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Agriculture · Fiche AGRI-EQ-104

AGRI-EQ-104 : écran thermique latéral de serre, 48 kWh cumac par m² en maraîchage

Une serre chauffée perd de la chaleur par toutes ses faces, et ses parois verticales sont les plus exposées au vent. La fiche AGRI-EQ-104 valorise la pose d’un écran thermique sur ces parois latérales, à condition qu’il se déploie et se replie tout seul. Le montant se calcule sur la surface au sol de la serre équipée, pas sur la surface de toile : 48 kWh cumac par m² en serre maraîchère, 22 kWh cumac par m² en serre horticole. La fiche vaut pour les serres neuves comme existantes, et s’applique aux opérations engagées avant le 1er janvier 2030.

Secteur
Agriculture
Version applicable
v. A62-2, opérations engagées à compter du 1er janvier 2025
Durée de vie conventionnelle
8 ans

L'essentiel

  • Deux valeurs seulement : 48 kWh cumac par m² pour une serre maraîchère, 22 kWh cumac par m² pour une serre horticole, multipliées par la surface au sol de serre équipée en m².
  • S est la surface au sol de la serre dont les parois reçoivent l’écran, pas la surface d’écran déroulée : un hectare maraîcher équipé vaut 48 × 10 000 = 480 000 kWh cumac.
  • L’écran doit être piloté automatiquement. Une toile tirée à la main, même tous les soirs, ne répond pas à la fiche.
  • Serre chauffée, pose par un professionnel, et une facture qui écrit « écran thermique », ou qui donne marque et référence avec un document du fabricant qui le confirme.
  • Durée de vie conventionnelle de 8 ans. Version A62-2 pour les opérations engagées à compter du 1er janvier 2025, et fin d’application pour celles engagées à compter du 1er janvier 2030.

Ce que couvre la fiche AGRI-EQ-104, et ce que veut dire son code

La fiche AGRI-EQ-104, intitulée « Écrans thermiques latéraux », porte sur la mise en place d’un écran thermique latéral au niveau des parois de serres chauffées. Elle s’applique aux serres maraîchères et horticoles, neuves ou existantes. Sa version A62-2 concerne les opérations engagées à compter du 1er janvier 2025, et le texte fixe lui-même une fin : la fiche s’applique aux opérations engagées avant le 1er janvier 2030.

Le code se lit en trois blocs. AGRI désigne le secteur agricole, à côté des fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie, BAR du résidentiel et TRA du transport. EQ désigne la famille des équipements, à côté des fiches TH (thermique) et SE (services). 104 est le numéro d’ordre dans cette famille.

Le mot qui compte est « latéral ». La fiche vise les parois de la serre, longs pans et pignons, et non la toiture. L’écran horizontal tendu sous le faîtage, celui que l’on voit se déployer au-dessus des cultures à la tombée de la nuit, n’entre pas dans son champ. Les deux équipements se complètent sur le plan thermique, mais ils ne se valorisent pas avec le même texte.

La durée de vie conventionnelle est de 8 ans : c’est la durée sur laquelle les économies sont comptées pour établir le montant en kWh cumac, cohérente avec la tenue d’une toile soumise aux cycles quotidiens d’ouverture et de fermeture, aux UV et à l’humidité.

Pourquoi un écran latéral fait économiser du chauffage

Une serre est une enveloppe très fine. En verre ou en plastique, sa paroi laisse passer la lumière le jour, mais elle laisse aussi partir la chaleur la nuit par trois voies : la conduction et la convection à travers la paroi balayée par le vent, le rayonnement infrarouge des cultures et du sol chauds vers la paroi froide puis vers le ciel, et les fuites d’air aux jonctions. Sans apport solaire, tout ce qui sort doit être compensé par la chaudière ou la pompe à chaleur.

Les parois latérales sont verticales, donc frappées de plein fouet par le vent, et elles bordent directement les rangs. Les cartes de température des serres montrent une bande plus froide le long des parois, que les serristes compensent en relevant la consigne de toute la serre ou en concentrant des tubes de chauffe en périphérie.

L’écran thermique latéral se déploie devant la paroi, à quelques dizaines de centimètres. Il piège une lame d’air immobile qui coupe la convection, renvoie une partie du rayonnement infrarouge vers l’intérieur, surtout s’il est aluminisé, et freine l’air froid qui descend le long du vitrage. L’effet est d’autant plus sensible que la serre est petite ou étroite, car la part des parois dans l’enveloppe est alors plus forte.

Reste le problème du jour : un écran fermé fait de l’ombre, et dans une serre chaque pour cent de lumière perdue se paie en rendement. C’est pour cela que la fiche exige un pilotage automatique. L’ordinateur climatique déploie l’écran au coucher du soleil ou sous un seuil de température extérieure, le replie à l’aube, souvent par étapes pour éviter une chute brutale de température, et peut le fermer partiellement par grand vent. Le gain vient de cette gestion fine, que la main de l’homme ne reproduit pas chaque soir et chaque matin de la saison de chauffe.

Qui peut en bénéficier

La fiche s’adresse aux exploitants de serres chauffées, maraîchères ou horticoles, neuves ou existantes : un écran prévu dès la construction se valorise comme un écran ajouté sur une serre en service depuis des années, à condition que l’engagement précède le début des travaux.

Le texte distingue deux types de serres sans les définir. Dans le vocabulaire du métier, la serre maraîchère produit des légumes et des fruits, tomate, concombre, fraise, salade ; la serre horticole produit des plantes en pot, des plantes à massif, des fleurs coupées ou des jeunes plants. Le classement se déduit de la production réelle de la serre équipée, et quand une exploitation possède les deux, chaque serre se classe selon ce qu’elle produit.

La serre doit être chauffée. La fiche ne précise ni le mode de chauffage, ni une consigne minimale, ni un relevé de consommation. La lecture prudente : pouvoir montrer qu’un système de chauffage existe et fonctionne dans la serre équipée, chaudière, pompe à chaleur, aérothermes ou tubes, et le mentionner dans le dossier. Un tunnel froid n’est pas dans le champ.

Le bénéficiaire est celui qui engage les travaux et supporte la facture : exploitant individuel, société agricole, coopérative ou groupement. La fiche ne pose aucune restriction de statut et n’exige de l’installateur que d’être un professionnel.

Comment se calcule le montant

Le montant en kWh cumac est le produit d’une valeur du barème par S, la surface au sol de serre équipée en m². La valeur ne dépend que du type de serre : 48 kWh cumac par m² en maraîchère, 22 kWh cumac par m² en horticole. Pas de zone climatique, pas de distinction entre verre et plastique, pas de coefficient selon la hauteur des parois ou le type de toile.

Le point qui surprend les premiers dossiers : S est une surface au sol, pas une surface d’écran. On ne multiplie pas les mètres linéaires de paroi par la hauteur de toile, on mesure l’emprise de la serre dont les parois sont équipées. Une serre de 100 m sur 60 m équipée sur ses quatre côtés compte pour 6 000 m², quelle que soit la hauteur de ses parois : la fiche rapporte l’économie de chauffage à la surface cultivée, celle des plans de l’exploitation.

La fiche écrit « surface au sol de serre équipée » sans traiter la serre dont une seule paroi est équipée, ni le bloc de chapelles dont on n’équipe que les rives. La lecture prudente : ne retenir que la surface au sol des serres dont les parois périphériques sont effectivement munies de l’écran, établie sur plan avec un calcul que le contrôleur peut refaire.

L’écart entre les deux valeurs est net, 48 contre 22, un rapport d’environ 2,2, qui reflète des consignes et des durées de chauffe plus élevées en production légumière d’hiver qu’en horticulture. Ce n’est pas un choix du déposant : une serre de plantes en pot déclarée en maraîchère est l’erreur la plus facile à détecter.

Type de serreMontant en kWh cumac par m² de serre équipéeMultiplié par
Serre maraîchère48S, surface au sol de serre équipée en m²
Serre horticole22S, surface au sol de serre équipée en m²

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Combien ça représente en vrai

Le repère le plus simple est l’hectare. En maraîchage, 48 × 10 000 = 480 000 kWh cumac par hectare de serre équipée ; en horticulture, 22 × 10 000 = 220 000 kWh cumac. Un dossier se compte donc en centaines de milliers de kWh cumac dès qu’une serre professionnelle est concernée, et en millions pour les grands blocs verre maraîchers.

Premier cas, une serre verre de tomates de 2 hectares, soit 20 000 m², chauffée au gaz, dont les longs pans et les pignons reçoivent un écran aluminisé piloté par l’ordinateur climatique : 48 × 20 000 = 960 000 kWh cumac. Deuxième cas, une serre horticole de plantes en pot de 6 000 m², chauffée par aérothermes, équipée sur ses quatre faces : 22 × 6 000 = 132 000 kWh cumac. À surface égale, le type de production divise le montant par plus de deux.

Troisième cas, un bloc maraîcher de 12 000 m² en deux ensembles de chapelles séparés par un couloir technique. L’exploitant équipe les parois du premier, 7 500 m² au sol : 48 × 7 500 = 360 000 kWh cumac. Le second, 48 × 4 500 = 216 000 kWh cumac, pourra faire l’objet d’une opération distincte engagée avant le 1er janvier 2030. Quatrième cas, une serre de jeunes plants de 3 000 m² : en lecture maraîchère, 48 × 3 000 = 144 000 kWh cumac ; si l’exploitation est une pépinière horticole, 22 × 3 000 = 66 000 kWh cumac. La qualification de la serre pèse autant que sa surface.

CasType de serreS (m² au sol équipés)CalculMontant en kWh cumac
Serre verre tomatesMaraîchère20 00048 × 20 000960 000
Plantes en potHorticole6 00022 × 6 000132 000
Premier ensemble d’un blocMaraîchère7 50048 × 7 500360 000
Jeunes plants, lecture maraîchèreMaraîchère3 00048 × 3 000144 000
Jeunes plants, lecture horticoleHorticole3 00022 × 3 00066 000

Les conditions techniques : un professionnel, un automatisme, une facture qui le dit

La fiche tient en quatre conditions, et leur petit nombre rend chacune décisive. La première est la pose par un professionnel. Le texte ne demande ni qualification ni label, mais l’exploitant qui achète toile et moteurs et monte l’ensemble avec ses salariés ne remplit pas la condition : il faut une entreprise, serriste, installateur de matériel horticole ou constructeur de serres, qui réalise la pose et la facture.

La deuxième est le pilotage automatique. La fiche se contente de ces deux mots, sans dire quels paramètres doivent commander l’écran ni quel automate est admis. En pratique, un moteur à crémaillère ou à enroulement est commandé par l’ordinateur climatique ou par un boîtier dédié avec sonde et horloge. Ce qui ne passe pas : une manivelle, un treuil, un interrupteur actionné soi-même. Le dossier gagne à faire apparaître le moteur et sa commande sur la facture ou la fiche technique.

Les deux dernières portent sur la preuve de réalisation, c’est-à-dire la facture. Voie simple : elle mentionne la mise en place d’un écran thermique. Voie de secours : elle mentionne un équipement avec sa marque et sa référence, et un document du fabricant indique que cet équipement est un écran thermique. Une facture qui ne parle que de « toile » ou de « rideau » n’est donc sauvée que par la fiche fabricant à la même référence.

Le texte ne fixe aucune caractéristique de la toile, ni taux d’économie d’énergie, ni transmission lumineuse, et ne demande ni étude préalable ni relevé de consommation. La preuve se joue entièrement sur la facture, la documentation du fabricant et la surface au sol déclarée.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
InstallateurMise en place réalisée par un professionnelDevis et facture au nom d’une entreprise, pas de pose par l’exploitant
PilotageL’écran thermique est piloté automatiquementMoteur et commande automatique visibles sur la facture ou la fiche technique
Preuve de réalisationMentionne la mise en place d’un écran thermiqueLa facture doit mentionner clairement la mise en place d’un écran thermique
À défautMarque et référence sur la facture, plus un document du fabricant qui qualifie l’équipement d’écran thermiqueLa référence du document doit être celle de la facture
SerreMaraîchère ou horticole, neuve ou existante, chaufféePouvoir montrer le système de chauffage et la production réelle
Surface SSurface au sol de serre équipée, en m²Sur plan : surface des serres dont les parois reçoivent l’écran, pas la surface de toile

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier AGRI-EQ-104 est léger : pas d’étude, pas d’essai, pas de rapport. Chaque pièce est donc visible et chaque incohérence immédiate. Les contrôles portent sur la facture, la documentation de l’équipement, la nature de la serre et la surface déclarée, avec la possibilité d’une vérification sur place : l’écran est-il sur les parois, motorisé, commandé automatiquement, et la serre chauffée.

L’erreur la plus coûteuse porte sur S. Soit une serre maraîchère de 120 m sur 50 m, 6 000 m² au sol, parois de 4 m. Qui raisonne en surface de toile prend le périmètre, 340 m, le multiplie par la hauteur, 340 × 4 = 1 360 m², puis calcule 48 × 1 360 = 65 280 kWh cumac. Le calcul juste est 48 × 6 000 = 288 000 kWh cumac. Dans ce sens, l’erreur prive l’exploitant de l’essentiel du montant ; dans l’autre, déclarer un bloc entier dont une partie seulement est équipée fait tomber le dossier au contrôle.

Le bon réflexe : figer avant de signer le devis le plan avec la surface au sol des serres dont les parois seront équipées, la nature de la production, la description de l’automatisme et le libellé exact de la facture à venir. Le calcul tient alors en une multiplication et le dossier résiste aux contrôles.

  • Écran horizontal déposé sur cette fiche : seul l’écran latéral, sur les parois, est dans le champ d’AGRI-EQ-104.
  • Écran tiré à la main ou commandé par un simple interrupteur : la condition de pilotage automatique n’est pas remplie.
  • Facture au libellé générique, « toile », « rideau », « fourniture et pose », sans les mots écran thermique et sans marque ni référence.
  • Marque et référence sur la facture mais document du fabricant absent, ou portant une autre référence que celle facturée.
  • Serre non chauffée, tunnel froid ou abri, même équipé d’un écran conforme.
  • Serre horticole déclarée en maraîchère : le montant est plus que doublé et l’écart saute aux yeux dès que l’activité de l’exploitation est connue.
  • S calculée à partir de la surface de toile, ou au contraire surface d’un bloc entier déclarée alors que seules certaines chapelles ont leurs parois équipées.
  • Devis signé ou matériel commandé avant l’intervention de celui qui valorise les certificats, ou opération engagée à compter du 1er janvier 2030.

Questions fréquentes

Combien de kWh cumac pour un écran thermique latéral de serre ?

48 kWh cumac par m² de serre équipée en maraîchage, 22 kWh cumac par m² en horticulture, la surface étant celle du sol de la serre dont les parois reçoivent l’écran. Un hectare maraîcher représente 48 × 10 000 = 480 000 kWh cumac, un hectare horticole 22 × 10 000 = 220 000 kWh cumac.

La surface à déclarer est-elle celle de l’écran ou celle de la serre ?

Celle de la serre, au sol, en m². La hauteur des parois et les mètres linéaires de toile n’entrent pas dans le calcul. Si une partie seulement des serres a ses parois équipées, on ne retient que la surface au sol de cette partie, établie sur plan.

Un écran thermique horizontal sous la toiture est-il éligible à AGRI-EQ-104 ?

Non. La fiche vise un écran latéral, mis en place au niveau des parois de la serre. L’écran horizontal déployé au-dessus des cultures ne relève pas de ce texte, même s’il complète utilement l’écran latéral sur le plan thermique.

Mon écran latéral est manœuvré à la main chaque soir. Est-ce accepté ?

Non. La fiche exige un écran piloté automatiquement : une motorisation commandée par l’ordinateur climatique ou par un automate dédié, visible sur la facture ou la fiche technique. Elle ne traite pas le cas d’un écran manuel que l’on motoriserait après coup ; la lecture prudente est de considérer l’écran et son automatisme comme un seul équipement posé par le professionnel.

Jusqu’à quand peut-on engager une opération AGRI-EQ-104 ?

La version A62-2 vaut pour les opérations engagées à compter du 1er janvier 2025 et, selon le texte même de la fiche, avant le 1er janvier 2030. La date qui compte est celle de l’engagement, signature du devis ou du bon de commande, qui doit suivre l’intervention de celui qui valorise les certificats.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.