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Transport · Fiche TRA-EQ-119

TRA-EQ-119 : l’additif gazole des poids lourds vaut 291 kWh cumac par m3 traité à 3 % de gain

C’est une fiche de consommable, pas d’équipement, et c’est ce qui la rend singulière dans le volet transport. La fiche TRA-EQ-119 valorise l’achat d’un auxiliaire de combustion, ou de gazole déjà traité avec cet auxiliaire, pour les camions de plus de 3,5 tonnes, les autobus et les autocars. Le montant se calcule au mètre cube de gazole traité, multiplié par un gain de consommation prouvé sur banc, plancher 3 %. Durée de vie conventionnelle : un an.

Secteur
Transport
Version applicable
v. A17-2
Durée de vie conventionnelle
1 an

L'essentiel

  • La fiche valorise un auxiliaire qui optimise la combustion et maintient propres les circuits d’alimentation, d’injection et les chambres de combustion des moteurs diesel des véhicules M2, M3, N2 et N3 : autobus, autocars, camions de plus de 3,5 tonnes.
  • Deux voies d’achat, une même logique : l’additif seul (9 700 × X / Z × Y) ou le gazole déjà additivé (9 700 × W × Y). Dans les deux cas, 9 700 kWh cumac par mètre cube de gazole traité, multiplié par le gain Y.
  • Le gain Y est supérieur ou égal à 3 % et se prouve par un essai sur cycle de conduite « 60NERV » de l’IFSTTAR ou équivalent, sous contrôle de l’UTAC-CERAM ou d’un organisme accrédité ISO/CEI 17025.
  • La pièce centrale est l’état récapitulatif, établi par le professionnel et signé par le bénéficiaire. Engagement = première acquisition, achèvement = dernière, 6 mois d’écart au plus.
  • Durée de vie conventionnelle : 1 an. Version A17-2. Les volumes déclarés ne concernent que les catégories visées, et l’auxiliaire n’augmente pas les émissions de CO, HC, NOx et particules.

Ce que couvre la fiche TRA-EQ-119, et comment lire son code

La fiche TRA-EQ-119 s’intitule « Optimisation de la combustion et de la propreté des moteurs Diesel » et vise l’utilisation d’un auxiliaire pour optimiser la combustion et maintenir la propreté des circuits d’alimentation, d’injection et des chambres de combustion. En langage d’atelier, c’est un additif pour gazole, acheté soit en solution à doser dans la cuve, soit déjà mélangé au carburant livré par le distributeur. La fiche traite ces deux voies avec deux formules qui conduisent au même résultat.

Le code se lit en trois blocs. TRA désigne le secteur des transports. EQ renvoie à la famille des équipements, ce qui surprend pour un consommable : la fiche raisonne sur l’acquisition d’un volume, pas sur une prestation (SE) ni sur un système thermique (TH). Le périmètre est fixé par l’article R311-1 du code de la route : transport en commun de personnes en M2 ou M3, marchandises en N2 ou N3, soit les autobus et autocars de plus de huit places et les camions de plus de 3,5 tonnes. Utilitaires légers (N1), voitures, tracteurs agricoles et engins de chantier sont hors champ.

La version lue est la A17-2 ; le document officiel ne mentionne ni date d’entrée en application ni date de fin, nous n’en écrivons donc pas. La durée de vie conventionnelle est de 1 an, parmi les plus courtes du catalogue : le gain cesse quand on arrête d’additiver, et les kWh cumac correspondent en gros à l’énergie économisée sur l’année qui suit l’achat.

Pourquoi un additif peut faire baisser la consommation d’un moteur diesel

Un moteur diesel injecte son carburant à très haute pression par des orifices très fins, et la qualité de la combustion dépend de la finesse de cette pulvérisation. Or le gazole, en chauffant au contact des injecteurs, laisse des dépôts de coke : les trous se rétrécissent, le jet se déforme, la combustion se dégrade. Le conducteur ne sent rien, le calculateur compense en injectant un peu plus, et la consommation dérive de quelques pour cent. Les auxiliaires visés agissent sur deux fronts : une fraction détergente dissout les dépôts et empêche les nouveaux de s’accrocher (le « maintien de la propreté »), une fraction améliorante raccourcit le délai d’auto-inflammation pour que le carburant brûle plus près du point mort haut, là où il produit le plus de travail utile (l’« optimisation de la combustion »). Moins d’imbrûlés à l’échappement aussi, d’où l’exigence sur les émissions.

Il faut être honnête sur l’ordre de grandeur : un additif ne transforme pas un moteur. Il ramène un moteur encrassé vers sa consommation d’origine et grappille quelques pour cent sur un moteur propre. C’est pourquoi la fiche fixe un plancher de 3 % et exige qu’il soit mesuré sur un cycle reproductible, sous contrôle indépendant : sur route, la consommation d’un poids lourd varie bien plus avec le vent, la charge et le pied du chauffeur qu’avec l’additif.

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est celui qui achète le volume et l’utilise dans ses véhicules : transporteur routier, logisticien exploitant ses propres camions, autocariste, réseau de bus, régie de transport d’une collectivité. L’attestation demande une raison sociale et un SIREN : la fiche est pensée pour des personnes morales. Le professionnel qui signe la partie C est, en pratique, le fournisseur de la solution pour un additif, ou le distributeur de produits pétroliers pour un carburant traité ; c’est lui qui établit l’état récapitulatif, qu’un achat de bidons en ligne sans professionnel identifié ne permet pas de constituer.

Un point exige de l’attention dès le départ : l’attestation demande de cocher que le produit « est utilisé uniquement » dans des véhicules N2, N3, M2 ou M3. Une flotte mixte, avec des fourgons de moins de 3,5 tonnes qui font le plein à la même cuve, pose un problème de traçabilité que la fiche ne tranche pas. La lecture prudente est de ne déclarer que les volumes dont l’affectation aux véhicules éligibles est démontrable : cuve dédiée, cartes carburant par immatriculation, dotation par véhicule.

Comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé doit être intervenu avant l’engagement. Ici, la date d’engagement est définie par la fiche : la date d’acquisition la plus ancienne de l’état récapitulatif. Un volume livré avant le premier contact ne peut plus être valorisé.

Comment se calcule le montant

Le point 5 donne deux formules. Pour l’auxiliaire acheté seul, le montant est 9 700 × X / Z × Y : X est le volume d’auxiliaire en mètres cubes, Z la concentration de la solution de traitement, Y le gain de consommation. Pour le carburant déjà traité, le montant est 9 700 × W × Y, W étant le volume de carburant traité en mètres cubes. Y s’écrit en décimal : la fiche précise que pour un gain de 3 %, Y vaut 0,03.

Z est le nombre de litres d’auxiliaire divisé par le nombre de litres de gazole traités : un produit dosé à un litre pour mille litres a Z = 0,001, et diviser X par Z redonne le volume de gazole traité. Les deux formules disent donc la même chose : 9 700 kWh cumac par mètre cube de gazole traité, multiplié par le gain. Au plancher de 3 %, 9 700 × 0,03 = 291 kWh cumac par mètre cube ; à 5 %, 9 700 × 0,05 = 485.

Le coefficient 9 700 mérite une explication que la fiche ne donne pas. Un mètre cube de gazole contient de l’ordre de 10 000 kWh ; multiplié par le gain Y, on obtient l’énergie économisée sur ce volume, et comme la durée de vie est de 1 an, il n’y a pas de cumul pluriannuel. Le montant est donc, à peu de chose près, l’énergie réellement évitée. C’est une aide à la lecture, pas une règle.

Type d’acquisitionMontant en kWh cumacVariablesSource
Auxiliaire d’optimisation de la combustion acheté seul9 700 × X / Z × YX = volume d’auxiliaire (m3) ; Z = litres d’auxiliaire / litres de gazole ; Y = gain (3 % s’écrit 0,03)Fiche TRA-EQ-119, point 5
Carburant traité avec un auxiliaire d’optimisation de la combustion9 700 × W × YW = volume de carburant traité (m3) ; Y = gainFiche TRA-EQ-119, point 5
Gain minimalY supérieur ou égal à 0,03Cycle « 60NERV » ou équivalentFiche TRA-EQ-119, point 3
Lecture rapide291 kWh cumac par m3 de gazole traité à 3 %9 700 × 0,03Calcul à partir du point 5

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Combien ça représente en vrai

Avec moins de 300 kWh cumac par mètre cube traité au gain plancher, la fiche ne vaut rien sur un seul plein. Elle prend sa dimension sur une flotte et sur la fenêtre de 6 mois d’acquisitions. Quatre cas, aux volumes donnés à titre d’illustration.

Un autocariste régional avec huit autocars M3 reçoit en six mois 80 m3 de gazole additivé, pour un produit dont le rapport d’essai établit un gain de 5 % : 9 700 × 80 × 0,05 = 38 800 kWh cumac. Un transporteur avec vingt tracteurs routiers N3 achète lui aussi du carburant traité, 300 m3 en six mois au gain plancher : 9 700 × 300 × 0,03 = 87 300 kWh cumac.

Le même transporteur choisit plutôt l’additif seul, dosé dans sa cuve : 0,5 m3 de solution, soit 500 litres, à un litre pour mille litres de gazole, donc Z = 0,001. Ce volume traite 0,5 / 0,001 = 500 m3 de gazole ; avec un gain mesuré de 4 %, 9 700 × 500 × 0,04 = 194 000 kWh cumac. C’est le gazole traité qui porte le résultat, pas les 500 litres d’additif.

Un réseau urbain de cent cinquante autobus M3 se fait livrer 1 500 m3 de gazole additivé en six mois, au gain plancher : 9 700 × 1 500 × 0,03 = 436 500 kWh cumac. Rien dans la fiche n’interdit une nouvelle opération sur les six mois suivants, avec de nouveaux volumes : sur l’année, 436 500 × 2 = 873 000 kWh cumac, chaque mètre cube ne figurant que dans un seul état récapitulatif.

Flotte et achatCalculMontant en kWh cumac
8 autocars M3, 80 m3 de gazole traité, gain 5 %9 700 × 80 × 0,0538 800
20 tracteurs N3, 300 m3 de gazole traité, gain 3 %9 700 × 300 × 0,0387 300
20 tracteurs N3, 0,5 m3 d’additif à Z = 0,001 (500 m3 traités), gain 4 %9 700 × 500 × 0,04194 000
150 bus M3, 1 500 m3 de gazole traité, gain 3 %9 700 × 1 500 × 0,03436 500
Les 150 bus sur une année, en deux opérations de 6 mois436 500 × 2873 000

Les conditions techniques : 3 % prouvés, pas d’émissions en plus, une preuve détaillée

Première condition : le gain Y est supérieur ou égal à 3 %, validé par un programme d’essai selon un cycle de conduite « 60NERV » mis au point par l’IFSTTAR ou un cycle équivalent, réalisé sous contrôle de l’UTAC-CERAM ou par un organisme accrédité selon la norme NF EN ISO/CEI 17025:2005 par le COFRAC ou un autre signataire de l’accord multilatéral européen de l’EA. Le gain que mentionne la facture, ou le document du fabricant ou du distributeur, doit donc provenir de cet essai, pas d’une simple déclaration commerciale. La fiche ne définit pas le cycle « équivalent » ; la lecture prudente est d’exiger un rapport qui nomme le cycle et l’organisme, et de refuser une simple mesure sur route. Deuxième condition : pas d’augmentation des émissions de CO, HC, NOx et particules. La fiche n’indique pas quel document le prouve ; un rapport d’essai qui mesure ces quatre polluants avec et sans produit règle la question.

Troisième condition, la facture : volume acquis, gain obtenu et concentration. À défaut, volume avec marque et référence du produit, accompagné d’un document qui indique le gain et la concentration pour cette référence : document du fabricant pour un additif, du distributeur de produits pétroliers pour un carburant traité. Deux documents spécifiques s’ajoutent : la copie du rapport d’essai avec le gain Y en pourcentage, et l’état récapitulatif, établi par le professionnel, daté et signé par le bénéficiaire, qui détaille le volume par marque et référence, par lieu de distribution (nom du site, SIRET de l’établissement du bénéficiaire, adresse), par date d’acquisition et par référence de facture. C’est lui qui fixe les dates : engagement à l’acquisition la plus ancienne, achèvement à la plus récente, 6 mois d’écart au plus.

Le modèle d’attestation sur l’honneur publié en annexe comporte deux blocs à remplir selon la voie choisie et une ligne pour le nom de l’organisme qui a mesuré le gain ; sa version la plus récente, que le catalogue officiel date du 1er juillet 2026, ajoute le coût de l’opération hors taxes et toutes taxes comprises, et les aides publiques hors CEE.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
VéhiculesCatégories M2, M3 (personnes) et N2, N3 (marchandises), article R311-1Exclure les volumes consommés par les N1 et les voitures de service
GainY supérieur ou égal à 3 %, cycle « 60NERV » ou équivalent, UTAC-CERAM ou organisme accrédité ISO/CEI 17025Le rapport nomme le cycle et l’organisme ; Y s’écrit 0,03, pas 3
ÉmissionsPas d’augmentation de CO, HC, NOx et particulesPréférer un rapport qui mesure aussi ces polluants
FactureVolume, gain, concentration ; à défaut marque et référence plus document du fabricant ou du distributeurUne facture de « carburant » sans mention du traitement ne vaut rien
État récapitulatifIssu du professionnel, signé par le bénéficiaire ; volumes par marque, site (nom, SIRET, adresse), date, factureChaque ligne se retrouve dans une facture, et réciproquement

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier TRA-EQ-119 se contrôle avec trois documents côte à côte : le rapport d’essai, les factures et l’état récapitulatif. Le contrôleur vérifie que le produit du rapport est celui des factures, marque et référence comprises ; que le gain du calcul est celui du rapport, en décimal ; que la concentration qui divise X est celle de la facture ; et que chaque volume de l’état récapitulatif correspond à une facture datée dans une fenêtre de 6 mois. La fragilité propre de la fiche : déclarer tout le gazole de l’entreprise comme « traité » dès qu’un bidon d’additif a été acheté. Le calcul par X / Z l’interdit mécaniquement, puisque le gazole retenu découle du volume d’additif et de sa concentration.

  • Rapport d’essai absent, ou qui ne nomme ni le cycle 60NERV (ou son équivalent) ni l’organisme de contrôle, ou qui conclut à un gain inférieur à 3 %.
  • Rapport d’essai portant sur une autre référence que le produit facturé, ou document du fabricant qui ne cite pas la marque et la référence de la facture.
  • Y écrit en pourcentage (3 au lieu de 0,03), ou Z inversé (1 000 au lieu de 0,001) : montant faux d’un facteur cent ou d’un facteur un million.
  • Facture de carburant sans mention du traitement, du gain et de la concentration, et sans document du distributeur pour y suppléer.
  • État récapitulatif non signé par le bénéficiaire, sans SIRET du site, étalé sur plus de 6 mois, ou qui reprend des volumes déjà valorisés.
  • Volumes consommés par des véhicules hors M2, M3, N2 et N3 sans séparation démontrable des cuves ; case « utilisé uniquement » cochée NON ou laissée vide.
  • Première acquisition antérieure à l’intervention du mandataire ou de l’obligé : la date d’engagement est fixée par la fiche, elle ne se négocie pas.

Questions fréquentes

Un additif acheté pour des camionnettes de 3,5 tonnes est-il éligible à la fiche TRA-EQ-119 ?

Non. La fiche vise les catégories M2 et M3 pour les personnes, N2 et N3 pour les marchandises, selon l’article R311-1 du code de la route. Un véhicule de marchandises de 3,5 tonnes au plus relève de la catégorie N1, qui n’est pas citée. Dans une flotte mixte, seuls les volumes consommés par les véhicules visés entrent dans l’état récapitulatif.

Comment se calcule le montant si j’achète l’additif seul plutôt que du gazole déjà traité ?

Par la formule 9 700 × X / Z × Y, avec X le volume d’additif en mètres cubes, Z la concentration en litres d’additif par litre de gazole, Y le gain en décimal. Diviser X par Z redonne le volume de gazole traité : 0,2 m3 dosés à 0,001 traitent 200 m3, et à 3 % de gain le montant est 9 700 × 200 × 0,03 = 58 200 kWh cumac, le même que pour 200 m3 de carburant livré déjà traité.

Le fournisseur affirme que son additif fait économiser 8 %. Puis-je retenir Y = 0,08 ?

Seulement si ce chiffre figure dans un rapport d’essai conforme à la fiche : cycle « 60NERV » de l’IFSTTAR ou équivalent, sous contrôle de l’UTAC-CERAM ou par un organisme accrédité ISO/CEI 17025. Une plaquette commerciale ou un suivi de consommation sur route ne sont pas recevables. Le gain retenu est celui du rapport, pour la référence exacte du produit facturé.

Peut-on renouveler l’opération tous les six mois ?

La fiche fixe une durée de vie de 1 an et limite à 6 mois l’écart entre la première et la dernière acquisition, mais n’écrit aucun délai minimal entre deux opérations. Lecture prudente : chaque nouvelle série d’achats, sur de nouveaux volumes, forme une nouvelle opération avec son état récapitulatif, son attestation et un rôle actif et incitatif antérieur à la première acquisition. Un même mètre cube ne peut figurer dans deux états récapitulatifs.

Pourquoi le montant ne dépend-il pas du nombre de véhicules ?

Parce que la fiche raisonne sur l’énergie du carburant traité, pas sur le matériel. Le coefficient 9 700 s’applique à chaque mètre cube de gazole traité, quel que soit le nombre de réservoirs où il finit. Les véhicules n’interviennent que par leur catégorie, pour l’éligibilité des volumes, et par leur consommation, qui borne ce que vous pouvez acquérir en 6 mois.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.