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Transport · Fiche TRA-SE-112

TRA-SE-112 : 6 000 kWh cumac par abonnement à un service d’autopartage en boucle

La fiche TRA-SE-112 ne récompense ni une voiture électrique ni une borne : elle valorise un abonnement. Chaque personne qui s’abonne pour au moins douze mois à un service d’autopartage en boucle, et qui utilise réellement un véhicule, rapporte 6 000 kWh cumac à l’opérateur du service. Une seule variable, le nombre d’abonnements, et quelques conditions à documenter dans un état récapitulatif. C’est l’une des rares fiches où bénéficiaire et professionnel sont la même entité, l’opérateur : l’attestation sur l’honneur est plus simple, mais toute la preuve repose sur un seul document.

Secteur
Transport
Version applicable
v. A15-1
Durée de vie conventionnelle
5 ans

L'essentiel

  • 6 000 kWh cumac par abonnement annuel, multipliés par le nombre N d’abonnements listés dans l’état récapitulatif. Aucun autre paramètre.
  • Le service fonctionne en boucle fermée : le véhicule revient à son lieu de prise en charge. La trace directe et le libre-service intégral ne sont pas visés.
  • Un abonnement compte s’il dure au moins 12 mois consécutifs et a servi au moins une fois dans les 12 mois suivant sa création ou son renouvellement. Une seule fois par personne sur la durée de vie de 5 ans.
  • Le bénéficiaire est l’opérateur, qui possède ou loue les véhicules et signe l’attestation. Pas de partie C, puisque professionnel et bénéficiaire ne font qu’un.
  • Un dossier regroupe des abonnements créés ou renouvelés sur 6 mois maximum. Version A15-1, flottes de catégories M1, L6e, L7e et N1.

Ce que couvre la fiche TRA-SE-112, et ce que veut dire son code

La fiche TRA-SE-112 porte un intitulé court : abonnement à un service d’autopartage en boucle. Elle définit l’autopartage comme la mise en commun, par un opérateur et au profit d’utilisateurs abonnés, d’une flotte de véhicules terrestres à moteur, chaque abonné pouvant prendre un véhicule sans conducteur pour le trajet de son choix et pour une durée limitée. Ce n’est donc ni de la location longue durée, ni du covoiturage, ni un service avec chauffeur.

Le code se lit en trois blocs. TRA désigne le secteur transport, à côté des fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie ou BAR du résidentiel. SE désigne la famille des services : l’opération n’est pas l’achat d’un équipement mais une prestation, ici un abonnement. Le nombre 112 est un numéro d’ordre. La version en vigueur est la A15-1 ; le document officiel ne porte pas de date d’application dans son corps, et nous n’en inventons pas.

Le périmètre est fixé par l’article R. 311-1 du code de la route : flottes de catégories M1, les voitures particulières ; N1, les utilitaires légers ; L6e et L7e, les quadricycles légers et lourds, ces voiturettes qui se multiplient dans les centres-villes. Deux-roues motorisés, vélos et véhicules plus lourds sont hors champ.

La durée de vie conventionnelle est de 5 ans : c’est la période sur laquelle sont comptées les économies de chaque abonnement, et celle pendant laquelle une même personne ne peut être comptabilisée qu’une fois.

Pourquoi un abonnement d’autopartage fait économiser de l’énergie

Une voiture particulière passe l’essentiel de son existence à l’arrêt, et son propriétaire la prend par réflexe, parce qu’elle est là et déjà payée. Quand le véhicule est partagé et facturé à l’usage, chaque trajet redevient une décision : les déplacements courts se font autrement, les courses se regroupent, et la voiture ne sort que pour ce qu’elle fait bien. Les enquêtes auprès des abonnés décrivent le même mécanisme : moins de kilomètres en voiture, et souvent la revente d’un véhicule personnel.

Le mot en boucle a un sens précis dans le métier. Un service en boucle, ou en station, impose de ramener le véhicule là où on l’a pris. C’est l’inverse du libre-service intégral, ou trace directe, où l’on laisse la voiture n’importe où dans un périmètre. La boucle oblige à réserver un créneau, donc à planifier, et elle évite les repositionnements de véhicules par l’opérateur : des usages plus réfléchis et moins de kilomètres à vide.

La fiche traduit tout cela par une valeur conventionnelle unique : 6 000 kWh cumac par abonnement, sur 5 ans. En oubliant l’actualisation propre au cumac, 6 000 kWh correspondent à l’énergie de quelques centaines de litres de carburant. On est loin d’un remplacement de chaudière, et c’est normal : l’économie ne vient pas d’un matériel mais d’un changement d’habitudes.

Qui peut en bénéficier

La fiche est explicite : le bénéficiaire et le professionnel sont l’opérateur mettant en œuvre l’opération. Ce n’est pas l’abonné qui touche quoi que ce soit, c’est l’entreprise, la coopérative, la régie ou l’association qui gère le service et qui possède ou loue les véhicules. Cette condition écarte les plateformes qui mettent en relation des particuliers louant leur propre voiture, et les éditeurs de logiciels de réservation qui ne contrôlent pas la flotte. En revanche, un opérateur qui loue sa flotte en longue durée auprès d’un loueur professionnel remplit la condition.

Du côté des abonnés, la fiche parle de personne, sans distinguer particulier ou salarié, et l’état récapitulatif exige le nom, le prénom et l’adresse de chacun. Habitants d’un quartier, salariés d’une zone d’activité ou agents d’une collectivité entrent dans le cadre dès lors que chaque abonnement est nominatif. Le texte ne dit rien d’un abonnement souscrit par une entreprise pour plusieurs conducteurs anonymes : la lecture prudente est de ne compter que des abonnements rattachés à une personne identifiée, puisque le compte unique s’applique par personne.

  • Éligible : opérateur qui possède ou loue une flotte M1, N1, L6e ou L7e, exploitée en boucle fermée au profit d’abonnés nominatifs.
  • Exclu : plateforme entre particuliers, service en trace directe, flotte de deux-roues ou de véhicules lourds.
  • L’abonné ne signe rien, mais son identité, son adresse et ses dates d’abonnement et de première utilisation doivent être exactes dans l’état récapitulatif.

Comment se calcule le montant

Le point 5 de la fiche tient en une ligne : 6 000 kWh cumac pour un abonnement annuel, multipliés par N, le nombre d’abonnements annuels au service. Pas de tranche, pas de coefficient, pas de distinction entre une citadine thermique et une voiturette électrique. Le montant d’un dossier est 6 000 × N, où N est le nombre de lignes de l’état récapitulatif qui respectent les conditions.

Le qualificatif annuel mérite attention. La fiche exige une durée minimale de 12 mois consécutifs et attribue 6 000 kWh cumac par abonnement annuel. Elle ne prévoit ni montant supérieur pour un abonnement de 24 ou 36 mois, ni fraction pour un abonnement plus court, qui n’est pas éligible du tout. La lecture prudente : un abonnement vaut 6 000 kWh cumac quelle que soit sa durée au-delà de 12 mois, et l’on ne multiplie pas par le nombre d’années souscrites.

La règle du compte unique encadre N dans le temps : un seul abonnement ou renouvellement par personne sur la durée de vie conventionnelle de 5 ans. Un abonné qui renouvelle chaque année ne rapporte pas 6 000 kWh cumac chaque année ; il compte une fois, à sa première inclusion dans un dossier, et ne peut réapparaître qu’après cinq ans. L’attestation le fait cocher noir sur blanc.

Enfin, le dossier est borné par la définition des dates. L’engagement est la plus ancienne des dates de création ou de renouvellement du lot, l’achèvement la plus récente, et l’écart ne peut dépasser 6 mois. La fiche ne limite pas le nombre de lots dans l’année, mais chacun doit tenir dans cette fenêtre de 6 mois.

ParamètreValeurSource
Montant par abonnement annuel6 000 kWh cumacFiche TRA-SE-112, point 5
Variable NNombre d’abonnements annuels listés dans l’état récapitulatifFiche TRA-SE-112, point 5
Formule6 000 × NRésultat en kWh cumac
Durée de vie conventionnelle5 ansFiche TRA-SE-112, point 4
Durée minimale d’un abonnement12 mois consécutifsFiche TRA-SE-112, point 3
Utilisation exigéeAu moins une fois dans les 12 mois suivant la création ou le renouvellementFiche TRA-SE-112, point 3
Compte uniqueUn abonnement ou renouvellement par personne sur 5 ansFiche TRA-SE-112, point 3
Fenêtre d’un dossier6 mois maximum entre la première et la dernière date du lotFiche TRA-SE-112, point 3

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Combien ça représente en vrai

Un service de quartier porté par une coopérative, avec six voitures en station et 45 nouveaux abonnés sur un semestre, obtient 6 000 × 45 = 270 000 kWh cumac. Un opérateur d’agglomération qui ouvre 320 abonnements entre janvier et juin arrive à 6 000 × 320 = 1 920 000 kWh cumac. Un opérateur présent dans plusieurs villes, avec 1 500 créations ou renouvellements sur six mois, dépose 6 000 × 1 500 = 9 000 000 kWh cumac.

La récurrence compte autant que la taille. Un lot couvrant au plus 6 mois, l’opérateur d’agglomération peut déposer deux lots par an : 320 abonnés au premier semestre et 280 au second donnent 6 000 × 320 = 1 920 000 puis 6 000 × 280 = 1 680 000, soit 1 920 000 + 1 680 000 = 3 600 000 kWh cumac. Mais les 280 doivent être des personnes jamais comptées auparavant. Le gisement d’un opérateur établi est fait de ses nouveaux abonnés, et des anciens dont le dernier passage dans un dossier remonte à plus de cinq ans, pas de son stock de fidèles renouvelés chaque année.

Dernier cas, une flotte d’entreprise ouverte aux salariés en boucle, gérée par un opérateur qui loue les véhicules : 60 salariés abonnés nominativement pour douze mois, tous ayant réservé au moins une fois, valent 6 000 × 60 = 360 000 kWh cumac. Si vingt d’entre eux n’ont jamais utilisé le service, le dossier retombe à 6 000 × 40 = 240 000 kWh cumac. C’est ce que valorise la fiche : des abonnés qui roulent partagé, pas des badges distribués.

CasCalculMontant en kWh cumac
Service de quartier, 45 abonnés6 000 × 45270 000
Opérateur d’agglomération, 320 abonnés6 000 × 3201 920 000
Opérateur multi-villes, 1 500 abonnés6 000 × 1 5009 000 000
Deux lots dans l’année, 320 puis 280 abonnés1 920 000 + 1 680 0003 600 000
Flotte d’entreprise, 40 abonnés actifs sur 606 000 × 40240 000

Les conditions techniques : un opérateur, une boucle, un état récapitulatif

La fiche n’exige aucune performance du véhicule. Ni motorisation, ni émissions, ni classe énergétique : une flotte thermique est aussi éligible qu’une flotte électrique, puisque l’économie vient du partage. Les conditions portent sur l’opérateur, sur le mode d’exploitation et sur chaque abonnement.

La preuve de réalisation n’est pas une facture classique : c’est l’état récapitulatif des abonnements, daté et signé par l’opérateur, qui mentionne a minima le nom, le prénom et l’adresse de chaque abonné, la date de premier abonnement ou de renouvellement, et la date de première utilisation au cours des 12 derniers mois. Cette troisième mention a une conséquence pratique : on ne peut pas constituer le dossier le jour où les abonnements sont créés, il faut attendre que chaque abonné ait pris un véhicule. Un lot se ferme quand toutes ses lignes ont une date d’utilisation, ou quand l’opérateur retire celles qui n’en ont pas.

L’attestation sur l’honneur suit l’annexe 1 de la fiche. Sa partie A reprend les caractéristiques du lot ; sa partie B, signée par l’opérateur en tant que bénéficiaire, contient les engagements habituels, dont l’absence de toute aide à l’investissement de l’ADEME. Il n’y a pas de partie C, la fiche le dit en toutes lettres. La version la plus récente du modèle ajoute à la partie A le coût de l’opération et les aides publiques prévisionnelles hors certificats.

Sur la date d’engagement, la fiche a une définition qui lui est propre : la date de création ou de renouvellement du plus ancien abonnement du lot. Comme pour toute opération CEE, le rôle actif et incitatif de celui qui valorise les certificats doit intervenir au plus tard à cette date. Concrètement, l’opérateur doit avoir formalisé sa relation avec le mandataire ou l’obligé au plus tard le jour où il ouvre le premier abonnement qu’il compte inclure.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
FlotteCatégories M1, L6e, L7e et N1 selon l’article R. 311-1 du code de la routeVérifier les cartes grises
OpérateurPossède ou loue les véhicules et gère le serviceUne plateforme entre particuliers ne remplit pas la condition
Mode d’exploitationBoucle fermée : véhicule rendu à son lieu de prise en chargeUn service mixte isole les abonnements du périmètre en boucle
Durée de l’abonnementAu minimum 12 mois consécutifsÉcarter les formules sans engagement
UtilisationAu moins une fois dans les 12 mois suivant la création ou le renouvellementAttendre la première réservation effective avant de fermer le lot
Compte uniqueUn abonnement ou renouvellement par personne sur 5 ansTenir un registre des personnes déjà comptées
Preuve de réalisationÉtat récapitulatif daté et signé : nom, prénom, adresse, date d’abonnement ou de renouvellement, date de première utilisationAucune ligne incomplète
Dates du dossierEngagement = création la plus ancienne ; achèvement = la plus récente ; 6 mois maximumCadrer le mandataire au plus tard au premier abonnement du lot

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Avec une fiche de service, il n’y a ni photo de plaque ni rapport d’essai : tout repose sur l’état récapitulatif et sur sa cohérence avec l’attestation et les données de l’opérateur. L’attestation prévient que le bénéficiaire peut être contacté par les services du ministère ou un organisme désigné pour vérifier la réalité de l’opération : un contrôleur peut demander le contrat d’abonnement et l’historique de réservation d’une personne tirée au hasard dans la liste.

Le bon réflexe consiste à construire le lot depuis le système de gestion du service : exporter, pour chaque abonnement de la fenêtre de six mois, l’identité, l’adresse, la date de création, la durée contractuelle et la date de première réservation honorée ; filtrer ce qui n’a pas douze mois d’engagement ou aucune utilisation ; croiser avec le registre des personnes déjà comptées ; et seulement alors arrêter N, dater et signer l’état.

  • Abonnement jamais utilisé dans les 12 mois : la ligne sort du lot. Les abonnements offerts en bienvenue et jamais activés sont le cas le plus fréquent.
  • Abonnement de moins de 12 mois consécutifs, formule mensuelle sans engagement ou contrat résilié avant douze mois : hors champ.
  • Service en trace directe déclaré en boucle. Un opérateur qui exploite les deux modes doit démontrer que les abonnements listés relèvent du périmètre en boucle.
  • Même personne comptée deux fois : création et renouvellement dans le même lot, ou abonné déjà valorisé dans un dossier de moins de cinq ans.
  • État récapitulatif incomplet : adresse manquante, date de première utilisation absente, document non daté ou non signé.
  • Écart de plus de 6 mois entre la première et la dernière date du lot : scinder avant dépôt, pas après.
  • Véhicules hors catégories M1, N1, L6e ou L7e : deux-roues, minibus, poids lourds.
  • Opérateur qui ne possède ni ne loue les véhicules, ou rôle actif et incitatif formalisé après la création du premier abonnement du lot.
  • Aide à l’investissement de l’ADEME reçue ou sollicitée pour l’opération.

Questions fréquentes

Combien rapporte la fiche TRA-SE-112 par abonné ?

6 000 kWh cumac par abonnement annuel, sans tranche ni coefficient. Le montant d’un dossier est 6 000 multiplié par le nombre d’abonnements qui remplissent les conditions : 12 mois consécutifs au moins, une utilisation dans les 12 mois, personne jamais comptée dans un dossier de moins de cinq ans. Le type de véhicule ne change rien.

L’autopartage entre particuliers est-il éligible à TRA-SE-112 ?

Non. La fiche exige un opérateur qui possède ou loue les véhicules et qui est à la fois le professionnel et le bénéficiaire. Sur une plateforme entre particuliers, les voitures appartiennent aux particuliers : la condition n’est pas remplie. Même réponse pour un éditeur de logiciel de réservation qui ne contrôle pas la flotte.

Un service en libre-service intégral, où l’on laisse la voiture n’importe où, est-il concerné ?

Non. La fiche impose une boucle fermée : le véhicule est rendu à son lieu de prise en charge, et l’attestation le fait confirmer par une case à cocher. Un opérateur qui exploite les deux modes ne peut lister que les abonnements rattachés au périmètre en boucle.

Qui touche les certificats : l’abonné ou l’opérateur ?

L’opérateur. La fiche le désigne comme bénéficiaire et professionnel ; c’est lui qui signe les parties A et B de l’attestation, et il n’y a pas de partie C. L’abonné ne signe rien, mais son identité, son adresse et ses dates doivent figurer dans l’état récapitulatif, et il peut être contacté en cas de contrôle.

Mes abonnés renouvellent chaque année : puis-je les compter chaque année ?

Non. La fiche n’admet qu’un seul abonnement ou renouvellement par personne sur la durée de vie conventionnelle de 5 ans. Un abonné compté dans un dossier ne peut réapparaître qu’une fois ce délai écoulé. Le gisement d’un opérateur établi est donc fait de ses nouveaux abonnés, puis des anciens dont la dernière valorisation remonte à plus de cinq ans.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.