 kWh cumac. Pas de facteur de surface. Résultat : 23 000 × 48 = 1 104 000 kWh cumac. La même résidence en H2 donnerait 18 800 × 48 = 902 400 kWh cumac, et en H3 12 500 × 48 = 600 000 kWh cumac.
Le troisième exemple vaut à lui seul plus de seize fois le deuxième. C’est la raison pour laquelle les opérations collectives méritent toute votre attention commerciale, même si le chantier est plus long à monter.
| Cas | Zone | Base | Multiplicateur | Volume |
|---|---|---|---|---|
| Maison 95 m², autoréglable | H2 | 32 500 | × 1 | 32 500 kWh cumac |
| Maison 140 m², modulée | H1 | 42 000 | × 1,6 | 67 200 kWh cumac |
| Résidence 48 logements, autoréglable | H1 | 23 000 par logement | × 48 | 1 104 000 kWh cumac |
Les exigences techniques, à vérifier sur la fiche produit avant le devis
Le volume calculé ne vaut que si l’équipement coche les cases de la fiche. Sur l’installation individuelle, elles sont précises et chiffrées. Ne vous contentez pas de la mention « double flux » sur un catalogue : demandez la fiche produit et la certification.
Le professionnel qui réalise l’opération doit par ailleurs être titulaire d’un signe de qualité RGE correspondant au 8° de l’article 1er du décret n° 2014-812, c’est-à-dire au domaine ventilation. Un RGE chauffage seul ne couvre pas cette opération.
- Centrale double flux autoréglable ou à modulation hygroréglable, de classe d’efficacité énergétique A ou supérieure au sens du règlement (UE) n° 1254/2014.
- Rapport de température, c’est-à-dire efficacité thermique, supérieur ou égal à 85 % mesuré selon la norme NF EN 13141-7.
- Certification par un organisme accrédité NF EN ISO/CEI 17065. Une centrale certifiée NF 205 est réputée satisfaire cette exigence.
- Puissance électrique absorbée pondérée du caisson inférieure ou égale à 47,6 WThC en configuration T4 avec une salle de bain et un WC. Là encore, la certification NF 205 vaut preuve.
- Professionnel titulaire du signe de qualité RGE couvrant le domaine ventilation.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Le rôle actif et incitatif du mandataire ou du délégataire doit être établi avant l’engagement du bénéficiaire, c’est-à-dire avant la signature du devis. Un devis signé avant ce contact rend l’opération invalide, quelle que soit la qualité de l’installation.
La facture doit décrire précisément l’équipement posé : type de VMC, autoréglable ou modulée, marque, référence, et pour le collectif le nombre de logements desservis. Une facture vague est la première cause de rejet.
- Logement existant : la date d’achèvement du bâtiment doit pouvoir être justifiée.
- Surface habitable justifiée pour l’individuel, car elle détermine le facteur correctif.
- Nombre de logements justifié pour le collectif, car il détermine le multiplicateur N.
- Zone climatique cohérente avec l’adresse des travaux.
- Attestation sur l’honneur signée par le bénéficiaire et le professionnel, avec des dates cohérentes entre devis, facture et attestation.
- Contrôle possible sur site ou par contact : le bénéficiaire doit pouvoir confirmer l’installation et la démarche.
Questions fréquentes
Je pose une VMC double flux dans un appartement de 40 m². Est-ce que ça vaut le coup ?
Le facteur de surface est de 0,5 entre 35 et 60 m². En H1 avec une autoréglable, le volume sera de 39 700 × 0,5 = 19 850 kWh cumac. C’est éligible, mais le volume est deux fois plus faible que sur un logement de 100 m². Si l’immeuble entier peut passer en collectif, la logique par logement sera souvent plus intéressante.
En collectif, la surface des appartements compte-t-elle ?
Non. En installation collective, le barème donne un montant par logement, sans facteur de surface. Vous multipliez simplement le montant de la zone par le nombre de logements desservis. Un studio et un grand appartement comptent pour le même volume.
Peut-on valoriser une VMC double flux modulée en collectif ?
Non. La fiche réserve la version modulée, avec bouches d’extraction hygroréglables, à l’installation individuelle. En collectif, seule l’autoréglable est valorisée, au montant par logement de la zone concernée.
Jusqu’à quand peut-on engager une opération BAR-TH-125 ?
La fiche est applicable aux opérations engagées avant le 1er juillet 2028. Ce qui compte est la date de signature du devis ou du bon de commande, pas la date de pose ni celle de la facture. Au-delà, il faudra vérifier la fiche qui lui succède.
Le syndic a déjà voté les travaux en assemblée. Est-il trop tard pour la prime ?
Ce qui compte, c’est la date d’engagement, c’est-à-dire la signature du devis ou du bon de commande. Si aucun devis n’a encore été signé, le rôle actif et incitatif peut encore être établi. Si le devis est déjà signé, l’opération n’est plus valorisable. Contactez-nous avant toute signature.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.