IND-UT-105 : brûleur micro-modulant sur chaudière industrielle, la prime CEE qui supprime les cycles marche-arrêt
Un brûleur tout ou rien passe sa vie à démarrer et à s’arrêter, et chaque cycle coûte du combustible. La fiche IND-UT-105 valorise la mise en place d’un brûleur micro-modulant, qui ajuste sa puissance en continu à la demande. Le barème va de 550 à 2 300 kWh cumac par kW de puissance utile nominale selon le régime de fonctionnement du site.
- Secteur
- Industrie
- Version applicable
- v. A14-1
- Durée de vie conventionnelle
- 15 ans
L'essentiel
- Opération visée : mise en place, par un professionnel, d’un brûleur micro-modulant sur une chaudière industrielle de puissance thermique nominale < 20 MW.
- Montant = coefficient du mode de fonctionnement du site (550, 1 200, 1 600 ou 2 300 kWh cumac par kW) × puissance utile nominale de la chaudière en kW, lue sur la plaque signalétique.
- Le brûleur dispose d’une régulation de la teneur en oxygène dans les fumées et d’une plage de modulation par came électronique d’au moins 1 à 5 pour une chaudière ≤ 2 MW, 1 à 8 pour une chaudière > 2 MW.
- Les chaudières de secours sont exclues.
- Durée de vie conventionnelle : 15 ans. Version de la fiche : A14-1.
Ce que couvre la fiche, et comment lire son code
La fiche IND-UT-105 récompense « la mise en place d’un brûleur micro-modulant sur une chaudière industrielle de puissance thermique nominale inférieure à 20 MW ». Le code se lit de gauche à droite : IND pour le secteur de l’industrie, UT pour les utilités, c’est-à-dire les équipements transverses qui fournissent chaleur, vapeur, air comprimé ou froid au procédé, et 105 pour le numéro d’ordre dans la famille.
Le plafond de 20 MW s’apprécie au sens de la rubrique 2910 des installations classées : « la puissance thermique fixée et garantie par le constructeur, exprimée en PCI et susceptible d’être consommée en marche continue ». C’est une puissance consommée au brûleur ; le calcul du montant s’appuie sur une autre grandeur, la puissance utile nominale, détaillée plus bas. La durée de vie conventionnelle est de 15 ans, déjà intégrée dans le barème.
Le brûleur micro-modulant expliqué simplement
Un brûleur tout ou rien ne connaît que deux états : pleine puissance ou arrêt. Comme la demande de chaleur d’un site est rarement égale à la puissance maximale de la chaudière, il compense en alternant marche et arrêt. À chaque redémarrage, la séquence de sécurité impose un pré-balayage du foyer à l’air ambiant, puis un post-balayage à l’extinction. Cet air se réchauffe au contact des surfaces d’échange et repart par la cheminée : une partie de la chaleur emmagasinée dans la chaudière est perdue sans avoir servi au procédé. S’y ajoutent les phases transitoires d’allumage et d’extinction, où la combustion n’est pas réglée.
Le brûleur micro-modulant renverse cette logique : au lieu de s’arrêter quand la demande baisse, il réduit sa puissance en continu, entre un minimum et 100 %. Une came électronique remplace la came mécanique et sa tringlerie, et commande indépendamment les servomoteurs d’air et de combustible sur toute la plage. Le rapport entre puissance maximale et minimale s’appelle la plage de modulation : 1 à 5 signifie que le brûleur peut descendre à 20 % de sa puissance nominale, 1 à 8 à 12,5 %. La fiche impose une seconde brique, la régulation de la teneur en oxygène dans les fumées : une sonde mesure l’oxygène résiduel et l’automate ajuste le débit d’air pour maintenir l’excès d’air au strict nécessaire, quelle que soit l’allure. La chaudière passe ainsi l’essentiel de son temps en régime établi, avec très peu d’arrêts et une combustion réglée à chaque instant.
Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu
Le bénéficiaire est un site industriel qui exploite une chaudière de puissance thermique nominale inférieure à 20 MW et la fait équiper par un professionnel. La fiche pose une exclusion explicite : la chaudière de secours n’est pas éligible. Le barème repose sur des économies liées au temps de fonctionnement du site, et une chaudière qui ne démarre qu’en cas de défaillance de la principale ne tourne pas assez pour les générer. Sur un site à plusieurs générateurs, il faut donc identifier celui qui assure la production courante. Sont également hors périmètre les chaudières de puissance thermique nominale ≥ 20 MW et les brûleurs qui ne remplissent pas les exigences techniques détaillées plus bas.
Le calcul du montant
La formule tient en une ligne : montant en kWh cumac = coefficient lié au mode de fonctionnement du site industriel × puissance utile nominale de la chaudière en kW. Le mode de fonctionnement traduit le temps de marche du site : une équipe de huit heures par jour en 1x8h, deux équipes en 2x8h, jour et nuit en 3x8h, avec ou sans arrêt le week-end. Plus le site tourne, plus le brûleur cumule d’heures en régime modulé : le coefficient passe de 550 kWh cumac par kW en 1x8h à 2 300 en feu continu, un peu plus de quatre fois plus.
La puissance à retenir est la puissance utile nominale de la chaudière, celle de la plaque signalétique ou, à défaut, d’un document issu du fabricant de la chaudière. L’article R.224-20 du code de l’environnement la définit comme « la puissance thermique maximale fixée et garantie par le constructeur comme pouvant être délivrée au fluide caloporteur en marche continue ». C’est la puissance transmise à l’eau ou à la vapeur, pas la puissance consommée au brûleur. La puissance thermique nominale en PCI sert au plafond de 20 MW, la puissance utile nominale au montant et au seuil de 2 MW de la plage de modulation. Dans les deux cas, c’est la puissance de la chaudière, jamais celle du brûleur.
| Mode de fonctionnement du site industriel | Montant en kWh cumac par kW | Formule |
|---|---|---|
| 1x8h | 550 | 550 × P |
| 2x8h | 1 200 | 1 200 × P |
| 3x8h avec arrêt le week-end | 1 600 | 1 600 × P |
| 3x8h sans arrêt le week-end | 2 300 | 2 300 × P |
Quatre exemples chiffrés complets
Exemple 1 : un atelier agroalimentaire en 1x8h. Sa chaudière vapeur affiche 800 kW de puissance utile nominale, donc ≤ 2 MW : plage d’au moins 1 à 5 par came électronique et régulation d’oxygène. Montant : 550 × 800 = 440 000 kWh cumac, soit 440 MWh cumac.
Exemple 2 : une blanchisserie industrielle en 2x8h, chaudière de 1 500 kW, plage minimale 1 à 5. Montant : 1 200 × 1 500 = 1 800 000 kWh cumac. La même chaudière donnerait 825 000 kWh cumac en 1x8h (550 × 1 500), 2 400 000 en 3x8h avec arrêt le week-end (1 600 × 1 500) et 3 450 000 en 3x8h sans arrêt (2 300 × 1 500) : à puissance égale, le seul régime fait varier le montant du simple à un peu plus du quadruple.
Exemple 3 : une usine de transformation en 3x8h avec arrêt le week-end. Sa chaudière de production courante fait 2 500 kW, donc > 2 MW : plage exigée de 1 à 8 au minimum (de 12,5 % à 100 %). Montant : 1 600 × 2 500 = 4 000 000 kWh cumac.
Exemple 4 : un site en feu continu, 3x8h sans arrêt le week-end, chaudière de 4 000 kW, plage minimale 1 à 8. Montant : 2 300 × 4 000 = 9 200 000 kWh cumac. Entre l’exemple 1 et l’exemple 4, le montant est multiplié par plus de vingt : la puissance est cinq fois supérieure et le coefficient un peu plus de quatre fois.
| Exemple | Mode de fonctionnement | Puissance utile nominale | Plage minimale exigée | Calcul | Montant (kWh cumac) |
|---|---|---|---|---|---|
| 1. Atelier agroalimentaire | 1x8h | 800 kW | 1 à 5 | 550 × 800 | 440 000 |
| 2. Blanchisserie industrielle | 2x8h | 1 500 kW | 1 à 5 | 1 200 × 1 500 | 1 800 000 |
| 3. Usine de transformation | 3x8h avec arrêt le week-end | 2 500 kW | 1 à 8 | 1 600 × 2 500 | 4 000 000 |
| 4. Site en feu continu | 3x8h sans arrêt le week-end | 4 000 kW | 1 à 8 | 2 300 × 4 000 | 9 200 000 |
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EstimerLes conditions techniques
Les exigences sont cumulatives, et la plage indiquée est un plancher : un brûleur de 1 à 10 sur une chaudière de 1 MW satisfait l’exigence de 1 à 5, alors qu’un brûleur de 1 à 5 sur une chaudière de 3 MW ne la remplit pas.
- La mise en place est réalisée par un professionnel.
- Le brûleur micro-modulant dispose d’une régulation de la teneur en oxygène dans les fumées.
- Chaudière de puissance utile nominale ≤ 2 MW : plage de modulation minimale de 1 à 5 (de 20 % à 100 %) par came électronique.
- Chaudière de puissance utile nominale > 2 MW : plage de modulation minimale de 1 à 8 (de 12,5 % à 100 %) par came électronique.
- La chaudière équipée n’est pas une chaudière de secours.
Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation
La fiche décrit deux voies. La première est la plus simple : la preuve de réalisation, en pratique la facture, mentionne la mise en place sur une chaudière industrielle d’un brûleur micro-modulant, les plages de modulation par came électronique de ce brûleur et la mise en place d’une régulation de la teneur en oxygène dans les fumées.
À défaut, la preuve de réalisation mentionne la mise en place d’un équipement avec ses marque et référence, complétée par un document issu du fabricant indiquant que l’équipement de cette marque et référence est un brûleur micro-modulant, avec la précision de ses plages de modulation par came électronique, et qu’il comporte une régulation de la teneur en oxygène dans les fumées. Le conseil pratique : rédiger le libellé de la facture avec l’installateur avant le chantier, en reprenant les termes de la fiche. Un simple « remplacement du brûleur » oblige à passer par la seconde voie.
Les contrôles, et ce qui fait tomber un dossier
Chaque condition de la fiche est un point de vérification. Le plus sensible tient à la cohérence des puissances : la puissance thermique nominale en PCI (plafond de 20 MW), la puissance utile nominale de la chaudière (calcul et seuil de 2 MW) et la puissance du brûleur, qui n’intervient nulle part.
- Chaudière de secours : l’opération est explicitement inéligible.
- Puissance thermique nominale ≥ 20 MW : hors du périmètre de la fiche.
- Plage de modulation insuffisante, par exemple 1 à 5 sur une chaudière > 2 MW.
- Régulation de la teneur en oxygène absente, ou mentionnée ni sur la preuve de réalisation ni sur le document du fabricant.
- Preuve de réalisation muette sur la nature de l’équipement, sans marque, référence ni document du fabricant.
- Puissance utile nominale non justifiée par la plaque signalétique ou un document du fabricant de la chaudière.
- Mode de fonctionnement surévalué : le coefficient de 2 300 est réservé au 3x8h sans arrêt le week-end.
- Mise en place non réalisée par un professionnel.
Questions fréquentes
Ma chaudière a une puissance utile nominale de 2 000 kW exactement : quelle plage de modulation est exigée ?
Une chaudière de 2 000 kW est ≤ 2 MW. La plage minimale est donc de 1 à 5 (de 20 % à 100 %) par came électronique. La plage de 1 à 8 ne devient obligatoire qu’au-dessus de 2 MW.
Un brûleur à deux allures, ou un brûleur modulant à came mécanique, peut-il être valorisé avec IND-UT-105 ?
Non. La fiche exige un brûleur micro-modulant dont la plage de modulation par came électronique atteint au moins 1 à 5 (1 à 8 pour une chaudière > 2 MW), avec une régulation de la teneur en oxygène dans les fumées.
Quelle puissance retenir pour le calcul : celle du brûleur ou celle de la chaudière ?
Celle de la chaudière : sa puissance utile nominale, lue sur la plaque signalétique ou, à défaut, sur un document issu du fabricant de la chaudière. La puissance du brûleur n’intervient pas.
Nous avons deux chaudières, dont une de secours : peut-on valoriser les deux ?
Non. Seule la chaudière de production courante est éligible. La mise en place d’un brûleur micro-modulant sur une chaudière de secours n’est pas éligible à cette opération.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.