IND-UT-134 : la prime CEE qui finance le mesurage de vos indicateurs de performance énergétique
On ne pilote pas ce qu’on ne mesure pas. La fiche IND-UT-134 rémunère non pas une économie d’énergie directe, mais la capacité à la voir : compteurs, historisation, logiciel de gestion énergétique et alertes de dérive sur un usage industriel. Le montant dépend de la puissance instrumentée, du rythme de fonctionnement du site et de la durée du contrat logiciel.
- Secteur
- Industrie
- Version applicable
- Voir la fiche officielle
- Durée de vie conventionnelle
- 6 ans
L'essentiel
- La fiche finance un système complet de mesurage d’indicateurs de performance énergétique (IPE) : mesure, historisation, restitution à l’utilisateur et alerte en cas de dérive.
- Cinq usages éligibles : production et distribution de chaleur, d’air comprimé, de froid, procédé industriel thermique ou électrique, autres systèmes motorisés.
- Montant en kWh cumac = 29,4 × coefficient du mode de fonctionnement (1 à 4,2) × puissance nominale P en kW × facteur correctif F (1 à 5,45).
- F dépend de la durée du contrat de location du logiciel ; un achat ou un abonnement de plus de 6 ans donne F = 5,45.
- Puissance instrumentée strictement inférieure à 10 MW, étude préalable avant engagement, et un tableur n’est pas un logiciel de gestion énergétique.
Ce que couvre la fiche IND-UT-134
Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur industrie. UT renvoie aux utilités, ces services énergétiques transverses qui alimentent la production : chaleur, air comprimé, froid, force motrice. Le nombre 134 est un simple numéro d’ordre, sans signification technique.
La dénomination officielle est la mise en place d’un système de mesurage d’Indicateurs de Performance Énergétique (IPE) sur un ou plusieurs équipements, ou ensembles d’équipements, constituant un usage énergétique. La fiche assigne à ce système trois fonctions, toutes obligatoires : mesurer, relever et conserver les données nécessaires au calcul des IPE ; communiquer les résultats à l’utilisateur pour en permettre le suivi ; alerter l’utilisateur en cas de dérive.
Un compteur mesure ; un système au sens de la fiche mesure, mémorise, calcule, restitue et prévient. L’exigence porte autant sur l’exploitation de la donnée que sur le matériel. Durée de vie conventionnelle : 6 ans.
Un indicateur de performance énergétique, c’est quoi ?
La fiche le définit comme une fonction qui dépend, d’une part, de la mesure de la consommation d’énergie d’un équipement ou d’un ensemble d’équipements constituant un usage énergétique, et d’autre part, de la mesure de la production ou du niveau de service assuré par ce même ensemble, sur une même période de temps.
Un IPE rapporte donc toujours une énergie à un résultat utile. Une consommation brute en kWh n’est pas un IPE : elle suit la charge de l’usine sans rien dire de l’efficacité. Le kWh électrique par mètre cube d’air comprimé livré, le kWh de gaz par tonne sortie d’un four, le kWh électrique par kilowattheure de froid produit : voilà des IPE. Ils rendent visibles une fuite d’air, un échangeur encrassé ou une régulation déréglée.
La mention « sur une même période de temps » compte : énergie et production doivent être relevées de façon synchrone, sinon le ratio ne veut rien dire. Le comptage divisionnaire et les IPE sont la première brique d’un plan d’économies : sans eux, l’industriel ne connaît que sa facture globale et ne peut ni hiérarchiser ses actions, ni prouver leurs effets, ni détecter une dérive à temps.
Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu
Le bénéficiaire est l’exploitant d’un site industriel qui installe un système de mesurage sur l’un des cinq usages listés par la fiche, sur un équipement isolé ou sur un ensemble formant un même usage.
Plusieurs bornes ferment le périmètre. La puissance nominale de l’ensemble suivi doit être strictement inférieure à 10 MW. Un même équipement ne peut pas faire l’objet de plusieurs demandes de certificats. Les nouveaux appareils de mesure et moyens de relevé et d’historisation doivent être acquis par le bénéficiaire. Le logiciel de gestion énergétique peut être acquis, loué ou souscrit par abonnement, mais les outils de bureautique classique de type tableur ne sont pas considérés comme un logiciel de gestion énergétique.
Comment se calcule le montant
Le montant en kWh cumac est le produit de quatre termes : 29,4 kWh cumac par kW, un coefficient lié au mode de fonctionnement du site, la puissance nominale P en kW et un facteur correctif F.
Le coefficient vaut 1 en 1x8h, avec ou sans arrêt le week-end ; 2,2 en 2x8h, avec ou sans arrêt le week-end ; 3 en 3x8h avec arrêt le week-end ; 4,2 en 3x8h sans arrêt le week-end.
P est la puissance nominale de l’ensemble des équipements suivis par un IPE. Si plusieurs équipements sont instrumentés, P est la somme de leurs puissances nominales, lues sur la plaque ou à défaut sur un document du fabricant. Pour un équipement thermodynamique, on retient la puissance électrique nominale.
F est lié à la durée du contrat de location du logiciel : 1 pour un an, 1,96 pour deux ans, 2,89 pour trois ans, 3,78 pour quatre ans, 4,63 pour cinq ans, 5,45 pour six ans. En cas d’achat ou d’abonnement de plus de 6 ans, F vaut 5,45.
| Paramètre | Valeurs | Justification |
|---|---|---|
| Base | 29,4 kWh cumac par kW | Fixe |
| Coefficient mode de fonctionnement | 1x8h : 1 ; 2x8h : 2,2 ; 3x8h avec arrêt week-end : 3 ; 3x8h sans arrêt week-end : 4,2 | Rythme réel du site |
| Puissance nominale P (kW) | Somme des puissances des équipements instrumentés, < 10 MW | Plaque ou document fabricant ; puissance électrique pour le thermodynamique |
| Facteur correctif F | 1 an : 1 ; 2 ans : 1,96 ; 3 ans : 2,89 ; 4 ans : 3,78 ; 5 ans : 4,63 ; 6 ans : 5,45 ; achat ou > 6 ans : 5,45 | Contrat de location ou d’abonnement, ou preuve d’achat |
Combien ça représente en vrai
Premier cas : un atelier en 1x8h instrumente sa centrale d’air comprimé, deux compresseurs de 100 kW, soit P = 200 kW, et achète son logiciel, F = 5,45. On pose 29,4 × 1 × 200 = 5 880, puis 5 880 × 5,45 = 32 046 kWh cumac.
Deuxième cas : une usine agroalimentaire en 2x8h suit sa chaufferie, P = 1 000 kW, avec un abonnement logiciel de trois ans, F = 2,89. On pose 29,4 × 2,2 = 64,68 ; 64,68 × 1 000 = 64 680 ; 64 680 × 2,89 = 186 925,2 kWh cumac.
Troisième cas : un site de process continu en 3x8h sans arrêt le week-end instrumente ses groupes frigorifiques, puissance électrique nominale cumulée P = 3 000 kW, avec achat du logiciel, F = 5,45. On pose 29,4 × 4,2 = 123,48 ; 123,48 × 3 000 = 370 440 ; 370 440 × 5,45 = 2 018 898 kWh cumac.
Quatrième cas, pour mesurer le poids du contrat logiciel : un procédé électrique de P = 800 kW en 3x8h avec arrêt le week-end, coefficient 3. Avec une location d’un an, F = 1 : 29,4 × 3 × 800 × 1 = 70 560 kWh cumac. Même matériel, avec achat ou contrat de six ans : 70 560 × 5,45 = 384 552 kWh cumac.
Deux leviers ressortent : agréger sous un même IPE tous les équipements d’un usage fait monter P, dans la limite stricte des 10 MW ; et à puissance égale, rythme de fonctionnement et durée du contrat font varier le montant d’un facteur allant jusqu’à 4,2 × 5,45.
| Cas | Mode | Coef. | P (kW) | Logiciel | F | kWh cumac |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Air comprimé | 1x8h | 1 | 200 | Achat | 5,45 | 32 046 |
| Chaufferie | 2x8h | 2,2 | 1 000 | Abonnement 3 ans | 2,89 | 186 925,2 |
| Groupes froid | 3x8h sans arrêt | 4,2 | 3 000 | Achat | 5,45 | 2 018 898 |
| Procédé électrique | 3x8h avec arrêt | 3 | 800 | Location 1 an | 1 | 70 560 |
| Procédé électrique | 3x8h avec arrêt | 3 | 800 | Achat ou 6 ans | 5,45 | 384 552 |
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EstimerLes conditions techniques
Un système de mesurage assemble trois familles d’éléments : les appareils de mesure, les moyens de relevé et d’historisation, et les moyens de calcul et d’affichage. Ces éléments peuvent être existants, à condition de s’assurer de leur bon fonctionnement et de leur compatibilité avec les nouveaux éléments.
Les éléments ajoutés suivent deux règles : les nouveaux appareils de mesure et moyens de relevé et d’historisation sont acquis par le bénéficiaire ; le logiciel de gestion énergétique est acquis, loué ou souscrit par abonnement, et un tableur ne compte pas.
La fiche impose une étude avant l’engagement de l’opération, préalable à l’intégration du système sur le site, réalisée par un professionnel ou un bureau d’études. Enfin, un système qui ne mesure que l’énergie, sans la production ou le service associé, ne calcule pas d’IPE au sens de la fiche.
Ce que le dossier doit établir
Chaque terme de la formule doit se retrouver dans les pièces : la liste des équipements instrumentés avec leur puissance nominale, source plaque ou fabricant, dont la somme donne P ; le mode de fonctionnement du site, qui fixe le coefficient ; le contrat de location ou d’abonnement du logiciel avec sa durée, ou sa facture d’acquisition, qui fixe F. Les pièces doivent aussi identifier le logiciel et montrer que le système remplit les trois fonctions de la dénomination, puisque la fiche écarte les tableurs. L’étude préalable, datée avant l’engagement, complète l’ensemble.
L’extrait dont nous disposons ne reproduit pas la liste complète des mentions exigées sur la preuve de réalisation ; les éléments ci-dessus découlent des paramètres de calcul et des conditions de la fiche, et constituent le socle minimal à sécuriser.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Premier motif de rejet : la puissance. Une puissance instrumentée égale ou supérieure à 10 MW sort du champ. Une puissance frigorifique retenue à la place de la puissance électrique sur un groupe froid expose à un recalcul de P et du montant.
Deuxième motif : la chronologie. L’étude préalable doit précéder l’engagement. Une étude datée après la commande du matériel ou la signature du contrat logiciel ne remplit pas la condition, quelle que soit sa qualité.
Troisième motif : la nature du système. Un tableur, même sophistiqué, n’est pas un logiciel de gestion énergétique. Des compteurs sans historisation, un logiciel qui n’associe pas consommation et production, ou un système sans alerte de dérive ne constituent pas un système de mesurage d’IPE. Du matériel de mesure neuf loué au lieu d’être acquis par le bénéficiaire ne répond pas non plus à la condition.
Quatrième motif : l’incohérence entre F et le contrat réel, ou la double valorisation d’un équipement déjà présenté dans une demande. La bonne pratique : figer dès l’étude préalable équipements, puissances, mode de fonctionnement et schéma contractuel du logiciel, puis vérifier que factures et contrats les reprennent exactement. Le dossier se gagne avant l’engagement, pas après.
Questions fréquentes
Peut-on réutiliser des compteurs déjà installés ?
Oui, à condition de s’assurer de leur bon fonctionnement et de leur compatibilité avec les nouveaux éléments. Seuls les éléments ajoutés doivent être acquis par le bénéficiaire.
Un tableur alimenté par des relevés automatiques suffit-il comme logiciel ?
Non. La fiche précise que les outils de bureautique classique de type tableur ne sont pas considérés comme un logiciel de gestion énergétique. Il faut un logiciel dédié, acquis, loué ou par abonnement.
Quelle puissance retenir pour un groupe froid ?
Pour un équipement thermodynamique, la fiche impose la puissance électrique nominale, lue sur la plaque ou à défaut sur un document du fabricant. Si plusieurs groupes sont suivis par un même IPE, on additionne leurs puissances, le total restant strictement inférieur à 10 MW.
Vaut-il mieux acheter le logiciel ou le louer ?
L’achat ou un abonnement de plus de six ans donne le facteur maximal de 5,45, contre 1 pour un contrat d’un an. À puissance et mode de fonctionnement identiques, le montant varie donc dans un rapport de 1 à 5,45.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.