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Industrie · Fiche IND-UT-132

IND-UT-132 : un moteur asynchrone IE4 vaut de 3 188 à 1 600 000 kWh cumac selon sa puissance

Dans une usine, les moteurs électriques absorbent la plus grande part de l’électricité : pompes, ventilateurs, compresseurs, convoyeurs. La fiche IND-UT-132 valorise la mise en place d’un moteur asynchrone de classe IE4 au sens de la norme CEI 60034-30-1. Le montant se calcule à partir d’une seule donnée, la puissance utile lue sur la plaque, avec trois formules selon la tranche de puissance. Ramené au kilowatt, il varie dans un rapport de plus de 30 : il faut poser le calcul avant d’annoncer un volume.

Secteur
Industrie
Version applicable
v. A26-1
Durée de vie conventionnelle
15 ans jusqu’à 15 kW, 20 ans au-delà

L'essentiel

  • La fiche valorise la mise en place, par un professionnel, d’un moteur asynchrone haut rendement de classe IE4 selon la norme CEI 60034-30-1, dans l’industrie. Ni IE3, ni moteur synchrone, ni variateur.
  • Une seule variable : la puissance utile P en kW, lue sur la plaque signalétique, c’est-à-dire la puissance mécanique à l’arbre, pas la puissance électrique absorbée.
  • Trois formules : 4 900 × P + 2 600 de 0,12 à 0,75 kW, 700 × P + 12 000 de 0,75 à 375 kW, 1 600 × P de 375 à 1 000 kW. Hors de ces bornes, la fiche ne s’applique pas.
  • Le terme constant de 12 000 kWh cumac favorise les parcs de petits moteurs : vingt moteurs de 7,5 kW valent 345 000 kWh cumac, un seul moteur de 150 kW en vaut 117 000.
  • La facture doit écrire « moteur asynchrone de classe IE4 selon la norme CEI 60034-30-1 » et la puissance utile ; sinon, marque et référence plus un document du fabricant. Durée de vie : 15 ans jusqu’à 15 kW, 20 ans au-delà.

Ce que couvre la fiche IND-UT-132, et comment lire son code

La fiche IND-UT-132 porte sur la mise en place d’un moteur asynchrone haut rendement de classe IE4 selon la norme CEI 60034-30-1. Chaque mot de la dénomination compte : asynchrone désigne la technologie, IE4 le niveau de rendement, CEI 60034-30-1 la norme qui le définit. Elle s’applique aux moteurs dont la puissance utile est comprise entre 0,12 kW et 1 000 kW, bornes incluses.

Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur d’application, l’industrie. UT renvoie à la famille des utilités, les équipements transversaux qui font tourner l’usine sans être le procédé lui-même. 132 est le numéro d’ordre dans cette famille.

La version en vigueur est la A26-1. Le texte ne porte ni date d’entrée en application, ni date de fin, ni restriction géographique. La durée de vie conventionnelle est à deux niveaux : 15 ans pour un moteur de puissance inférieure ou égale à 15 kW, 20 ans au-delà. C’est la période sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées, d’où l’unité en kWh cumac. Un gros moteur industriel reste en service plus longtemps qu’une petite pompe, et la fiche en tient compte.

Pour qui connaît le catalogue : la variation électronique de vitesse sur un moteur asynchrone relève d’une autre fiche du volet industriel, IND-UT-102. La fiche IND-UT-132 ne valorise que le moteur, et ne dit rien du variateur qui peut l’accompagner.

Pourquoi un moteur IE4 consomme moins pour le même travail

Un moteur asynchrone transforme l’électricité en rotation grâce à un champ magnétique tournant créé par le stator, qui entraîne le rotor par induction. Une partie de l’énergie se perd en chaleur : effet Joule dans les bobinages et la cage du rotor, pertes dans le fer, frottements des roulements et du ventilateur. Le rendement est le rapport entre la puissance mécanique rendue à l’arbre et la puissance électrique absorbée.

La norme CEI 60034-30-1 classe les moteurs par niveau de rendement : IE1 standard, IE2 haut rendement, IE3 premium, IE4 super premium, avec un seuil minimal pour chaque puissance et chaque polarité. Pour atteindre IE4 avec un moteur asynchrone, le constructeur agit sur toutes les pertes à la fois : davantage de cuivre au stator, tôles magnétiques plus fines, rotor en cuivre coulé plutôt qu’en aluminium, ventilateur optimisé.

Le gain de rendement entre deux classes paraît faible. Mais un moteur industriel tourne souvent plusieurs milliers d’heures par an pendant quinze ou vingt ans, et chaque gain se répète à chaque heure. C’est ce cumul que la fiche traduit en kWh cumac, par un forfait par moteur plutôt qu’une mesure sur site. La forme du barème s’explique ainsi : coefficient élevé par kW sur les petites puissances où le gain relatif est grand, terme constant qui pèse lourd à 5 kW et s’efface à 300 kW, montant proportionnel au-delà de 375 kW pour des machines qui tournent en continu.

Qui peut en bénéficier

La fiche s’adresse aux sites industriels : le secteur d’application est l’industrie, sans autre précision. Cela couvre l’atelier de production comme les utilités du site, pompage, air comprimé, ventilation de process. Un entrepôt logistique ou un immeuble de bureaux relèvent du tertiaire et d’autres fiches.

Le matériel visé est précis : un moteur asynchrone de classe IE4, de 0,12 kW à 1 000 kW de puissance utile. La fiche écrit « asynchrone » : un moteur synchrone à aimants permanents ou à réluctance variable, même certifié IE4 ou IE5, n’est pas l’équipement décrit. La lecture prudente est de s’en tenir au moteur asynchrone à cage. À l’autre bout, un moteur IE3, même très performant, n’ouvre pas droit à la fiche.

La fiche ne dit rien de la situation de départ. Elle n’exige pas que le moteur IE4 remplace un moteur existant, ne fixe pas d’âge minimal pour l’ancien, n’exclut pas une machine neuve. Elle ne demande ni qualification de l’installateur au-delà du mot professionnel, ni étude préalable, ni relevé d’heures de fonctionnement. Comme pour toute opération CEE, celui qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant la signature du devis ou du bon de commande.

  • Éligible : moteur asynchrone de classe IE4 selon CEI 60034-30-1, de 0,12 kW à 1 000 kW de puissance utile, mis en place par un professionnel sur un site industriel.
  • Exclu par le texte : classe IE1, IE2 ou IE3 ; puissance hors bornes ; pose sans professionnel.
  • Hors dénomination : moteur synchrone à aimants permanents ou à réluctance, quel que soit son rendement.

Comment se calcule le montant

Le montant dépend d’une seule grandeur, la puissance utile P du moteur en kW. La fiche la définit avec soin : c’est la puissance de la plaque signalétique, qui correspond à la puissance mécanique à l’arbre aux conditions de fonctionnement assignées par le constructeur. Elle doit figurer sur la preuve de réalisation, ou à défaut sur un document du fabricant.

Trois pièges autour de P. La puissance utile est la puissance mécanique, pas la puissance électrique absorbée, toujours un peu plus élevée. Elle n’est pas non plus le produit tension × courant lu sur la même plaque, qui donne des kVA. Enfin, beaucoup de plaques portent deux lignes, 50 Hz et 60 Hz : on retient la puissance des conditions d’installation, en France le 50 Hz.

Le tableau du point 5 est intitulé « Montants en kWh cumac par kW », mais chacune de ses trois cases contient une formule appliquée à P, dont deux avec un terme constant. Appliquées telles qu’elles sont écrites, ces formules donnent directement le montant total du moteur : pour 90 kW, 700 × 90 + 12 000, soit 75 000 kWh cumac, et non ce résultat multiplié une seconde fois par 90. Les bornes sont précises : un moteur de 0,75 kW relève de la première formule, un moteur de 375 kW de la deuxième.

Puissance utile P (plaque signalétique)FormuleMontant en bas de trancheMontant en haut de tranche
0,12 kW ≤ P ≤ 0,75 kW4 900 × P + 2 600P = 0,12 kW : 3 188 kWh cumacP = 0,75 kW : 6 275 kWh cumac
0,75 kW < P ≤ 375 kW700 × P + 12 000P = 1 kW : 12 700 kWh cumacP = 375 kW : 274 500 kWh cumac
375 kW < P ≤ 1 000 kW1 600 × PP = 400 kW : 640 000 kWh cumacP = 1 000 kW : 1 600 000 kWh cumac

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Combien ça représente en vrai

Ramené au kilowatt, le barème est très favorable aux petits moteurs. Un moteur de 0,12 kW vaut 4 900 × 0,12 = 588 ; 588 + 2 600 = 3 188 kWh cumac, soit plus de 26 000 kWh cumac par kW. Un moteur de 150 kW vaut 700 × 150 = 105 000 ; 105 000 + 12 000 = 117 000 kWh cumac, soit 780 par kW.

Quatre cas courants. Une pompe de circulation de 0,55 kW : 4 900 × 0,55 = 2 695 ; 2 695 + 2 600 = 5 295 kWh cumac, durée de vie 15 ans. Un ventilateur d’extraction de 11 kW : 700 × 11 = 7 700 ; 7 700 + 12 000 = 19 700 kWh cumac, 15 ans. Un compresseur d’air de 90 kW : 700 × 90 = 63 000 ; 63 000 + 12 000 = 75 000 kWh cumac, 20 ans. Une pompe de process de 630 kW : 1 600 × 630 = 1 008 000 kWh cumac, 20 ans.

Le cas qui change la stratégie est le parc. Vingt moteurs de convoyeur de 7,5 kW valent chacun 700 × 7,5 = 5 250 ; 5 250 + 12 000 = 17 250 kWh cumac, et pour le lot 17 250 × 20 = 345 000 kWh cumac. Un seul moteur de 150 kW, même puissance cumulée, vaut 117 000 kWh cumac : près de trois fois moins, parce que le terme constant s’ajoute à chaque moteur.

Dernière observation, autour de 375 kW. Un moteur de 375 kW relève de la deuxième formule : 700 × 375 = 262 500 ; 262 500 + 12 000 = 274 500 kWh cumac. Un moteur de 400 kW relève de la troisième : 1 600 × 400 = 640 000 kWh cumac. Vingt-cinq kilowatts d’écart sur la plaque, et le montant fait plus que doubler. La fiche est écrite ainsi, sans explication : on applique la formule de la tranche où tombe la puissance de la plaque.

CasP (kW)CalculMontant en kWh cumacDurée de vie
Pompe de circulation0,554 900 × 0,55 + 2 6005 29515 ans
Ventilateur d’extraction11700 × 11 + 12 00019 70015 ans
Compresseur d’air90700 × 90 + 12 00075 00020 ans
Pompe de process6301 600 × 6301 008 00020 ans

Les conditions techniques : un professionnel, une classe, une puissance

La fiche pose trois conditions, et aucune autre. La mise en place est réalisée par un professionnel. La puissance utile est comprise entre 0,12 kW et 1 000 kW. La preuve de réalisation mentionne la mise en place d’un moteur asynchrone de classe IE4 selon la norme CEI 60034-30-1, et sa puissance utile.

Le mot professionnel n’est pas précisé : ni qualification, ni label, ni mention RGE. En pratique, l’intégrateur, l’électromécanicien ou le fournisseur qui livre, monte et raccorde le moteur établit la facture, qui sert de preuve. Une facture de fourniture seule ne décrit pas l’opération : le texte parle de mise en place, pas d’achat.

La fiche prévoit deux chemins pour la preuve. Le premier : la facture écrit en toutes lettres qu’un moteur asynchrone de classe IE4 selon la norme CEI 60034-30-1 a été mis en place, et donne sa puissance utile. Le second : elle mentionne la marque et la référence de l’équipement, et un document du fabricant atteste que cette référence est un moteur asynchrone de classe IE4 selon la norme, en précisant sa puissance utile. Une fiche technique du constructeur portant la référence exacte remplit ce rôle ; un catalogue générique, non. Une photographie lisible de la plaque du moteur posé, jointe au dossier, lève toute discussion sur P et sur la classe, puisque la plaque porte en général les deux.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
InstallateurMise en place réalisée par un professionnelFacture de mise en place, pas de simple fourniture
TechnologieMoteur asynchrone haut rendement de classe IE4 selon CEI 60034-30-1Asynchrone à cage ; un synchrone IE4 ou IE5 n’est pas la dénomination
Puissance utileEntre 0,12 kW et 1 000 kW, bornes inclusesMécanique à l’arbre, pas la puissance absorbée ni les kVA
Preuve, chemin 1Facture : moteur asynchrone de classe IE4 selon CEI 60034-30-1 et puissance utileLes mots exacts, moteur par moteur
Preuve, chemin 2Marque et référence sur la facture, plus document du fabricantFiche technique de la référence exacte, pas un catalogue

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Une fiche aussi courte laisse peu de place à l’interprétation, et l’essentiel du contrôle porte sur la facture. Les mots « IE4 » et « asynchrone » doivent y figurer, ou être prouvés par le document du fabricant rattaché à la référence facturée. Une facture qui dit « moteur haut rendement » sans classe, ou « IE3 » parce que le fournisseur a livré le modèle courant, ne répond pas à la fiche.

La deuxième source d’erreur est la puissance. Un compresseur dont la plaque indique 90 kW utiles et 97 kW absorbés vaut 700 × 90 = 63 000 ; 63 000 + 12 000 = 75 000 kWh cumac. Retenir 97 kW donnerait 700 × 97 = 67 900 ; 67 900 + 12 000 = 79 900 kWh cumac, soit 4 900 kWh cumac de trop. Près des bornes, le risque est plus grand : déclarer 380 kW pour un moteur dont la plaque dit 375 kW ferait passer de 274 500 à 1 600 × 380 = 608 000 kWh cumac.

Le bon ordre : faire intervenir le mandataire avant de commander, obtenir la fiche technique de la référence exacte, convenir du libellé de la facture moteur par moteur, puis photographier la plaque une fois le moteur posé. Le calcul tient alors en une multiplication et une addition, et le dossier passe.

  • Facture sans mention de la classe IE4 et de la norme, et sans marque ni référence permettant de rattacher un document du fabricant.
  • Moteur livré en IE3 alors que le devis annonçait IE4 : la plaque tranche.
  • Moteur synchrone à aimants permanents ou à réluctance déclaré en IND-UT-132 : la dénomination écrit « asynchrone ».
  • Puissance absorbée, kVA ou calibre du variateur retenus à la place de la puissance utile de la plaque ; puissance hors bornes (0,09 kW, 1 100 kW).
  • Plusieurs moteurs facturés avec une puissance globale : chaque moteur doit être identifié avec sa propre puissance utile, puisque le terme constant s’applique moteur par moteur.
  • Mandataire ou obligé intervenu après la commande : le rôle actif et incitatif doit être établi au plus tard le jour de l’engagement.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un moteur IE3 et un moteur IE4 ?

Deux niveaux de rendement définis par la norme CEI 60034-30-1 : IE3 est le niveau premium, IE4 le niveau super premium. La fiche IND-UT-132 ne valorise que la classe IE4 : un moteur IE3, même neuf, n’ouvre droit à rien.

Combien de kWh cumac pour un moteur IE4 de 22 kW ?

Un moteur de 22 kW relève de la tranche de 0,75 à 375 kW : 700 × 22 = 15 400 ; 15 400 + 12 000 = 27 400 kWh cumac, avec une durée de vie conventionnelle de 20 ans puisque la puissance dépasse 15 kW.

Un moteur synchrone à aimants permanents de classe IE4 ou IE5 est-il éligible ?

La dénomination écrit « moteur asynchrone haut rendement de classe IE4 ». Un moteur synchrone à aimants permanents ou à réluctance variable n’est pas un moteur asynchrone, même s’il atteint ou dépasse la classe IE4. La lecture prudente est de ne déposer en IND-UT-132 que des moteurs asynchrones à cage, sans compter sur une tolérance que le texte n’écrit pas.

Faut-il remplacer un ancien moteur, ou la fiche vaut-elle aussi sur une machine neuve ?

La fiche ne dit rien de la situation de départ : elle parle de mise en place d’un moteur IE4, sans exiger la dépose d’un moteur existant, sans âge minimal et sans condition sur l’installation qui le reçoit. Ce qui compte : un moteur asynchrone IE4 de 0,12 à 1 000 kW, mis en place par un professionnel, et une facture ou un document du fabricant qui le prouve.

Quelle puissance retenir : celle de la plaque, celle du variateur ou la puissance absorbée ?

La puissance utile de la plaque signalétique, c’est-à-dire la puissance mécanique à l’arbre aux conditions assignées par le constructeur. Ni la puissance électrique absorbée, ni les kVA, ni le calibre du variateur. En cas de double marquage 50 Hz et 60 Hz, on retient la valeur des conditions d’installation.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.