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Industrie · Fiche IND-UT-116

IND-UT-116 : la haute pression flottante vaut jusqu’à 14 300 kWh cumac par kW électrique

Dans une usine, le groupe froid tourne souvent toute l’année, et il condense à une pression d’été même quand il gèle dehors. La fiche IND-UT-116 valorise l’ajout d’une régulation qui laisse la pression de condensation suivre la température extérieure. Le montant se calcule sur la puissance électrique nominale lue sur la plaque du groupe, avec quatre valeurs seulement, de 10 400 à 14 300 kWh cumac par kW. C’est l’une des fiches les plus simples du volet industrie, et l’une de celles où une erreur de lecture de la plaque coûte le plus cher.

Secteur
Industrie
Version applicable
v. A14-1
Durée de vie conventionnelle
14 ans

L'essentiel

  • La fiche valorise la mise en place, par un professionnel, d’un système de régulation à haute pression flottante sur un groupe de production de froid d’un site industriel. Le groupe reste en place, c’est sa façon de condenser qui change.
  • Le montant est un forfait par kW de puissance électrique nominale du groupe, lue sur la plaque signalétique ou à défaut sur un document du fabricant. C’est la puissance électrique, pas la puissance frigorifique.
  • Quatre valeurs : 14 300 kWh cumac par kW en H1 ou H2 et 13 500 en H3 quand le condenseur rejette sa chaleur dans l’atmosphère ; 11 700 en H1 ou H2 et 10 400 en H3 quand il condense sur l’eau d’une nappe ou d’un cours d’eau.
  • Condenseur à air, aéroréfrigérant, condenseur évaporatif, tour ouverte ou fermée : tout cela relève de la condensation « par rapport à l’atmosphère », la colonne la plus favorable. La « condensation à eau seule » est réservée à l’eau de nappe ou de cours d’eau.
  • La facture doit mentionner la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, ou à défaut la marque et la référence de l’équipement, complétées par un document du fabricant. Durée de vie conventionnelle : 14 ans.

Ce que couvre la fiche IND-UT-116

La fiche IND-UT-116 porte sur la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, permettant d’obtenir une haute pression flottante. Elle décrit elle-même la fonction attendue : calculer en continu la consigne optimale de pression de condensation en fonction de la température extérieure mesurée, puis réguler cette pression en ajustant la puissance de refroidissement au condenseur. Deux verbes, calculer et réguler, et une entrée obligatoire, la température extérieure.

Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur d’application, l’industrie. UT renvoie à la famille des utilités, les équipements qui servent le procédé sans être le procédé lui-même : air comprimé, froid, vapeur, moteurs. Le nombre 116 est un numéro d’ordre. La version en vigueur est la A14-1, sans date de fin d’application dans le texte.

La durée de vie conventionnelle est de 14 ans : c’est la période sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées, d’où l’unité kWh cumac. Un groupe froid industriel fonctionne souvent en continu, ce qui explique un barème sans distinction d’usage, là où la fiche tertiaire BAT-TH-134 sépare confort, datacenter et réfrigération. Pour les exploitations agricoles, c’est AGRI-UT-104 qui s’applique, avec son propre barème et une étude technique préalable. Le secteur du bénéficiaire fixe la fiche.

Pourquoi laisser flotter la haute pression fait économiser de l’électricité

Dans un circuit frigorifique, le compresseur aspire le fluide à basse pression côté évaporateur et le refoule à haute pression côté condenseur. L’électricité qu’il absorbe dépend de l’écart entre ces deux pressions : plus la pression de condensation est élevée, plus il faut de kilowatts électriques pour produire le même kilowatt de froid.

Or la pression de condensation est dictée par la température à laquelle le condenseur parvient à céder sa chaleur, donc par la température extérieure. Sur une installation à consigne fixe, le réglage est calé sur la journée la plus chaude de l’année, pour que le détendeur reste correctement alimenté. Le reste du temps, la régulation freine les ventilateurs ou pince le débit pour maintenir une pression d’été artificielle, et le compresseur paie cet écart toute l’année.

La haute pression flottante renverse ce fonctionnement. Une sonde extérieure alimente un régulateur qui recalcule en permanence la consigne : température extérieure mesurée plus un écart propre au condenseur, avec un plancher qui garantit l’alimentation du détendeur. Quand il fait frais, la consigne descend, le taux de compression baisse, et la consommation du compresseur suit. Ajuster la puissance de refroidissement au condenseur, comme l’écrit la fiche, c’est moduler la vitesse des ventilateurs, l’étagement des moteurs ou le débit d’eau pour suivre la consigne au lieu de la bloquer.

Cette logique explique le barème. En zone H1 ou H2, les heures fraîches sont nombreuses et la consigne peut descendre souvent : 14 300 kWh cumac par kW. En zone H3, la marge de descente est plus faible en moyenne annuelle : 13 500. Quand le condenseur est alimenté par l’eau d’une nappe ou d’un cours d’eau, il profite déjà d’une source stable et fraîche toute l’année, la régulation a moins de chemin à parcourir, et le forfait est plus bas, 11 700 ou 10 400.

Qui peut en bénéficier

La fiche s’adresse aux sites industriels qui disposent d’un groupe de production de froid, quel que soit l’usage du froid : chambres froides d’un atelier agroalimentaire, eau glacée d’une presse à injecter, bains de traitement, froid de process en chimie ou en pharmacie. Elle ne distingue ni la taille du groupe, ni le fluide, ni le type de compresseur, ni l’âge de l’installation.

Ce qu’elle exige tient en une ligne : la mise en place est réalisée par un professionnel. Aucune qualification particulière, aucune étude préalable, aucun seuil de puissance. Un industriel qui programmerait lui-même un abaissement de consigne sur son automate ne remplit pas cette condition.

Le point géographique mérite une lecture précise. Le barème est établi par zone climatique H1, H2 ou H3, et la fiche ne contient aucune mention explicite de la métropole ou de l’outre-mer. La lecture prudente consiste à retenir la zone qui ressort du département du site équipé, et à ne rien supposer de plus. Enfin, comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant la signature du devis.

  • Éligible : groupe froid d’un site industriel dont le condenseur rejette sa chaleur dans l’air, directement ou via un circuit d’eau et un aéroréfrigérant, une tour ou un condenseur évaporatif, ou qui condense sur l’eau d’une nappe ou d’un cours d’eau.
  • Exclu : régulation posée sans professionnel, ou simple abaissement d’une consigne fixe sans mesure de la température extérieure ni action sur le condenseur.
  • Hors champ : un bénéficiaire qui n’est pas un site industriel, lequel relève de BAT-TH-134 ou d’AGRI-UT-104.

Comment se calcule le montant

Le montant en kWh cumac est le produit d’une valeur du barème par P, la puissance électrique nominale du groupe de production de froid en kW. La valeur dépend de deux paramètres seulement : la zone climatique du site et le type de condensation. Quatre cases, pas une de plus.

P se lit sur la plaque signalétique du groupe, ou à défaut sur un document issu du fabricant. Le piège principal est la confusion avec la puissance frigorifique : sur un groupe d’eau glacée ou une centrale frigorifique, elle est en général deux à quatre fois supérieure à la puissance électrique absorbée, et la retenir fausse le dossier dans le même rapport. Second point : la fiche parle de la puissance du groupe, pas du seul compresseur. Quand la plaque donne plusieurs valeurs, compresseur, ventilateurs, total, c’est la puissance électrique nominale du groupe qu’il faut retenir, et le dossier doit montrer laquelle a été lue.

Le type de condensation est défini par la fiche. Sont « par rapport à l’atmosphère » les condenseurs à air sec, adiabatiques ou non, les condenseurs à eau associés à un aéroréfrigérant, les condenseurs évaporatifs, hybrides ou non, et les condenseurs à eau associés à une tour ouverte ou fermée, hybride ou non. Dès que la chaleur finit dans l’air extérieur, même après un circuit d’eau intermédiaire, on est dans la première colonne. La « condensation à eau seule » est réservée aux condenseurs alimentés par l’eau d’une nappe ou d’un cours d’eau.

Zone climatiqueCondensation par rapport à l’atmosphèreCondensation à eau seule (nappe, cours d’eau)Grandeur multipliée
H1 ou H214 300 kWh cumac par kW11 700 kWh cumac par kWP, puissance électrique nominale du groupe en kW
H313 500 kWh cumac par kW10 400 kWh cumac par kWP, puissance électrique nominale du groupe en kW

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Combien ça représente en vrai

Les quatre cases sont proches : 13 500 représente environ 94 % de 14 300, 11 700 environ 82 %, et 10 400 environ 73 %. La zone pèse donc moins que le type de condensation, et le type de condensation pèse moins que la puissance lue sur la plaque.

Quatre installations courantes, avec une puissance électrique nominale lue sur la plaque. Atelier agroalimentaire à Lyon, zone H1, centrale frigorifique à condenseur à air de 90 kW électriques : 14 300 × 90 = 1 287 000 kWh cumac. Abattoir à Toulouse, zone H2, groupes à condenseur à eau et tour ouverte totalisant 250 kW électriques : 14 300 × 250 = 3 575 000 kWh cumac. Usine de plasturgie à Marseille, zone H3, groupe d’eau glacée à condenseur évaporatif de 60 kW électriques : 13 500 × 60 = 810 000 kWh cumac.

Le quatrième cas montre le poids du type de condensation. Usine chimique à Nantes, zone H2, groupe de 120 kW électriques condensant sur l’eau d’une nappe : 11 700 × 120 = 1 404 000 kWh cumac. Le même groupe avec un aéroréfrigérant aurait donné 14 300 × 120 = 1 716 000 kWh cumac, soit 312 000 kWh cumac de plus. L’écart est réel mais contenu, parce que la fiche considère que l’eau de nappe apporte déjà une partie du gain.

CasZone, condensationP (kW électriques)CalculMontant en kWh cumac
Atelier agroalimentaire, LyonH1, atmosphère9014 300 × 901 287 000
Abattoir, ToulouseH2, atmosphère (tour ouverte)25014 300 × 2503 575 000
Plasturgie, MarseilleH3, atmosphère (évaporatif)6013 500 × 60810 000
Chimie, Nantes, sur nappeH2, eau seule12011 700 × 1201 404 000
Le même avec aéroréfrigérantH2, atmosphère12014 300 × 1201 716 000

Les conditions techniques : un professionnel, une régulation conforme, une facture qui le dit

Les conditions de la fiche se résument à trois exigences. La première est l’intervenant : la mise en place est réalisée par un professionnel. Aucune qualification nommée, aucune mention RGE, aucun bureau d’études imposé. Un devis et une facture au nom d’une entreprise de génie frigorifique ou d’automatisme industriel suffisent à l’établir.

La deuxième est la nature du système, qui découle de la dénomination : consigne calculée en continu à partir de la température extérieure mesurée, et régulation par la puissance de refroidissement au condenseur. Il faut donc une sonde extérieure raccordée au régulateur et un organe de modulation sur le condenseur : variateur sur les ventilateurs, étagement, vanne sur le circuit d’eau. Un pressostat réglé plus bas, ou une consigne abaissée à la main en hiver, ne remplit pas la définition.

La troisième est la preuve de réalisation, en pratique la facture. Elle mentionne la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid. Si elle ne le dit pas en ces termes, elle mentionne la marque et la référence de l’équipement posé, et un document issu du fabricant atteste que cet équipement est un système de régulation sur un groupe de production de froid. Dans les deux cas, la facture doit permettre d’identifier le groupe équipé, puisque c’est sa plaque qui fixe P.

Ce que la fiche n’écrit pas compte autant. Elle ne demande pas d’étude technique préalable, contrairement à la fiche tertiaire. Elle ne dit rien des compresseurs de secours : la lecture prudente est de retenir la puissance électrique nominale du groupe telle que la plaque l’affiche et, en cas de redondance, d’indiquer dans le dossier la valeur retenue et la raison. Elle ne fixe ni condition d’âge du groupe, ni seuil de puissance, ni exigence sur le fluide.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
InstallateurMise en place réalisée par un professionnelDevis et facture au nom d’une entreprise, aucune qualification nommée
Fonction du systèmeConsigne de condensation calculée en continu selon la température extérieure mesurée, régulation par la puissance de refroidissement au condenseurSonde extérieure et organe de modulation du condenseur effectivement raccordés
Preuve de réalisationMentionne la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froidÀ défaut : marque et référence, plus document du fabricant
Puissance PPuissance électrique nominale du groupe, plaque signalétique ou document du fabricantPuissance électrique, pas frigorifique ; photo lisible de la plaque
Type de condensationAtmosphère : air sec, aéroréfrigérant, évaporatif, tour ouverte ou fermée. Eau seule : nappe ou cours d’eauUne tour ou un aéroréfrigérant ne sont pas une condensation à eau seule

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Avec des montants qui dépassent le million de kWh cumac dès 70 kW électriques, un dossier IND-UT-116 est regardé de près. La fiche étant brève, les motifs de rejet se déduisent presque tous de son texte, et le premier porte sur P.

Reprenons la centrale agroalimentaire de Lyon. La plaque indique 90 kW électriques, mais la documentation commerciale met en avant une puissance frigorifique de 280 kW. Le bon montant est 14 300 × 90 = 1 287 000 kWh cumac. Un dossier déposé sur 280 kW afficherait 14 300 × 280 = 4 004 000 kWh cumac, plus de trois fois le volume dû, et un contrôleur qui photographie la plaque le voit en une minute. À l’inverse, retenir la seule puissance du compresseur quand la plaque donne une puissance du groupe supérieure prive le bénéficiaire d’une partie du montant.

Le bon ordre : photographier la plaque et relever la puissance électrique nominale du groupe avant toute commande, classer la condensation et la zone du site comme la fiche le fait, vérifier que le devis décrit une régulation à haute pression flottante avec sa sonde extérieure, faire intervenir le mandataire avant de signer, puis s’assurer que la facture reprend les termes de la fiche. Le calcul tient alors en une multiplication et le dossier passe.

  • P surévaluée : puissance frigorifique retenue à la place de la puissance électrique nominale de la plaque. C’est l’écart le plus grand et le plus facile à détecter.
  • P sans source : aucune photo de plaque, aucun document du fabricant, valeur reprise d’un devis.
  • Mauvaise colonne de condensation : tour ou aéroréfrigérant déclarés en « eau seule », ou condenseur sur nappe déclaré en « atmosphère » pour gagner 2 600 kWh cumac par kW en H1 ou H2, 3 100 en H3.
  • Facture qui ne mentionne ni la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, ni, à défaut, la marque et la référence complétées par un document du fabricant.
  • Système qui ne remplit pas la définition : consigne simplement abaissée, pas de sonde extérieure, pas d’action sur le condenseur, ou activation d’une option déjà présente sans équipement identifiable.
  • Mandataire ou obligé intervenu après la signature du devis : le rôle actif et incitatif doit être établi au plus tard le jour de l’engagement.

Questions fréquentes

Combien vaut la fiche IND-UT-116 pour mon groupe froid ?

Multipliez la puissance électrique nominale du groupe, lue sur sa plaque, par la valeur du barème : 14 300 kWh cumac par kW en zone H1 ou H2 et 13 500 en H3 si le condenseur rejette sa chaleur dans l’atmosphère, 11 700 en H1 ou H2 et 10 400 en H3 s’il condense sur l’eau d’une nappe ou d’un cours d’eau. Un groupe de 50 kW électriques à condenseur à air en H1 vaut 14 300 × 50 = 715 000 kWh cumac.

Puissance frigorifique ou puissance électrique : laquelle compte pour IND-UT-116 ?

La puissance électrique nominale du groupe de production de froid, en kW, telle qu’elle figure sur la plaque signalétique ou, à défaut, sur un document du fabricant. La puissance frigorifique, souvent deux à quatre fois plus élevée, n’intervient pas. Les fiches voisines AGRI-UT-104 et BAT-TH-134 raisonnent elles aussi en puissance électrique.

Mon condenseur est refroidi par une tour ou un aéroréfrigérant. Est-ce une condensation à eau seule ?

Non. La fiche classe dans la condensation « par rapport à l’atmosphère » les condenseurs à air sec, les condenseurs à eau associés à un aéroréfrigérant, les condenseurs évaporatifs et les condenseurs à eau associés à une tour ouverte ou fermée. La « condensation à eau seule » ne concerne que l’eau d’une nappe ou d’un cours d’eau. Une tour ou un aéroréfrigérant relèvent donc de la colonne la plus favorable.

Faut-il une étude technique préalable ou un installateur RGE pour IND-UT-116 ?

Ni l’un ni l’autre. La fiche exige seulement que la mise en place soit réalisée par un professionnel, et que la facture mentionne la mise en place d’un système de régulation sur un groupe de production de froid, ou à défaut la marque et la référence de l’équipement avec un document du fabricant. Vérifier la compatibilité du détendeur avec une pression de condensation réduite reste une bonne pratique de frigoriste, pas une pièce demandée.

Mon régulateur propose déjà la haute pression flottante en option. Puis-je déposer un dossier en l’activant ?

La fiche vise la mise en place d’un système de régulation, identifiable par sa marque et sa référence et facturé par un professionnel. Activer un paramètre existant sans aucun équipement installé ne correspond pas à cette description. En revanche, l’ajout d’une sonde extérieure, d’un variateur sur les ventilateurs du condenseur et d’un module de régulation, posés et facturés par un professionnel, entre dans la fiche si la facture le décrit dans les termes attendus.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.