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Agriculture · Fiche AGRI-TH-110

AGRI-TH-110 : la chaudière à haute performance énergétique pour serres horticoles et maraîchères

Installer une chaudière de plus de 400 kW pour chauffer une serre ouvre droit à des certificats d’économies d’énergie, à condition de respecter un double seuil de rendement et de documenter l’opération. Voici ce que dit la fiche AGRI-TH-110, avec des exemples chiffrés sur des serres réalistes.

Secteur
Agriculture
Version applicable
v. A54-3
Durée de vie conventionnelle
22 ans

L'essentiel

  • La fiche vise la mise en place d’une chaudière à combustible liquide ou gazeux d’une puissance thermique nominale supérieure à 400 kW, pour le chauffage d’une serre horticole ou maraîchère.
  • Le rendement PCI doit être supérieur ou égal à 92 %, à la fois à pleine charge et à 30 % de charge.
  • Le barème est de 150 kWh cumac par m² de serre chauffée en horticulture et de 19 kWh cumac par m² en maraîchage.
  • La surface retenue est plafonnée par la puissance : au plus 31 × P en horticole et 5,9 × P en maraîcher, P étant la puissance nominale en kW.
  • Non cumulable avec AGRI-TH-109 ; opérations engagées jusqu’au 30 juin 2028 ; durée de vie conventionnelle de 22 ans.

Ce que couvre la fiche AGRI-TH-110

La fiche AGRI-TH-110 porte sur la mise en place d’une chaudière à haute performance énergétique d’une puissance thermique nominale supérieure à 400 kW, destinée au chauffage de serres horticoles ou maraîchères. Dans sa version A54-3, elle s’applique aux opérations engagées à compter du 1er janvier 2024 et jusqu’au 30 juin 2028.

Le code se lit en trois blocs. AGRI désigne le secteur d’application, l’agriculture, comme BAR désigne le résidentiel ou IND l’industrie. TH renvoie à la famille thermique, celle des équipements de production ou de distribution de chaleur. Le numéro 110 identifie la fiche dans cette famille. Sa voisine AGRI-TH-109 traite du récupérateur de chaleur à condensation pour serres, et les deux ne se cumulent pas sur une même opération.

La durée de vie conventionnelle est de 22 ans : c’est sur cette durée que sont comptées les économies, d’où des montants élevés en kWh cumac (« cumulés » et « actualisés »).

Qu’est-ce qu’une chaudière à haute performance énergétique ?

Une chaudière transforme l’énergie d’un combustible en chaleur transmise à l’eau du réseau de chauffage. Le rendement mesure la part de cette énergie effectivement récupérée. La fiche l’exprime en rendement PCI, rapporté au pouvoir calorifique inférieur du combustible, la convention la plus courante pour comparer des chaudières.

La fiche impose deux mesures. Le rendement à pleine charge décrit la chaudière à sa puissance nominale, lors d’une nuit froide d’hiver par exemple. Le rendement à 30 % de charge décrit son comportement quand elle ne fournit qu’un peu moins du tiers de sa puissance, cas fréquent en intersaison ou en journée. Une serre passe une grande partie de l’année dans ce régime partiel : le seuil de 92 % doit donc être atteint dans les deux cas.

L’expression « haute performance énergétique » ne renvoie donc pas à un label commercial, mais à ces deux valeurs chiffrées.

  • Rendement PCI à pleine charge ≥ 92 %.
  • Rendement PCI à 30 % de charge ≥ 92 %.
  • Combustible liquide ou gazeux uniquement : une chaudière bois ou biomasse ne relève pas de cette fiche.

Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu

La fiche s’adresse aux exploitations qui chauffent des serres, en horticulture (plantes ornementales, fleurs, jeunes plants) comme en maraîchage (légumes et fruits sous abri). Le bénéficiaire est l’exploitant qui fait installer la chaudière ; le chauffagiste ou la coopérative intervient comme professionnel ou comme relais.

La distinction entre serre horticole et serre maraîchère est déterminante : elle commande le barème par mètre carré et le coefficient qui plafonne la surface. Il faut qualifier la serre dès le montage du dossier, en cohérence avec l’activité réelle.

Sortent du champ : une chaudière de 400 kW ou moins, quelle que soit la surface chauffée ; une chaudière qui n’atteint pas 92 % de rendement PCI à l’un des deux points de mesure ; une installation réalisée sans professionnel ; une opération déjà valorisée au titre d’AGRI-TH-109.

Le calcul du montant de certificats

Le montant se calcule en deux temps : on détermine la surface de serre chauffée à retenir, notée Smin, puis on la multiplie par un forfait en kWh cumac par mètre carré qui dépend du type de serre.

Smin est la plus petite de deux valeurs : S, la surface réellement chauffée par la chaudière en m², et un plafond lié à la puissance nominale P en kW, soit 31 × P pour une serre horticole et 5,9 × P pour une serre maraîchère. Si la serre dépasse ce plafond, c’est le plafond qui compte ; sinon, c’est la surface réelle.

La puissance étant toujours supérieure à 400 kW, le plafond dépasse toujours 31 × 400 = 12 400 m² en horticole et 5,9 × 400 = 2 360 m² en maraîcher : en dessous de ces surfaces, la puissance ne limite jamais le calcul.

Le forfait est de 150 kWh cumac par m² en horticulture et de 19 en maraîchage, soit un rapport d’environ 7,9, en partie compensé par le coefficient de surface, plus généreux en horticole (31) qu’en maraîcher (5,9).

Type de serreForfait (kWh cumac/m²)Surface retenueMontant
Serre horticole150Smin = min(S ; 31 × P)150 × Smin
Serre maraîchère19Smin = min(S ; 5,9 × P)19 × Smin

Trois exemples chiffrés sur des serres réalistes

Exemple 1, serre horticole de 20 000 m² avec une chaudière gaz de 500 kW. Plafond : 31 × 500 = 15 500 m². La serre fait 20 000 m², Smin vaut donc 15 500 m². Montant : 150 × 15 500 = 2 325 000 kWh cumac. La puissance limite le calcul : 4 500 m² ne sont pas comptés.

Exemple 2, serre horticole de 12 000 m² avec une chaudière de 600 kW. Plafond : 31 × 600 = 18 600 m², supérieur à la surface réelle. Smin = 12 000 m². Montant : 150 × 12 000 = 1 800 000 kWh cumac. La puissance excédentaire ne rapporte rien de plus.

Exemple 3, serre maraîchère de 30 000 m² (3 hectares de tomates) avec une chaudière de 4 000 kW. Plafond : 5,9 × 4 000 = 23 600 m², inférieur à la surface. Smin = 23 600 m². Montant : 19 × 23 600 = 448 400 kWh cumac. Pour valoriser les 30 000 m², il faudrait 5,9 × P ≥ 30 000, soit environ 5 085 kW.

À surface retenue voisine, les exemples 1 et 3 montrent qu’une serre horticole génère un montant plusieurs fois supérieur à une serre maraîchère.

CasTypeS (m²)P (kW)Plafond (m²)Smin (m²)Montant (kWh cumac)
1Horticole20 00050031 × 500 = 15 50015 500150 × 15 500 = 2 325 000
2Horticole12 00060031 × 600 = 18 60012 000150 × 12 000 = 1 800 000
3Maraîchère30 0004 0005,9 × 4 000 = 23 60023 60019 × 23 600 = 448 400

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Les conditions techniques à respecter

La fiche fixe quatre conditions cumulatives, résumées dans le tableau ci-dessous. Le seuil de puissance s’apprécie sur la puissance thermique nominale de la chaudière installée, celle de la documentation du fabricant : une chaudière de 400 kW exactement n’est pas éligible, la fiche exigeant une valeur strictement supérieure.

Le double seuil de rendement est le point le plus souvent sous-estimé : une chaudière peut être très performante à pleine charge et passer sous 92 % à faible charge. Il faut vérifier les deux valeurs, exprimées sur PCI, avant de s’engager.

ConditionExigence de la fiche
InstallateurProfessionnel
CombustibleLiquide ou gazeux
Puissance thermique nominale> 400 kW
Rendement PCI à pleine charge≥ 92 %
Rendement PCI à 30 % de charge≥ 92 %

Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation

La preuve de réalisation doit porter trois mentions : l’installation d’une chaudière, la puissance nominale de la chaudière installée, et le rendement PCI à pleine charge ainsi que le rendement PCI à 30 % de charge de cette chaudière.

À défaut, la preuve doit au moins mentionner l’installation d’un équipement avec sa marque et sa référence, et être complétée par un document issu du fabricant. Ce document indique que l’équipement de cette marque et de cette référence est une chaudière, et précise son rendement PCI à pleine charge et à 30 % de charge.

Le plus simple est de demander au chauffagiste, avant l’émission de la facture, d’y reporter marque, référence, puissance nominale et les deux rendements, plutôt que de chercher après coup une fiche technique dont la référence ne correspondrait pas au modèle livré.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier AGRI-TH-110 est examiné sur pièces, en confrontant la preuve de réalisation, la documentation du fabricant et les paramètres du calcul : mentions obligatoires, seuil de 400 kW, deux rendements à 92 % ou plus, nature du combustible, qualité de professionnel de l’installateur.

Le calcul est ensuite reconstitué : S doit correspondre à la serre réellement chauffée et P à la puissance de la facture ou du document du fabricant. Un montant calculé sur la surface totale alors que 31 × P ou 5,9 × P est inférieur sera ramené au plafond ; une serre maraîchère classée en horticole sera recalculée au bon barème.

  • Facture sans puissance ni rendements, et sans document fabricant : dossier irrecevable.
  • Un seul des deux rendements sous 92 % : opération non éligible.
  • Puissance de 400 kW ou moins : hors champ de la fiche.
  • Surface déclarée supérieure au plafond coefficient × P : montant ramené au plafond.
  • Engagement après le 30 juin 2028 ou cumul avec AGRI-TH-109 : refusé.

Questions fréquentes

Ma chaudière fait exactement 400 kW, suis-je éligible ?

Non. La fiche exige une puissance thermique nominale strictement supérieure à 400 kW. À 400 kW, l’opération ne relève pas d’AGRI-TH-110.

Quelle différence entre serre horticole et serre maraîchère pour le calcul ?

Le forfait est de 150 kWh cumac par m² en horticole contre 19 en maraîcher, et le plafond de surface vaut 31 × P en horticole contre 5,9 × P en maraîcher. Le classement doit correspondre à l’activité réelle de l’exploitation.

Puis-je cumuler cette fiche avec un récupérateur de chaleur à condensation ?

Non. La fiche AGRI-TH-110 n’est pas cumulable avec la fiche AGRI-TH-109 « Récupérateur de chaleur à condensation pour serres ».

Ma facture ne précise pas les rendements, que faire ?

Elle doit alors mentionner la marque et la référence de l’équipement installé, et être complétée par un document du fabricant indiquant qu’il s’agit d’une chaudière et précisant son rendement PCI à pleine charge et à 30 % de charge.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.