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Industrie · Fiche IND-UT-122

IND-UT-122 : sécheur d’air à adsorption chauffé, jusqu’à 9 500 kWh cumac par kW de compresseur

Sur un réseau d’air comprimé, le sécheur peut consommer une part non négligeable de l’air produit sans que personne ne le remarque. La fiche IND-UT-122 valorise la mise en place d’un sécheur à adsorption régénéré par de la chaleur, résistances électriques ou récupération sur le compresseur ou le procédé, à la place d’un sécheur qui se régénère en gaspillant de l’air sec. Le montant se calcule sur la puissance électrique des compresseurs raccordés au sécheur, multipliée par un forfait qui dépend des horaires du site, dans un rapport de 1 à 4 entre une équipe et le feu continu.

Secteur
Industrie
Version applicable
v. A14-1
Durée de vie conventionnelle
15 ans

L'essentiel

  • La fiche valorise la mise en place, par un professionnel, d’un sécheur d’air comprimé à adsorption dont la régénération utilise un apport de chaleur : résistances électriques, ou chaleur récupérée sur un compresseur d’air ou sur un procédé industriel.
  • Un sécheur à adsorption régénéré uniquement par balayage d’air sec, dit sans chaleur, est explicitement exclu. Un sécheur frigorifique n’entre pas non plus dans la fiche.
  • Le montant est un forfait par kW de puissance électrique nominale des compresseurs connectés au sécheur : 2 300 kWh cumac en 1x8h, 5 000 en 2x8h, 6 800 en 3x8h avec arrêt le week-end, 9 500 en 3x8h sans arrêt le week-end.
  • P se lit sur les plaques signalétiques des compresseurs raccordés au sécheur, ou à défaut sur un document du fabricant. Ce n’est ni le débit d’air, ni la puissance du sécheur lui-même.
  • La facture doit nommer un sécheur d’air comprimé à adsorption à apport calorifique pour sa régénération, ou donner marque et référence complétées par un document du fabricant. Durée de vie conventionnelle : 15 ans.

Ce que couvre la fiche IND-UT-122, et ce que veut dire son code

La fiche IND-UT-122 porte sur la mise en place d’un sécheur d’air comprimé à adsorption utilisant un apport calorifique pour sa régénération. Sa dénomination précise d’où peut venir cette chaleur : de résistances électriques, ou d’une récupération sur un compresseur d’air ou sur un procédé industriel. Elle fixe aussi, dès le point 2, la frontière de l’opération : un sécheur à adsorption qui se régénère uniquement par balayage d’air sec n’est pas éligible.

Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur d’application, l’industrie. UT renvoie à la famille des utilités : air comprimé, froid, vapeur, vide, ces fluides que l’usine produit pour ses machines et qui pèsent lourd dans la facture électrique sans apparaître dans le produit fini. 122 est le numéro d’ordre dans cette famille.

La version lue est la A14-1. Le PDF ne porte aucune date d’engagement ni de fin d’application, et ne restreint pas le champ géographique. La durée de vie conventionnelle est de 15 ans : les économies sont comptées puis actualisées sur quinze années, d’où l’unité en kWh cumac, pour cumulés et actualisés. La fiche tient en cinq points, sans étude ni document justificatif spécifique au-delà de la preuve de réalisation : tout repose sur la nature exacte de l’équipement posé et sur la lecture des compresseurs qui l’alimentent.

Pourquoi un sécheur chauffé fait économiser de l’énergie

L’air aspiré par un compresseur contient de la vapeur d’eau que la compression concentre ; dès que l’air refroidit dans le réseau, elle condense et attaque canalisations, vérins et peintures. Le sécheur frigorifique est le plus répandu. Quand le procédé exige un air beaucoup plus sec, pharmacie, électronique, instrumentation, on passe au sécheur à adsorption, qui descend à un point de rosée nettement plus bas.

Un sécheur à adsorption est fait de deux colonnes remplies d’un dessiccant, alumine activée, gel de silice ou tamis moléculaire. L’air traverse la première colonne, dont les grains retiennent la vapeur d’eau. Quand elle est saturée, les vannes basculent, l’air passe dans la seconde, et la première doit être régénérée, c’est-à-dire débarrassée de l’eau captée. C’est là que tout se joue. Le sécheur dit sans chaleur régénère par balayage : il prélève une fraction de l’air sec déjà comprimé, le détend et le fait circuler à contre-courant dans la colonne saturée avant de le rejeter à l’atmosphère. Simple et robuste, mais coûteux : selon les conditions, une part sensible de l’air produit part ainsi à l’évent sans avoir servi, alors que l’air comprimé est l’énergie la plus chère de l’usine.

Le sécheur à apport calorifique remplace ce balayage par de la chaleur : un flux d’air pris dans l’atelier, chauffé par des résistances et poussé par une soufflante, chasse l’eau du dessiccant. La variante à chaleur de compression utilise l’air chaud qui sort du compresseur, typiquement sur une machine non lubrifiée, pour régénérer la colonne avant de le refroidir. Dans les deux cas, l’air de purge tombe à quelques pour cent, parfois à zéro. La fiche ne valorise donc pas le séchage, elle valorise la suppression d’une perte d’air comprimé, et c’est pour cela que le barème est assis sur la puissance des compresseurs et non sur celle du sécheur.

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est un site industriel qui dispose d’un réseau d’air comprimé et a besoin d’un air à point de rosée bas. La fiche parle de mise en place, sans condition sur la situation antérieure : remplacement d’un sécheur sans chaleur, ajout d’un sécheur à adsorption sur un réseau qui n’avait qu’un frigorifique, ou réseau neuf, elle ne distingue pas. La lecture prudente consiste à décrire dans le dossier ce qui existait avant, mais la fiche n’en fait pas une condition.

Le secteur est l’industrie, que la fiche ne définit pas davantage ; un entrepôt ou un garage qui utilise de l’air comprimé relève des fiches BAT. La mise en place doit être réalisée par un professionnel, sans qualification particulière exigée. Enfin, comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, c’est-à-dire avant la signature du devis.

Comment se calcule le montant

Le montant en kWh cumac est le produit d’un forfait par P. Le forfait dépend d’un seul paramètre, le mode de fonctionnement du site, en quatre classes : 1x8h, 2x8h, 3x8h avec arrêt le week-end, 3x8h sans arrêt le week-end. P est la somme des puissances électriques nominales, en kW, des compresseurs d’air connectés au sécheur, lues sur la plaque signalétique de chaque machine ou à défaut dans un document du fabricant. Pas de zone climatique, pas de coefficient de débit, pas de distinction entre résistances électriques et chaleur de compression.

Trois confusions sont à écarter sur P. Prendre le débit du compresseur en m³/h : la fiche veut des kW électriques. Prendre la puissance du sécheur lui-même, résistances ou soufflante : elle n’entre pas dans le calcul. Prendre tous les compresseurs de la salle : seuls comptent ceux connectés au sécheur, pas ceux d’un réseau d’air général séparé.

Le mode de fonctionnement est celui du site, pas celui du compresseur. La fiche ne définit pas plus loin les quatre classes ; la lecture prudente est celle de l’organisation du travail en production : une, deux ou trois équipes du lundi au vendredi, ou trois équipes sept jours sur sept. Un site en 2x8h dont un compresseur reste sous pression la nuit n’est pas en 3x8h. Le dossier a intérêt à produire une pièce qui établit ce régime : planning d’équipes, horomètres des compresseurs ou courbe de charge électrique.

La structure du barème se comprend par les heures de marche : du 1x8h au 3x8h sans arrêt, le forfait passe de 2 300 à 9 500, un rapport d’environ 4,1, parce que le sécheur évite une perte d’air à chaque heure où les compresseurs tournent.

Mode de fonctionnement du siteMontant par kW de compresseurFormule
1x8h2 300 kWh cumac2 300 × P
2x8h5 000 kWh cumac5 000 × P
3x8h avec arrêt le week-end6 800 kWh cumac6 800 × P
3x8h sans arrêt le week-end9 500 kWh cumac9 500 × P
PSomme des puissances électriques nominales des compresseurs connectés au sécheur, en kWPlaque signalétique, ou à défaut document du fabricant

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Combien ça représente en vrai

Posons quatre installations typiques, avec les puissances lues sur les plaques des compresseurs raccordés au sécheur. Un atelier de mécanique de précision en une équipe, alimenté par un seul compresseur à vis de 37 kW : 2 300 × 37 = 85 100 kWh cumac. Une usine agroalimentaire en 2x8h, dont le réseau d’air de process est alimenté par deux compresseurs de 55 et 75 kW, soit 55 + 75 = 130 kW : 5 000 × 130 = 650 000 kWh cumac.

Une usine de plasturgie en 3x8h du lundi au vendredi, deux compresseurs de 90 kW connectés au sécheur, soit 180 kW : 6 800 × 180 = 1 224 000 kWh cumac. Une papeterie en feu continu, trois compresseurs de 110, 110 et 160 kW raccordés au même sécheur à chaleur de compression, soit 110 + 110 + 160 = 380 kW : 9 500 × 380 = 3 610 000 kWh cumac.

Le mode de fonctionnement pèse autant que la puissance : les 130 kW de l’agroalimentaire en 2x8h valent 650 000 kWh cumac, mais le même parc en 3x8h sans arrêt vaudrait 9 500 × 130 = 1 235 000 kWh cumac, presque le double.

CasMode de fonctionnementP (kW)CalculMontant en kWh cumac
Atelier de mécanique1x8h372 300 × 3785 100
Usine agroalimentaire2x8h1305 000 × 130650 000
Usine de plasturgie3x8h avec arrêt le week-end1806 800 × 1801 224 000
Papeterie en feu continu3x8h sans arrêt le week-end3809 500 × 3803 610 000

Les conditions techniques : la bonne technologie, nommée sur la facture

La fiche pose trois exigences et pas une de plus : une mise en place par un professionnel, une preuve de réalisation qui mentionne la mise en place d’un sécheur d’air comprimé à adsorption à apport calorifique pour sa régénération, et, à défaut de cette mention, la marque et la référence de l’équipement complétées par un document du fabricant qui confirme que cet équipement est bien un tel sécheur.

Le libellé de la facture décide donc du dossier. Un distributeur qui facture un « sécheur d’air type XYZ » sans autre précision ne fournit pas la preuve attendue. Le plus simple est de reprendre sur le devis puis sur la facture la formulation complète de la fiche, avec marque, référence et nature de l’apport de chaleur.

Le document du fabricant tranche aussi les cas limites. Certains sécheurs combinent une soufflante chauffée et un court balayage d’air sec en fin de cycle pour refroidir la colonne : la régénération reste assurée par la chaleur, et la fiche technique doit le dire. À l’inverse, un sécheur sans chaleur sur lequel on ajoute un réchauffeur d’appoint ne devient pas un sécheur à apport calorifique si le fabricant continue de le présenter comme un sécheur à balayage. La fiche ne fixe aucune exigence sur le point de rosée, la consommation d’air résiduelle ou le dimensionnement : ces points relèvent de l’offre du fournisseur, pas des conditions de délivrance.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
TechnologieSécheur d’air comprimé à adsorption à apport calorifique pour sa régénérationRésistances électriques, ou chaleur récupérée sur un compresseur ou un procédé ; le balayage d’air sec seul est exclu
InstallateurMise en place réalisée par un professionnelFacture au nom d’une entreprise, aucune qualification spécifique exigée
Preuve de réalisationMentionne la mise en place d’un sécheur d’air comprimé à adsorption à apport calorifique pour sa régénérationReprendre la formulation complète sur le devis et la facture
À défautMarque et référence sur la facture, plus un document du fabricant qui confirme la technologieFiche technique datée qui décrit le mode de régénération
Puissance PSomme des puissances électriques nominales des compresseurs connectés au sécheurPlaques photographiées, schéma du réseau montrant quels compresseurs alimentent le sécheur
Mode de fonctionnement1x8h, 2x8h, 3x8h avec ou sans arrêt le week-endRégime réel du site, étayé par planning d’équipes ou horomètres

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Avec des montants qui dépassent le million de kWh cumac dès qu’un site tourne en trois équipes, le dossier est regardé sur la technologie, sur P et sur le régime déclaré. L’erreur la plus coûteuse porte sur la notion de compresseurs connectés. Reprenons l’usine de plasturgie en 3x8h avec arrêt le week-end : deux compresseurs de 90 kW alimentent le sécheur, un troisième de 90 kW alimente un réseau séparé. Le montant juste est 6 800 × 180 = 1 224 000 kWh cumac. Compter les trois machines donnerait 6 800 × 270 = 1 836 000 kWh cumac, soit 612 000 kWh cumac de trop. Un schéma du réseau lève le doute.

Le compresseur de secours mérite une phrase à part. La fiche dit « connectés au sécheur » et ne parle pas de secours. La lecture littérale permet de compter un compresseur de secours raccordé au sécheur ; la lecture prudente consiste à ne compter que les machines qui tournent effectivement, ou à signaler clairement le choix dans le dossier. Sur trois compresseurs de 90 kW dont un de secours, l’écart est de 9 500 × 90 = 855 000 kWh cumac en 3x8h sans arrêt : assez pour documenter son choix plutôt que le laisser découvrir au contrôle.

  • Sécheur à adsorption sans chaleur, régénéré par balayage d’air sec : exclusion explicite de la fiche, quelle que soit la qualité du matériel.
  • Facture qui ne mentionne ni la dénomination complète, ni la marque et la référence complétées par un document du fabricant.
  • P surévaluée : compresseurs d’un autre réseau comptés, puissance du sécheur ajoutée, ou débit en m³/h confondu avec des kW.
  • Régime déclaré en 3x8h sans arrêt alors que la production ferme le week-end : le forfait passe de 9 500 à 6 800 kWh cumac par kW.
  • Mandataire ou obligé intervenu après la signature du devis : le rôle actif et incitatif doit être établi au plus tard le jour de l’engagement.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un sécheur à adsorption avec et sans chaleur ?

Les deux retiennent la vapeur d’eau sur un dessiccant, mais ne le régénèrent pas de la même façon. Le sécheur sans chaleur détend une partie de l’air déjà séché et le rejette à l’atmosphère à travers la colonne saturée. Le sécheur à apport calorifique chasse l’eau par de la chaleur et ne consomme que quelques pour cent d’air, parfois aucun. Seul le second est éligible à IND-UT-122.

Un sécheur à chaleur de compression est-il éligible à IND-UT-122 ?

Oui. La fiche cite parmi les sources de chaleur admises celle « récupérée sur un compresseur d’air », ce qui désigne le sécheur à chaleur de compression, régénéré par l’air chaud d’un compresseur non lubrifié avant refroidissement. Le forfait est le même qu’avec des résistances électriques : seuls comptent le mode de fonctionnement du site et la puissance des compresseurs connectés.

Sur quelle puissance se calcule le montant : celle du sécheur ou celle des compresseurs ?

Celle des compresseurs. P est la somme des puissances électriques nominales, en kW, des compresseurs connectés au sécheur, lues sur leur plaque signalétique ou à défaut dans un document du fabricant. La puissance du sécheur lui-même et le débit en m³/h n’entrent pas dans le calcul. Pour deux compresseurs de 55 et 75 kW en 2x8h : 5 000 × 130 = 650 000 kWh cumac.

Mon usine tourne en 3x8h du lundi au vendredi avec une équipe réduite le samedi matin. Quel régime déclarer ?

La fiche distingue le 3x8h avec arrêt le week-end, à 6 800 kWh cumac par kW, du 3x8h sans arrêt, à 9 500, sans définir ce qu’est un arrêt ni combien d’heures de marche le week-end font changer de classe. La lecture prudente est de retenir le 3x8h avec arrêt dès que la production s’interrompt une partie significative du week-end, et d’étayer le choix par le planning d’équipes et les horomètres.

Faut-il remplacer un ancien sécheur, ou un réseau neuf est-il éligible ?

La fiche parle de mise en place sans condition sur la situation antérieure : elle n’exige ni la dépose d’un sécheur sans chaleur, ni l’existence d’un sécheur frigorifique, et n’exclut pas un réseau neuf. Elle ne fixe pas non plus de date d’engagement dans sa version A14-1. La lecture prudente consiste à décrire dans le dossier la situation de départ et le besoin en air sec du procédé.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.