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Tertiaire · Fiche BAT-TH-161

BAT-TH-161 : jusqu’à 279 600 kWh cumac par groupe électrogène préchauffé par pompe à chaleur

Dans un hôpital ou un centre de données, le groupe électrogène de secours ne tourne presque jamais, mais son moteur est maintenu chaud en permanence pour démarrer en quelques secondes. Ce maintien est presque toujours assuré par des résistances électriques qui chauffent jour et nuit, toute l’année. La fiche BAT-TH-161 valorise leur remplacement par une pompe à chaleur air/eau, ou l’achat d’un groupe neuf qui en est équipé d’origine : 167 800 ou 279 600 kWh cumac par groupe selon sa puissance nominale, à partir de 800 kW. La fiche ne s’applique qu’aux opérations engagées avant le 1er août 2029.

Secteur
Tertiaire
Version applicable
v. A62-1
Durée de vie conventionnelle
11 ans

L'essentiel

  • Deux cas : une PAC air/eau qui remplace les résistances électriques de préchauffage d’un groupe électrogène de secours existant, ou un groupe neuf livré avec une PAC air/eau pour cette fonction. La PAC assure seule le maintien en température du moteur.
  • Secteur restreint : locaux, neufs ou existants, d’un centre de données (interne ou d’hébergement) ou d’un hôpital. Une salle informatique avec opérateurs n’est pas un centre de données au sens de la fiche.
  • Deux montants, par groupe : 167 800 kWh cumac quand la puissance nominale P est comprise entre 800 et 1 200 kW inclus, 279 600 kWh cumac au-delà de 1 200 kW. En dessous de 800 kW, rien.
  • COP d’au moins 4,1 si la PAC puise l’air hors du local technique (NF EN 14511, 7 °C / 45 °C), 5,2 si elle puise l’air dans le local (20 °C / 45 °C). Sur un groupe existant, sa puissance thermique couvre ce que produisait la résistance et au moins 75 % de la puissance électrique nominale de celle-ci.
  • Durée de vie conventionnelle : 11 ans. Le groupe reste un équipement de secours, utilisé seulement en cas de coupure du réseau ou pour les essais.

Ce que couvre la fiche BAT-TH-161, et ce que veut dire son code

La fiche BAT-TH-161 s’intitule « Maintien en température des groupes électrogènes de secours par pompe à chaleur de type air/eau ». Elle vise une opération peu connue : remplacer les résistances électriques qui réchauffent et maintiennent en température le moteur thermique d’un groupe électrogène de secours par une pompe à chaleur air/eau, ou acheter un groupe de secours neuf déjà équipé d’une telle PAC.

Le code se lit en trois blocs. BAT désigne le secteur des bâtiments tertiaires. TH renvoie à la famille thermique, celle des opérations qui touchent à la production ou à l’usage de la chaleur. 161 est le numéro d’ordre de la fiche dans cette famille. La version en vigueur est la A62-1, et la durée de vie conventionnelle est de 11 ans : c’est la période sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées, d’où l’unité en kWh cumac.

Le champ d’application est étroit. La fiche ne s’applique qu’aux locaux, neufs ou existants, d’un centre de données ou d’un hôpital. Le centre de données est défini comme un site physique regroupant des installations informatiques, serveurs, routeurs, commutateurs, disques durs, qui stockent et distribuent des données via un réseau interne ou Internet, qu’il soit interne à une entreprise ou d’hébergement. La fiche précise qu’il ne s’agit pas de salles informatiques où des opérateurs saisissent ou traitent des données. Enfin, la fiche fixe elle-même sa fin : elle s’applique aux opérations engagées avant le 1er août 2029.

Pourquoi une pompe à chaleur sur un groupe de secours fait économiser de l’électricité

Un groupe électrogène de secours est un gros moteur diesel accouplé à un alternateur. Dans un hôpital ou un centre de données, il doit reprendre la charge en quelques secondes après une coupure, ce qu’un moteur froid ne permet pas : huile visqueuse, jeux mécaniques hors des valeurs de fonctionnement, combustion incomplète. Le fabricant impose donc de maintenir le liquide de refroidissement tiède en permanence, par des résistances électriques immergées dans le circuit d’eau du moteur. Pilotées par thermostat, elles cyclent toute l’année, 24 heures sur 24, pour un équipement qui ne produit du courant que quelques heures par an pendant les essais. Un site qui aligne plusieurs groupes cumule ainsi un chauffage permanent, noyé dans la consommation générale.

Une résistance transforme un kilowattheure électrique en un kilowattheure de chaleur, pas plus. Une pompe à chaleur air/eau déplace de la chaleur depuis l’air ambiant vers le circuit d’eau du moteur : pour un kilowattheure consommé par le compresseur, elle en fournit plusieurs. C’est le COP, coefficient de performance. Avec un COP de 4,1, la même chaleur de maintien demande environ quatre fois moins d’électricité, et comme la température visée reste modeste, 45 °C dans les conditions d’essai de la fiche, la PAC travaille dans une plage où elle est efficace. La fiche distingue deux configurations : une PAC qui puise son air à l’extérieur du local technique subit le froid hivernal, et la fiche se contente d’un COP de 4,1 à 7 °C d’air entrant ; une PAC qui puise l’air à l’intérieur du local profite d’une ambiance plus douce, 20 °C à l’essai, et la fiche exige en contrepartie 5,2.

Qui peut en bénéficier

La fiche s’adresse aux propriétaires et exploitants de deux types de sites : les centres de données, internes ou d’hébergement, et les hôpitaux. Les locaux peuvent être neufs ou existants : un centre de données en construction qui commande ses groupes avec une PAC de maintien en température est dans le champ, au même titre qu’un hôpital qui rééquipe un groupe installé depuis quinze ans.

Le groupe doit être un équipement de secours : la fiche écrit qu’il n’est utilisé qu’en cas d’absence de fourniture d’électricité par l’alimentation normale des locaux, ou lors des essais de bon fonctionnement. Un groupe qui sert à l’effacement ou à une production régulière n’est pas un groupe de secours au sens de la fiche ; le carnet d’essais ou le compteur horaire permettent de le montrer. Le second filtre est la puissance nominale du groupe, au moins 800 kW : une puissance de groupe électrogène, pas celle de la PAC ni celle de la résistance remplacée. Enfin, la mise en place est réalisée par un professionnel, sans qualification nommée par la fiche. Comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant la signature du devis ou de la commande.

  • Éligible : groupe de secours d’au moins 800 kW, existant ou neuf, dans un hôpital ou un centre de données, dont le maintien en température est assuré seulement par une PAC air/eau.
  • Exclu : tout autre bâtiment tertiaire (bureaux, entrepôt, commerce, enseignement), et toute salle informatique avec opérateurs.
  • Exclu : groupe de moins de 800 kW, groupe utilisé pour autre chose que le secours et les essais, et PAC qui ne ferait qu’épauler des résistances conservées en service.

Comment se calcule le montant

Le barème est l’un des plus simples du catalogue : un forfait par groupe électrogène équipé, qui ne dépend que de la puissance nominale P du groupe en kW. Aucune zone climatique, aucune surface, aucune puissance de PAC n’entre dans le calcul. Entre 800 kW et 1 200 kW, bornes incluses, le montant est de 167 800 kWh cumac. Au-delà de 1 200 kW, il est de 279 600 kWh cumac, soit 111 800 kWh cumac de plus pour le même geste technique. Sur un site de plusieurs groupes, le total est la somme des forfaits, chaque groupe étant rangé dans sa tranche.

Un point de lecture important : la fiche écrit « puissance nominale » en kW, sans préciser davantage. Or les groupes électrogènes sont souvent désignés par leur puissance apparente en kVA, et leurs fiches techniques affichent plusieurs puissances selon le régime de fonctionnement. La lecture prudente consiste à retenir la puissance en kW de la plaque signalétique ou du document du fabricant, et à l’utiliser telle quelle dans tout le dossier, sans choisir après coup la valeur qui ferait franchir 1 200 kW. Pour convertir des kVA, le métier applique le facteur de puissance du groupe, en général 0,8 : une plaque à 1 250 kVA correspond à 1 250 × 0,8 = 1 000 kW. Ce facteur ne vient pas de la fiche.

Puissance nominale P du groupe électrogène équipéMontant en kWh cumac par groupe électrogène
800 kW ≤ P ≤ 1 200 kW167 800
P > 1 200 kW279 600

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Combien ça représente en vrai

Le forfait de la tranche haute vaut 279 600 divisé par 167 800, soit environ 1,67 fois celui de la tranche basse. Comme le barème ne regarde que la puissance du groupe, une petite PAC sur un groupe de 1 300 kW et une PAC plus grosse sur un groupe de 3 000 kW donnent le même montant. À l’inverse, un groupe de 1 200 kW tout juste et un groupe de 1 201 kW sont séparés par 111 800 kWh cumac. La puissance inscrite sur la plaque est la donnée qui fait le dossier.

Premier cas, un hôpital équipé de deux groupes de 1 000 kW, dont on remplace les résistances par une PAC air/eau sur chacun : 167 800 × 2 = 335 600 kWh cumac. Deuxième cas, un centre de données d’hébergement existant qui aligne quatre groupes de 2 000 kW : 279 600 × 4 = 1 118 400 kWh cumac. Troisième cas, un centre de données en construction qui commande six groupes neufs de 2 500 kW livrés avec leur PAC : 279 600 × 6 = 1 677 600 kWh cumac.

Quatrième cas, un centre hospitalier universitaire au parc hétérogène : trois groupes de 1 100 kW et deux groupes de 1 600 kW. Tranche basse, 167 800 × 3 = 503 400 kWh cumac ; tranche haute, 279 600 × 2 = 559 200 kWh cumac ; total du site, 503 400 + 559 200 = 1 062 600 kWh cumac. Un sixième groupe de 630 kW sur le même site ne rapporterait rien : il est sous le seuil de 800 kW.

CasGroupes concernésCalculMontant en kWh cumac
Hôpital, rééquipement2 groupes de 1 000 kW167 800 × 2335 600
Centre de données existant4 groupes de 2 000 kW279 600 × 41 118 400
Centre de données neuf6 groupes neufs de 2 500 kW279 600 × 61 677 600
CHU, parc mixte, tranche basse3 groupes de 1 100 kW167 800 × 3503 400
CHU, parc mixte, tranche haute2 groupes de 1 600 kW279 600 × 2559 200

Les conditions techniques : un COP mesuré, une PAC dimensionnée, une preuve qui le dit

La première exigence porte sur la performance de la PAC, à deux étages. Pour les PAC qui relèvent du règlement (UE) n° 813/2013 sur les dispositifs de chauffage, l’efficacité énergétique saisonnière doit atteindre au moins 111 %. Et « dans tous les cas », écrit la fiche, le COP doit atteindre au moins 4,1 pour une PAC qui utilise l’air à l’extérieur du local technique contenant le groupe, ou au moins 5,2 pour une PAC qui utilise l’air à l’intérieur de ce local. La fiche ne dit pas si une PAC donnée relève de ce règlement ; elle dit que l’exigence de COP s’applique quoi qu’il arrive. Le COP n’est pas une valeur de brochure : la fiche fixe la norme NF EN 14511 et les conditions, 7 °C d’air entrant et 45 °C d’eau sortante sur air extérieur, 20 °C et 45 °C sur air intérieur. Un COP affiché à 35 °C de sortie, généralement plus flatteur, n’est pas celui que demande la fiche.

La deuxième exigence concerne le dimensionnement, et elle ne joue que sur un groupe existant. La PAC se substitue à la résistance et assure intégralement le maintien en température. Sa puissance thermique est au moins égale à la puissance thermique réelle que produisait la résistance remplacée, et ne peut pas être inférieure à 75 % de la puissance électrique nominale de cette résistance. Deux bornes à respecter ensemble : une résistance de 16 kW nominaux qui ne produisait que 10 kW de chaleur à cause de son cycle thermostatique impose une PAC d’au moins 10 kW pour la première borne et d’au moins 0,75 × 16 = 12 kW pour la seconde ; c’est 12 kW qui s’impose. La fiche ne dit pas comment mesurer la puissance thermique réelle de la résistance ; la lecture prudente est de la relever avant les travaux, par une méthode que l’installateur décrit, puisque cette valeur doit figurer sur la preuve de réalisation. Pour un groupe neuf, cette règle n’existe pas.

La troisième exigence est documentaire. La preuve de réalisation, en pratique la facture, mentionne la mise en place d’une PAC air/eau assurant intégralement le maintien en température du moteur (ou d’un groupe neuf qui en comporte une), le COP mesuré selon la fiche et la puissance nominale du groupe en kW, et, sur un groupe existant, la puissance thermique réelle et la puissance électrique nominale de la résistance remplacée. Si la facture ne reprend pas ces termes, la fiche prévoit un rattrapage : marque et référence de l’équipement, les puissances exigées et la mention du maintien intégral, complétées par un document du fabricant ou d’un organisme accrédité NF EN ISO/IEC 17065 (COFRAC ou signataire de l’accord multilatéral de l’EA) qui atteste la nature de l’équipement et donne le COP mesuré selon la fiche. S’il porte une date de validité, ce document reste utilisable jusqu’à un an après cette date.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Avec des montants qui peuvent dépasser le million de kWh cumac sur un site de quatre groupes de la tranche haute, cette fiche attire l’attention au contrôle, et presque tous les motifs de rejet se lisent dans son texte. Le premier point sensible est le secteur : un groupe de secours de 1 000 kW dans un entrepôt frigorifique ou un siège social est une belle opération d’efficacité énergétique, mais elle n’entre pas dans la BAT-TH-161. Le deuxième est la puissance nominale, qui décide de l’éligibilité, à 800 kW, et de la tranche, à 1 200 kW. Un groupe désigné 1 500 kVA sur son devis correspond à 1 500 × 0,8 = 1 200 kW avec un facteur de puissance de 0,8 : il est dans la tranche basse, puisque la fiche écrit « P ≤ 1 200 kW » pour cette tranche et « 1 200 kW < P » pour la haute. Le déclarer en tranche haute sur la foi de ses kVA expose le dossier à une correction de 111 800 kWh cumac. Le troisième est le COP, qui doit être cohérent avec la configuration déclarée : une PAC posée dans le local technique avec une prise d’air intérieure doit atteindre 5,2, pas 4,1. Le dernier est le caractère intégral du maintien en température : si les anciennes résistances restent raccordées, la PAC n’assure pas seule la fonction.

  • Bâtiment hors champ : bureaux, logistique, commerce, enseignement, ou salle informatique avec opérateurs.
  • Groupe de moins de 800 kW, ou groupe dont l’usage dépasse le secours et les essais.
  • Tranche surévaluée : kVA pris pour des kW, ou valeur de puissance choisie après coup pour franchir 1 200 kW.
  • COP justifié hors des conditions de la fiche, ou seuil de 4,1 appliqué à une PAC qui puise l’air dans le local technique ; efficacité saisonnière absente alors que la PAC relève du règlement (UE) n° 813/2013.
  • PAC sous-dimensionnée sur un groupe existant, ou résistances conservées en service.
  • Preuve de réalisation incomplète, ou marque et référence sans document du fabricant ou d’un organisme accrédité.
  • Mandataire ou obligé intervenu après la signature du devis, ou opération engagée à compter du 1er août 2029.

Questions fréquentes

Combien vaut la BAT-TH-161 pour un groupe électrogène de 1 000 kW ?

167 800 kWh cumac, parce que 1 000 kW se situe dans la tranche de 800 à 1 200 kW inclus. Le montant est un forfait par groupe, indépendant de la puissance de la PAC et de la zone climatique. Trois groupes de 1 000 kW, chacun équipé de sa PAC, donnent 167 800 × 3 = 503 400 kWh cumac.

Mon groupe de secours fait 1 500 kVA. Est-il dans la tranche haute ?

Pas avec un facteur de puissance de 0,8, la valeur habituelle des groupes électrogènes : 1 500 × 0,8 = 1 200 kW, et la fiche range 1 200 kW inclus dans la tranche basse, soit 167 800 kWh cumac. La fiche raisonne en kW de puissance nominale sans préciser le régime à retenir ; la lecture prudente est de reprendre la valeur en kW du constructeur, sans changer de tranche sur la base d’une conversion.

Le groupe électrogène est dans un immeuble de bureaux ou un entrepôt. La fiche s’applique-t-elle ?

Non. La fiche limite son secteur aux locaux, neufs ou existants, d’un centre de données ou d’un hôpital, et exclut expressément les salles informatiques avec opérateurs. Un groupe de secours dans un autre bâtiment tertiaire, même au-dessus de 800 kW, n’ouvre pas droit à la BAT-TH-161.

Quel COP ma pompe à chaleur doit-elle atteindre ?

Au moins 4,1 si elle utilise l’air à l’extérieur du local technique, mesuré selon NF EN 14511 à 7 °C d’air entrant et 45 °C d’eau sortante. Au moins 5,2 si elle utilise l’air à l’intérieur de ce local, mesuré à 20 °C d’air pour 45 °C d’eau. Si la PAC relève du règlement (UE) n° 813/2013, son efficacité énergétique saisonnière doit aussi atteindre 111 %.

Nous construisons un centre de données et achetons des groupes neufs. Sont-ils concernés ?

Oui, c’est le second cas de la fiche : un groupe de secours neuf équipé d’une PAC air/eau pour le réchauffage et le maintien en température du moteur. Le barème est le même, et la règle des 75 % ne s’applique pas puisqu’il n’y a pas de résistance remplacée. La preuve de réalisation doit mentionner la PAC assurant intégralement cette fonction, son COP mesuré selon la fiche et la puissance nominale du groupe, et l’engagement doit intervenir avant le 1er août 2029.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.