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Résidentiel · Fiche BAR-TH-169

BAR-TH-169 : la pompe à chaleur collective dédiée à l’eau chaude sanitaire

Dans un immeuble, le chauffage s’arrête au printemps. L’eau chaude sanitaire, elle, tourne toute l’année. La fiche BAR-TH-169 valorise le passage de la production d’ECS collective à une ou plusieurs pompes à chaleur associées à des ballons de stockage, avec un barème par appartement qui dépend du COP et de la zone climatique.

Secteur
Résidentiel
Version applicable
v. A65-2
Durée de vie conventionnelle
22 ans

L'essentiel

  • Système centralisé : une ou plusieurs PAC associées à un ou plusieurs ballons de stockage, puissance thermique nominale ≤ 400 kW, pour l’eau chaude sanitaire collective.
  • Sources admises : air extérieur ou extrait, eau glycolée, eau, eaux grises. Les PAC à capteurs solaires atmosphériques sont éligibles.
  • Montant = barème par appartement (de 44 000 à 55 000 kWh cumac selon le COP et la zone H1, H2 ou H3) × nombre d’appartements N × facteur R.
  • COP ≥ 2,8 dans tous les cas, mesuré selon NF EN 16147 ou NF EN 14511, et installateur titulaire d’un signe de qualité (décret n° 2014-812).
  • Non cumulable avec la fiche PAC collective chauffage quand celle-ci couvre déjà chauffage et ECS. Opérations engagées avant le 1er avril 2030.

Ce que couvre la fiche BAR-TH-169

Le code se lit en trois blocs. BAR désigne le bâtiment résidentiel, par opposition au tertiaire (BAT), à l’industrie (IND) ou à l’agriculture (AGRI). TH renvoie à la famille thermique. Le numéro 169 identifie l’opération. La version A65-2 s’applique aux opérations engagées à compter du 1er avril 2025.

La dénomination officielle est précise : mise en place d’un système centralisé constitué d’une ou plusieurs pompes à chaleur associées à un ou plusieurs ballons de stockage, de puissance thermique nominale inférieure ou égale à 400 kW, pour la production d’eau chaude sanitaire collective. Trois éléments sont indissociables : la PAC, le stockage et l’usage ECS collectif.

La fiche est la sœur ECS de la fiche PAC collective pour le chauffage, avec une règle de non-cumul explicite : la BAR-TH-169 n’est pas cumulable avec la fiche « Pompe à chaleur collective de type air/eau ou eau/eau » lorsque celle-ci est utilisée pour les usages chauffage et eau chaude sanitaire. Une même PAC valorisée pour les deux usages ne donne donc pas lieu à une BAR-TH-169 par-dessus. Précision d’honnêteté : notre source désigne cette fiche chauffage sous la référence BAR-TH-166 ; le code BAR-TH-179 n’y apparaît pas.

La fiche s’applique aux opérations engagées avant le 1er avril 2030. La durée de vie conventionnelle retenue est de 22 ans.

La production collective d’ECS par pompe à chaleur, expliquée simplement

Dans un immeuble à production centralisée, l’eau chaude est préparée en chaufferie, stockée dans des ballons, puis distribuée aux appartements par un réseau bouclé, le plus souvent depuis une chaudière gaz ou des ballons électriques. La BAR-TH-169 organise le passage à une pompe à chaleur.

Le principe est celui de toute PAC : prélever de la chaleur dans une source peu coûteuse et la relever à une température utile. La fiche liste les sources admises : l’air, extérieur ou extrait (l’air rejeté par la ventilation de l’immeuble, déjà tempéré), l’eau glycolée, l’eau, et les eaux grises, c’est-à-dire les eaux des douches et lavabos, encore tièdes. Les PAC avec capteurs solaires atmosphériques sont également éligibles.

Le ballon de stockage est le second pilier. Une PAC préfère travailler de façon régulière, alors que la demande d’eau chaude se concentre le matin et le soir. Le stockage absorbe ces pointes : la machine produit à son rythme, le ballon restitue à la demande.

Pourquoi l’ECS est-elle un poste si intéressant en collectif ? Parce qu’il ne connaît pas de saison. Le chauffage s’interrompt plusieurs mois par an ; l’eau chaude est tirée tous les jours, et une machine performante y trouve un temps de fonctionnement long.

Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu

La fiche relève du résidentiel et raisonne en nombre d’appartements. Elle vise les immeubles collectifs d’habitation : copropriétés gérées par un syndic, parc des bailleurs sociaux, résidences en gestion. Le bénéficiaire est le maître d’ouvrage qui engage les travaux.

Ce qui sort du champ se déduit de la dénomination et de la clause de non-cumul.

  • Un système dont la puissance thermique nominale dépasse 400 kW.
  • Une PAC installée sans ballon de stockage : la dénomination exige un système centralisé PAC + stockage.
  • Une production individuelle, logement par logement, qui n’est pas collective au sens de la fiche.
  • Une PAC collective déjà valorisée pour les usages chauffage et ECS au titre de la fiche PAC collective chauffage.
  • Une PAC dont le COP est inférieur à 2,8, quelle que soit sa source.
  • Une opération engagée à partir du 1er avril 2030.

Le calcul du montant : barème par appartement, nombre d’appartements, facteur R

Le montant en kWh cumac multiplie trois termes : un montant unitaire par appartement lu dans le barème, le nombre d’appartements N desservis, et un facteur R. Le barème croise six classes de COP et les trois zones climatiques H1, H2 et H3 : plus le COP est élevé et plus la zone est froide, plus le montant par appartement est important.

Le facteur R est renvoyé par la fiche à sa partie 3. Le fichier dont nous disposons est tronqué avant cette définition : nous ne pouvons pas en donner la formule et nous ne l’inventerons pas. Deux règles sont en revanche explicites : lorsque plusieurs PAC sont installées, on somme, pour le même nombre d’appartements, les montants correspondant à chaque PAC ; et la somme des facteurs R des PAC installées est inférieure ou égale à 1. R plafonne donc à 1 et se répartit entre les machines. Notre source ne donne pas non plus le découpage des zones H1, H2, H3 par département.

L’écart entre classes est modéré : en H1, on passe de 49 200 à 55 000 kWh cumac par appartement entre la classe la plus basse et la plus haute, soit 5 800 de plus (environ 11,8 %). Pour 2,8 ≤ COP < 3,2, H1 donne 49 200 contre 44 000 en H3. Le levier principal reste le nombre d’appartements.

COP de la PAC installéeZone H1Zone H2Zone H3
2,8 ≤ COP < 3,249 20046 80044 000
3,2 ≤ COP < 3,651 00048 50045 500
3,6 ≤ COP < 452 40049 80046 800
4 ≤ COP < 4,453 50050 90047 800
4,4 ≤ COP < 4,854 40051 80048 600
COP ≥ 4,855 00052 30049 200

Quatre exemples chiffrés sur des copropriétés réalistes

Hypothèse commune : R n’étant pas défini dans notre source, nous retenons R = 1 pour une PAC unique, valeur maximale autorisée par la règle « somme des R ≤ 1 ». Les montants réels dépendront de la définition de R dans la fiche complète.

Exemple 1. Copropriété de 40 appartements en zone H1, PAC air extérieur/eau de COP 3,4 (classe 3,2 ≤ COP < 3,6, montant 51 000). Calcul : 51 000 × 40 × 1 = 2 040 000 kWh cumac.

Exemple 2. Bailleur social, 120 logements en zone H2, PAC sur eaux grises de COP 2,9 (classe 2,8 ≤ COP < 3,2, montant 46 800). Calcul : 46 800 × 120 × 1 = 5 616 000 kWh cumac. Un COP proche du plancher, mais c’est le nombre de logements qui fait le montant.

Exemple 3. Résidence de 24 appartements en zone H3, PAC sur air extrait de COP 4,5 (classe 4,4 ≤ COP < 4,8, montant 48 600). Calcul : 48 600 × 24 × 1 = 1 166 400 kWh cumac.

Exemple 4, à deux machines. Copropriété de 60 appartements en zone H1 : une première PAC de COP 3,0 (montant 49 200) avec R = 0,6, une seconde de COP 4,0 (classe 4 ≤ COP < 4,4, montant 53 500) avec R = 0,4. La somme des R vaut 1. Premier terme : 49 200 × 60 × 0,6 = 1 771 200. Second terme : 53 500 × 60 × 0,4 = 1 284 000. Total : 3 055 200 kWh cumac. Les valeurs 0,6 et 0,4 illustrent la sommation ; leur détermination relève de la définition de R, absente de notre source.

CasZoneCOPMontant unitaireNRTotal kWh cumac
Copropriété 40 lotsH13,451 0004012 040 000
Bailleur social 120 lotsH22,946 80012015 616 000
Résidence 24 lotsH34,548 6002411 166 400
Copropriété 60 lots, PAC 1H13,049 200600,61 771 200
Copropriété 60 lots, PAC 2H14,053 500600,41 284 000
Copropriété 60 lots, totalH16013 055 200

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Les conditions techniques

La mise en place est réalisée par un professionnel titulaire d’un signe de qualité conforme à l’article 2 du décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014, pour des travaux relevant du 5° ou du 6° du I de l’article 1er de ce décret. Les exigences de performance dépendent ensuite du règlement européen dont relève l’équipement.

  • Chauffe-eau thermodynamiques relevant du règlement (UE) n° 814/2013 : efficacité énergétique pour le chauffage de l’eau ≥ 61 % pour un profil de soutirage XXL, ≥ 65 % pour les profils 3XL et plus.
  • PAC relevant du règlement (UE) n° 813/2013 : efficacité énergétique saisonnière ≥ 111 %.
  • Dans tous les cas, COP de la pompe à chaleur ≥ 2,8.
  • COP d’un chauffe-eau thermodynamique collectif : norme NF EN 16147, à 7 °C extérieur pour un équipement utilisant l’air extérieur, pour le profil de soutirage concerné.
  • COP d’une PAC air extérieur/eau : norme NF EN 14511, entrée à l’échangeur extérieur à 7 °C, sortie à l’échangeur intérieur à 45 °C.
  • Autres PAC : norme NF EN 14511 avec une entrée à l’échangeur extérieur à 20 °C ; la température de sortie correspondante est coupée dans notre source et nous ne la reconstituons pas.

Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation

La partie de la fiche qui décrit la preuve de réalisation ne figure pas dans le fichier dont nous disposons. Nous ne pouvons donc pas en reproduire la liste littérale.

Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que chaque terme du calcul et chaque condition technique devra être justifié par le dossier : nature du système (PAC et ballons de stockage, usage ECS collectif), puissance thermique nominale au regard du plafond de 400 kW, source utilisée, COP et norme de mesure, efficacité au titre du règlement 813/2013 ou 814/2013 avec le profil de soutirage, nombre d’appartements desservis et qualification de l’installateur. Un bureau d’études fluides a intérêt à les inscrire dès le CCTP.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Notre source ne comporte pas la rubrique relative aux contrôles. Voici les motifs de rejet qui découlent directement du texte disponible.

  • COP inférieur à 2,8, ou COP mesuré dans d’autres conditions que celles fixées par la fiche.
  • Efficacité insuffisante : moins de 61 % (XXL) ou 65 % (3XL et plus) pour un chauffe-eau thermodynamique, moins de 111 % pour une PAC relevant du règlement 813/2013.
  • Puissance thermique nominale supérieure à 400 kW, absence de ballon de stockage, ou installation non collective.
  • Installateur dépourvu du signe de qualité exigé par le décret n° 2014-812.
  • Double valorisation d’une PAC déjà comptée pour chauffage et ECS au titre de la fiche PAC collective chauffage.
  • Somme des facteurs R supérieure à 1 lorsque plusieurs PAC sont installées, ou opération engagée à partir du 1er avril 2030.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler la BAR-TH-169 avec la fiche PAC collective chauffage ?

Pas lorsque cette PAC est utilisée pour les usages chauffage et eau chaude sanitaire : la fiche l’exclut expressément, en désignant la fiche chauffage sous la référence BAR-TH-166.

Comment se calcule le montant quand l’immeuble a deux pompes à chaleur ?

Un montant par PAC, avec son COP et son facteur R, sur le même nombre d’appartements, puis on additionne. La somme des facteurs R ne dépasse pas 1.

Quel COP minimum faut-il atteindre ?

Un COP ≥ 2,8 dans tous les cas, mesuré selon NF EN 16147 pour un chauffe-eau thermodynamique collectif ou NF EN 14511 pour les autres PAC, aux températures fixées par la fiche.

Une PAC sur eaux grises ou sur air extrait est-elle éligible ?

Oui. La fiche admet l’air extérieur ou extrait, l’eau glycolée, l’eau et les eaux grises, ainsi que les PAC avec capteurs solaires atmosphériques.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.