BAT-TH-126 : la prime CEE pour une ventilation double flux avec échangeur en tertiaire
Bureaux, écoles, restaurants, gymnases, salles de spectacle : la fiche BAT-TH-126 valorise la mise en place d’une ventilation mécanique double flux avec échangeur, à débit d’air constant ou modulé, dans les bâtiments tertiaires. Le montant dépend de la zone climatique, de l’usage des locaux, du mode de modulation et de la surface ventilée. Voici comment lire le barème, poser le calcul et sécuriser le dossier.
- Secteur
- Tertiaire
- Version applicable
- Voir la fiche officielle
- Durée de vie conventionnelle
- 17 ans
L'essentiel
- La fiche couvre la mise en place d’une ventilation mécanique double flux avec échangeur, à débit d’air constant ou modulé, dans un bâtiment tertiaire, sur une durée de vie conventionnelle de 17 ans.
- Montant = valeur par m² de la zone climatique (H1, H2 ou H3) × facteur correctif du secteur d’activité × surface ventilée en m².
- La modulation proportionnelle (sonde CO2) est la mieux valorisée : 1 000 kWh cumac/m² en H1 avant facteur, contre 970 pour la modulation à détection de présence.
- Trois verrous techniques : échangeur d’efficacité ≥ 75 %, caisson ≤ 0,35 W/(m³/h) par ventilateur au débit nominal, avis technique CCFAT en cours de validité pour un système modulé.
- La preuve de réalisation doit mentionner la mise en place d’une double flux à débit constant ou modulée, en précisant proportionnelle ou à détection de présence.
Ce que couvre la fiche BAT-TH-126 et comment lire son code
La fiche BAT-TH-126 est une fiche d’opération standardisée du dispositif des certificats d’économies d’énergie. Sa dénomination officielle : « mise en place d’une ventilation mécanique double flux, avec échangeur, à débit d’air constant ou modulée ». Elle s’applique aux bâtiments tertiaires et attribue un volume de kWh cumac proportionnel à la surface couverte par le nouveau système.
Le code se lit en trois blocs. « BAT » désigne le bâtiment tertiaire, par opposition au résidentiel (BAR), à l’industrie (IND) ou à l’agriculture (AGRI). « TH » renvoie à la famille thermique, celle des opérations qui agissent sur le chauffage, le refroidissement ou le renouvellement d’air. « 126 » est le numéro d’ordre dans cette famille. La durée de vie conventionnelle est de 17 ans : c’est sur cette durée que sont comptées les économies, d’où le terme de kWh « cumac », cumulés et actualisés.
La fiche définit la ventilation modulée : le débit d’air est variable et asservi soit à une détection de présence, soit proportionnel au nombre d’occupants, grâce à une détection de CO2 ou à des capteurs de présence, en mono- ou multizones. Cette distinction détermine le tableau de barème à appliquer.
- Opération : ventilation mécanique double flux avec échangeur, à débit d’air constant ou modulé.
- Secteur : bâtiment tertiaire (BAT), famille thermique (TH).
- Durée de vie conventionnelle : 17 ans.
Le double flux avec échangeur expliqué simplement, et ce que change la modulation
Une ventilation simple flux extrait l’air vicié et laisse entrer l’air neuf sans le préchauffer : en hiver, chaque mètre cube d’air neuf doit être réchauffé par le chauffage du bâtiment. Une double flux dispose de deux réseaux, extraction et insufflation, qui se croisent dans un caisson équipé d’un échangeur. L’air extrait, déjà à température de confort, cède sa chaleur à l’air neuf avant d’être rejeté ; les deux flux ne se mélangent pas, seule la chaleur passe. La fiche exige une efficacité de récupération ≥ 75 % : au moins les trois quarts de l’écart de température entre air extrait et air extérieur sont récupérés au profit de l’air soufflé.
Le mode de régulation du débit ajoute un second levier. À débit constant, les ventilateurs tournent au régime dimensionné pour l’occupation maximale, salle pleine ou vide. À débit modulé, le débit suit l’occupation réelle, selon deux logiques : la détection de présence enclenche ou augmente la ventilation quand des occupants sont détectés dans une zone ; la modulation proportionnelle, pilotée par des sondes de CO2, ajuste le débit au nombre réel de personnes présentes.
Moduler réduit à la fois le chauffage de l’air neuf et la consommation des ventilateurs. C’est pourquoi la fiche prévoit un tableau par mode et valorise davantage la modulation proportionnelle que la détection de présence. Les valeurs détaillées ci-dessous concernent les deux modes modulés ; la double flux à débit constant fait l’objet d’un tableau distinct dans la fiche.
Qui peut en bénéficier et quels secteurs d’activité sont couverts
La fiche s’adresse à tout maître d’ouvrage d’un bâtiment tertiaire qui fait installer une double flux avec échangeur : collectivité propriétaire d’une école ou d’un gymnase, entreprise occupant des bureaux, exploitant d’un restaurant, gestionnaire d’une salle des fêtes ou d’un cinéma. Le dossier est en pratique porté par l’installateur, le bureau d’études fluides ou le mandataire CEE.
La fiche ne raisonne pas par type de bénéficiaire mais par usage des locaux, via un facteur correctif. Six secteurs sont listés pour la modulation proportionnelle : bureaux, enseignement, restauration, établissement sportif, autres locaux, et salles d’un volume > 250 m³, catégorie définie comme salle de cinéma, salle des fêtes, salles polyvalentes, salles de conférence, salles de spectacle et amphithéâtres. Pour la détection de présence, le tableau retient cinq secteurs, sans la ligne des grandes salles : en lecture prudente, une grande salle régulée par simple détection de présence relève des « autres locaux ». L’enseignement est le secteur de référence, avec un facteur de 1.
- Bureaux : 0,53 (proportionnelle) ou 0,51 (détection de présence).
- Enseignement : 1 dans les deux modes.
- Restauration : 0,68 ou 0,63.
- Établissement sportif : 0,22 ou 0,17.
- Autres locaux : 0,71 dans les deux modes.
- Salles d’un volume > 250 m³ : 1,88, uniquement en modulation proportionnelle.
Le calcul du montant : la formule et le barème de la modulation proportionnelle
Le montant s’obtient en trois multiplications. On part d’une valeur en kWh cumac par m² fixée par la zone climatique du bâtiment, on la multiplie par le facteur correctif du secteur, puis par la surface ventilée S en m². La fiche précise que la surface ventilée est la surface totale du bâtiment couverte par le système double flux : si l’installation ne dessert qu’une aile, seule cette aile compte.
Pour une double flux modulée proportionnelle, la valeur de base est de 1 000 kWh cumac/m² en zone H1, 830 en zone H2 et 560 en zone H3. Le tableau ci-dessous croise ces valeurs avec les facteurs pour donner le montant effectif par mètre carré ventilé. Les écarts sont considérables : en H1, un mètre carré de salle de spectacle vaut 1 880 kWh cumac, plus de huit fois un mètre carré de gymnase à 220.
- Formule : montant = valeur zone (kWh cumac/m²) × facteur secteur × surface ventilée S (m²).
| Secteur | Facteur | H1 (base 1 000) | H2 (base 830) | H3 (base 560) |
|---|---|---|---|---|
| Bureaux | 0,53 | 530 | 439,9 | 296,8 |
| Enseignement | 1 | 1 000 | 830 | 560 |
| Restauration | 0,68 | 680 | 564,4 | 380,8 |
| Établissement sportif | 0,22 | 220 | 182,6 | 123,2 |
| Autres locaux | 0,71 | 710 | 589,3 | 397,6 |
| Salles d’un volume > 250 m³ | 1,88 | 1 880 | 1 560,4 | 1 052,8 |
Le barème de la modulation à détection de présence
Pour une double flux modulée à détection de présence, les valeurs de base sont légèrement inférieures : 970 kWh cumac/m² en H1, 800 en H2 et 530 en H3. Les facteurs sont aussi un peu plus bas pour les bureaux, la restauration et les établissements sportifs, identiques pour l’enseignement et les autres locaux. En bureaux zone H1, la détection de présence rapporte 494,7 kWh cumac/m² contre 530 en proportionnel, soit environ 7 % de moins ; pour un établissement sportif en H1, l’écart est plus marqué, 164,9 contre 220.
Le choix entre les deux modes ne se réduit pas au barème : la sonde CO2 convient aux locaux à occupation variable, la détection de présence suffit souvent à des locaux occupés de manière binaire. Mais le mode retenu conditionne le tableau et doit apparaître tel quel sur la preuve de réalisation.
| Secteur | Facteur | H1 (base 970) | H2 (base 800) | H3 (base 530) |
|---|---|---|---|---|
| Bureaux | 0,51 | 494,7 | 408 | 270,3 |
| Enseignement | 1 | 970 | 800 | 530 |
| Restauration | 0,63 | 611,1 | 504 | 333,9 |
| Établissement sportif | 0,17 | 164,9 | 136 | 90,1 |
| Autres locaux | 0,71 | 688,7 | 568 | 376,3 |
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EstimerCinq exemples chiffrés sur des bâtiments tertiaires
Immeuble de bureaux de 2 400 m² en zone H1, double flux modulée proportionnelle par sondes CO2 : 1 000 × 0,53 = 530 kWh cumac/m², puis 530 × 2 400 = 1 272 000 kWh cumac.
Collège de 3 500 m² en zone H2, double flux à détection de présence dans toutes les salles : 800 × 1 = 800 kWh cumac/m², puis 800 × 3 500 = 2 800 000 kWh cumac.
Restaurant de 600 m² en zone H3, double flux modulée proportionnelle : 560 × 0,68 = 380,8 kWh cumac/m², puis 380,8 × 600 = 228 480 kWh cumac.
Salle polyvalente communale de 900 m² au sol, d’un volume nettement > 250 m³, en zone H2, modulation proportionnelle : 830 × 1,88 = 1 560,4 kWh cumac/m², puis 1 560,4 × 900 = 1 404 360 kWh cumac. Sur une surface bien inférieure à celle du collège, le volume de certificats est comparable, effet direct du facteur 1,88.
Gymnase de 1 800 m² en zone H1, double flux à détection de présence : 970 × 0,17 = 164,9 kWh cumac/m², puis 164,9 × 1 800 = 296 820 kWh cumac. En modulation proportionnelle, le même gymnase aurait donné 220 × 1 800 = 396 000 kWh cumac.
| Bâtiment | Zone | Mode | Secteur (facteur) | Surface ventilée | Calcul | Montant (kWh cumac) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Immeuble de bureaux | H1 | Proportionnelle | Bureaux (0,53) | 2 400 m² | 1 000 × 0,53 × 2 400 | 1 272 000 |
| Collège | H2 | Détection de présence | Enseignement (1) | 3 500 m² | 800 × 1 × 3 500 | 2 800 000 |
| Restaurant | H3 | Proportionnelle | Restauration (0,68) | 600 m² | 560 × 0,68 × 600 | 228 480 |
| Salle polyvalente | H2 | Proportionnelle | Salle > 250 m³ (1,88) | 900 m² | 830 × 1,88 × 900 | 1 404 360 |
| Gymnase | H1 | Détection de présence | Établissement sportif (0,17) | 1 800 m² | 970 × 0,17 × 1 800 | 296 820 |
Les conditions techniques à respecter
La mise en place est réalisée par un professionnel. Lorsque le système est modulé, il doit bénéficier d’un avis technique de la Commission chargée de formuler des Avis Techniques (CCFAT) en cours de validité à la date d’engagement de l’opération, ou posséder des caractéristiques de performance et de qualité équivalentes établies par un organisme implanté dans l’Espace économique européen et accrédité selon la norme NF EN ISO/CEI 17065 par le COFRAC ou un autre organisme signataire de l’accord européen multilatéral pertinent. La date qui compte est celle de l’engagement, pas celle de la mise en service.
L’échangeur doit présenter une efficacité de récupération ≥ 75 % selon la norme NF EN 13053 ou NF EN 308. Un échangeur certifié Eurovent Certified Performance, catégorie échangeurs à plaques air-air (AAHE) ou échangeur régénératif (AARE), est réputé satisfaire cette exigence ; à défaut, l’équivalence doit être établie par un organisme accrédité selon les mêmes règles.
Le caisson de ventilation doit avoir une puissance électrique absorbée ≤ 0,35 W/(m³/h) par ventilateur au débit nominal, filtres et échangeurs inclus. La précision compte : la mesure s’entend avec les pertes de charge des filtres et de l’échangeur, pas sur un caisson nu. Un caisson qui annonce 0,35 W/(m³/h) hors filtres risque de dépasser le seuil en configuration réelle.
Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation
La preuve de réalisation, en pratique la facture de l’installateur, doit mentionner la mise en place d’une ventilation mécanique double flux à débit d’air constant ou modulée, en précisant s’il s’agit d’une modulation proportionnelle ou à détection de présence. Une facture qui indique seulement « fourniture et pose d’une centrale de traitement d’air » ne suffit pas : le double flux, l’échangeur et le mode de régulation doivent être lisibles. Le mode détermine le tableau, donc le montant ; une double flux « modulée » sans autre précision expose à une requalification vers le tableau le moins favorable, voire à un rejet.
Au-delà de cette mention imposée par la fiche, les éléments qui fondent le calcul doivent être vérifiables dans le dossier : surface ventilée, usage des locaux justifiant le facteur, zone climatique, pièces établissant les performances de l’échangeur et du caisson. Pour une salle valorisée au facteur 1,88, le volume > 250 m³ doit pouvoir être démontré.
- Mention explicite : ventilation mécanique double flux à débit d’air constant ou modulée.
- Pour un système modulé : préciser proportionnelle ou à détection de présence.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Les dossiers sont examinés sur pièces par le délégataire ou l’obligé, puis peuvent faire l’objet de vérifications complémentaires. Sur la technique : un avis technique expiré la veille de la signature du devis, ou obtenu après l’engagement, ne sauve pas un système modulé ; un échangeur sans certificat Eurovent AAHE ou AARE doit s’appuyer sur un essai NF EN 13053 ou NF EN 308 d’un organisme accrédité démontrant au moins 75 % ; la puissance absorbée du caisson doit être documentée au débit nominal, filtres et échangeurs inclus.
Sur le calcul, l’erreur la plus fréquente porte sur la surface ventilée : déclarer la surface totale du bâtiment quand le système ne couvre qu’une partie des locaux entraîne une correction et fragilise tout le dossier. Vient ensuite le secteur : classer des bureaux en « enseignement » fait passer le facteur de 0,53 à 1, ce qui double presque le montant et se repère immédiatement. Appliquer le facteur 1,88 des grandes salles à un système à détection de présence, alors que cette ligne n’existe que dans le tableau proportionnel, est une autre erreur classique. Sur la preuve de réalisation, un libellé de facture incomplet reste le premier motif de demande de correction : relire le devis avec l’installateur avant signature, en reprenant les termes de la fiche, évite l’essentiel des allers-retours.
- Avis technique CCFAT expiré ou postérieur à la date d’engagement : rejet pour un système modulé.
- Échangeur < 75 % ou sans justificatif, caisson > 0,35 W/(m³/h) : rejet.
- Surface ventilée surestimée, secteur ou zone erronés, facteur 1,88 hors tableau proportionnel : correction ou rejet.
- Facture sans mention du double flux ou du mode de modulation : demande de correction.
Questions fréquentes
Quelle différence de prime entre modulation proportionnelle et détection de présence ?
Valeurs de base de 1 000, 830 et 560 kWh cumac/m² en H1, H2 et H3 pour la proportionnelle, contre 970, 800 et 530 pour la détection de présence. Les facteurs sont aussi un peu plus bas en détection de présence pour les bureaux (0,51 contre 0,53), la restauration (0,63 contre 0,68) et le sport (0,17 contre 0,22). La ligne des salles > 250 m³ au facteur 1,88 n’existe qu’en proportionnel.
La surface ventilée, est-ce toute la surface du bâtiment ?
Non. La fiche la définit comme la surface totale du bâtiment couverte par le système double flux avec échangeur. Si l’installation ne dessert qu’une partie des locaux, seule cette partie entre dans le calcul.
L’échangeur doit-il obligatoirement être certifié Eurovent ?
Non, mais c’est la voie la plus simple : un échangeur Eurovent Certified Performance en catégorie AAHE (plaques air-air) ou AARE (régénératif) est réputé satisfaire l’exigence. Sinon, il faut démontrer une efficacité ≥ 75 % selon NF EN 13053 ou NF EN 308, par un organisme de l’Espace économique européen accrédité NF EN ISO/CEI 17065.
À quelle date l’avis technique CCFAT doit-il être valide ?
À la date d’engagement de l’opération, et non à la mise en service ou à la facturation. Cette condition ne vise que les systèmes modulés ; une équivalence établie par un organisme accrédité NF EN ISO/CEI 17065 peut remplacer l’avis technique.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.