IND-UT-115 : la basse pression flottante vaut 1 500 kWh cumac par kW électrique du groupe
Sur la plupart des installations frigorifiques industrielles, la pression d’évaporation est figée sur la journée la plus chargée de l’année, et le compresseur travaille à ce régime même quand les chambres sont à moitié vides. La fiche IND-UT-115 valorise l’ajout d’une régulation qui laisse cette basse pression remonter dès que le besoin de froid baisse. Le barème tient en une ligne, 1 500 kWh cumac par kW de puissance électrique nominale du groupe, sans zone climatique ni tranche. Toute la difficulté du dossier tient donc en deux points : prouver que ce qui a été posé est bien un système de régulation à basse pression flottante, et lire la bonne puissance sur la bonne plaque.
- Secteur
- Industrie
- Version applicable
- v. A15-1
- Durée de vie conventionnelle
- 14 ans
L'essentiel
- La fiche valorise la mise en place, sur un groupe de production de froid d’un site industriel, d’un système qui adapte automatiquement la consigne de pression d’évaporation, ou de température en sortie d’évaporateur, au besoin réel de froid.
- Forfait unique : 1 500 kWh cumac par kW de puissance électrique nominale du groupe. Aucune zone climatique, aucune tranche, aucun coefficient d’usage.
- La puissance se lit sur la plaque signalétique du groupe, ou à défaut sur un document du fabricant. C’est une puissance électrique, pas une puissance frigorifique.
- Deux conditions : la pose par un professionnel, et une preuve de réalisation qui mentionne la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, ou à défaut la marque et la référence de l’équipement complétées par un document du fabricant.
- Durée de vie conventionnelle de 14 ans, version A15-1. La fiche ne prévoit ni étude préalable, ni restriction géographique, ni date de fin dans son texte.
Ce que couvre la fiche IND-UT-115, et ce que veut dire son code
La fiche IND-UT-115 porte sur la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid permettant d’avoir une basse pression flottante. Elle définit elle-même l’objet : un système qui adapte automatiquement la consigne de la pression d’évaporation, dite basse pression, ou de la température en sortie de l’évaporateur, en fonction du besoin de froid. Trois mots comptent. « Automatiquement » exclut le réglage manuel. « Consigne » signifie que l’on agit sur la valeur cible. « Besoin de froid » suppose que la consigne réagisse à la demande réelle des postes utilisateurs.
Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur de l’industrie, seul champ d’application de la fiche. UT renvoie à la famille des utilités, les équipements qui rendent un service transversal à l’usine, froid, air comprimé, vapeur, éclairage. 115 est le numéro d’ordre dans cette famille. La version en vigueur est la A15-1, pour une durée de vie conventionnelle de 14 ans, période sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées pour donner le montant en kWh cumac.
Le texte ne mentionne ni zone climatique, ni territoire particulier, ni date de fin d’application, et n’exige pas d’étude préalable. Il vise la basse pression, côté évaporateur ; la haute pression flottante, côté condenseur, relève d’une autre fiche, et la fiche IND-UT-115 ne dit rien d’un éventuel cumul entre les deux. Enfin, en nommant la pression d’évaporation comme la température en sortie d’évaporateur, la fiche couvre la centrale à détente directe, pilotée en pression d’aspiration, et le groupe d’eau glacée, piloté en température de départ d’eau.
Pourquoi laisser flotter la basse pression fait économiser de l’électricité
Un compresseur frigorifique aspire le fluide à la pression d’évaporation et le refoule à la pression de condensation. L’électricité qu’il absorbe pour un kilowatt de froid dépend de l’écart entre ces deux pressions. On parle beaucoup de la haute pression, qui suit la météo, mais la basse pression pèse autant : plus l’évaporateur travaille froid, plus le fluide aspiré est détendu, moins le compresseur en déplace à chaque tour, et plus il faut de kilowattheures pour la même quantité de froid.
Sur une installation classique, la consigne de basse pression est fixée à la mise en service sur le cas le plus défavorable : toutes les chambres en demande, un tunnel en pleine charge, des produits chauds qui rentrent. Le reste du temps, la nuit, le week-end, en basse saison, les détendeurs se ferment, les régulateurs de chambre coupent, et le compresseur continue d’aspirer plus bas que nécessaire : il produit un froid plus intense que celui que les produits réclament.
La basse pression flottante inverse la logique. Le régulateur observe les postes de consommation, par exemple l’écart entre la température de chaque chambre et sa consigne, ou l’ouverture des détendeurs électroniques. Tant que tous les postes sont satisfaits, il remonte la consigne d’aspiration ; dès qu’un poste décroche, il la redescend. La pression d’évaporation suit le poste le plus demandeur à l’instant, et non plus l’hypothèse du jour le plus chargé. Sur un groupe d’eau glacée, le même raisonnement s’applique à la température de départ d’eau. S’y ajoutent souvent moins de dégivrages, moins de déshydratation des produits frais et un compresseur moins sollicité. La fiche, elle, fixe simplement un forfait de 1 500 kWh cumac par kW électrique, sur une durée de vie conventionnelle de 14 ans.
Qui peut en bénéficier
La fiche s’adresse aux sites industriels équipés d’un groupe de production de froid, sans liste d’activités : le critère est le secteur et la présence d’un groupe sur lequel on vient poser une régulation. Les gisements sont partout où l’on produit du froid pour un procédé ou pour conserver une matière : chambres froides, tunnels et ateliers de découpe de l’agroalimentaire, laiteries, brasseries et chais, refroidissement des moules en plasturgie, chimie et pharmacie, refroidissement des bains et des broches en mécanique.
Les deux architectures sont couvertes : la centrale à détente directe, régulée en pression d’aspiration, et le groupe d’eau glacée ou d’eau glycolée de process, régulé en température de départ ; la fiche ne distingue pas non plus le groupe à un seul compresseur de la centrale multi-compresseurs. Les bâtiments tertiaires ne relèvent pas de cette fiche, dont le seul secteur d’application est l’industrie : un groupe froid de bureaux, de commerce ou de datacenter se cherche dans le catalogue des fiches BAT. Sur un site mixte, la fiche ne donne pas de règle ; le rattachement est à faire valider par le délégataire. Comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant la signature du devis.
Comment se calcule le montant
Le point 5 de la fiche est l’un des plus courts du catalogue. Le montant en kWh cumac est égal à 1 500 multiplié par P, puissance électrique nominale du groupe de production de froid en kW. Ni zone climatique, ni tranche, ni coefficient selon l’usage ou le régime de température : un groupe à moins 30 °C et un groupe d’eau glacée à 7 °C valent la même chose au kilowatt électrique. La fiche précise comment lire P : la plaque signalétique du groupe d’abord, et seulement à défaut un document issu du fabricant du groupe. Une note de calcul, un relevé d’ampèremètre ou la somme des moteurs lue sur le schéma électrique ne figurent pas dans la fiche comme sources acceptables.
Le piège principal est la confusion entre puissance frigorifique et puissance électrique. Les documentations mettent en avant la puissance frigorifique, en kW froid, nettement supérieure à la puissance électrique absorbée ; la fiche ne parle que de la seconde. Second piège : la fiche vise le groupe de production de froid, pas l’installation entière. Les ventilateurs d’évaporateurs en chambre, les pompes de distribution extérieures au groupe ou les résistances de dégivrage ne sont pas le groupe. Sur une centrale livrée en châssis, la plaque donne en général la puissance électrique de l’ensemble des compresseurs, et c’est cette valeur que la fiche désigne.
| Grandeur | Ce que dit la fiche | Valeur |
|---|---|---|
| Montant unitaire | Forfait par kW de puissance électrique nominale du groupe de production de froid | 1 500 kWh cumac par kW |
| P | Puissance électrique nominale du groupe, en kW, lue sur la plaque signalétique ou à défaut sur un document du fabricant | Variable selon le groupe |
| Zone climatique, tranche, usage du froid | Non prévus par la fiche | Aucun coefficient |
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Avec un barème à une seule ligne, le montant se lit presque sur la plaque. Premier cas, un atelier de découpe de viande sur une centrale positive à trois compresseurs, plaque à 45 kW électriques : 1 500 × 45 = 67 500 kWh cumac. Deuxième cas, une usine de plasturgie dont le groupe d’eau glacée refroidit les moules de douze presses, plaque à 110 kW : 1 500 × 110 = 165 000 kWh cumac. Troisième cas, un entrepôt de surgelés avec une centrale négative à 180 kW et une centrale positive à 120 kW, chacune recevant sa régulation et son calcul : 1 500 × 180 = 270 000 kWh cumac pour la négative, 1 500 × 120 = 180 000 kWh cumac pour la positive, soit 450 000 kWh cumac pour le site. Quatrième cas, une fromagerie avec un groupe monobloc de cave d’affinage, plaque à 12 kW : 1 500 × 12 = 18 000 kWh cumac, un volume modeste qu’il faut connaître avant de se déplacer.
Le même tableau montre le coût d’une erreur de lecture. Le groupe d’eau glacée de la plasturgie annonce 330 kW frigorifiques pour 110 kW électriques. Retenir la puissance frigorifique donne 1 500 × 330 = 495 000 kWh cumac, trois fois le montant correct, et l’écart ne passe pas un contrôle. Photographier la plaque et lire la ligne de puissance électrique, jamais une brochure.
| Cas | Type de groupe | P (kW électriques) | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|---|---|
| Atelier de découpe | Centrale positive à détente directe | 45 | 1 500 × 45 | 67 500 |
| Plasturgie | Groupe d’eau glacée de process | 110 | 1 500 × 110 | 165 000 |
| Entrepôt de surgelés, centrale négative | Centrale à détente directe | 180 | 1 500 × 180 | 270 000 |
| Entrepôt de surgelés, centrale positive | Centrale à détente directe | 120 | 1 500 × 120 | 180 000 |
| Fromagerie | Groupe monobloc de cave | 12 | 1 500 × 12 | 18 000 |
Les conditions techniques : un professionnel, une facture explicite, une plaque lisible
Le point 3 de la fiche tient en trois phrases, et c’est ce dépouillement qui piège. Première condition : la mise en place est réalisée par un professionnel. La fiche ne demande ni qualification, ni attestation de capacité, ni agrément ; la lecture prudente est de faire intervenir une entreprise de génie frigorifique ou de régulation industrielle, avec devis et facture à son nom.
Deuxième condition, la preuve de réalisation, qui doit mentionner la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid. Une ligne « fourniture et pose d’un régulateur, référence X » est fragile : elle décrit un matériel, pas une fonction. Une ligne « mise en place d’un système de régulation à basse pression flottante sur la centrale positive, puissance électrique nominale 45 kW » répond au texte, nomme le groupe et prépare la lecture de P. La voie de secours prévue par la fiche, marque et référence sur la facture complétées par un document du fabricant établissant qu’il s’agit d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, se remplit avec la notice du régulateur si elle décrit la fonction de consigne flottante. La fiche ne dit pas que cette notice doive être datée ni jointe à la facture ; la prudence est de l’archiver dans la version correspondant à la référence facturée.
Ce que la fiche n’exige pas mérite d’être dit, pour ne pas inventer d’obstacles : pas d’étude préalable, pas de relevé de consommation avant et après, pas d’âge minimal du groupe, pas de régime de température particulier. Elle ne dit rien des compresseurs de secours : la lecture prudente est de s’en tenir à la puissance électrique inscrite sur la plaque, sans l’augmenter d’un moteur qui n’y figure pas. Elle ne dit pas non plus que le groupe doit être existant ; pour un groupe neuf livré avec la fonction intégrée dans son automate, la preuve de réalisation doit faire apparaître distinctement la mise en place du système de régulation, faute de quoi rien ne distingue l’opération d’un simple achat de groupe.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Lecture prudente |
|---|---|---|
| Installateur | Mise en place réalisée par un professionnel | Entreprise de génie frigorifique ou de régulation, devis et facture à son nom |
| Fonction du système | Adapte automatiquement la consigne de pression d’évaporation ou de température en sortie d’évaporateur selon le besoin de froid | Capteurs côté postes raccordés, consigne qui bouge réellement |
| Preuve de réalisation | Mentionne la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid ; à défaut marque et référence plus document du fabricant | Nommer la fonction, le groupe et sa puissance électrique sur la facture ; archiver la notice |
| Puissance P | Plaque signalétique du groupe, à défaut document du fabricant | Photo de la plaque avec numéro de série, puissance électrique et non frigorifique |
| Étude préalable, zone, âge du groupe, régime de température | Non mentionnés | Aucune pièce à produire à ce titre |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Un dossier IND-UT-115 est court : devis, facture, plaque, éventuellement notice du fabricant. Chaque pièce porte donc un poids décisif. Le premier motif de rejet est une facture muette : « intervention sur centrale frigorifique » ou « paramétrage automate » ne mentionnent pas la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid. Le deuxième est l’écart entre le facturé et l’installé : au contrôle sur site, une centrale dont la consigne d’aspiration est restée figée, ou dont l’option de flottement est présente mais désactivée, ne répond pas à la définition de la fiche. Il est prudent que le professionnel laisse la fonction active et consigne sur son rapport les consignes avant et après, même si la fiche ne l’exige pas.
Le troisième est la puissance : l’erreur frigorifique contre électrique, la plaque photographiée sur une autre centrale du site, et la somme indue. Reprenons l’entrepôt de surgelés : en ajoutant 60 kW de ventilateurs d’évaporateurs à la centrale négative, un dossier écrirait 1 500 × 240 = 360 000 kWh cumac là où la fiche donne 270 000. Le contrôleur ramène le dossier à la plaque, et la différence de 90 000 kWh cumac devient un motif de correction, voire d’annulation si l’intention paraît délibérée.
Dernier point, l’ordre des opérations. Un industriel qui a déjà signé le devis de son frigoriste puis cherche un mandataire arrive trop tard. Le bon ordre : photographier la plaque du groupe, faire rédiger un devis qui décrit la fonction de basse pression flottante et nomme le groupe, obtenir la proposition du mandataire ou de l’obligé, signer, poser, et faire reprendre les mêmes termes sur la facture.
- Facture qui ne mentionne pas la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, sans marque et référence complétées par un document du fabricant.
- P calculée sur la puissance frigorifique, sur la somme des équipements du local, ou sur une plaque qui n’est pas celle du groupe équipé.
- Fonction de flottement désactivée, ou consigne simplement relevée à une nouvelle valeur fixe : ce n’est pas une adaptation automatique au besoin de froid.
- Groupe desservant une activité tertiaire, pose sans professionnel, ou mandataire intervenu après la signature du devis.
Questions fréquentes
Combien de kWh cumac rapporte la fiche IND-UT-115 ?
1 500 kWh cumac par kW de puissance électrique nominale du groupe de production de froid, sans zone climatique, tranche ni usage du froid. Un groupe de 60 kW électriques vaut 1 500 × 60 = 90 000 kWh cumac. La puissance se lit sur la plaque signalétique du groupe, ou à défaut sur un document du fabricant.
Quelle est la différence entre basse pression flottante et haute pression flottante ?
La basse pression flottante, objet de la fiche IND-UT-115, agit côté évaporateur : elle relève la pression d’aspiration ou la température de sortie d’eau glacée quand le besoin de froid baisse. La haute pression flottante agit côté condenseur : elle abaisse la pression de condensation quand l’air extérieur est frais. Deux régulations distinctes, deux fiches différentes ; la fiche IND-UT-115 ne traite pas du cumul avec la haute pression flottante, c’est un point à faire valider par le délégataire.
Un groupe d’eau glacée est-il concerné, ou seulement les centrales à détente directe ?
Les deux. La fiche définit le système comme adaptant la consigne de pression d’évaporation ou de température en sortie de l’évaporateur. Sur un groupe d’eau glacée, la grandeur pilotée est la température de départ d’eau ou d’eau glycolée, que le régulateur fait remonter quand le process le permet. Le barème est le même, 1 500 kWh cumac par kW électrique.
Dois-je retenir la puissance frigorifique ou la puissance électrique du groupe ?
La puissance électrique nominale, en kW, telle qu’elle figure sur la plaque signalétique du groupe de production de froid. La puissance frigorifique, en général nettement supérieure, n’apparaît nulle part dans la fiche. Si la plaque est illisible, la fiche admet un document issu du fabricant du groupe, et rien d’autre.
Mon frigoriste a déjà activé la basse pression flottante dans l’automate l’an dernier. Puis-je déposer un dossier maintenant ?
Non, pour deux raisons. Le rôle actif et incitatif du mandataire ou de l’obligé doit être établi au plus tard le jour de l’engagement, donc avant la commande. Et il faut une preuve de réalisation qui mentionne la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, ou à défaut une marque et une référence complétées par un document du fabricant : une activation de paramètre passée, sans facture explicite, ne permet pas de constituer ces pièces. Les autres groupes du site qui n’ont pas encore cette fonction restent éligibles.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.