AGRI-UT-103 : la basse pression flottante sur un groupe froid agricole, 830 kWh cumac par kW
Chambre froide de station fruitière, tank à lait, salle de conditionnement : dans une exploitation agricole, le groupe de production de froid tourne des milliers d’heures par an, souvent réglé au plus dur en permanence. La fiche AGRI-UT-103 finance l’ajout d’une régulation qui laisse la basse pression flotter avec le besoin réel de froid. L’équipement reste en place, seul le pilotage change, et la prime se calcule sur la puissance électrique nominale du groupe.
- Secteur
- Agriculture
- Version applicable
- v. A19-1
- Durée de vie conventionnelle
- 14 ans
L'essentiel
- Mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, qui adapte automatiquement la consigne de basse pression (ou de température en sortie d’évaporateur) au besoin de froid.
- Montant : 830 kWh cumac par kW de puissance électrique nominale du groupe. Un groupe de 45 kW représente 37 350 kWh cumac.
- La puissance retenue est celle de la plaque signalétique du groupe, ou à défaut celle d’un document issu du fabricant.
- Mise en place par un professionnel, et preuve de réalisation mentionnant la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid.
- Durée de vie conventionnelle : 14 ans. La fiche sœur AGRI-UT-104 couvre la haute pression flottante, avec son propre barème.
Ce que couvre la fiche AGRI-UT-103
La fiche AGRI-UT-103, version A19-1, porte sur la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid permettant d’avoir une basse pression flottante. Le texte précise la fonction attendue : adapter automatiquement la consigne de la pression d’évaporation, c’est-à-dire la basse pression, ou la consigne de température en sortie de l’évaporateur, en fonction du besoin de froid.
Le code se lit en trois blocs. AGRI désigne le secteur d’application, l’agriculture : la fiche vise les installations frigorifiques des exploitations et structures agricoles, pas les entrepôts logistiques ni les commerces. UT signifie utilités, la famille de fiches consacrée aux équipements de servitude comme le froid, l’air comprimé ou la ventilation. Le nombre 103 est le numéro d’ordre de la fiche dans cette famille.
La durée de vie conventionnelle est de 14 ans. C’est sur cette durée que les économies sont comptabilisées pour former le montant en kWh cumac : une convention de calcul propre aux CEE, pas une garantie sur le matériel.
Point important : cette fiche ne finance pas un groupe froid neuf. Elle finance l’intelligence ajoutée à un groupe existant. Une fiche voisine, l’AGRI-UT-104, applique le même principe à la haute pression, côté condensation. Les deux opérations sont distinctes, avec chacune leur barème.
La basse pression flottante, expliquée simplement
Un circuit frigorifique fonctionne entre deux niveaux de pression. Côté évaporateur, dans la chambre froide ou le tank, le fluide s’évapore à basse pression et absorbe la chaleur. Côté condenseur, à l’extérieur, il se condense à haute pression et la rejette. Le compresseur fait passer le fluide de l’une à l’autre, et son travail dépend directement de l’écart entre les deux.
Sur une installation classique, la consigne de basse pression est fixée une fois pour toutes, au niveau qui tient la température dans le pire des cas : chambre pleine de fruits tout juste récoltés, porte ouverte en pleine journée d’été. Le reste du temps, marchandise refroidie ou chambre à moitié vide, le groupe continue à évaporer à cette pression très basse alors que le besoin ne le justifie plus. Le compresseur fournit un effort disproportionné pour un service qui serait rendu tout aussi bien avec une pression d’évaporation plus haute.
La basse pression flottante consiste à laisser cette consigne remonter quand la demande de froid baisse. Le système de régulation observe le besoin réel, par exemple à travers la température en sortie de l’évaporateur, et relève la consigne tant que la température des produits est tenue. L’écart entre basse et haute pression se resserre, le compresseur travaille moins, la chambre reste à la bonne température. Quand le besoin remonte, la consigne redescend automatiquement.
Le point clé est le caractère automatique de cette adaptation. Un frigoriste qui retouche la consigne à la main d’une saison à l’autre ne fait pas de basse pression flottante au sens de la fiche.
Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu
La fiche relève du secteur agricole. Les bénéficiaires visés sont les exploitations et structures agricoles qui produisent du froid : maraîchers avec chambres de conservation, stations fruitières, coopératives de stockage, producteurs laitiers équipés de tanks réfrigérés, ateliers de transformation à la ferme. Le frigoriste qui entretient ces installations est souvent le premier à repérer les groupes qui tournent toute l’année sur une consigne fixe.
Il faut un groupe de production de froid en service et un système de régulation ajouté sur ce groupe, qui adapte automatiquement la consigne de basse pression ou de température en sortie d’évaporateur au besoin de froid. Le groupe lui-même n’a pas à être remplacé.
- Éligible : ajout d’un système de régulation à basse pression flottante sur un groupe de production de froid existant, dans une exploitation ou structure agricole.
- Non couvert : remplacement du groupe froid, régulation de la haute pression (voir AGRI-UT-104), réglage manuel de consigne sans adaptation automatique.
- Hors champ : installations frigorifiques d’un site non agricole.
Comment se calcule le montant
Le barème est l’un des plus simples du catalogue : un montant unitaire multiplié par une puissance. Le montant unitaire est de 830 kWh cumac par kW. La grandeur multipliée, notée P, est la puissance électrique nominale du groupe de production de froid, en kW.
Attention à la nature de cette puissance : il s’agit de la puissance électrique nominale du groupe, pas de sa puissance frigorifique. Les deux figurent souvent sur la même documentation et la puissance frigorifique est en général la plus élevée. La retenir par erreur gonflerait la prime et ferait tomber le dossier au contrôle.
La fiche précise où lire cette puissance : sur la plaque signalétique du groupe ou, à défaut, sur un document issu du fabricant du groupe. Ni une estimation du frigoriste, ni une mesure sur site, ni la puissance souscrite du compteur ne peuvent s’y substituer.
| Paramètre | Valeur retenue par la fiche |
|---|---|
| Montant unitaire | 830 kWh cumac par kW |
| Grandeur multipliée (P) | Puissance électrique nominale du groupe de production de froid, en kW |
| Source de P | Plaque signalétique du groupe, ou à défaut document issu du fabricant |
| Formule | Montant en kWh cumac = 830 × P |
Combien ça représente en vrai : quatre exemples chiffrés
Un producteur laitier dont le groupe froid du tank à lait affiche 15 kW de puissance électrique nominale : 830 × 15 = 12 450 kWh cumac, soit 12,45 MWh cumac.
Un maraîcher dont les chambres de conservation sont desservies par un groupe de 45 kW : 830 × 45 = 37 350 kWh cumac, soit 37,35 MWh cumac.
Une station fruitière dont la centrale frigorifique porte 90 kW : 830 × 90 = 74 700 kWh cumac, soit 74,7 MWh cumac.
Une coopérative de stockage dont le groupe totalise 200 kW : 830 × 200 = 166 000 kWh cumac, soit 166 MWh cumac.
Le montant est strictement proportionnel à la puissance électrique du groupe. Pour un site qui possède plusieurs groupes indépendants, chaque groupe équipé constitue une opération à part, avec sa propre plaque signalétique et sa propre ligne sur la preuve de réalisation.
| Situation | Puissance électrique nominale (P) | Calcul | Montant en kWh cumac | Équivalent en MWh cumac |
|---|---|---|---|---|
| Tank à lait, producteur laitier | 15 kW | 830 × 15 | 12 450 | 12,45 |
| Chambres de conservation, maraîcher | 45 kW | 830 × 45 | 37 350 | 37,35 |
| Centrale frigorifique, station fruitière | 90 kW | 830 × 90 | 74 700 | 74,7 |
| Stockage, coopérative | 200 kW | 830 × 200 | 166 000 | 166 |
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EstimerLes conditions techniques
La fiche est sobre sur le plan technique. Elle ne désigne ni une technologie ni un fabricant : elle définit un résultat fonctionnel. Régulateur dédié, automate de centrale ou carte ajoutée au groupe, toute solution qui adapte automatiquement la consigne de pression d’évaporation ou de température en sortie d’évaporateur au besoin de froid entre dans la définition.
Première condition explicite : la mise en place est réalisée par un professionnel, ce qui exclut l’auto-installation par l’exploitant. Deuxième condition, liée au calcul : la puissance électrique nominale est lue sur la plaque signalétique du groupe ou, à défaut, sur un document issu du fabricant. Le professionnel a donc intérêt à photographier la plaque et à conserver la fiche technique, car c’est cette valeur qui justifiera le montant.
Le barème ne fixe ni plancher ni plafond de puissance : la formule 830 × P s’applique telle quelle, du petit groupe de tank à lait à la centrale d’une station fruitière. Il reste prudent, avant de signer un devis, de vérifier avec le mandataire que le dossier est cadré sur la basse pression et non sur la haute pression.
Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation
La preuve de réalisation, en pratique la facture du frigoriste, est la pièce centrale du dossier. La fiche prévoit deux façons de la rendre conforme.
La voie principale : la preuve de réalisation mentionne la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid. La formulation doit être explicite. Une ligne « régulateur » ou « paramétrage », sans référence au groupe froid ni à la fonction de régulation, ne suffit pas. La bonne pratique est de reprendre presque mot pour mot l’intitulé de la fiche.
La voie de secours, si la facture ne comporte pas cette mention : la preuve de réalisation mentionne la mise en place d’un équipement avec sa marque et sa référence, complétée par un document issu du fabricant permettant d’identifier que l’équipement de cette marque et référence est un système de régulation sur un groupe de production de froid. Les deux éléments sont indissociables : la marque et la référence seules ne démontrent rien.
Dans les deux cas, le dossier doit permettre de retrouver la puissance électrique nominale retenue : photo de la plaque signalétique ou fiche technique du fabricant, cohérente avec la valeur utilisée.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Le contrôle porte d’abord sur la cohérence entre trois pièces : la preuve de réalisation, le justificatif de puissance et le calcul du montant. Un écart entre la puissance de la plaque et celle du calcul est le motif de rejet le plus mécanique. Un chiffre recopié de travers, ou une confusion entre puissance frigorifique et puissance électrique, et le montant déclaré est faux.
Le deuxième motif tient à la facture. Sans mention de la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, et sans équipement identifié par marque et référence avec le document fabricant correspondant, l’opération ne peut pas être rattachée à la fiche. Une ligne « intervention groupe froid » est irrécupérable après coup si le fabricant ne fournit pas de document d’identification.
Troisième point : la nature de la régulation. Un dispositif qui agit sur la haute pression, ou qui ne modifie pas automatiquement la consigne de basse pression, ne correspond pas à la dénomination. Enfin, la mise en place doit avoir été réalisée par un professionnel : un régulateur posé par l’exploitant lui-même, même fonctionnel, ne peut pas être valorisé.
- Puissance du calcul différente de celle de la plaque signalétique ou du document fabricant.
- Confusion entre puissance frigorifique et puissance électrique nominale.
- Facture sans mention du système de régulation, et sans marque, référence et document fabricant.
- Régulation portant sur la haute pression (AGRI-UT-104) ou réglage manuel sans adaptation automatique.
- Mise en place non réalisée par un professionnel.
Questions fréquentes
Faut-il changer mon groupe froid pour bénéficier de l’AGRI-UT-103 ?
Non. La fiche finance uniquement la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid existant. Le groupe reste en place, on lui ajoute un dispositif qui adapte automatiquement la consigne de basse pression, ou de température en sortie d’évaporateur, au besoin de froid réel.
Quelle puissance faut-il prendre pour le calcul ?
La puissance électrique nominale du groupe de production de froid, en kW, telle qu’elle figure sur sa plaque signalétique. Si la plaque est absente, on utilise un document issu du fabricant. Ce n’est pas la puissance frigorifique, qui n’est pas la grandeur prévue par la fiche.
Quelle est la différence avec l’AGRI-UT-104 ?
L’AGRI-UT-103 porte sur la basse pression flottante, côté évaporation. L’AGRI-UT-104 porte sur la haute pression flottante, côté condensation. Ce sont deux fiches distinctes, avec chacune leur barème, et un dossier doit être rattaché à la bonne fiche selon la pression sur laquelle agit la régulation installée.
Que doit indiquer la facture du frigoriste ?
Soit la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, en toutes lettres. Soit un équipement identifié par sa marque et sa référence, accompagné d’un document du fabricant attestant que cet équipement est un système de régulation sur un groupe de production de froid. Le justificatif de la puissance électrique nominale est joint dans les deux cas.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.