Aller au contenu
Agriculture · Fiche AGRI-TH-119

AGRI-TH-119 : déshumidifier une serre avec l’air extérieur, 440 kWh cumac par m²

Chauffer une serre, c’est aussi la déshumidifier. Quand l’humidité monte, le réflexe historique consiste à ouvrir les ouvrants et à laisser partir l’air chaud. La fiche AGRI-TH-119 valorise une autre voie : faire entrer de l’air extérieur de façon forcée et maîtrisée, par une boîte de traitement d’air ou un corridor raccordé à une gaine de distribution.

Secteur
Agriculture
Version applicable
v. A65-2
Durée de vie conventionnelle
17 ans

L'essentiel

  • 440 kWh cumac par m² de serre équipée, avec une durée de vie conventionnelle de 17 ans.
  • Fiche applicable aux opérations engagées avant le 1er avril 2030, en version A65-2, en vigueur depuis le 1er avril 2025.
  • Dispositif à ventilation forcée prélevant l’air extérieur, situé en paroi de serre et connecté à une gaine de distribution, en simple ou double flux, avec ou sans récupération.
  • Pilotage automatique obligatoire par un ordinateur de gestion climatique gérant chauffage, ventilation et hygrométrie à partir des données intérieures et extérieures.
  • La preuve de réalisation doit mentionner une capacité minimale de déshumidification de 1 vol/h et la surface de serre équipée.

Ce que couvre la fiche AGRI-TH-119

La fiche AGRI-TH-119 porte sur la mise en place d’un dispositif de déshumidification d’une serre avec de l’air extérieur, par une boîte de traitement d’air ou un corridor, et distribution de l’air. Sa version A65-2 s’applique aux opérations engagées à compter du 1er avril 2025 et avant le 1er avril 2030. Au-delà de cette date, une opération engagée ne pourra plus être valorisée au titre de cette version de la fiche.

Le code se lit en trois blocs. AGRI désigne le secteur d’application, l’agriculture, par opposition aux fiches BAT du tertiaire, BAR du résidentiel, IND de l’industrie ou TRA du transport. TH désigne la famille thermique, celle des opérations qui agissent sur le chauffage, le refroidissement ou le traitement de l’air. Le nombre 119 est un simple numéro d’ordre : il ne dit rien du montant ni de la technologie, il distingue seulement cette fiche de ses voisines, dont l’AGRI-TH-117 consacrée aux déshumidificateurs thermodynamiques.

Le principe : déshumidifier avec l’air extérieur plutôt qu’en ouvrant les ouvrants

Dans une serre chauffée, l’évapotranspiration des plantes charge l’air en vapeur d’eau. Passé un certain seuil, la condensation sur les feuilles et les parois ouvre la porte aux maladies fongiques. La méthode la plus simple pour évacuer cette humidité consiste à ouvrir les ouvrants de toiture : l’air humide sort, l’air extérieur entre. Mais l’air que l’on rejette a été chauffé, et il faudra chauffer celui qui le remplace. Déshumidifier par les ouvrants revient à payer deux fois.

Le dispositif visé par la fiche remplace cette ouverture incontrôlée par une admission forcée et dosée. Un ventilateur situé en paroi de serre prélève l’air extérieur. Cet air, généralement plus froid et donc moins chargé en eau que l’air intérieur, traverse une boîte de traitement d’air ou un corridor, puis est réparti dans la culture par une gaine de distribution. En simple flux, l’air neuf entre et l’air intérieur est évacué. En double flux, un échangeur récupère une partie de la chaleur de l’air sortant pour préchauffer l’air entrant. La fiche admet les deux configurations, avec ou sans récupération.

La différence de principe avec l’AGRI-TH-117 est nette. Le déshumidificateur thermodynamique de la fiche 117 est une machine fermée : une pompe à chaleur condense la vapeur d’eau de l’air intérieur sur une batterie froide, puis restitue la chaleur à l’air asséché, sans échange avec l’extérieur. La fiche 119 mise au contraire sur l’air extérieur comme source d’air sec, avec un équipement de ventilation et de distribution plutôt qu’une machine frigorifique. Même problème agronomique, deux familles de matériel, et deux montants : 710 kWh cumac par m² pour la 117, 440 pour la 119, soit environ 62 %, puisque 440 divisé par 710 donne 0,62. Les coûts d’investissement ne figurant pas dans les textes, la seule comparaison possible ici porte sur les volumes de certificats et sur les principes.

Qui peut en bénéficier

La fiche s’adresse aux exploitants de serres : maraîchers sous abri chauffé, horticulteurs, pépiniéristes, coopératives qui exploitent des surfaces en propre. Contrairement à l’AGRI-TH-117, dont l’intitulé vise explicitement les serres maraîchères chauffées, la dénomination de l’AGRI-TH-119 parle de serre sans autre qualification.

Deux conditions d’accès sont incontournables. La mise en place doit être réalisée par un professionnel : l’auto-installation par l’exploitant n’ouvre pas droit aux certificats. Et l’opération doit être engagée avant le 1er avril 2030, la date d’engagement étant en pratique celle de l’acceptation du devis. Enfin, comme pour toute opération CEE, le rôle actif et incitatif du mandataire ou de l’obligé doit être établi au plus tard le jour de l’engagement : un devis signé avant tout contact ne peut plus être valorisé.

Les installateurs sont concernés au premier chef : ce sont eux qui rédigent la facture, et son libellé conditionne l’acceptation du dossier.

Comment se calcule le montant

Le calcul est l’un des plus simples du catalogue. La fiche fixe un montant forfaitaire par mètre carré, que l’on multiplie par la surface de serre équipée du dispositif. Il n’y a ni zone climatique, ni coefficient de puissance, ni distinction selon la culture.

La surface S est celle de la serre effectivement équipée, et non la surface totale de l’exploitation : si la gaine de distribution ne dessert qu’une chapelle sur trois, seule cette chapelle compte. C’est cette surface qui doit figurer sur la preuve de réalisation.

  • Un hectare équivaut à 10 000 m² : un exploitant qui raisonne en hectares compte 4 400 000 kWh cumac par hectare équipé, puisque 440 × 10 000 = 4 400 000.
ConfigurationMontant unitaireFacteurFormule
Simple flux440 kWh cumac par m²S = surface de serres équipée du dispositif, en m²440 × S

Vous avez une opération AGRI-TH-119 en cours ? Estimez-la en quelques clics.

Estimer

Combien ça représente en vrai

Posons quatre surfaces courantes en serre chauffée. Pour 3 000 m² : 440 × 3 000 = 1 320 000 kWh cumac, soit 1,32 GWh cumac. Pour 5 000 m² : 440 × 5 000 = 2 200 000 kWh cumac, soit 2,2 GWh cumac. Pour 1 hectare, soit 10 000 m² : 440 × 10 000 = 4 400 000 kWh cumac, soit 4,4 GWh cumac. Pour 2 hectares, soit 20 000 m² : 440 × 20 000 = 8 800 000 kWh cumac, soit 8,8 GWh cumac.

À surface égale, la fiche AGRI-TH-117 délivre 710 moins 440, soit 270 kWh cumac de plus par mètre carré. Sur un hectare, l’écart atteint 2 700 000 kWh cumac, puisque 270 × 10 000 = 2 700 000. Le ratio reste constant quelle que soit la surface : la 119 représente environ 62 % de la 117.

Ce que ce tableau ne dit pas, et la fiche non plus, c’est le coût de chaque solution. Un système de ventilation et de gaines n’a pas la même nature qu’une machine thermodynamique : l’arbitrage se fait sur devis, volume de certificats face à l’investissement et aux économies de chauffage attendues.

Surface équipéeAGRI-TH-119 à 440 kWh cumac/m²AGRI-TH-117 à 710 kWh cumac/m²Écart, 270 kWh cumac/m²
3 000 m²1 320 000 kWh cumac2 130 000 kWh cumac810 000 kWh cumac
5 000 m²2 200 000 kWh cumac3 550 000 kWh cumac1 350 000 kWh cumac
10 000 m² (1 ha)4 400 000 kWh cumac7 100 000 kWh cumac2 700 000 kWh cumac
20 000 m² (2 ha)8 800 000 kWh cumac14 200 000 kWh cumac5 400 000 kWh cumac

Les conditions techniques et les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation

Trois conditions techniques structurent la fiche.

La preuve de réalisation, en pratique la facture, doit ensuite comporter des mentions précises. Voie principale : la mise en place d’un dispositif de déshumidification avec admission forcée d’air extérieur, simple ou double flux, de capacité minimale de déshumidification de 1 vol/h, par une boîte de traitement d’air ou corridor connectée à une gaine de distribution d’air, ainsi que la surface de serre équipée. Le seuil de 1 vol/h signifie que le dispositif doit pouvoir renouveler au moins une fois par heure le volume d’air de la serre équipée.

À défaut, la fiche prévoit une voie de rattrapage. La preuve mentionne alors la marque et la référence du dispositif, son débit d’air en m³/h, ainsi que les dimensions de la serre équipée : surface et hauteur sous chéneau. Elle est complétée par un document issu du fabricant indiquant que le dispositif installé est un dispositif de déshumidification avec admission d’air extérieur comprenant une boîte de traitement d’air ou un corridor connecté à une gaine de distribution d’air.

  • Une ventilation forcée prélevant l’air extérieur, avec ou sans récupération, en simple ou double flux, située en paroi de serre et connectée à une gaine de distribution d’air.
  • Un pilotage automatique par un ordinateur de gestion climatique permettant de visualiser, de contrôler et de piloter le chauffage, la ventilation et l’hygrométrie de la serre, en prenant en compte les données climatiques extérieures et intérieures.
  • Une mise en place réalisée par un professionnel.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Les dossiers sont examinés sur pièces par le délégataire ou l’obligé, puis peuvent faire l’objet de contrôles de l’administration. Les motifs de rejet tiennent moins à la technique qu’au libellé des documents.

Le bon réflexe consiste à rédiger le devis, puis la facture, en reprenant mot pour mot les termes de la fiche : dispositif de déshumidification avec admission forcée d’air extérieur simple flux, capacité de déshumidification 1 vol/h, boîte de traitement d’air connectée à une gaine de distribution d’air, surface de serre équipée de tant de mètres carrés. Nous relisons ces pièces avant dépôt.

  • Facture muette sur la capacité de déshumidification : sans la mention 1 vol/h ni, en voie de rattrapage, le débit en m³/h et les dimensions de la serre, le dossier est incomplet.
  • Surface équipée absente ou incohérente avec la serre réellement desservie par la gaine de distribution.
  • Absence de gaine de distribution ou de boîte de traitement d’air : un ventilateur en paroi seul ne constitue pas le dispositif visé.
  • Pilotage non conforme : un ordinateur climatique qui ne gère pas à la fois le chauffage, la ventilation et l’hygrométrie à partir des données intérieures et extérieures.
  • Engagement à compter du 1er avril 2030, ou rôle actif et incitatif établi après l’engagement.
  • Installation réalisée par l’exploitant lui-même, sans professionnel.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre l’AGRI-TH-119 et l’AGRI-TH-117 ?

Le matériel. L’AGRI-TH-117 valorise un déshumidificateur thermodynamique fixe, machine fermée qui condense l’humidité de l’air intérieur, pour 710 kWh cumac par m². L’AGRI-TH-119 valorise l’admission forcée d’air extérieur par une boîte de traitement d’air ou un corridor relié à une gaine de distribution, pour 440 kWh cumac par m², soit environ 62 % de la 117. Durée de vie conventionnelle identique : 17 ans.

Que signifie la capacité minimale de déshumidification de 1 vol/h ?

Le dispositif doit pouvoir renouveler au moins une fois par heure le volume d’air de la serre équipée. Cette capacité doit figurer sur la preuve de réalisation. À défaut, la fiche accepte une preuve mentionnant la marque, la référence et le débit d’air en m³/h du dispositif, ainsi que la surface et la hauteur sous chéneau de la serre, complétée par un document du fabricant.

Combien représente une serre de 8 000 m² ?

440 × 8 000 = 3 520 000 kWh cumac, soit 3,52 GWh cumac, à condition que les 8 000 m² soient effectivement desservis par la gaine de distribution et portés sur la facture. La même surface en AGRI-TH-117 donnerait 710 × 8 000 = 5 680 000 kWh cumac.

Jusqu’à quand peut-on engager une opération AGRI-TH-119 ?

La version A65-2 s’applique aux opérations engagées à compter du 1er avril 2025 et avant le 1er avril 2030. À titre de comparaison, l’AGRI-TH-117 court jusqu’aux opérations engagées avant le 1er septembre 2030. Dans les deux cas, la date qui compte est celle de l’engagement, en pratique l’acceptation du devis, et le rôle actif et incitatif du mandataire doit être établi au plus tard ce jour-là.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.