BAT-EQ-129 : lanterneaux d’éclairage zénithal, la prime CEE qui fait entrer le jour par la toiture
Dans un entrepôt, un magasin ou un gymnase, l’éclairage électrique tourne souvent toute la journée alors que le soleil est juste au-dessus du toit. La fiche BAT-EQ-129 valorise la pose de lanterneaux avec costière couplés à un pilotage automatique de l’éclairage, pour éteindre les luminaires dès que la lumière naturelle suffit. Ce qu’elle couvre, comment se calcule la prime et ce que le dossier doit contenir.
- Secteur
- Tertiaire
- Version applicable
- v. A26-1
- Durée de vie conventionnelle
- 20 ans
L'essentiel
- Opération visée : mise en place de lanterneaux d’éclairage zénithal, avec costière, ponctuels ou continus, avec pilotage automatique de l’éclairage électrique.
- Le montant se calcule en kWh cumac par m² de surface éclairante projetée (At flat), multiplié par la surface totale des lanterneaux installés.
- Six valeurs de barème selon la zone climatique (H1, H2, H3) et le secteur (Commerces ou Autres secteurs) : de 3 400 à 16 000 kWh cumac par m².
- Conditions clés : Urc <= 2 ou 2,5 W/m².K selon le type, classe de durabilité ΔA, τD65 entre 45 % et 65 %, étude préalable de dimensionnement.
- La preuve de réalisation doit mentionner le nombre de lanterneaux, leur conductance thermique Urc et leur facteur de transmission lumineuse τD65.
Ce que couvre la fiche BAT-EQ-129
La fiche d’opération standardisée BAT-EQ-129, version A26-1, porte sur la « mise en place de lanterneaux d’éclairage zénithal, avec costière, ponctuels ou continus avec pilotage automatique de l’éclairage électrique ». Deux idées sont indissociables : l’ouverture en toiture qui fait entrer la lumière du jour, et l’automatisme qui éteint ou module l’éclairage électrique quand cette lumière suffit.
Le code se lit en trois blocs. BAT désigne le secteur du bâtiment tertiaire. EQ signifie « équipement » : il ne s’agit ni d’une action sur l’enveloppe (fiches EN), ni sur le chauffage (fiches TH), mais d’un équipement installé dans le bâtiment. Le nombre 129 est le numéro d’ordre de la fiche.
La durée de vie conventionnelle est de 20 ans. C’est sur cette durée que les économies sont cumulées et actualisées pour produire les kWh cumac du barème. L’économie visée porte sur l’électricité d’éclairage : chaque heure où les luminaires restent éteints grâce au jour est une heure de consommation évitée. La fiche ne valorise aucun effet sur le chauffage ou le rafraîchissement.
L’éclairage zénithal expliqué simplement
Un lanterneau est une ouverture pratiquée dans une toiture, souvent une toiture-terrasse ou un bac acier faiblement incliné, fermée par une paroi translucide (dôme, voûte ou plaque). Il est monté sur une costière, une rehausse qui traverse l’étanchéité et surélève la paroi translucide au-dessus du plan de toiture. La fiche exige explicitement cette costière.
Elle distingue deux familles. Les lanterneaux ponctuels sont des éléments individuels répartis sur la toiture comme autant de puits de lumière. Les lanterneaux continus forment une bande translucide sur une grande longueur, typiquement au faîtage d’une halle. Chaque famille existe en version fixe ou ouvrante.
Le pilotage automatique est le second pilier. Des capteurs détectent la lumière et commandent l’éclairage électrique en fonction des apports de lumière naturelle : quand le jour suffit, les luminaires s’éteignent ou baissent ; quand il décline, ils reprennent.
Qui peut en bénéficier, et ce qui est exclu
La fiche s’adresse aux bâtiments tertiaires, en cohérence avec son préfixe BAT. Le barème distingue deux secteurs d’activité : « Commerces » d’une part, « Autres secteurs » d’autre part, avec des valeurs nettement plus élevées pour les commerces. Un entrepôt, un gymnase ou un bâtiment d’enseignement relèvent des « Autres secteurs ». Trois zones climatiques sont distinguées, H1, H2 et H3, la zone H3 portant les valeurs les plus élevées.
Sur les exclusions, il faut être honnête : l’extrait de la fiche dont nous disposons ne comporte pas de liste explicite de cas exclus, ni de définition détaillée du périmètre « Commerces ». Ce qui est certain découle des conditions : un lanterneau sans costière, sans pilotage automatique, ou dont les caractéristiques sortent des seuils fixés ne peut pas être valorisé.
Le calcul du montant
Le montant de certificats s’obtient en multipliant une valeur unitaire, en kWh cumac par m², par la surface S. Cette surface est l’aire de la projection horizontale de la surface éclairante de la paroi translucide, notée At flat, cumulée sur l’ensemble des lanterneaux installés. Montant = valeur du tableau × S.
Point de vigilance sur la mesure de S : la fiche précise que At flat « est égale à la projection horizontale de la plus petite section de passage de la lumière naturelle ». Ce n’est donc ni la dimension extérieure du dôme ni l’emprise de la costière en toiture, mais la section la plus étroite que la lumière traverse, projetée à l’horizontale. En cas de doute entre deux mesures, la plus petite fait foi.
| Zone climatique | Commerces (kWh cumac / m²) | Autres secteurs (kWh cumac / m²) |
|---|---|---|
| H1 | 9 500 | 3 400 |
| H2 | 10 800 | 4 000 |
| H3 | 16 000 | 6 400 |
Trois exemples chiffrés
Premier cas : un entrepôt logistique en zone H1, « Autres secteurs ». Le bureau d’études prévoit 40 lanterneaux ponctuels fixes dont la plus petite section de passage de la lumière, projetée à l’horizontale, mesure 1,20 m² chacun. S = 40 × 1,20 = 48 m². Montant = 48 × 3 400 = 163 200 kWh cumac.
Deuxième cas : un magasin de bricolage en zone H2, secteur « Commerces ». L’étude retient des lanterneaux continus totalisant une aire At flat de 120 m². Montant = 120 × 10 800 = 1 296 000 kWh cumac.
Troisième cas : un gymnase municipal en zone H3, « Autres secteurs ». Le projet compte 25 lanterneaux ponctuels ouvrants de 2 m² de section utile projetée chacun, soit S = 25 × 2 = 50 m². Montant = 50 × 6 400 = 320 000 kWh cumac.
| Cas | Zone | Secteur | Surface S (m²) | Valeur (kWh cumac / m²) | Montant (kWh cumac) |
|---|---|---|---|---|---|
| Entrepôt logistique, 40 lanterneaux ponctuels de 1,20 m² | H1 | Autres secteurs | 48 | 3 400 | 163 200 |
| Magasin de bricolage, lanterneaux continus | H2 | Commerces | 120 | 10 800 | 1 296 000 |
| Gymnase, 25 lanterneaux ponctuels ouvrants de 2 m² | H3 | Autres secteurs | 50 | 6 400 | 320 000 |
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EstimerLes conditions techniques
La fiche fixe des conditions cumulatives portant sur l’installateur, les performances du produit, la méthode de qualification de ces performances, l’automatisme et l’étude amont.
- La mise en place est réalisée par un professionnel.
- Conductance thermique Urc <= 2 W/m².K pour les lanterneaux d’éclairage ponctuels fixes.
- Conductance thermique Urc <= 2,5 W/m².K pour les lanterneaux ponctuels ouvrants et pour les lanterneaux continus, fixes ou ouvrants.
- Classe de durabilité des lanterneaux : ΔA.
- Facteur de transmission lumineuse totale τD65 compris entre 45 % et 65 %.
- Les spécifications (conductance, durabilité, transmission lumineuse) sont déterminées suivant la norme EN 1873+A1 pour les lanterneaux ponctuels et la norme EN 14963 pour les lanterneaux continus.
- Le pilotage automatique de l’éclairage électrique sur détection de lumière, en fonction des apports de lumière naturelle, accompagne obligatoirement la pose.
- Une étude préalable de dimensionnement des ouvrages d’éclairage naturel est réalisée par un professionnel ou un bureau d’études. Elle précise les caractéristiques des lanterneaux (conductance thermique, durabilité, facteur de transmission lumineuse), leur nombre, leur destination (éclairage, évacuation des fumées), leur implantation et conditions d’installation, ainsi que l’aire At flat de chaque équipement.
Les mentions obligatoires sur la preuve de réalisation
La preuve de réalisation, en pratique la facture des travaux, doit comporter trois mentions explicites d’après l’extrait de la fiche.
La classe de durabilité ΔA et le pilotage automatique ne figurent pas dans cette liste telle que reproduite dans notre extrait. Ils n’en restent pas moins des conditions de délivrance : la lecture la plus prudente consiste à les faire figurer aussi sur la facture ou sur une attestation annexée, en cohérence avec l’étude préalable et la documentation technique.
- La mise en place de lanterneaux d’éclairage zénithal et leur nombre.
- La conductance thermique Urc des lanterneaux.
- Le facteur de transmission lumineuse totale τD65 des lanterneaux.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
L’extrait de la fiche ne décrit pas de régime de contrôle spécifique. Ce que l’on peut décrire avec certitude, ce sont les points sur lesquels un dossier est jugé : chaque condition de la partie 3 de la fiche est un motif de rejet si elle n’est pas démontrée.
Le premier piège est la surface. Déclarer l’emprise extérieure des dômes ou de la costière au lieu de la plus petite section de passage de la lumière surévalue S, donc le montant. Le second est la performance produit : un Urc de 2,3 W/m².K passe pour un lanterneau ponctuel ouvrant ou un lanterneau continu, pas pour un lanterneau ponctuel fixe limité à 2 W/m².K. Un τD65 de 70 % est hors plage, tout comme un τD65 de 40 %.
- Absence de pilotage automatique de l’éclairage sur détection de lumière.
- Absence d’étude préalable de dimensionnement, ou étude incomplète (nombre, destination, implantation, At flat par équipement).
- Preuve de réalisation muette sur le nombre de lanterneaux, sur Urc ou sur τD65.
- Lanterneaux posés sans costière, ou travaux non réalisés par un professionnel.
- Incohérence entre l’étude, la documentation technique et la facture, par exemple un nombre de lanterneaux différent d’un document à l’autre.
Questions fréquentes
Les lanterneaux de désenfumage sont-ils valorisables ?
La fiche demande que l’étude préalable précise la destination de chaque lanterneau, éclairage ou évacuation des fumées, et le barème s’applique à la surface éclairante des lanterneaux installés. L’extrait dont nous disposons ne tranche pas explicitement le cas d’un équipement à double fonction : documentez la destination dans l’étude et posez la question au mandataire avant travaux.
Peut-on garder les interrupteurs manuels et se passer de capteurs ?
Non. Le pilotage automatique de l’éclairage électrique sur détection de lumière est une condition de délivrance, présente dès la dénomination de la fiche. Une pose de lanterneaux sans cet automatisme n’ouvre pas droit aux certificats au titre de BAT-EQ-129.
Comment mesurer la surface At flat qui sert au calcul ?
At flat est l’aire de la projection horizontale de la plus petite section de passage de la lumière naturelle. Pour chaque lanterneau, on repère la section la plus étroite que la lumière traverse, on la projette à l’horizontale, puis on additionne les valeurs de tous les équipements. L’étude préalable doit donner cette aire pour chaque lanterneau.
Un lanterneau ponctuel fixe avec un Urc de 2,4 W/m².K est-il éligible ?
Non. Pour les lanterneaux d’éclairage ponctuels fixes, Urc doit être inférieure ou égale à 2 W/m².K. Le seuil de 2,5 W/m².K ne concerne que les lanterneaux ponctuels ouvrants et les lanterneaux continus, fixes ou ouvrants.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 13 septembre 2026.