BAR-TH-117 : jusqu’à 1 700 kWh cumac par robinet thermostatique posé sur un radiateur existant
C’est l’une des fiches les plus simples du résidentiel. La BAR-TH-117 valorise la pose de robinets thermostatiques sur des radiateurs qui existent déjà, raccordés à une chaudière à combustible qui existe déjà. Pas de surface à mesurer, pas de rendement à prouver : le montant est un forfait par robinet, selon le type de logement et la zone climatique, multiplié par le nombre de robinets posés. Le volume unitaire est modeste, mais sur un immeuble collectif ou un parc de logements, la multiplication change d’échelle.
- Secteur
- Résidentiel
- Version applicable
- v. A14-1
- Durée de vie conventionnelle
- 20 ans
L'essentiel
- La fiche valorise la pose de robinets thermostatiques sur des radiateurs existants d’un chauffage central à combustible avec chaudière existante, dans un logement existant. On ajoute la régulation, pas le chauffage.
- Le montant est un forfait par robinet installé, de 650 à 1 700 kWh cumac selon trois types de logement et trois zones climatiques.
- Maison individuelle : 1 700 kWh cumac par robinet en H1, 1 400 en H2, 930 en H3. Appartement en chauffage collectif : 1 600, 1 300 et 890. Appartement en chauffage individuel : 1 200, 980 et 650.
- Deux conditions : la pose par un professionnel, et une facture qui mentionne des robinets thermostatiques, ou à défaut la marque et la référence du produit avec un document du fabricant qui l’atteste.
- Version A14-1, durée de vie conventionnelle de 20 ans. Radiateurs électriques hors champ, et la lecture prudente exclut aussi une pompe à chaleur comme générateur.
Ce que couvre la fiche BAR-TH-117
La fiche BAR-TH-117 s’intitule simplement Robinet thermostatique. Sa dénomination complète est plus précise et chaque mot compte : mise en place de robinets thermostatiques sur des radiateurs existants raccordés à un système de chauffage central à combustible avec chaudière existante. Les radiateurs, le réseau d’eau chaude et la chaudière doivent préexister. Ce qui est nouveau, c’est le robinet, et lui seul.
Le code se lit en trois blocs. BAR désigne les bâtiments résidentiels, par opposition aux fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie ou AGRI de l’agriculture. TH renvoie à la famille thermique, celle du chauffage, de l’eau chaude et du froid. 117 est le numéro d’ordre dans cette famille. Le point 1 précise le champ : bâtiments résidentiels existants, ce qui exclut la construction neuve.
La version en vigueur est la A14-1. Le PDF officiel n’indique pas de date d’engagement à compter de laquelle elle s’applique, ni de fin d’application, ni de restriction à l’outre-mer : le barème est donné pour les zones H1, H2 et H3. La durée de vie conventionnelle est de 20 ans, la durée sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées, d’où l’unité en kWh cumac, pour cumulés et actualisés. Un corps de robinet bien posé reste en service aussi longtemps que le radiateur.
Le mot combustible se prend au pied de la lettre. Il vise les chaudières gaz, fioul, propane, bois ou granulés. Il écarte les logements chauffés par convecteurs électriques, qui n’ont ni radiateurs à eau ni chaudière. Pour une pompe à chaleur, la fiche ne dit rien, mais une pompe à chaleur n’est pas une chaudière à combustible, et la lecture prudente consiste à ne pas la ranger dans le champ de la fiche.
Pourquoi un robinet thermostatique fait économiser du combustible
Un chauffage central classique régule la température en un seul point : le thermostat d’ambiance du séjour, s’il existe, décide quand la chaudière chauffe, et toutes les pièces reçoivent la même eau chaude au même moment. Or une chambre exposée au sud, une cuisine où l’on prépare le repas, une pièce où quatre personnes se tiennent n’ont pas les besoins du couloir nord. Sans régulation locale, ces pièces montent au-dessus de la consigne, on ouvre la fenêtre, et la chaleur produite par la chaudière part dehors.
Le robinet thermostatique corrige ce défaut pièce par pièce. Sa tête contient un élément sensible, une cartouche remplie de cire, de liquide ou de gaz, qui se dilate quand l’air ambiant chauffe. Cette dilatation pousse une tige qui referme progressivement le passage d’eau dans le corps du robinet. Quand la pièce se refroidit, l’élément se contracte et le débit reprend. Le radiateur ne reçoit que l’eau nécessaire pour tenir la température choisie sur la molette. Le mécanisme est purement mécanique, sans électricité ni pile, ce qui explique sa longévité.
Le gain vient de deux endroits. Chaque pièce est tenue à la température voulue au lieu d’être surchauffée par défaut. Et les apports internes et solaires sont pris en compte automatiquement : dès qu’une pièce chauffe toute seule, son radiateur se ferme. Dans un immeuble en chauffage collectif, où l’occupant n’a aucune action sur la chaudière, le robinet thermostatique est même la seule régulation à sa portée.
Une précision de métier : en fermant certains radiateurs, les robinets reportent le débit sur ceux restés ouverts, qui peuvent devenir bruyants. Un professionnel vérifie donc l’équilibrage et, sur une pompe à vitesse fixe, s’assure qu’un circuit reste ouvert. La fiche ne demande rien de tel, mais c’est ce qui fait qu’un chantier de robinets tient ses promesses.
Qui peut en bénéficier
La fiche s’adresse à tout occupant ou propriétaire d’un logement existant chauffé par un réseau d’eau chaude alimenté par une chaudière à combustible : propriétaire occupant d’une maison, bailleur, copropriété d’un immeuble en chauffage collectif, bailleur social pour un parc entier. Le barème distingue trois situations, et le dossier retient celle du logement équipé.
La maison individuelle est le premier cas. L’appartement avec chauffage individuel est le deuxième : chaque logement possède sa propre chaudière, le plus souvent murale au gaz, et son propre réseau de radiateurs. L’appartement avec chauffage collectif est le troisième : une chaufferie commune alimente tous les logements, et l’opération peut porter sur un appartement comme sur l’immeuble entier, en comptant les robinets de chaque logement.
La fiche n’impose aucune condition sur l’âge de la chaudière, son rendement, la présence d’un thermostat d’ambiance ou la surface du logement. En revanche, l’installation doit être existante dans toutes ses composantes : des robinets posés sur les radiateurs neufs d’une installation que l’on crée ne correspondent pas à la dénomination. Enfin, comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant la signature du devis.
- Éligible : maison ou appartement existant, chaudière gaz, fioul, propane ou bois existante, radiateurs à eau existants équipés de robinets manuels.
- Exclu : logement chauffé à l’électricité par convecteurs ou panneaux rayonnants, construction neuve, installation créée à l’occasion des travaux, pose par l’occupant lui-même.
- Lecture prudente : logement dont le générateur est une pompe à chaleur, la fiche parlant de chaudière à combustible et de rien d’autre.
Comment se calcule le montant
Le point 5 de la fiche donne un tableau à neuf cases et une formule : le montant en kWh cumac est la valeur lue dans le tableau, multipliée par N, le nombre de robinets thermostatiques installés. La valeur dépend du type de logement, en colonnes, et de la zone climatique, en lignes.
La hiérarchie des colonnes se comprend par la physique. La maison individuelle perd le plus de chaleur par ses parois et compte le plus de pièces aux expositions différentes : la régulation pièce par pièce y rapporte le plus. L’appartement en chauffage collectif suit, car sans robinet l’occupant ne règle sa température qu’en ouvrant la fenêtre. L’appartement à chaudière individuelle, qui dispose souvent déjà d’un thermostat d’ambiance, a moins à gagner.
La zone climatique joue dans un rapport proche de deux. En maison individuelle, on passe de 1 700 kWh cumac en H1 à 930 en H3, soit 930 divisé par 1 700, environ 55 %. Le rapport est le même dans les deux autres colonnes : 650 divisé par 1 200 donne environ 54 %, 890 divisé par 1 600 environ 56 %. La zone se détermine par le département du logement, pas par le ressenti : Lyon, Paris, Lille ou Strasbourg sont en H1, Nantes, Toulouse ou Bordeaux en H2, Marseille, Nice ou Montpellier en H3.
N est le nombre de robinets installés. La fiche ne le plafonne pas, mais sa dénomination fixe une borne naturelle : un robinet se pose sur un radiateur existant, donc N ne dépasse pas le nombre de radiateurs du logement. Un sèche-serviettes à eau raccordé au réseau compte, un radiateur électrique d’appoint non.
| Zone climatique | Maison individuelle | Appartement avec chauffage individuel | Appartement avec chauffage collectif |
|---|---|---|---|
| H1 | 1 700 kWh cumac par robinet | 1 200 kWh cumac par robinet | 1 600 kWh cumac par robinet |
| H2 | 1 400 kWh cumac par robinet | 980 kWh cumac par robinet | 1 300 kWh cumac par robinet |
| H3 | 930 kWh cumac par robinet | 650 kWh cumac par robinet | 890 kWh cumac par robinet |
| Formule | Valeur du tableau × N | N = nombre de robinets installés | Résultat en kWh cumac |
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Pris robinet par robinet, les montants sont petits. C’est le nombre qui fait le volume.
Premier cas, une maison à Lille, zone H1, chaudière gaz existante, huit radiateurs à robinets manuels. L’installateur pose huit robinets thermostatiques : 1 700 × 8 = 13 600 kWh cumac. La même maison à Marseille, zone H3, donnerait 930 × 8 = 7 440 kWh cumac, soit 6 160 kWh cumac de moins pour un chantier identique.
Deuxième cas, un appartement à Nantes, zone H2, chaudière murale gaz individuelle, cinq radiateurs : 980 × 5 = 4 900 kWh cumac. L’appartement à chauffage individuel est la colonne la moins valorisée du barème, et ce cas montre que la fiche prend son sens quand on la déploie sur plusieurs logements à la fois.
Troisième cas, une copropriété à Lyon, zone H1, chaufferie collective au gaz, quarante appartements de cinq radiateurs. Le syndic fait équiper l’ensemble : 40 × 5 = 200 robinets, et 1 600 × 200 = 320 000 kWh cumac. Quatrième cas, un bailleur social qui équipe cent vingt logements à chaudière individuelle à Strasbourg, zone H1, six radiateurs par logement : 120 × 6 = 720 robinets, et 1 200 × 720 = 864 000 kWh cumac. À ce niveau, une opération sans gros équipement pèse autant qu’un chantier lourd, pour quelques dizaines de minutes d’intervention par logement.
| Cas | Type de logement, zone | Robinets (N) | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|---|---|
| Maison à Lille | Maison individuelle, H1 | 8 | 1 700 × 8 | 13 600 |
| La même maison à Marseille | Maison individuelle, H3 | 8 | 930 × 8 | 7 440 |
| Appartement à Nantes | Chauffage individuel, H2 | 5 | 980 × 5 | 4 900 |
| Copropriété à Lyon | Chauffage collectif, H1 | 200 | 1 600 × 200 | 320 000 |
| Parc social à Strasbourg | Chauffage individuel, H1 | 720 | 1 200 × 720 | 864 000 |
Les conditions techniques : un professionnel, une facture qui le dit
Le point 3 de la fiche tient en trois phrases, et c’est sa particularité : aucune caractéristique n’est exigée du robinet lui-même. Pas de classe de régulation, pas de norme de produit, pas de distinction entre tête mécanique et tête électronique. La fiche demande que ce qui est posé soit un robinet thermostatique, et que la preuve de réalisation le dise.
Première condition : la mise en place est réalisée par un professionnel. Ni qualification, ni label, ni mention RGE ne sont cités. L’occupant qui achète ses têtes en magasin de bricolage et les visse lui-même ne remplit pas cette condition, même si le résultat technique est identique.
Deuxième condition : la preuve de réalisation, en pratique la facture, mentionne la mise en place de robinets thermostatiques. Une facture qui parle de robinetterie de radiateur ou de têtes de radiateur, sans le mot thermostatique, ne répond pas à la lettre du texte. La fiche ouvre alors une voie de rattrapage : la facture mentionne la mise en place d’un équipement avec sa marque et sa référence, et elle est accompagnée d’un document du fabricant indiquant que cet équipement est un robinet thermostatique. Une fiche technique du fabricant où figure la référence facturée suffit.
Un troisième point découle de la dénomination : le nombre de robinets facturés doit être cohérent avec le nombre de radiateurs existants. Sur un immeuble, un relevé par appartement évite toute discussion sur N.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Installation | Radiateurs existants, chauffage central à combustible, chaudière existante, bâtiment résidentiel existant | Chaudière gaz, fioul, propane ou bois déjà en service ; pas d’électrique |
| Installateur | Mise en place réalisée par un professionnel | Aucune qualification exigée, mais facture au nom d’une entreprise |
| Preuve de réalisation | Mentionne la mise en place de robinets thermostatiques | Le mot thermostatique doit figurer |
| Voie de rattrapage | Marque et référence sur la facture, plus document du fabricant | Joindre la fiche technique où la référence facturée apparaît |
| Nombre N | Nombre de robinets thermostatiques installés | Au plus un par radiateur existant ; détail par logement sur un immeuble |
| Colonne et zone | Trois types de logement, trois zones climatiques | Organisation réelle du chauffage et département du logement |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Une fiche à deux conditions laisse peu de place à l’erreur technique, et beaucoup à l’erreur de forme. Les dossiers BAR-TH-117 tombent parce que la facture ne dit pas ce qu’il faut, parce que la colonne est fausse, ou parce que l’installation n’était pas celle que décrit la dénomination.
L’erreur de colonne est la plus courante sur les immeubles. Un immeuble à chaufferie commune reste en chauffage collectif même si chaque logement a son compteur de chaleur. À l’inverse, un immeuble où chaque appartement a sa chaudière murale relève de la colonne individuelle, même si le syndic porte l’opération pour tous. Sur les 200 robinets de la copropriété lyonnaise, l’écart entre les deux colonnes est de 1 600 × 200 = 320 000 kWh cumac contre 1 200 × 200 = 240 000 kWh cumac : 80 000 kWh cumac de trop ou de moins.
L’erreur de périmètre vient ensuite. Un chantier qui remplace la chaudière et pose les robinets en même temps se trouve dans une zone que la fiche ne traite pas : elle parle de chaudière existante, sans dire si le remplacement simultané est admis. La lecture prudente : documenter que l’installation était en service avant les travaux, et distinguer les deux opérations sur le devis et la facture.
Le bon ordre : faire intervenir le mandataire avant de signer le devis, compter les radiateurs, vérifier comment l’immeuble est chauffé et dans quel département il se trouve, obtenir un devis puis une facture qui écrivent robinets thermostatiques avec marque et référence, et garder la fiche technique du fabricant. Alors le calcul tient en une multiplication et le dossier passe.
- Facture sans le mot thermostatique, et sans marque, référence et document du fabricant pour compenser.
- Mauvaise colonne : collectif déclaré en individuel ou l’inverse.
- Nombre N supérieur au nombre de radiateurs existants, ou sans détail par logement sur un immeuble.
- Générateur qui n’est pas une chaudière à combustible, installation créée ou logement neuf.
- Pose par l’occupant lui-même, ou facture de fourniture seule sans mise en place.
- Mandataire ou obligé intervenu après la signature du devis.
Questions fréquentes
Combien de kWh cumac vaut un robinet thermostatique en BAR-TH-117 ?
Entre 650 et 1 700 kWh cumac par robinet installé, selon le type de logement et la zone climatique. Maison individuelle : 1 700 en H1, 1 400 en H2, 930 en H3. Appartement avec chauffage individuel : 1 200, 980 et 650. Appartement avec chauffage collectif : 1 600, 1 300 et 890. Le total est cette valeur multipliée par le nombre de robinets posés.
Faut-il un installateur RGE pour la BAR-TH-117 ?
Non. La fiche ne mentionne aucune qualification, aucun label ni la mention RGE. Elle exige que la mise en place soit réalisée par un professionnel, c’est tout. Ce qui est exclu, c’est la pose par l’occupant lui-même.
Mon logement est chauffé par une pompe à chaleur ou par des radiateurs électriques. Suis-je éligible ?
Avec des radiateurs électriques, non : il n’y a ni radiateur à eau ni chaudière. Avec une pompe à chaleur sur radiateurs à eau, la fiche ne traite pas le cas : elle parle de chaudière à combustible, et une pompe à chaleur n’en est pas une. Lecture prudente : hors champ.
Les têtes thermostatiques électroniques ou connectées sont-elles acceptées ?
La fiche ne distingue pas les technologies. Elle demande que l’équipement posé soit un robinet thermostatique et que la facture le mentionne, ou à défaut qu’un document du fabricant l’atteste pour la marque et la référence facturées. Une tête électronique sur un corps de robinet de radiateur remplit cette fonction, à condition que la fiche technique du fabricant la désigne comme robinet thermostatique.
Peut-on remplacer des robinets thermostatiques déjà en place par des neufs ?
La fiche parle de mise en place sur des radiateurs existants, sans préciser qu’ils doivent être dépourvus de robinet thermostatique : elle ne traite pas le remplacement. Sa logique, une économie comptée sur 20 ans, suppose qu’on passe d’une absence de régulation locale à une régulation. La lecture prudente est de réserver l’opération aux radiateurs à robinets manuels, et de l’écrire sur le devis.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.