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Transport · Fiche TRA-SE-109

TRA-SE-109 : 580 kWh cumac par autobus ou autocar sous contrat pneumatique externalisé

Pas de véhicule à remplacer, pas d’équipement à poser : la fiche TRA-SE-109 valorise un contrat. Un transporteur de voyageurs confie l’ensemble de son poste pneumatique à un professionnel, qui règle les géométries, contrôle les pressions, recreuse, permute et suit l’usure de chaque pneu. Chaque autobus ou autocar sous contrat vaut 580 kWh cumac, sur une durée de vie conventionnelle d’un an, avec une date d’achèvement qui revient à chaque anniversaire du contrat. La fiche est courte, mais le contrat qu’elle exige ne l’est pas : six engagements précis doivent y figurer noir sur blanc, sinon rien n’est valorisable.

Secteur
Transport
Version applicable
v. A14-1
Durée de vie conventionnelle
1 an

L'essentiel

  • 580 kWh cumac par véhicule de catégorie M2 ou M3 en gestion externalisée, multiplié par le nombre de véhicules sous contrat. Pas de tranche, pas de zone climatique, pas de coefficient.
  • L’opération est un service, pas un matériel : la preuve de réalisation est le contrat signé entre le transporteur et le professionnel du pneumatique, avec ses avenants, et rien d’autre.
  • Le contrat doit contenir six engagements : cinq services nommés, 65 % de recreusage minimum, trois contrôles de pression par an en moyenne, 70 % de pneus neufs acceptés au rechapage, une permutation ou un retournement par véhicule et par an, et la liste des établissements avec SIRET.
  • Durée de vie conventionnelle : 1 an. La date d’achèvement est la signature la première année, puis la date anniversaire les années suivantes, et le contrat doit rester valide au moins un an après cette date.
  • Non cumulable avec les fiches TRA-SE-105 et TRA-SE-111. Version A14-1, sans date d’application ni date de fin inscrite dans la fiche.

Ce que couvre la fiche TRA-SE-109, et ce que veut dire son code

La fiche TRA-SE-109 porte un intitulé long pour une idée simple : gestion externalisée de la globalité du poste pneumatique sur une flotte de véhicules de transport de personnes. Le transporteur ne gère plus lui-même ses pneus. Il signe avec un professionnel un contrat qui couvre tout le cycle de vie du pneumatique, du réglage de la géométrie au suivi de l’usure, en passant par le recreusage et l’envoi au rechapage. C’est ce contrat, et la discipline qu’il impose, que les certificats viennent récompenser.

Le code se lit en trois blocs. TRA désigne le secteur du transport, à côté des fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie, AGRI de l’agriculture et BAR du résidentiel. SE désigne la famille des services : l’opération ne consiste pas à acheter un équipement, comme dans les fiches EQ, mais à faire réaliser une prestation dans la durée. Le numéro 109 est un rang dans la série.

Le périmètre est fixé par le code de la route : véhicules de transport de personnes de catégories M2 et M3 au sens de l’article R. 311-1. Minibus, autobus et autocars relèvent de ces catégories, la répartition exacte entre M2 et M3 se lisant sur le certificat d’immatriculation. Les voitures particulières, catégorie M1, et les camions, catégorie N, sont hors champ.

La fiche précise qu’elle n’est cumulable ni avec la fiche TRA-SE-105 ni avec la fiche TRA-SE-111, sans en dire davantage. La lecture prudente : un même véhicule ou une même flotte ne peut pas être valorisé à la fois en TRA-SE-109 et sur l’une de ces deux opérations.

Pourquoi confier le poste pneumatique à un professionnel fait économiser du carburant

Un pneu qui roule se déforme à chaque tour, et cette déformation dissipe de l’énergie en chaleur : c’est la résistance au roulement. Sur un véhicule lourd qui enchaîne arrêts et redémarrages en ville, elle représente une part importante de l’énergie que le moteur doit fournir. Un pneu sous-gonflé s’écrase davantage, chauffe plus et consomme plus, et le phénomène est invisible depuis le poste de conduite. D’où les contrôles de pression répétés qu’exige la fiche.

La géométrie agit par un autre chemin. Quand le parallélisme ou le carrossage d’un essieu dérive, le pneu ne roule plus droit : il est traîné légèrement en biais sur la chaussée, s’use en dents de scie ou sur un bord, et chaque kilomètre coûte un peu plus d’énergie en frottement parasite. Un réglage régulier supprime cette perte et allonge la vie des pneus.

Le recreusage agit sur la bande de roulement. Un pneu de poids lourd possède une sous-couche de gomme assez épaisse pour qu’on retaille les sculptures une fois le témoin d’usure atteint. Or un pneu en fin d’usure, avec peu de gomme, se déforme moins et roule avec moins de résistance qu’un pneu neuf. Recreuser prolonge donc sa vie dans sa phase la plus économe, avant le rechapage, où une bande neuve est vulcanisée sur une carcasse qui a déjà servi, ce qui évite de refabriquer la partie du pneu la plus coûteuse en matière et en énergie. La permutation et le retournement sur jante uniformisent l’usure entre les positions du véhicule, et le suivi des usures détecte tôt une anomalie. Appliqués ensemble, sur toute une flotte, par un professionnel qui en porte la responsabilité contractuelle, ces gestes font baisser la consommation du parc et réduisent la quantité de pneus neufs à produire. C’est ce double effet que la fiche résume dans un forfait par véhicule.

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est l’exploitant d’une flotte de véhicules M2 ou M3 qui signe le contrat de gestion externalisée. La fiche ne pose aucune condition sur sa forme juridique ni sur son activité : réseau de transport urbain, autocariste privé, exploitant d’un service de transport scolaire, entreprise qui fait rouler ses propres navettes de personnel, collectivité qui possède des minibus. Ce qui compte est la catégorie des véhicules et l’existence du contrat.

La fiche raisonne par établissement : le contrat doit identifier, pour chacun, son nom, son SIRET et son adresse, ainsi que le nombre et le type de véhicules concernés. Une entreprise à plusieurs dépôts peut les couvrir dans un seul contrat, à condition que chacun soit nommé avec ses véhicules. Un contrat qui parle de la flotte en bloc, sans ventilation par établissement, ne correspond pas au texte.

Le professionnel doit être distinct du bénéficiaire : la fiche parle de gestion confiée à un professionnel et d’un contrat signé entre les deux. Un atelier interne qui ferait les mêmes gestes n’est pas une externalisation. En revanche, la fiche n’exige du prestataire aucune qualification, aucun label ni mention RGE. C’est le contenu du contrat qui est contrôlé, pas le statut de celui qui le signe.

La fiche n’exige pas non plus que le contrat soit le premier conclu par le transporteur : un contrat existant, arrivé à échéance ou incomplet, peut entrer dans la fiche par un avenant, dont la signature devient alors la date d’engagement.

Comment se calcule le montant

Le point 5 de la fiche tient en une ligne : le montant en kWh cumac est égal à 580 multiplié par N, nombre de véhicules de catégorie M2 ou M3 en gestion externalisée. Il n’y a qu’une catégorie dans le tableau, M2 ou M3 confondus, donc une seule valeur unitaire. Un minibus de vingt places et un autocar à deux étages valent exactement la même chose.

N se lit dans le contrat, établissement par établissement. C’est le point de vigilance du calcul : le nombre retenu ne peut dépasser ce que le contrat écrit, ni inclure des véhicules qui ne sont pas M2 ou M3. Si la flotte compte aussi des utilitaires ou des voitures de service couverts par le même prestataire, ils sortent du compte, même s’ils figurent au contrat.

La durée de vie conventionnelle est d’un an seulement, et elle explique le niveau modeste du forfait : 580 kWh cumac représentent l’économie attribuée à une année de gestion externalisée sur un véhicule. En contrepartie, la fiche organise la répétition de l’opération à chaque anniversaire du contrat, comme on le verra au calendrier.

Catégorie des véhiculesMontant en kWh cumac par véhiculeFacteurMontant de l’opération
M2 ou M3580N, nombre de véhicules en gestion externalisée580 × N kWh cumac

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Combien ça représente en vrai

Avec une valeur unitaire unique, tout se joue sur la taille de la flotte. Un autocariste de province qui exploite 12 autocars obtient 580 × 12 = 6 960 kWh cumac pour une année de contrat. C’est peu au regard des fiches d’équipement, mais l’opération ne lui demande aucun investissement matériel : il cadre par un contrat conforme une prestation qu’il a de toute façon intérêt à confier à un spécialiste.

Un exploitant de transport scolaire qui aligne 30 minibus M2 et 20 autocars M3 compte 50 véhicules, sans distinction entre les deux catégories : 580 × 50 = 29 000 kWh cumac. Un réseau urbain de taille moyenne avec 85 autobus obtient 580 × 85 = 49 300 kWh cumac. Un grand réseau d’agglomération qui met 400 autobus sous contrat atteint 580 × 400 = 232 000 kWh cumac par année de contrat.

Le chiffre à garder en tête est l’effet de la répétition. L’autocariste de 12 véhicules qui maintient son contrat trois ans en respectant chaque année les exigences dépose trois opérations successives : 3 × 6 960 = 20 880 kWh cumac au total. Pour le réseau de 400 autobus, trois années donnent 3 × 232 000 = 696 000 kWh cumac. La fiche est moins un coup unique qu’une rente modeste, dont la valeur tient à la régularité du contrat. Ni la taille des véhicules, ni leur kilométrage, ni leur consommation réelle n’entrent dans le calcul : le seul levier est N, et N n’est valorisable que si le contrat est irréprochable.

CasVéhicules sous contratNCalculMontant en kWh cumac
Autocariste12 autocars M312580 × 126 960
Transport scolaire30 minibus M2 et 20 autocars M350580 × 5029 000
Réseau urbain moyen85 autobus M385580 × 8549 300
Grand réseau d’agglomération400 autobus M3400580 × 400232 000

Les conditions techniques : six engagements écrits dans le contrat

La fiche ne décrit pas une prestation idéale, elle décrit un contrat. La preuve de réalisation est le contrat en cours de validité, hors reconduction tacite, signé entre le bénéficiaire et le professionnel, avec ses avenants s’il y en a, et qui prouve l’entretien des pneumatiques et les services réalisés. Tout ce qui n’est pas écrit dedans n’existe pas pour le dossier, même si le prestataire le fait réellement sur le terrain.

La mention « hors reconduction tacite » demande une lecture attentive. Un contrat arrivé à son terme et prolongé seulement par le silence des parties n’est pas, au sens du texte, un contrat en cours de validité. C’est pour cela que la fiche prévoit explicitement l’avenant qui prolonge le contrat et en fait la date d’engagement. En pratique, chaque prolongation doit être matérialisée par un écrit signé, pas par l’absence de dénonciation.

Le contrat doit nommer les cinq services, que la fiche répète deux fois : réglage des géométries, contrôle des pressions, recreusage, permutation et/ou retournement sur jante, suivi des usures. Un contrat qui n’en couvre que quatre, par exemple sans recreusage parce que le transporteur n’en veut pas, n’est pas un contrat de gestion de la globalité du poste pneumatique.

Viennent ensuite quatre engagements chiffrés, cœur du contrôle : le recreusage de 65 % minimum des pneus qui quittent l’entreprise pour rechapage ou valorisation ; la vérification de la pression trois fois par an en moyenne, à l’occasion d’une vérification ou d’un remplacement du pneu ; l’acceptation au rechapage de 70 % minimum des pneus neufs introduits dans la flotte, hors dommages accidentels ; et une permutation et/ou un retournement sur jante au moins une fois par an sur l’ensemble des véhicules sous contrat.

Les deux taux n’ont pas la même base. Les 65 % portent sur les pneus qui sortent, les 70 % sur les pneus neufs qui entrent, accidents exclus. La fiche ne dit pas comment ces taux sont mesurés ni sur quelle période, et ne demande aucun relevé annuel : elle exige qu’ils soient inscrits dans le contrat comme des engagements. La lecture prudente consiste à les écrire avec les mêmes mots que la fiche, et à conserver les relevés du prestataire au cas où un contrôle voudrait en vérifier la réalité.

Reste le calendrier. Date d’engagement : signature du contrat, ou de l’avenant quand le contrat initial arrive à échéance ou n’était pas conforme. Date d’achèvement : signature la première année, date anniversaire les suivantes. Et le contrat doit être encore valide au minimum un an après la date d’achèvement : au moment de déposer l’opération de l’année en cours, il faut pouvoir montrer qu’il court encore sur douze mois. Un contrat d’un an signé le 1er mars ne remplit pas cette condition pour la deuxième année s’il n’a pas été prolongé par avenant avant le 1er mars suivant. C’est cette mécanique qui permet un dossier par année de contrat.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier TRA-SE-109 repose sur une pièce unique, le contrat et ses avenants. Ni facture d’équipement, ni rapport technique, ni attestation de fabricant. Chaque mention manquante se voit donc immédiatement, et aucun autre document ne la rattrape. Voici, en regard du texte, les défauts qui font tomber un dossier ou réduisent son montant.

Le bon réflexe consiste à relire le contrat avec la fiche à côté, avant signature. Quand les cinq services, les quatre seuils, les établissements et la durée restante y sont, le calcul tient en une multiplication et le dossier passe sans discussion.

  • Contrat qui ne nomme pas les cinq services. L’oubli le plus courant porte sur le recreusage ou le suivi des usures, que certains prestataires considèrent comme implicites.
  • Seuils absents ou différents de ceux de la fiche. Un contrat qui écrit « contrôle régulier des pressions » sans chiffre n’est pas conforme.
  • Établissements non identifiés : contrat au nom du siège sans liste des dépôts, SIRET manquant, ou nombre de véhicules donné sans ventilation par établissement.
  • N surévalué : utilitaires ou voitures de service comptés dans le total, ou nombre déclaré supérieur à celui inscrit au contrat.
  • Contrat en reconduction tacite, sans avenant écrit de prolongation, ou contrat dont il reste moins d’un an de validité après la date d’achèvement retenue.
  • Date d’engagement calée sur le contrat initial alors que celui-ci ne respectait pas toutes les exigences : la fiche la fixe dans ce cas à la signature de l’avenant.
  • Prestation réalisée par l’atelier interne du transporteur : pas d’externalisation au sens de la fiche.
  • Flotte déjà valorisée en TRA-SE-105 ou TRA-SE-111, la fiche interdisant le cumul avec ces deux opérations.
  • Mandataire contacté après la signature du contrat ou de l’avenant qui vaut engagement : comme pour toute opération, le rôle actif et incitatif doit précéder l’engagement.

Questions fréquentes

Combien vaut la fiche TRA-SE-109 pour ma flotte ?

580 kWh cumac par véhicule de catégorie M2 ou M3 inscrit au contrat de gestion externalisée, sans distinction entre minibus, autobus et autocars. On multiplie par le nombre de véhicules : 20 véhicules donnent 580 × 20 = 11 600 kWh cumac pour une année de contrat. Le kilométrage, la consommation ou l’âge des véhicules n’entrent pas dans le calcul.

Mon contrat avec mon manufacturier existe déjà. Puis-je le déposer ?

Pas tel quel. Un contrat déjà signé a déjà sa date d’engagement, la date de sa signature, et celle-ci précède l’intervention de celui qui valorise les certificats. La fiche ouvre une autre porte : quand le contrat arrive à échéance, ou quand il ne contient pas toutes les exigences (les cinq services, les quatre engagements chiffrés, la liste des établissements avec SIRET et nombre de véhicules), c’est l’avenant qui le prolonge ou le complète qui fixe la date d’engagement. L’avenant doit donc être signé avant tout dépôt, et après l’intervention de celui qui valorise les certificats.

Peut-on redéposer TRA-SE-109 chaque année ?

La fiche fixe une durée de vie conventionnelle d’un an et définit la date d’achèvement comme la date anniversaire de la signature pour les années suivant la première. Elle organise donc une opération par année de contrat. La condition est que le contrat soit encore valide au moins un an après chaque date d’achèvement, ce qui impose de le prolonger par avenant écrit avant son terme, la reconduction tacite étant exclue par le texte.

Un contrat qui couvre les pressions et la géométrie mais pas le recreusage suffit-il ?

Non. La fiche parle de la globalité du poste pneumatique et exige les cinq services, dont le recreusage, auxquels s’ajoutent le recreusage de 65 % minimum des pneus sortants et l’acceptation au rechapage de 70 % minimum des pneus neufs. Un contrat partiel, même bien exécuté, ne correspond pas à l’opération décrite.

Les pneus de mes véhicules utilitaires sont gérés par le même prestataire. Comptent-ils ?

Non. La fiche ne vise que les véhicules de transport de personnes de catégories M2 et M3. Les utilitaires de catégorie N et les voitures de catégorie M1 peuvent figurer au même contrat, mais ils sortent du nombre N retenu pour le calcul. Le contrat doit d’ailleurs préciser le type des véhicules par établissement, ce qui permet de faire le tri.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.