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Industrie · Fiche IND-UT-133

IND-UT-133 : l’énergie de freinage récupérée vaut 9,25 kWh cumac par kW et par heure de frein

Un pont roulant qui descend sa charge, une centrifugeuse qui freine son panier : pendant ces secondes, le moteur ne consomme plus, il produit. Le plus souvent, cette électricité part en chaleur dans une résistance de freinage. La fiche IND-UT-133 valorise le système électronique de pilotage qui la renvoie sur le réseau interne du site, à condition que le site la consomme intégralement. Pas de forfait : le montant se calcule moteur par moteur, heures de fonctionnement, part du temps en freinage et puissance de plaque, avec un coefficient unique de 9,25.

Secteur
Industrie
Version applicable
v. A28-1
Durée de vie conventionnelle
15 ans

L'essentiel

  • La fiche valorise un système électronique de pilotage, sur moteur neuf ou existant, qui récupère l’énergie de freinage d’une application industrielle de levage ou de centrifugation : le variateur réversible à quatre quadrants.
  • Montant par moteur : H × F × 9,25 × P, avec H les heures de fonctionnement annuelles, F la fraction du temps passée en freinage et P la puissance utile en kW de la plaque. Plusieurs moteurs : un calcul chacun, puis la somme.
  • Trois bornes : moteur triphasé, asynchrone ou synchrone, puissance utile unitaire inférieure ou égale à 1 MW, électricité récupérée autoconsommée en totalité par le site.
  • La pièce qui fait le dossier est l’étude de dimensionnement préalable, datée et signée par un professionnel ou un bureau d’études : elle fixe H, F et P et prouve que le réseau interne absorbe toute l’énergie à tout instant.
  • Non cumulable avec IND-UT-102 (variation électronique de vitesse sur moteur asynchrone). Installations provisoires (grue de chantier) exclues. Durée de vie conventionnelle : 15 ans.

Ce que couvre la fiche IND-UT-133, et ce que veut dire son code

La fiche IND-UT-133 porte sur la mise en place d’un système électronique de pilotage d’un moteur électrique, neuf ou existant, permettant de récupérer l’énergie de freinage d’une application industrielle de levage ou de centrifugation. Deux familles d’applications, pas une de plus : convoyeurs descendants, bancs d’essai ou broyeurs n’y figurent pas.

Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur d’application, l’industrie. UT renvoie à la famille des utilités : les équipements transversaux d’une usine, moteurs, air comprimé, froid, qui servent le procédé sans être le procédé. 133 est le numéro d’ordre dans la série. La version en vigueur est la A28-1 ; la fiche ne mentionne aucune date de début ni de fin d’application.

La durée de vie conventionnelle est de 15 ans : c’est la période sur laquelle les économies sont comptées en kWh cumac. La fiche n’est pas cumulable avec IND-UT-102, la variation électronique de vitesse sur moteur asynchrone ; le texte ne précise pas l’étendue de ce non-cumul, et la lecture prudente est qu’un même moteur ne peut pas être déposé au titre des deux fiches.

Pourquoi récupérer l’énergie de freinage économise de l’électricité

Un moteur électrique est réversible : quand il entraîne une charge, il transforme l’électricité en couple ; quand c’est la charge qui l’entraîne, il tourne en génératrice et renvoie du courant vers son alimentation. En levage, cela se produit à chaque descente : la charge tire le crochet vers le bas, le moteur la retient et produit tout le temps de la descente. En centrifugation, à chaque fin de cycle : un panier lancé à grande vitesse stocke une énergie cinétique considérable et la restitue au moteur quand on le freine électriquement avant la vidange.

Le problème est ce qu’on fait de ce courant. Un variateur classique redresse le réseau avec un pont de diodes, qui ne laisse passer le courant que du réseau vers le moteur. L’énergie renvoyée s’accumule sur le bus continu, dont la tension monte ; pour éviter le défaut, on ajoute un hacheur et une résistance de freinage qui la brûlent en chaleur. Payée à la montée, l’électricité est détruite à la descente.

Le système visé par la fiche remplace le pont de diodes par un étage d’entrée actif, à transistors commandés, qui fonctionne dans les deux sens. Quatre quadrants, parce que le variateur peut fournir et recevoir du couple dans les deux sens de rotation : moteur ou frein, en avant ou en arrière. Quand le moteur freine, l’étage d’entrée se synchronise sur le réseau et y réinjecte l’énergie. D’où la condition d’autoconsommation : un moteur de 250 kW qui freine sur un site dont la consommation de fond est de 150 kW enverrait le surplus vers le réseau public, ce que la fiche exclut.

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est l’exploitant d’un site industriel qui possède une application de levage ou de centrifugation entraînée par un moteur triphasé, asynchrone ou synchrone, de puissance utile unitaire inférieure ou égale à 1 MW, soit 1 000 kW. Le moteur peut être neuf ou existant : la fiche vise le système de pilotage, pas la machine tournante.

Côté levage : ponts roulants et portiques d’atelier, de fonderie ou de parc à matières, palans de forte capacité, monte-charges de production. Côté centrifugation : centrifugeuses discontinues de sucrerie, essoreuses de l’agroalimentaire, du textile ou de la chimie. Le point commun est un régime cyclique où le moteur passe une part mesurable de son temps à retenir une charge ou à freiner une inertie. Comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant la signature du devis.

  • Éligible : moteur triphasé asynchrone ou synchrone jusqu’à 1 MW de puissance utile unitaire, neuf ou existant, sur une application industrielle de levage ou de centrifugation, énergie réinjectée sur le réseau interne du site.
  • Exclu : installations provisoires, dont la grue de chantier citée par la fiche ; moteur de plus de 1 MW ; énergie injectée ou vendue hors du site ; moteur déposé en IND-UT-102.

Comment se calcule le montant

Le montant en kWh cumac est le produit de quatre termes : H × F × 9,25 × P. Il se calcule pour chaque moteur piloté par le système, puis on additionne : la fiche écrit H1 × F1 × 9,25 × P1 + H2 × F2 × 9,25 × P2, et ainsi de suite. Ni zone climatique, ni tranche de puissance, ni plafond autre que la limite de 1 MW par moteur.

H est la durée de fonctionnement annuelle du moteur, en heures : la fiche précise qu’il s’agit du temps en phase moteur plus du temps en phase de freinage. Les heures d’attente, crochet à l’arrêt, n’en font pas partie. F est la part de ce temps passée en freinage, écrite en fraction : la fiche donne l’exemple de 5 % qui s’écrit 0,05. C’est la variable la plus délicate, parce que la fiche ne définit pas la phase de freinage au-delà de ces mots. La lecture prudente retient, en levage, les descentes en charge, et en centrifugation, les décélérations commandées du panier ; les ralentissements d’un moteur à vide, qui ne renvoient presque rien, gonfleraient F sans énergie derrière.

P est la puissance utile du moteur en kW, celle de la plaque signalétique, qui correspond à la puissance mécanique aux conditions assignées par le constructeur. Ce n’est ni la puissance du variateur, ni la puissance absorbée, ni les kVA. Quant au coefficient 9,25, la fiche le pose sans en détailler la construction : il s’applique tel quel, quel que soit le moteur.

TermeCe que dit la ficheOù on le lit
HDurée de fonctionnement annuelle du moteur, en heures : phases moteur plus phases de freinageNote de dimensionnement du bureau d’études ou du professionnel
FPourcentage du temps de fonctionnement passé en freinage, écrit en fraction (5 % donne 0,05)Étude de dimensionnement
9,25Coefficient fixe de la ficheFiche IND-UT-133, point 5
PPuissance utile du moteur en kW, puissance mécanique aux conditions assignées par le constructeurPlaque signalétique du moteur
Plusieurs moteursSomme des calculs de chaque moteurUn calcul par moteur, puis la somme

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Combien ça représente en vrai

Quatre cas aux valeurs plausibles ; dans un dossier réel, l’étude fait foi. Premier cas, un pont roulant d’atelier en deux postes, moteur de levage de 45 kW, 4 000 heures par an, 20 % du temps en descente de charge. L’énergie de freinage comptée à pleine puissance est de 4 000 × 0,20 × 45 = 36 000 kWh par an, et le montant de 4 000 × 0,20 × 9,25 × 45 = 333 000 kWh cumac. Deuxième cas, une centrifugeuse discontinue de sucrerie, moteur de 250 kW, 2 500 heures de campagne, cycles courts où le freinage du panier occupe 30 % du temps : 2 500 × 0,30 × 9,25 × 250 = 1 734 375 kWh cumac. La centrifugation pèse lourd : puissance élevée, et chaque cycle finit par un freinage.

Troisième cas, un même système qui pilote les deux moteurs de levage d’un pont de fonderie, 6 000 heures par an chacun. Levage principal de 75 kW, 15 % du temps en frein : 6 000 × 0,15 × 9,25 × 75 = 624 375 kWh cumac. Levage auxiliaire de 15 kW, 10 % en frein : 6 000 × 0,10 × 9,25 × 15 = 83 250 kWh cumac. Total du dossier : 624 375 + 83 250 = 707 625 kWh cumac.

Quatrième cas, le pont d’atelier du premier exemple, mais dont l’étude mesure 10 % de freinage au lieu de 20 % : 4 000 × 0,10 × 9,25 × 45 = 166 500 kWh cumac, exactement la moitié. F est linéaire, et c’est la variable la moins facile à prouver.

CasCalcul (H × F × 9,25 × P)Montant en kWh cumac
Pont roulant d’atelier, levage 45 kW4 000 × 0,20 × 9,25 × 45333 000
Centrifugeuse de sucrerie, 250 kW2 500 × 0,30 × 9,25 × 2501 734 375
Pont de fonderie, levage principal 75 kW6 000 × 0,15 × 9,25 × 75624 375
Pont de fonderie, levage auxiliaire 15 kW6 000 × 0,10 × 9,25 × 1583 250
Pont d’atelier, F mesuré à 0,104 000 × 0,10 × 9,25 × 45166 500

Les conditions techniques : un moteur triphasé, une étude en sept points, une facture qui le dit

La mise en place est réalisée par un professionnel, sur un moteur triphasé, asynchrone ou synchrone, dont la puissance utile unitaire ne dépasse pas 1 MW. Le mot unitaire compte : sur un système multi-moteurs, chaque moteur doit respecter la limite, pas leur somme. L’électricité récupérée est autoconsommée en totalité, uniquement par le site bénéficiaire.

La pièce maîtresse est l’étude de dimensionnement préalable, établie, datée et signée par un professionnel ou un bureau d’études. La fiche en fixe sept contenus : le descriptif de l’application ciblée ; le descriptif des équipements à mettre en place ; la puissance du système installé ; la puissance utile de chaque moteur piloté ; la durée annuelle de fonctionnement de chaque moteur et, pour chacun, le pourcentage de temps passé en mode frein ; la justification de la capacité du réseau électrique interne du site à réutiliser à tout instant la totalité de l’énergie de freinage produite ; l’évaluation des économies d’énergie attendues. C’est le document justificatif spécifique de l’opération ; le mot préalable exclut l’étude rédigée après la pose. Le sixième contenu demande le plus de travail : une courbe de charge du site, mise en regard de la puissance de freinage maximale, doit montrer que la consommation de fond dépasse toujours ce que les moteurs renvoient, nuit et week-end compris.

La preuve de réalisation, en pratique la facture, mentionne l’installation d’un système électronique de pilotage d’un moteur électrique avec récupération d’énergie, que la fiche autorise à nommer aussi système de variation électronique réversible à quatre quadrants. À défaut, elle mentionne un équipement permettant de récupérer l’énergie de freinage, avec sa marque et sa référence, et un document du fabricant atteste que cet équipement est bien un tel système. Un libellé « variateur de vitesse » seul ne suffit pas.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
MoteurTriphasé, asynchrone ou synchrone, puissance utile unitaire inférieure ou égale à 1 MWPhoto lisible de la plaque de chaque moteur
Autoconsommation100 % de l’énergie récupérée consommée par le site, à tout instantCourbe de charge du site contre puissance de freinage maximale
Étude de dimensionnementPréalable, datée, signée, sept contenusAntérieure à la pose ; H, F et P lisibles moteur par moteur
Preuve de réalisationSystème de pilotage avec récupération d’énergie, ou quatre quadrantsÀ défaut : marque, référence et attestation du fabricant

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Avec trois variables libres et aucun forfait, cette fiche se contrôle sur la cohérence entre l’étude, la plaque et la facture. L’erreur la plus coûteuse porte sur F. Reprenons la centrifugeuse de 250 kW à 2 500 heures : déclarer 30 % de freinage quand l’analyse des cycles n’en justifie que 20 % donne 2 500 × 0,30 × 9,25 × 250 = 1 734 375 kWh cumac à la place de 2 500 × 0,20 × 9,25 × 250 = 1 156 250 kWh cumac, soit 578 125 kWh cumac de trop. D’où l’intérêt d’une méthode de mesure explicite dans l’étude : relevé des cycles, compteur du variateur existant ou campagne de mesure sur une semaine représentative.

Le bon ordre : faire établir l’étude avant toute commande, avec la plaque de chaque moteur, la méthode de détermination de H et de F et la courbe de charge du site ; vérifier que le devis décrit un système réversible à quatre quadrants avec récupération d’énergie, pas un variateur avec résistance de freinage ; faire reprendre ces termes sur la facture. Quand ces points sont calés, le calcul tient en une multiplication par moteur et le dossier passe.

  • Étude de dimensionnement absente, postérieure à la pose, non signée, ou muette sur l’un des sept contenus exigés : c’est le document justificatif spécifique, son défaut est rédhibitoire.
  • F surévalué : temps de freinage déclaré sans méthode de mesure, ou incluant des ralentissements à vide qui ne renvoient pas d’énergie.
  • P erroné : puissance du variateur, souvent supérieure à celle du moteur pour tenir les pointes, puissance absorbée ou kVA retenus à la place de la puissance utile de la plaque.
  • H gonflé : heures de mise sous tension comptées comme heures de fonctionnement, alors que la fiche ne retient que les phases moteur et frein.
  • Équipement hors définition, variateur à hacheur et résistance de freinage ; facture sans mention de la récupération ni des quatre quadrants, sans marque, référence et attestation du fabricant en secours.
  • Autoconsommation non démontrée, moteur de plus de 1 MW, installation provisoire, moteur déjà valorisé en IND-UT-102, ou mandataire intervenu après la signature du devis.

Questions fréquentes

Comment calculer la prime CEE IND-UT-133 pour mon pont roulant ?

Le montant en kWh cumac est H × F × 9,25 × P pour chaque moteur piloté : H les heures de fonctionnement par an, phases moteur et frein confondues ; F la part de ce temps passée en freinage, en fraction (20 % donne 0,20) ; P la puissance utile en kW de la plaque du moteur. Un moteur de levage de 45 kW, 4 000 heures dont 20 % en descente de charge : 4 000 × 0,20 × 9,25 × 45 = 333 000 kWh cumac. Ces trois valeurs viennent de l’étude de dimensionnement préalable, pas d’une estimation sur devis.

Mon moteur a déjà un variateur avec résistance de freinage. Puis-je le déposer en IND-UT-133 ?

La fiche vise un système de pilotage avec récupération d’énergie sur un moteur neuf ou existant, sans rien dire de l’équipement remplacé. Passer d’un variateur à résistance, qui dissipe, à un variateur réversible à quatre quadrants, qui restitue, correspond donc à son objet. La réserve vient du non-cumul avec IND-UT-102 : si ce moteur a déjà été valorisé au titre de la variation de vitesse, la lecture prudente est de ne pas le déposer une seconde fois, car la fiche ne tranche pas ce cas.

IND-UT-133 et IND-UT-102, peut-on cumuler les deux fiches ?

Non. La fiche IND-UT-133 écrit qu’elle n’est pas cumulable avec l’opération IND-UT-102, la variation électronique de vitesse sur moteur asynchrone. La fiche ne donne pas la raison de cette exclusion : il faut choisir, et IND-UT-133 est la fiche qui valorise l’énergie restituée.

Quelle puissance retenir pour P : celle du moteur ou celle du variateur ?

Celle du moteur. La fiche définit P comme la puissance utile en kW de la plaque signalétique, la puissance mécanique aux conditions assignées par le constructeur. Le variateur est souvent dimensionné au-dessus du moteur pour encaisser les pointes de couple ; sa puissance ne sert pas au calcul.

Une grue portuaire ou un monte-charge de production sont-ils éligibles ?

La fiche exige une application industrielle de levage ou de centrifugation sur un site qui autoconsomme l’énergie, et exclut les installations provisoires avec l’exemple de la grue de chantier. Un monte-charge intégré à une ligne de production relève du levage et entre dans le périmètre. Une grue portuaire ou un engin de terminal ne sont pas sur un site industriel au sens courant et le texte ne les nomme pas : c’est le cas où une position écrite du délégataire, avant d’engager, se justifie.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.