Aller au contenu
Résidentiel · Fiche BAR-EN-104

BAR-EN-104 : la prime CEE fenêtres qui exige du simple vitrage avant travaux

Remplacer des fenêtres à simple vitrage par des menuiseries à vitrage isolant est l’une des opérations les mieux valorisées du catalogue résidentiel, grâce à une durée de vie conventionnelle de 30 ans. Mais la fiche BAR-EN-104 pose une condition d’entrée que beaucoup découvrent trop tard : sans simple vitrage avant travaux, pas de certificats. Ce qu’elle couvre, ce qu’elle exclut, comment se calcule le montant et ce qui fait tomber un dossier.

Secteur
Résidentiel
Version applicable
v. A54-2
Durée de vie conventionnelle
30 ans

L'essentiel

  • Condition d’entrée sans exception : la fenêtre, la fenêtre de toiture ou la porte-fenêtre remplacée doit être équipée de simple vitrage avant travaux. Remplacer un ancien double vitrage n’ouvre aucun droit.
  • Forfait par m² de surface posée : 3 800 kWh cumac en zone H1, 3 100 en zone H2, 2 100 en zone H3.
  • La surface retenue inclut dormants, ouvrants, profilés et joints : c’est la dimension hors tout de la menuiserie, pas celle du vitrage.
  • Fenêtres verticales : Uw inférieur ou égal à 1,3 W/m².K avec Sw supérieur ou égal à 0,3, ou Uw inférieur ou égal à 1,7 W/m².K avec Sw supérieur ou égal à 0,36. Règles distinctes pour les fenêtres de toiture et les doubles fenêtres.
  • Pose par un professionnel RGE (9° pour les parois vitrées verticales, 10° pour les parois vitrées en toiture) et preuve de réalisation mentionnant Uw, Sw et surface posée. Fiche applicable aux opérations engagées avant le 1er juillet 2028.

Ce que couvre la fiche BAR-EN-104

La fiche BAR-EN-104 valorise, en certificats d’économies d’énergie, la mise en place d’une fenêtre, d’une fenêtre de toiture ou d’une porte-fenêtre complète avec vitrage isolant, en remplacement d’une menuiserie équipée de simple vitrage. Les baies fixes sont permises. L’opération inclut le remplacement du dormant existant : on repose une menuiserie entière, pas seulement l’ouvrant. La fiche prévoit une seconde voie, la double fenêtre, qui consiste à poser une seconde fenêtre à double vitrage renforcé sur la baie existante ; dans ce cas, et uniquement dans ce cas, le dormant d’origine est conservé.

Le code se lit en trois blocs. BAR désigne le secteur : bâtiment résidentiel, c’est-à-dire les logements, par opposition au tertiaire (BAT), à l’industrie (IND) ou à l’agriculture (AGRI). EN désigne la famille : enveloppe du bâtiment, tout ce qui sépare l’intérieur chauffé de l’extérieur (murs, toitures, planchers, ouvertures), là où les fiches TH visent les équipements thermiques. 104 est le numéro d’ordre de la fiche dans la famille BAR-EN.

La version en vigueur est la A54-2, applicable aux opérations engagées à compter du 1er janvier 2024 et avant le 1er juillet 2028.

La condition d’entrée : du simple vitrage avant travaux

C’est le point le plus discriminant de la fiche, et sans doute de tout le catalogue résidentiel. Les certificats ne sont délivrés que pour le remplacement d’une menuiserie équipée de simple vitrage avant travaux, ou pour la pose d’une double fenêtre sur une fenêtre à simple vitrage. La logique est celle du kWh cumac : le forfait représente l’économie cumulée sur la durée de vie par rapport à la situation de départ, massive depuis un simple vitrage, bien moindre depuis un double vitrage même ancien.

Concrètement, un propriétaire qui remplace des fenêtres à double vitrage des années 1990 par du triple vitrage n’a droit à rien au titre de BAR-EN-104, quelle que soit la performance du nouveau produit.

  • Le simple remplacement de vitrages sur une fenêtre ou une porte-fenêtre existante (on garde la menuiserie, on change le verre) est exclu.
  • La fermeture d’une loggia par des parois vitrées est exclue.
  • La construction d’une véranda à parois vitrées est exclue.
  • La création d’une ouverture dans une paroi opaque est exclue : une fenêtre percée dans un mur n’a pas de simple vitrage à remplacer.
  • Le remplacement d’une menuiserie déjà équipée de double vitrage, quel que soit son âge, est exclu.

Qui peut en bénéficier

La fiche vise le bâtiment résidentiel : maison individuelle ou appartement, dès lors que le logement est équipé de simple vitrage avant travaux. Le bénéficiaire est celui qui fait réaliser les travaux, propriétaire occupant ou bailleur. Le forfait ne dépend ni des revenus ni du statut d’occupation : à surface et zone égales, le montant en kWh cumac est le même pour tous.

Côté professionnel, la mise en place doit être réalisée par une entreprise titulaire d’un signe de qualité conforme à l’article 2 du décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014, autrement dit une qualification RGE. La fiche est précise sur la catégorie : le signe de qualité doit relever du 9° du I de l’article 1er du décret pour la pose de parois vitrées verticales, ou du 10° pour la pose de parois vitrées en toiture. Un menuisier qualifié uniquement pour les parois verticales ne peut donc pas valoriser une fenêtre de toiture : vérifiez la catégorie sur l’attestation.

Comment se calcule le montant

Le calcul tient en une multiplication : un forfait en kWh cumac par m², fixé selon la zone climatique du logement, multiplié par S, la surface posée en m² de fenêtres, doubles fenêtres ou portes-fenêtres complètes avec vitrage isolant. La zone climatique dépend du département où se situe le logement.

  • L’écart entre zones est important : 3 100 / 3 800 = 0,816, soit environ 18 % de moins en H2 qu’en H1 ; 2 100 / 3 800 = 0,553, soit environ 45 % de moins en H3 qu’en H1.
  • La surface posée n’est pas la surface de vitrage : la fiche inclut l’ensemble des profilés, fixes, dormants ou ouvrants, joints, mastics et produits d’étanchéité compris, qui encadrent l’élément de remplissage. On mesure donc la menuiserie hors tout, dormant inclus.
  • Exemple : une fenêtre de 1,20 m sur 1,35 m hors tout représente 1,20 × 1,35 = 1,62 m². Si son vitrage clair mesure 1,00 m × 1,10 m = 1,10 m², la différence est de 1,62 - 1,10 = 0,52 m². En zone H1, cet écart pèse 0,52 × 3 800 = 1 976 kWh cumac ; en zone H3, 0,52 × 2 100 = 1 092 kWh cumac. Déclarer le vitrage seul revient à laisser près d’un tiers du forfait sur la table.
  • Le forfait au m² est élevé parce que la durée de vie conventionnelle retenue est de 30 ans, la plus longue du catalogue : les économies sont cumulées sur trois décennies.
Zone climatiqueForfait en kWh cumac par m² posé
H13 800
H23 100
H32 100

Combien ça représente en vrai : quatre exemples chiffrés

Nous retenons deux formats courants mesurés hors tout : une fenêtre de 1,20 m × 1,35 m, soit 1,62 m², et une porte-fenêtre de 1,40 m × 2,15 m, soit 1,40 × 2,15 = 3,01 m².

Exemple 1, une fenêtre seule : S = 1,62 m². En H1 : 1,62 × 3 800 = 6 156 kWh cumac. En H2 : 1,62 × 3 100 = 5 022. En H3 : 1,62 × 2 100 = 3 402.

Exemple 2, un pack de cinq fenêtres identiques : S = 5 × 1,62 = 8,10 m². En H1 : 8,10 × 3 800 = 30 780 kWh cumac. En H2 : 8,10 × 3 100 = 25 110. En H3 : 8,10 × 2 100 = 17 010.

Exemple 3, une maison complète avec huit fenêtres et deux portes-fenêtres : S = 8 × 1,62 + 2 × 3,01 = 12,96 + 6,02 = 18,98 m². En H1 : 18,98 × 3 800 = 72 124 kWh cumac. En H2 : 18,98 × 3 100 = 58 838. En H3 : 18,98 × 2 100 = 39 858.

Exemple 4, un appartement avec trois fenêtres et une porte-fenêtre : S = 3 × 1,62 + 3,01 = 4,86 + 3,01 = 7,87 m². En H1 : 7,87 × 3 800 = 29 906 kWh cumac. En H2 : 7,87 × 3 100 = 24 397. En H3 : 7,87 × 2 100 = 16 527.

Le tableau ci-dessous reprend les quatre cas sur les mêmes surfaces dans les trois zones : seul le département du logement change.

  • On ne multiplie pas un nombre de fenêtres par un forfait unitaire : tout passe par la surface posée en m², mesurée menuiserie par menuiserie.
  • Une porte-fenêtre compte près de deux fois une fenêtre standard (3,01 m² contre 1,62 m²) : dans une maison, ce sont souvent les portes-fenêtres qui font le volume.
CasSurface poséeZone H1 (kWh cumac)Zone H2 (kWh cumac)Zone H3 (kWh cumac)
Une fenêtre 1,20 × 1,35 m1,62 m²6 1565 0223 402
Pack de 5 fenêtres8,10 m²30 78025 11017 010
Appartement : 3 fenêtres + 1 porte-fenêtre7,87 m²29 90624 39716 527
Maison : 8 fenêtres + 2 portes-fenêtres18,98 m²72 12458 83839 858

Vous avez une opération BAR-EN-104 en cours ? Estimez-la en quelques clics.

Estimer

Les performances exigées : Uw et Sw

Le coefficient de transmission surfacique Uw, en W/m².K, mesure les déperditions de la fenêtre complète, vitrage et menuiserie : plus il est bas, mieux elle isole. Le facteur solaire Sw, sans unité, mesure la part de l’énergie solaire qui la traverse : plus il est élevé, plus la chaleur du soleil entre. Sw est évalué selon la norme NF P 50-777 et Uw selon la norme NF EN 14351-1+A2 ; les valeurs figurent dans la documentation du fabricant.

Pour les fenêtres et portes-fenêtres autres que de toiture, hors double fenêtre, la fiche ouvre deux voies au choix. Première voie : Uw inférieur ou égal à 1,3 W/m².K et Sw supérieur ou égal à 0,3. Seconde voie : Uw inférieur ou égal à 1,7 W/m².K et Sw supérieur ou égal à 0,36. Attention aux produits qui tombent entre les deux : une fenêtre à Uw de 1,5 W/m².K avec un Sw de 0,33 échoue sur la première voie (Uw trop élevé) et sur la seconde (Sw trop faible). Elle n’est pas éligible.

Cas particulier de la fenêtre de toiture : Uw inférieur ou égal à 1,5 W/m².K et Sw inférieur ou égal à 0,36. L’exigence sur Sw s’inverse : c’est un plafond, pas un plancher. Une fenêtre de toit reçoit le soleil presque à la verticale en été, et un facteur solaire trop élevé transformerait les combles en four.

Cas particulier de la double fenêtre : la pose, sur la baie existante, d’une seconde fenêtre à double vitrage renforcé dont le Uw est inférieur ou égal à 1,8 W/m².K et le Sw supérieur ou égal à 0,32. C’est la seule configuration où le dormant d’origine n’est pas remplacé, utile quand la menuiserie existante ne peut pas être déposée, par exemple en façade protégée.

Type de menuiserieUw (W/m².K)Sw
Fenêtre ou porte-fenêtre, voie 1≤ 1,3≥ 0,3
Fenêtre ou porte-fenêtre, voie 2≤ 1,7≥ 0,36
Fenêtre de toiture≤ 1,5≤ 0,36
Double fenêtre (double vitrage renforcé)≤ 1,8≥ 0,32

Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation

La fiche liste ce que la preuve de réalisation, en pratique la facture, doit mentionner : la mise en place d’une ou plusieurs fenêtres, doubles fenêtres, fenêtres de toiture ou portes-fenêtres complètes avec vitrage isolant, leurs performances Uw et Sw, et la surface posée. Aucune de ces trois informations n’est facultative.

  • La nature de l’opération : écrire « fourniture et pose de fenêtres complètes avec vitrage isolant », jamais « remplacement de vitrages », qui décrit une opération exclue.
  • Les valeurs chiffrées de Uw et Sw pour chaque type de menuiserie posé. Une mention « conforme CEE » sans valeur ne suffit pas.
  • La surface posée en m², idéalement détaillée menuiserie par menuiserie avec les dimensions hors tout, puis le total : c’est ce total que le contrôleur recoupe.
  • La double fenêtre doit être nommée comme telle, puisque les seuils diffèrent.
  • La fiche ne l’impose pas, mais conserver une preuve de l’état initial (photos datées des menuiseries à simple vitrage, mention sur le devis) est la meilleure protection en cas de contrôle.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Les dossiers BAR-EN-104 sont vérifiés sur pièces et peuvent l’être sur place. Les motifs de rejet sont presque toujours les mêmes.

  • Absence de simple vitrage avant travaux : premier motif de refus. D’anciens châssis double vitrage constatés à la dépose, ou une facture parlant de « remplacement de double vitrage », condamnent le dossier.
  • Opération exclue : vitrages seuls remplacés, fermeture de loggia, véranda, ouverture créée dans un mur.
  • Performances absentes ou hors seuils : Uw ou Sw non mentionnés, valeurs qui ne satisfont aucune des deux voies pour une fenêtre verticale, Sw au-dessus du plafond pour une fenêtre de toiture, seuils propres à la double fenêtre non respectés.
  • Surface incohérente : surface déclarée supérieure aux dimensions réelles hors tout, ou impossible à recouper faute de détail par menuiserie.
  • Qualification RGE inadaptée : professionnel non titulaire du signe de qualité, ou titulaire du 9° (parois verticales) pour une fenêtre de toiture qui relève du 10°.
  • Double fenêtre posée avec un simple double vitrage au lieu d’un double vitrage renforcé.
  • Chronologie : les travaux doivent être engagés après la contractualisation avec le mandataire ou l’obligé, faute de quoi le rôle actif et incitatif ne peut être démontré, et avant le 1er juillet 2028 pour relever de cette version de la fiche.

Questions fréquentes

Mes fenêtres ont un double vitrage des années 1990, ai-je droit à la prime BAR-EN-104 ?

Non. La fiche ne vise que le remplacement d’une menuiserie équipée de simple vitrage avant travaux, ou la pose d’une double fenêtre sur une fenêtre à simple vitrage. Un double vitrage ancien, même peu performant, ne remplit pas la condition d’entrée.

Quelle surface faut-il déclarer : celle du vitrage ou celle de la fenêtre entière ?

Celle de la fenêtre entière, mesurée hors tout. La fiche précise que la surface inclut l’ensemble des profilés, fixes, dormants ou ouvrants, joints, mastics et produits d’étanchéité compris. Pour une fenêtre de 1,20 m × 1,35 m, on retient 1,62 m², soit 1,62 × 3 800 = 6 156 kWh cumac en zone H1.

Pourquoi le Sw d’une fenêtre de toiture doit-il être inférieur ou égal à 0,36 alors que les autres fenêtres exigent un minimum ?

Parce que le risque n’est pas le même. Une fenêtre verticale doit laisser entrer les apports solaires gratuits en hiver, d’où un Sw minimal de 0,3 ou 0,36 selon la voie retenue. Une fenêtre de toiture reçoit le soleil presque à la verticale en été et surchauffe les combles : la fiche plafonne son Sw à 0,36, avec un Uw inférieur ou égal à 1,5 W/m².K.

Dans quel cas choisir la double fenêtre plutôt que le remplacement complet ?

Quand la menuiserie existante à simple vitrage ne peut pas ou ne doit pas être déposée, par exemple sur une façade protégée. On pose alors sur la baie existante une seconde fenêtre à double vitrage renforcé avec Uw inférieur ou égal à 1,8 W/m².K et Sw supérieur ou égal à 0,32. Le dormant d’origine est conservé et la surface posée est valorisée au même forfait de zone.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.