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Réseaux · Fiche RES-CH-105

RES-CH-105 : passer un réseau de chaleur en basse température, ce que finance la fiche

La fiche RES-CH-105 valorise le passage d’un réseau de chaleur existant, ou d’une partie de ce réseau, de l’eau surchauffée haute pression à l’eau chaude basse pression et basse température, sous 120 °C. Le montant se calcule mètre par mètre, selon le diamètre nominal initial des canalisations et la durée annuelle d’utilisation du réseau. Une opération de réseau, pas de bâtiment, avec une durée de vie conventionnelle de 30 ans.

Secteur
Réseaux
Version applicable
v. A36-3
Durée de vie conventionnelle
30 ans

L'essentiel

  • Opération éligible : passage total ou partiel d’un réseau de chaleur existant de la haute pression (eau surchauffée) à la basse pression et basse température, avec une température maximale de service abaissée sous 120 °C.
  • Réseau existant : la première livraison de chaleur doit dater d’au moins un an avant la date d’engagement de l’opération.
  • Montant = montant unitaire en kWh cumac/m selon le DN initial × facteur correctif selon la durée annuelle d’utilisation × longueur L en mètres, portion par portion.
  • Barème de 3 200 kWh cumac/m (DN 32) à 27 800 kWh cumac/m (DN 1000) ; facteur de 1,00 pour 12 mois d’utilisation à 0,50 pour 6 mois.
  • Preuve de réalisation : le courrier de déclaration à l’administration compétente, complété par un descriptif des portions passées en basse pression, daté et signé par le bénéficiaire et le gestionnaire du réseau.

Ce que couvre la fiche RES-CH-105

Le code se lit en trois blocs. RES désigne le secteur des réseaux, CH la famille chaleur, et 105 le numéro d’ordre de la fiche dans cette famille. La version en vigueur est la A36-3, pour une durée de vie conventionnelle de 30 ans, ce qui explique l’importance des volumes de kWh cumac en jeu.

La dénomination officielle est précise : il s’agit du passage d’une utilisation d’un réseau de chaleur en haute pression (eau surchauffée), ou d’une partie d’un réseau de chaleur haute pression, à une utilisation du réseau en basse pression et basse température, c’est-à-dire en eau chaude inférieure à 120 °C.

Deux points méritent d’être soulignés dès le départ. D’abord, la fiche accepte une conversion partielle : on peut ne traiter qu’une branche ou qu’un tronçon du réseau. Ensuite, elle porte sur un réseau existant, défini comme un réseau dont la date de première livraison de chaleur est antérieure d’au moins un an à la date d’engagement de l’opération.

    Le principe, expliqué simplement

    Un réseau de chaleur transporte de l’eau chaude depuis une ou plusieurs unités de production vers des sous-stations, à travers des kilomètres de canalisations enterrées. Historiquement, beaucoup de réseaux ont été conçus en eau surchauffée sous haute pression, à des températures dépassant 120 °C. Plus l’eau circule chaud, plus l’écart avec le sol environnant est grand, et plus les pertes thermiques le long des tuyauteries sont importantes.

    Abaisser la température de fonctionnement sous 120 °C réduit ces pertes de distribution sur toute la longueur du réseau. C’est l’économie que la fiche valorise, et c’est pourquoi le montant est calculé au mètre de canalisation, et non par bâtiment raccordé ou par puissance installée.

    Un réseau plus froid présente aussi un intérêt de fond : il devient compatible avec des sources de chaleur qui ne peuvent pas produire d’eau surchauffée, comme la récupération de chaleur fatale industrielle ou d’autres productions basse température. La fiche ne conditionne pas la prime à ce type de raccordement, mais c’est souvent ce qui motive la décision du gestionnaire.

    Il faut retenir la logique : RES-CH-105 est une opération de réseau. Elle ne finance ni l’isolation des bâtiments desservis, ni le remplacement des générateurs, ni les travaux sur les sous-stations en tant que tels. Elle rémunère le changement de régime de température et de pression sur des longueurs de canalisation identifiées.

      Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu

      La fiche s’adresse aux réseaux de chaleur existants, ce qui la place naturellement entre les mains des gestionnaires et concessionnaires de réseaux, des collectivités autorités organisatrices et des bureaux d’études qui les accompagnent. Le texte distingue d’ailleurs le bénéficiaire de l’opération et le gestionnaire du réseau, puisque le document justificatif doit être signé par les deux.

      Le fichier source ne détaille pas davantage la nature juridique du bénéficiaire ni les secteurs d’activité concernés. En revanche, il pose des bornes claires sur le périmètre technique de l’opération.

      • Exclu : un réseau neuf. Le réseau doit avoir livré sa première chaleur au moins un an avant la date d’engagement de l’opération.
      • Exclu : une conversion qui laisserait la température maximale de service à 120 °C ou au-dessus. La TMS doit être abaissée à une valeur strictement inférieure à 120 °C sur la totalité du réseau ou de la partie convertie.
      • Exclu : une réalisation en régie non professionnelle. La mise en place est réalisée par un professionnel.
      • Seules les portions effectivement passées en basse pression et basse température sont comptabilisées ; le reste du réseau n’entre pas dans le calcul.

      Le calcul du montant

      Le montant de certificats est calculé pour chaque portion de canalisation, à partir du diamètre nominal DN de la tuyauterie aller et de sa longueur L, puis pondéré par la durée annuelle d’utilisation du réseau. La formule est la suivante : montant unitaire en kWh cumac/m selon le DN initial × facteur correctif de durée d’utilisation × longueur L en mètres.

      Le diamètre nominal est un nombre entier de référence, commun à tous les éléments d’une même tuyauterie. Attention à un piège de lecture : la fiche retient le DN de la canalisation avant son passage en basse température. Si le réseau est retubé dans un diamètre différent à l’occasion des travaux, c’est le diamètre initial qui compte.

      La durée annuelle d’utilisation à retenir est celle de l’année calendaire précédant la date d’achèvement de l’opération. Le facteur vaut 1,00 pour 12 mois et descend jusqu’à 0,50 pour 6 mois. Le fichier ne donne aucun facteur en dessous de 6 mois d’utilisation.

        DN initialkWh cumac/mDN initialkWh cumac/mDurée d’utilisationFacteur
        323 20030011 30012 mois1,00
        403 50035012 60011 mois0,92
        503 90040013 80010 mois0,83
        654 50045014 9009 mois0,75
        805 00050016 1008 mois0,67
        1005 80055017 3007 mois0,58
        1256 50060018 4006 mois0,50
        1507 20070020 700
        1758 00080022 900
        2008 70090025 300
        25010 000100027 800

        Quatre exemples chiffrés

        Exemple 1, une artère principale utilisée toute l’année. Un gestionnaire convertit 1 500 m de canalisation en DN 200 sur un réseau exploité 12 mois par an. Montant unitaire : 8 700 kWh cumac/m. Facteur : 1,00. Calcul : 8 700 × 1,00 × 1 500 = 13 050 000 kWh cumac.

        Exemple 2, une conversion partielle sur deux diamètres, réseau exploité 10 mois. Une branche comprend 800 m en DN 300 et 1 200 m en DN 150. Le facteur pour 10 mois est 0,83. Portion DN 300 : 11 300 × 0,83 = 9 379 kWh cumac/m, soit 9 379 × 800 = 7 503 200 kWh cumac. Portion DN 150 : 7 200 × 0,83 = 5 976 kWh cumac/m, soit 5 976 × 1 200 = 7 171 200 kWh cumac. Total : 7 503 200 + 7 171 200 = 14 674 400 kWh cumac.

        Exemple 3, un gros diamètre sur un réseau saisonnier. Un tronçon de 400 m en DN 500 alimente un secteur chauffé 7 mois par an. Montant unitaire : 16 100 kWh cumac/m. Facteur : 0,58. Calcul : 16 100 × 0,58 = 9 338 kWh cumac/m, soit 9 338 × 400 = 3 735 200 kWh cumac.

        Exemple 4, un petit diamètre sur une longue distance, exploité 6 mois. Une antenne de 2 000 m en DN 80 sur un réseau utilisé 6 mois. Calcul : 5 000 × 0,50 × 2 000 = 5 000 000 kWh cumac.

        Ces exemples montrent le poids relatif des trois variables. Le DN pèse lourd : à longueur et durée égales, un DN 500 rapporte près de deux fois plus qu’un DN 200 (16 100 contre 8 700). Mais la durée d’utilisation peut diviser le résultat par deux entre un réseau exploité à l’année et un réseau exploité 6 mois.

          ExemplePortionsDurée d’utilisationFacteurCalculTotal kWh cumac
          11 500 m DN 20012 mois1,008 700 × 1,00 × 1 50013 050 000
          2800 m DN 300 + 1 200 m DN 15010 mois0,83(11 300 × 0,83 × 800) + (7 200 × 0,83 × 1 200)14 674 400
          3400 m DN 5007 mois0,5816 100 × 0,58 × 4003 735 200
          42 000 m DN 806 mois0,505 000 × 0,50 × 2 0005 000 000

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          Les conditions techniques

          Le fichier source reproduit un extrait du point 3 de la fiche. Les conditions qui en ressortent sont peu nombreuses mais strictes, et elles portent toutes sur le résultat obtenu plutôt que sur les moyens mis en œuvre : la fiche ne prescrit ni matériel, ni technique de conversion, ni performance d’isolation des canalisations.

          • La mise en place est réalisée par un professionnel.
          • La température maximale de service (TMS) est abaissée à une valeur inférieure à 120 °C dans la totalité du réseau, ou dans la partie de celui-ci passée en basse pression et basse température.
          • La date d’achèvement de l’opération est la date du passage effectif du réseau en basse pression et basse température, et non la date de fin de chantier ou de réception des travaux.
          • La durée annuelle d’utilisation retenue pour le facteur correctif est celle de l’année calendaire qui précède cette date d’achèvement.
          • Le DN pris en compte est le diamètre nominal initial de la canalisation, avant conversion.

          Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation

          La preuve de réalisation n’est pas ici une facture de travaux classique. La fiche désigne comme preuve le courrier de déclaration à l’administration compétente du passage total ou partiel du réseau de chaleur en basse pression et basse température. Ce courrier atteste le changement de régime d’exploitation.

          Il est complété par un document justificatif spécifique à l’opération : le descriptif des portions du réseau de chaleur existant passées en basse pression. C’est ce document qui porte les données de calcul et qui sera lu ligne à ligne par le délégataire ou l’obligé. Il doit comporter les éléments suivants.

          • L’identification du réseau de chaleur concerné.
          • La durée annuelle d’utilisation du réseau.
          • Pour chaque portion de diamètre différent : la longueur du réseau passée en basse pression et basse température, et son diamètre nominal initial.
          • La date et la signature du bénéficiaire de l’opération.
          • La date et la signature du gestionnaire du réseau.

          Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

          Le fichier source ne comporte pas de point dédié aux contrôles (contrôles sur site, par contact ou taux minimal de contrôle). Nous ne pouvons donc pas décrire ici un dispositif de contrôle propre à RES-CH-105. En revanche, les conditions de la fiche permettent d’identifier les points sur lesquels un dossier s’expose au rejet ou à une révision du montant.

          • Un réseau trop récent : si la première livraison de chaleur date de moins d’un an avant l’engagement, le réseau n’est pas considéré comme existant.
          • Une TMS insuffisamment abaissée : à 120 °C ou au-dessus sur la partie convertie, la condition n’est pas remplie.
          • Un descriptif incomplet : absence de l’identification du réseau, de la durée annuelle d’utilisation, de la longueur ou du DN initial d’une portion, ou d’une des deux signatures (bénéficiaire et gestionnaire).
          • Une durée d’utilisation mal datée : le facteur doit reposer sur l’année calendaire précédant la date de passage en basse température, pas sur une année moyenne ni sur l’année en cours.
          • Un DN mal renseigné : indiquer le diamètre après retubage au lieu du diamètre initial fausse le montant unitaire.
          • L’absence du courrier de déclaration à l’administration compétente, qui constitue la preuve de réalisation elle-même.
          • Une date d’achèvement incohérente avec la date réelle du passage en basse pression et basse température.

          Questions fréquentes

          Peut-on valoriser seulement une partie du réseau ?

          Oui. La fiche vise explicitement le passage d’un réseau ou d’une partie d’un réseau de chaleur haute pression en basse pression et basse température. Seules les portions converties entrent dans le calcul, chacune avec sa longueur et son DN initial.

          Quel diamètre faut-il déclarer si les canalisations sont remplacées ?

          Le diamètre nominal initial, c’est-à-dire celui de la canalisation du réseau avant son passage en basse température. La fiche le précise dans son nota sur le DN.

          Comment est fixée la durée annuelle d’utilisation ?

          C’est la durée d’utilisation du réseau pendant l’année calendaire précédant la date d’achèvement de l’opération, cette date étant celle du passage effectif en basse pression et basse température. Le facteur va de 1,00 pour 12 mois à 0,50 pour 6 mois ; le fichier ne prévoit pas de valeur sous 6 mois.

          Quelle pièce sert de preuve de réalisation ?

          Le courrier de déclaration à l’administration compétente du passage total ou partiel du réseau en basse pression et basse température, accompagné du descriptif des portions converties, daté et signé par le bénéficiaire et par le gestionnaire du réseau.

          Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.