BAT-TH-116 : une GTB de classe A peut dépasser 3 500 MWh cumac sur 4 000 m² de bureaux
La fiche BAT-TH-116 valorise la mise en place d’une gestion technique du bâtiment dans le tertiaire. Son montant se construit usage par usage, avec un écart marqué entre la classe A et la classe B. Voici comment la lire, la calculer et sécuriser le dossier.
- Secteur
- Tertiaire
- Version applicable
- v. A62.6
- Durée de vie conventionnelle
- 15 ans
L'essentiel
- Le montant s’obtient en additionnant une ligne par usage piloté : chauffage, refroidissement ou climatisation, eau chaude sanitaire, éclairage, auxiliaires.
- En bureaux, la classe A vaut 360 kWh cumac par m² sur le chauffage contre 240 en classe B, soit une fois et demie.
- Le facteur de zone va de 1,1 en H1 à 0,6 en H3 : un même bâtiment vaut environ 1,8 fois plus en H1 qu’en H3.
- Les commerces sont les mieux valorisés sur le chauffage, 520 en classe A, mais leurs réserves, entrepôts et locaux de stockage sont exclus de la surface.
- Le périmètre du lot GTB décide du montant : chaque usage réellement piloté ajoute une ligne, chaque usage laissé de côté en retire une.
Ce que couvre la fiche BAT-TH-116 et ce que dit son code
Le code se lit en trois parties. BAT désigne le secteur du bâtiment tertiaire. TH indique une opération thermique. 116 est le numéro d’ordre de la fiche dans ce secteur. Vous êtes donc sur une opération standardisée du tertiaire, en version A62.6, avec une durée de vie conventionnelle de 15 ans.
La fiche vise la mise en place d’un système de gestion technique du bâtiment. Ce système doit assurer, par une automatisation centralisée, les fonctions de régulation de classe B ou A au sens de la norme NF EN ISO 52120-1 : 2022. L’usage chauffage est le socle. Les usages eau chaude sanitaire, refroidissement ou climatisation, éclairage et auxiliaires s’ajoutent le cas échéant.
En outre-mer, la logique s’inverse. L’usage principal à considérer est le refroidissement ou la climatisation, et non le chauffage.
À quoi sert une GTB, expliqué simplement
Une GTB est le cerveau technique d’un bâtiment. Elle relie les équipements de chauffage, de froid, de ventilation, d’éclairage et leurs auxiliaires à un superviseur unique. Elle mesure, elle décide, elle agit.
Concrètement, elle adapte la consigne de température à l’occupation réelle. Elle coupe l’éclairage d’un plateau vide. Elle module les pompes et les ventilateurs selon le besoin plutôt que de les laisser tourner à plein régime. Elle détecte les dérives et alerte l’exploitant.
La norme NF EN ISO 52120-1 classe ces fonctions par niveau d’ambition. La classe B correspond à une régulation avancée. La classe A ajoute des fonctions plus fines, avec une régulation qui tient compte de la demande réelle de chaque zone. La fiche ne retient que ces deux classes. En dessous, aucune prime.
Qui peut en bénéficier
La fiche s’adresse aux bâtiments tertiaires des cinq secteurs listés dans le texte officiel : bureaux, enseignement, commerces, hôtellerie-restauration et santé. Un bâtiment qui n’entre dans aucune de ces catégories ne trouve pas de valeur dans le tableau et ne peut pas être valorisé au titre de cette fiche.
Le bénéficiaire est celui qui porte l’opération : propriétaire, foncière, gestionnaire de patrimoine ou exploitant qui investit dans le système. Pour un bureau d’études, la fiche est un outil de décision au moment de rédiger le CCTP du lot GTB. Pour un intégrateur, c’est un argument commercial et un cadre pour dimensionner le périmètre.
La condition de fond ne porte pas seulement sur le type de bâtiment. Elle porte sur la classe atteinte et sur les usages effectivement pilotés. Un système qui ne régule que le chauffage en classe B est éligible. Un système qui pilote tous les usages mais reste sous la classe B ne l’est pas.
Comment se calcule le montant : usage par usage, puis facteur de zone
La formule est la même pour chaque usage. Vous prenez le montant en kWh cumac par m² lu dans le tableau, pour le secteur et la classe. Vous le multipliez par le facteur de zone climatique. Vous le multipliez par la surface gérée pour cet usage. Vous obtenez une ligne.
Vous répétez l’opération pour chaque usage piloté par le système. Puis vous additionnez les lignes. Le total est le montant de l’opération.
Le facteur de zone est unique pour toute l’opération : 1,1 en H1, 0,9 en H2, 0,6 en H3. L’écart est fort. Un même bâtiment, même surface, même classe, vaut 1,1 divisé par 0,6, soit environ 1,8 fois plus en H1 qu’en H3.
Deux conséquences pratiques. D’abord, la surface n’est pas la surface du bâtiment, c’est la surface gérée par le système pour l’usage considéré. Si l’éclairage n’est piloté que sur une partie des plateaux, seule cette partie compte pour la ligne éclairage. Ensuite, chaque usage ajouté au lot ajoute une ligne. C’est la fiche où le périmètre décide du montant.
- Ligne par usage = montant unitaire en kWh cumac/m² × facteur de zone × surface gérée pour cet usage
- Montant total = somme des lignes de tous les usages pilotés
- Usage eau chaude sanitaire : la surface retenue est la surface chauffée gérée par le système
Le tableau de la classe A
Montants en kWh cumac par m² de surface gérée, avant application du facteur de zone. Les commerces et la santé ne disposent pas de ligne éclairage.
Deux lectures sautent aux yeux. Les commerces dominent sur le chauffage avec 520. Les bureaux sont le secteur le plus complet : cinq usages valorisés, dont un éclairage à 184 qui vaut plus de la moitié du chauffage.
La santé et l’enseignement valorisent le plus l’eau chaude sanitaire, 87 et 82, ce qui est cohérent avec des bâtiments qui en consomment beaucoup.
| Secteur | Chauffage | Refroidissement ou climatisation | Eau chaude sanitaire | Éclairage | Auxiliaires |
|---|---|---|---|---|---|
| Bureaux | 360 | 233 | 15 | 184 | 19 |
| Enseignement | 170 | 60 | 82 | 46 | 6 |
| Commerces | 520 | 150 | 30 | Non valorisé | 6 |
| Hôtellerie-restauration | 400 | 60 | 32 | 65 | 6 |
| Santé | 150 | 60 | 87 | Non valorisé | 19 |
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EstimerLe tableau de la classe B et ce que coûte le choix de la classe
Mêmes unités, même lecture. La classe B est le seuil d’entrée de la fiche.
L’écart entre les deux classes n’est pas uniforme. Sur le chauffage, la classe A vaut 360 contre 240 en bureaux, soit une fois et demie. En enseignement, 170 contre 100, soit 1,7 fois. En hôtellerie-restauration, 400 contre 200, soit le double. En commerces, 520 contre 250, soit plus du double. En santé, 150 contre 90, soit environ 1,7 fois.
Sur les usages secondaires, l’écart se creuse encore. En bureaux, le refroidissement passe de 97 à 233, soit environ 2,4 fois. L’éclairage passe de 90 à 184, soit environ le double. Les auxiliaires passent de 8 à 19.
Le choix de la classe est donc un choix d’argent autant que de technique. Passer de B à A suppose des fonctions supplémentaires, des capteurs, une programmation plus fine. Mais la prime suit, et souvent plus que proportionnellement. Le bureau d’études a intérêt à chiffrer les deux variantes côte à côte avant d’arrêter le CCTP.
| Secteur | Chauffage | Refroidissement ou climatisation | Eau chaude sanitaire | Éclairage | Auxiliaires |
|---|---|---|---|---|---|
| Bureaux | 240 | 97 | 7 | 90 | 8 |
| Enseignement | 100 | 23 | 38 | 21 | 3 |
| Commerces | 250 | 44 | 13 | Non valorisé | 3 |
| Hôtellerie-restauration | 200 | 23 | 14 | 30 | 3 |
| Santé | 90 | 23 | 40 | Non valorisé | 9 |
Combien ça représente en vrai : deux exemples complets
Premier exemple : un immeuble de bureaux en zone H1, facteur 1,1. La GTB pilote le chauffage, le refroidissement, l’éclairage et les auxiliaires sur la totalité des 4 000 m² de plateaux. L’eau chaude sanitaire n’est pas raccordée au système. Quatre lignes sont donc valorisées.
En classe A, le total atteint 3 502 400 kWh cumac, soit 3 502,4 MWh cumac. En classe B, le même périmètre donne 1 914 000 kWh cumac. L’écart entre les deux classes est de 1 588 400 kWh cumac, sur un bâtiment identique et une surface identique. La classe A vaut ici plus de 1,8 fois la classe B, parce que l’écart est plus fort sur le refroidissement et l’éclairage que sur le chauffage.
Deuxième exemple : un magasin en zone H2, facteur 0,9, équipé d’une GTB de classe B. La surface de vente gérée est de 2 500 m². Le bâtiment compte aussi une réserve de 800 m², qui est exclue par le texte de la fiche. Le système pilote le chauffage, la climatisation et les auxiliaires. L’éclairage n’est pas valorisé en commerces.
- Commerce, chauffage : 250 × 0,9 × 2 500 = 562 500 kWh cumac
- Commerce, refroidissement ou climatisation : 44 × 0,9 × 2 500 = 99 000 kWh cumac
- Commerce, auxiliaires : 3 × 0,9 × 2 500 = 6 750 kWh cumac
- Total classe B sur 2 500 m² : 562 500 + 99 000 + 6 750 = 668 250 kWh cumac
- Le même magasin en classe A donnerait 520 × 0,9 × 2 500 = 1 170 000, plus 150 × 0,9 × 2 500 = 337 500, plus 6 × 0,9 × 2 500 = 13 500, soit 1 521 000 kWh cumac, plus de 2,2 fois la classe B
- Si la réserve de 800 m² avait été comptée à tort, la surface passerait à 3 300 m² : 742 500 + 130 680 + 8 910 = 882 090 kWh cumac, soit 213 840 kWh cumac de trop, et un dossier exposé au rejet
| Bureaux H1, 4 000 m² | Classe A (kWh cumac/m²) | Ligne classe A | Classe B (kWh cumac/m²) | Ligne classe B |
|---|---|---|---|---|
| Chauffage | 360 | 360 × 1,1 × 4 000 = 1 584 000 | 240 | 240 × 1,1 × 4 000 = 1 056 000 |
| Refroidissement ou climatisation | 233 | 233 × 1,1 × 4 000 = 1 025 200 | 97 | 97 × 1,1 × 4 000 = 426 800 |
| Éclairage | 184 | 184 × 1,1 × 4 000 = 809 600 | 90 | 90 × 1,1 × 4 000 = 396 000 |
| Auxiliaires | 19 | 19 × 1,1 × 4 000 = 83 600 | 8 | 8 × 1,1 × 4 000 = 35 200 |
| Total | 3 502 400 kWh cumac | 1 914 000 kWh cumac |
Les surfaces exclues et les pièges de périmètre
La surface est la variable la plus fragile du calcul. Elle se déclare par usage, elle se justifie par des plans et elle obéit à des exclusions précises. Voici les points qui font le plus souvent la différence entre un dossier solide et un dossier fragile.
- Commerces : les surfaces gérées concernant les entrepôts de logistique, les réserves, les entrepôts frigorifiques ou non et les locaux de stockage sont exclues. Seule la partie commerciale compte, même si la GTB pilote aussi la réserve.
- Eau chaude sanitaire : la surface à retenir est la surface chauffée gérée par le système, pas la surface des locaux équipés en points de puisage.
- Enseignement : les amphithéâtres, c’est-à-dire les salles de cours aménagées en gradins, sont inclus dans le secteur.
- Surface gérée par usage : si le refroidissement ne couvre qu’une aile du bâtiment, la ligne refroidissement se calcule sur cette aile seulement, même si le chauffage couvre tout.
- Éclairage : aucune valeur pour les commerces et la santé, quelle que soit la classe. Inutile de le déclarer.
- Secteur : un bâtiment mixte doit être découpé par secteur d’activité, chaque partie avec sa propre ligne de tableau. Une partie hors des cinq secteurs listés ne se valorise pas.
- Outre-mer : l’usage principal est le refroidissement ou la climatisation. Le raisonnement chauffage en premier ne s’applique pas.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Un dossier BAT-TH-116 se contrôle sur trois axes : la classe atteinte, les usages réellement pilotés et les surfaces déclarées. Chacun doit être démontré par une pièce, pas seulement affirmé sur le devis.
La classe se prouve par une description des fonctions de régulation mises en place, usage par usage, rapportée à la norme NF EN ISO 52120-1 : 2022. Un document qui se contente d’écrire classe A sans détailler les fonctions ne tient pas. Les surfaces se prouvent par des plans côtés et la liste des zones et équipements raccordés au système.
Le rôle actif et incitatif du mandataire ou de l’obligé doit être établi avant l’engagement de l’opération, c’est-à-dire avant la signature du devis ou du bon de commande. Un devis signé avant ce contact fait tomber le dossier, quelle que soit la qualité technique de la GTB.
- Classe déclarée mais non démontrée : fonctions non listées, ou fonctions listées qui ne correspondent pas à la classe revendiquée
- Usages déclarés mais non pilotés : un usage facturé en option non retenue, ou un équipement non raccordé au superviseur
- Surface totale du bâtiment déclarée à la place de la surface gérée pour chaque usage
- Réserves, entrepôts ou locaux de stockage inclus dans la surface d’un commerce
- Secteur d’activité mal qualifié, par exemple un bâtiment classé bureaux alors que l’activité relève d’un autre secteur du tableau
- Zone climatique erronée par rapport à l’adresse du site
- Incohérence entre le devis, la facture, le descriptif technique et la surface déclarée
- Antériorité du devis signé par rapport au rôle actif et incitatif
Questions fréquentes
Une GTB qui ne pilote que le chauffage est-elle éligible à la BAT-TH-116 ?
Oui. Le chauffage est l’usage de base de la fiche. Vous valorisez alors une seule ligne : le montant chauffage du secteur et de la classe, multiplié par le facteur de zone et par la surface chauffée gérée. Les autres usages ne s’ajoutent que s’ils sont réellement pilotés par le système.
Peut-on valoriser l’éclairage dans un commerce ou un établissement de santé ?
Non. Le tableau ne prévoit aucune valeur éclairage pour ces deux secteurs, en classe A comme en classe B. Le pilotage de l’éclairage peut avoir un intérêt technique, mais il n’ajoute aucune ligne au calcul de la prime.
Quelle surface retenir pour l’usage eau chaude sanitaire ?
La surface chauffée gérée par le système. Ce n’est ni la surface des locaux équipés de points de puisage, ni la surface totale du bâtiment. Si la GTB gère le chauffage de 3 000 m² et pilote l’eau chaude sanitaire, la ligne eau chaude sanitaire se calcule sur ces 3 000 m².
Classe A ou classe B : comment trancher au moment du CCTP ?
Chiffrez les deux variantes avec la formule de la fiche, usage par usage. En bureaux, la classe A vaut une fois et demie la classe B sur le chauffage, environ 2,4 fois sur le refroidissement et environ le double sur l’éclairage. Mettez ce gain de prime en face du surcoût des fonctions supplémentaires. Sur un immeuble complet, l’écart de valorisation justifie souvent la classe A.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.