BAR-TH-127 : VMC simple flux hygroréglable, le facteur R se décide avant le devis
La fiche BAR-TH-127 valorise la pose d’une VMC simple flux hygroréglable dans le résidentiel. Derrière un intitulé simple se cache une fiche à trois étages : type A ou type B, caisson basse consommation, standard ou basse pression, installation individuelle ou collective. Chaque choix modifie le facteur R, donc le volume de certificats. Et en individuel, la plupart des combinaisons sont tout simplement exclues. Décryptage, formules et exemples chiffrés.
- Secteur
- Résidentiel
- Version applicable
- v. A58-6
- Durée de vie conventionnelle
- 17 ans
L'essentiel
- La fiche couvre la VMC simple flux hygroréglable et la VMBP collective simple flux hygroréglable, de type A (bouches hygroréglables) ou de type B (bouches ET entrées d’air hygroréglables).
- En collectif, le calcul est : montant par logement (21 800, 17 800 ou 11 900 kWh cumac selon la zone) × nombre de logements × R.
- En individuel, le calcul est : montant de zone (31 600, 25 900 ou 17 200 kWh cumac) × facteur de surface (de 0,3 à 1,6) × R.
- Le facteur R va de 0,76 (type A, caisson basse pression, collectif) à 1 (type B, caisson basse consommation). En individuel, seul le caisson basse consommation est accepté : R = 0,9 en type A, R = 1 en type B.
- La pose doit être réalisée par un professionnel titulaire d’un signe de qualité conforme à l’article 2 du décret n° 2014-812 (RGE), pour des opérations engagées jusqu’au 30 juin 2028.
Ce que couvre la fiche BAR-TH-127
La fiche d’opération standardisée BAR-TH-127 vise la « mise en place d’un système de ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple flux hygroréglable ou d’un système de ventilation mécanique basse pression (VMBP) collectif simple flux hygroréglable ». Ces systèmes peuvent être de type A ou de type B. La version en vigueur est la A58-6, applicable aux opérations engagées à compter du 1er janvier 2024 et jusqu’au 30 juin 2028. La durée de vie conventionnelle retenue pour le calcul des certificats est de 17 ans.
Le code se lit en trois blocs. « BAR » désigne le secteur d’application : les bâtiments résidentiels, par opposition aux fiches BAT (tertiaire), IND (industrie), AGRI (agriculture) ou TRA (transport). « TH » renvoie à la famille thermique, qui regroupe les opérations touchant au chauffage, à l’eau chaude sanitaire et à la ventilation des logements. « 127 » est simplement le numéro d’ordre de la fiche dans cette famille. Il n’indique ni une performance ni une date.
La fiche définit précisément ce qu’elle entend par système de ventilation mécanique simple flux : un ensemble d’équipements composé d’un caisson, de gaines, d’entrées d’air et de bouches d’extraction. Le caisson, moteur du système, aspire l’air vicié des pièces humides (cuisine, salle de bains, WC) au travers des bouches d’extraction et des gaines. L’air neuf entre par les entrées d’air, généralement placées en partie haute des menuiseries des pièces de vie. Il n’y a qu’un seul flux mécanisé, l’extraction, d’où le nom. La VMBP collective, variante à basse pression desservant plusieurs logements, est traitée dans la même fiche et dispose de ses propres valeurs de R.
Type A, type B : la différence expliquée simplement
Le mot « hygroréglable » signifie que le débit d’air varie en fonction de l’humidité mesurée dans le logement. Plus l’air est humide (douche, cuisson, présence d’occupants), plus le débit augmente ; quand le logement est sec ou inoccupé, il redescend. On ventile ce qu’il faut, quand il le faut, sans évacuer inutilement l’air chauffé en hiver. C’est tout l’intérêt énergétique du système par rapport à une VMC autoréglable à débit fixe.
La fiche distingue deux niveaux d’hygroréglabilité. Le système est dit de type A si seules les bouches d’extraction sont hygroréglables : la modulation ne se fait qu’à l’extraction, dans les pièces humides, tandis que les entrées d’air des pièces de vie restent autoréglables, à débit constant. Le système est dit de type B si les bouches d’extraction ET les entrées d’air sont hygroréglables : la modulation se fait aux deux bouts de la chaîne, et l’ensemble du logement adapte son renouvellement d’air à l’humidité réelle.
Cette différence n’est pas un détail de catalogue. Le type B est le seul à atteindre R = 1, quelle que soit la configuration. Le type A est systématiquement pénalisé : 0,96 au mieux en collectif, 0,9 en individuel. Concrètement, remplacer des entrées d’air autoréglables par des modèles hygroréglables au moment de la pose fait basculer le dossier du type A au type B, et donc du R le plus faible au R le plus élevé.
Qui peut en bénéficier
La fiche s’adresse aux bâtiments résidentiels, c’est le sens du préfixe BAR. Elle couvre deux situations bien distinctes, qui ne se calculent pas de la même façon : l’installation collective, où un même système dessert plusieurs logements, et l’installation individuelle, où le système ne dessert qu’un seul logement.
En collectif, les bénéficiaires types sont les syndicats de copropriétaires, représentés par leur syndic, et les bailleurs sociaux, qui rénovent la ventilation d’un immeuble ou d’un parc entier. C’est là que les volumes de certificats sont les plus importants, puisque le montant est multiplié par le nombre de logements desservis.
En individuel, il s’agit du propriétaire d’une maison ou d’un appartement disposant de sa propre VMC, qu’il soit occupant ou bailleur. Le montant dépend alors de la surface habitable du logement et non d’un nombre de logements.
Dans tous les cas, l’opération doit être réalisée par un professionnel qualifié (voir la dernière partie). L’installateur ventilation est donc un acteur central du dossier : c’est lui qui choisit et pose le matériel dont dépend le facteur R, et c’est sa qualification qui conditionne l’éligibilité.
Le calcul en collectif : montant par logement × nombre de logements × R
Pour une installation collective, la fiche fixe un montant en kWh cumac par logement desservi, qui dépend de la zone climatique de l’immeuble. Ce montant est multiplié par N, le nombre de logements desservis par le système, puis par le facteur correctif R lié au matériel installé.
- Formule : montant par logement × N × R.
- Exemple : immeuble de 40 logements en zone H1, type B avec caisson basse consommation (R = 1). Calcul : 21 800 × 40 × 1 = 872 000 kWh cumac.
- Le même immeuble en type A avec caisson basse pression (R = 0,76) donne 21 800 × 40 × 0,76 = 662 720 kWh cumac, soit 209 280 kWh cumac de moins pour le même nombre de logements.
| Zone climatique | Montant par logement (kWh cumac) |
|---|---|
| H1 | 21 800 |
| H2 | 17 800 |
| H3 | 11 900 |
Le calcul en individuel : montant de zone × facteur de surface × R
Pour un système ne desservant qu’un seul logement, la logique change. La fiche donne un montant de base par zone climatique, puis applique un facteur correctif selon la surface habitable S du logement, et enfin le facteur R. Les montants de base sont de 31 600 kWh cumac en zone H1, 25 900 en zone H2 et 17 200 en zone H3.
- Formule : montant de zone × facteur de surface × R.
- Le facteur de surface vaut 1 pour un logement de 90 à moins de 110 m² : c’est la référence. Il descend à 0,3 pour un studio de moins de 35 m² et monte à 1,6 au-delà de 130 m².
- Attention aux bornes : 130 m² inclus donne 1,1 ; 131 m² donne 1,6. À l’inverse, 89 m² donne 0,7 et 90 m² donne 1. Une surface habitable mesurée avec précision peut faire changer de tranche.
| Surface habitable S | Facteur de surface |
|---|---|
| S < 35 m² | 0,3 |
| 35 m² ≤ S < 60 m² | 0,5 |
| 60 m² ≤ S < 70 m² | 0,6 |
| 70 m² ≤ S < 90 m² | 0,7 |
| 90 m² ≤ S < 110 m² | 1 |
| 110 m² ≤ S ≤ 130 m² | 1,1 |
| S > 130 m² | 1,6 |
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EstimerLe facteur R : ce que chaque combinaison rapporte ou coûte
Le facteur R est le troisième étage de la fiche, et le plus souvent négligé au moment du devis. Il combine trois paramètres : le type d’installation (collective ou individuelle), le type de système (A ou B) et la nature du caisson (basse consommation, standard ou basse pression). Le tableau ci-dessous reprend les valeurs officielles et, pour donner un ordre de grandeur, ce qu’elles représentent par logement en zone H1 collectif (base 21 800 kWh cumac).
- En collectif, l’écart entre la meilleure combinaison (type B, basse consommation, R = 1) et la moins bonne (type A, basse pression, R = 0,76) est de 24 %. Sur un immeuble, cet écart se multiplie par le nombre de logements.
- Le caisson pèse plus lourd que le type : passer de basse consommation à basse pression fait perdre 0,20 point en type A (0,96 à 0,76) et 0,22 point en type B (1 à 0,78). Passer du type B au type A ne fait perdre que 0,04 à 0,05 point à caisson égal.
- En individuel, quatre combinaisons sur six sont « non applicable ». Un caisson standard ou basse pression posé dans une maison ne donne droit à aucun certificat au titre de cette fiche, quel que soit le type. Seul le caisson basse consommation est valorisé : R = 0,9 en type A, R = 1 en type B.
- Conséquence pratique : le choix du matériel se fait avant le devis. Une fois le caisson posé, il n’y a plus de rattrapage possible.
| Type | Caisson | R collectif | kWh cumac par logement (H1 collectif) | R individuel |
|---|---|---|---|---|
| A | Basse consommation | 0,96 | 20 928 | 0,9 |
| A | Standard | 0,91 | 19 838 | non applicable |
| A | Basse pression | 0,76 | 16 568 | non applicable |
| B | Basse consommation | 1 | 21 800 | 1 |
| B | Standard | 0,95 | 20 710 | non applicable |
| B | Basse pression | 0,78 | 17 004 | non applicable |
Combien ça représente en vrai : quatre exemples chiffrés
Les formules deviennent parlantes sur des cas concrets. Voici deux installations collectives et deux installations individuelles, calculées pas à pas avec les seules valeurs de la fiche.
Exemple 1, copropriété de 40 logements en zone H1, type B, caisson basse consommation. Le facteur R vaut 1. Calcul : 21 800 × 40 = 872 000 ; 872 000 × 1 = 872 000 kWh cumac.
Exemple 2, bailleur social, 120 logements en zone H2, type A, caisson basse pression. Le facteur R vaut 0,76. Calcul : 17 800 × 120 = 2 136 000 ; 2 136 000 × 0,76 = 1 623 360 kWh cumac. Avec un type B et un caisson basse consommation (R = 1), le même parc aurait produit 2 136 000 kWh cumac, soit 512 640 kWh cumac de plus.
Exemple 3, maison de 100 m² en zone H1, type B, caisson basse consommation. Facteur de surface 1 (tranche 90 à moins de 110 m²), R = 1. Calcul : 31 600 × 1 = 31 600 ; 31 600 × 1 = 31 600 kWh cumac.
Exemple 4, maison de 80 m² en zone H2, type A, caisson basse consommation. Facteur de surface 0,7 (tranche 70 à moins de 90 m²), R = 0,9. Calcul : 25 900 × 0,7 = 18 130 ; 18 130 × 0,9 = 16 317 kWh cumac.
Pour compléter le panorama, un immeuble de 24 logements en zone H3 avec type A et caisson standard (R = 0,91) donne 11 900 × 24 = 285 600, puis 285 600 × 0,91 = 259 896 kWh cumac. Et une grande maison de 140 m² en zone H3, type B basse consommation, donne 17 200 × 1,6 = 27 520, puis 27 520 × 1 = 27 520 kWh cumac.
| Cas | Zone | N ou surface | Type / caisson | R | Calcul | Total (kWh cumac) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Copropriété | H1 | 40 logements | B / basse consommation | 1 | 21 800 × 40 × 1 | 872 000 |
| Bailleur social | H2 | 120 logements | A / basse pression | 0,76 | 17 800 × 120 × 0,76 | 1 623 360 |
| Immeuble | H3 | 24 logements | A / standard | 0,91 | 11 900 × 24 × 0,91 | 259 896 |
| Maison | H1 | 100 m² (facteur 1) | B / basse consommation | 1 | 31 600 × 1 × 1 | 31 600 |
| Maison | H2 | 80 m² (facteur 0,7) | A / basse consommation | 0,9 | 25 900 × 0,7 × 0,9 | 16 317 |
| Maison | H3 | 140 m² (facteur 1,6) | B / basse consommation | 1 | 17 200 × 1,6 × 1 | 27 520 |
Les conditions et les contrôles : ce qui fait tomber un dossier
Les conditions de délivrance posées par la fiche sont peu nombreuses mais sans appel. La mise en place doit être réalisée par un professionnel. Ce professionnel doit être titulaire d’un signe de qualité conforme aux exigences prévues à l’article 2 du décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014, c’est-à-dire la qualification RGE correspondant aux travaux de ventilation. Une VMC posée par le propriétaire lui-même, ou par un artisan dont la qualification n’est pas valide à la date des travaux, n’ouvre droit à aucun certificat.
La fiche s’applique aux opérations engagées jusqu’au 30 juin 2028. La date d’engagement, en pratique la date de signature du devis ou du bon de commande, doit se situer dans cette fenêtre. Comme pour toute opération CEE, le rôle actif et incitatif du demandeur de certificats doit être établi au plus tard le jour de cet engagement : un devis signé avant tout contact avec le mandataire ou le délégataire est perdu.
Les points de contrôle découlent directement de la structure de la fiche. Le nombre de logements desservis (en collectif) ou la surface habitable (en individuel) doivent être justifiés et cohérents avec les pièces du dossier. Le type de système, A ou B, doit pouvoir être établi : si les entrées d’air ne sont pas hygroréglables, le dossier bascule en type A, et un dossier déposé en type B avec des entrées d’air autoréglables sera au mieux recalculé, au pire rejeté. La nature du caisson doit être démontrée par la documentation technique du fabricant, car c’est elle qui fixe le R.
Le cas le plus fréquent de refus en individuel tient à la colonne « non applicable » : un caisson standard ou basse pression dans une maison ne relève pas de la fiche, point final. Enfin, la définition même du système, un caisson, des gaines, des entrées d’air et des bouches d’extraction, implique un ensemble complet : le remplacement du seul caisson sur un réseau existant ne correspond pas à la « mise en place d’un système » au sens de la fiche et expose le dossier à un rejet.
- Installateur sans signe de qualité RGE valide : dossier irrecevable.
- Engagement postérieur au 30 juin 2028 : hors fiche.
- Rôle actif et incitatif non établi avant l’engagement : dossier perdu.
- Type B déclaré avec entrées d’air autoréglables : requalification en type A ou rejet.
- Caisson standard ou basse pression en individuel : non applicable, zéro certificat.
- Nombre de logements ou surface habitable non justifiés : recalcul à la baisse ou rejet.
Questions fréquentes
Une VMC simple flux autoréglable est-elle éligible à la fiche BAR-TH-127 ?
Non. La fiche vise exclusivement les systèmes hygroréglables, de type A (bouches d’extraction hygroréglables) ou de type B (bouches d’extraction et entrées d’air hygroréglables). Un système à débit fixe n’entre pas dans son champ.
Peut-on valoriser un caisson standard dans une maison individuelle ?
Non. En installation individuelle, la fiche indique « non applicable » pour les caissons standard et basse pression, en type A comme en type B. Seul le caisson basse consommation est valorisé, avec R = 0,9 en type A et R = 1 en type B. C’est la principale cause d’exclusion sur ce type de dossier.
Quelle est la différence de montant entre un type A et un type B en collectif ?
À caisson égal, l’écart est de 0,04 à 0,05 point de R : 0,96 contre 1 en basse consommation, 0,91 contre 0,95 en standard, 0,76 contre 0,78 en basse pression. Sur un immeuble de 40 logements en zone H1 avec caisson basse consommation, cela représente 21 800 × 40 × 0,96 = 836 480 kWh cumac en type A contre 872 000 en type B, soit 35 520 kWh cumac d’écart.
Jusqu’à quand la fiche BAR-TH-127 est-elle applicable ?
La version A58-6 s’applique aux opérations engagées à compter du 1er janvier 2024 et jusqu’au 30 juin 2028. C’est la date d’engagement de l’opération, et non la date de fin des travaux, qui compte. La durée de vie conventionnelle retenue est de 17 ans.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.