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Industrie · Fiche IND-UT-114

IND-UT-114 : un moto-variateur synchrone vaut jusqu’à 17 800 kWh cumac par kW en pompage

Dans une usine, les moteurs électriques absorbent l’essentiel de la facture d’électricité, et la plupart sont encore des asynchrones à cage qui tournent à vitesse fixe. La fiche IND-UT-114 valorise une autre technologie : le moteur synchrone à aimants permanents ou à réluctance, livré avec son variateur, jusqu’à 1 MW. Le montant tient en une multiplication, une valeur du barème par la puissance de la plaque, et cette valeur dépend uniquement de ce que le moteur entraîne : entre un compresseur d’air et une pompe, elle varie presque du simple au double.

Secteur
Industrie
Version applicable
v. A24-2
Durée de vie conventionnelle
20 ans

L'essentiel

  • La fiche valorise la mise en place, par un professionnel, d’un moto-variateur synchrone à aimants permanents ou à réluctance de 1 MW ou moins, sur un site industriel. Les moteurs EC, pas à pas et à réluctance variable sont exclus en toutes lettres.
  • Forfait par kW de puissance nominale lue sur la plaque signalétique : 17 800 kWh cumac en pompage, 17 600 en ventilation, 14 500 sur un compresseur frigorifique, 11 400 pour toute autre application, 9 200 sur un compresseur d’air.
  • Aucune zone climatique, aucune distinction métropole et outre-mer, aucune condition sur le moteur remplacé : la seule variable est l’application, la seule borne le mégawatt.
  • Plusieurs moto-variateurs de caractéristiques identiques se déposent ensemble : on additionne leurs puissances nominales, application par application, puis on multiplie.
  • La preuve de réalisation nomme un moto-variateur synchrone à aimants permanents ou à réluctance et sa puissance nominale ; sinon marque, référence et un document du fabricant qui confirme les deux. Durée de vie conventionnelle : 20 ans.

Ce que couvre la fiche IND-UT-114, et ce que veut dire son code

La fiche IND-UT-114 porte sur la mise en place d’un moto-variateur synchrone à aimants permanents ou à réluctance, de puissance nominale inférieure ou égale à 1 MW. Un moto-variateur, c’est l’ensemble formé par un moteur électrique et le variateur qui l’alimente à fréquence réglable. Les deux vont de pair pour une raison physique : un moteur synchrone à aimants ou à réluctance ne sait pas, en règle générale, démarrer et se caler seul sur le 50 Hz du réseau. La fiche ne valorise donc ni un variateur ajouté sur un moteur asynchrone existant, ni un moteur synchrone pris isolément : elle valorise la motorisation complète, dans sa technologie.

Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur d’application, l’industrie. UT renvoie aux utilités, les équipements transversaux qui servent le procédé sans en faire partie : air comprimé, pompage, ventilation, froid, moteurs, par opposition aux fiches IND-BA du bâti industriel. 114 est le numéro d’ordre dans la série.

La durée de vie conventionnelle est de 20 ans : c’est la période sur laquelle les économies annuelles sont comptées puis actualisées pour donner le résultat en kWh cumac, pour cumulés et actualisés, et c’est ce qui explique le niveau des forfaits par kW. La fiche ne fixe ni zone climatique, ni distinction entre métropole et outre-mer, ni classe de rendement minimale, ni condition sur l’équipement remplacé. Le texte est court, et c’est dans ce qu’il ne dit pas que se logent les questions.

Pourquoi un moteur synchrone à aimants ou à réluctance consomme moins

Le moteur industriel le plus répandu est le moteur asynchrone à cage. Son rotor court après le champ tournant du stator sans jamais le rattraper, et c’est cet écart de vitesse, le glissement, qui induit dans la cage les courants producteurs de couple. Ce principe robuste se paie en pertes : les courants du rotor chauffent la cage par effet Joule, et le stator fournit en permanence un courant magnétisant qui ne produit aucun travail. À charge partielle ou à vitesse réduite, ces pertes fixes pèsent de plus en plus lourd, et le rendement chute.

Le moteur synchrone à aimants permanents supprime la cause principale de ces pertes. Son champ rotorique est fourni par des aimants, pas par un courant induit : le rotor tourne exactement à la vitesse du champ, sans glissement ni courant rotorique. Le rendement est supérieur à puissance nominale et, surtout, il se maintient à vitesse réduite et à charge partielle, là où l’asynchrone décroche. Le moteur synchrone à réluctance arrive au même résultat par un autre chemin : son rotor est un empilage de tôles découpées en barrières de flux, sans aimant ni enroulement, qui s’aligne sur le champ statorique parce que le flux passe plus facilement dans certaines directions. Il se passe en plus de terres rares. L’un comme l’autre exigent un variateur qui connaît la position du rotor : c’est la raison d’être du mot moto-variateur.

Le second gisement vient du variateur lui-même, et il est considérable sur les machines centrifuges. Pour une pompe ou un ventilateur, le débit varie avec la vitesse, la pression comme son carré et la puissance absorbée comme son cube. Réduire la vitesse de 20 % ramène la puissance à environ 0,8 × 0,8 × 0,8, un peu plus de la moitié, alors qu’une installation à vitesse fixe obtient le même débit réduit en fermant une vanne, c’est-à-dire en détruisant de l’énergie déjà produite. Cette physique éclaire la hiérarchie du barème : pompage et ventilation, où la loi du cube joue à plein, sont en tête ; le compresseur d’air ferme la marche parce qu’il travaille contre une pression de réseau constante. C’est une lecture technique, pas une explication donnée par la fiche, qui se contente de fixer les valeurs.

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est l’industriel qui fait installer le moto-variateur sur son site : propriétaire ou exploitant d’une usine, d’un atelier, d’une carrière, d’une station de traitement d’eau de procédé. La fiche indique simplement « Industrie » comme secteur d’application, sans seuil de taille, sans code d’activité et sans restriction géographique : ce qui compte est l’usage industriel du site, pas le statut de l’entreprise.

La fiche ne pose aucune condition sur l’existant. Elle ne demande pas que le moto-variateur remplace un moteur asynchrone, ne fixe pas d’âge au moteur déposé et n’exclut pas une ligne neuve. Elle ne dit rien non plus dans l’autre sens. La lecture prudente consiste à décrire dans le dossier la machine entraînée et, s’il y a un moteur remplacé, à le dire. Deux bornes encadrent l’accès : une puissance nominale inférieure ou égale à 1 MW avec l’une des deux technologies nommées, et une mise en place par un professionnel, le mandataire ou l’obligé étant intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant la signature du devis.

  • Éligible : moto-variateur synchrone à aimants permanents ou à réluctance, de 1 MW ou moins, installé par un professionnel sur un site industriel, quelle que soit l’application.
  • Exclu par le texte : moteur « EC », « pas à pas » ou « à réluctance variable », et tout moto-variateur de plus de 1 MW. Hors champ par construction : un moteur asynchrone, avec ou sans variateur.

Comment se calcule le montant

Le montant en kWh cumac est le produit d’une valeur du barème par P, la puissance nominale du moto-variateur en kW. La valeur dépend d’un seul paramètre, l’application de la machine entraînée, en cinq catégories : pompage, ventilation, compresseur d’air, compresseur frigorifique et autre application. Cette dernière ligne accueille convoyeurs, broyeurs, extrudeuses, agitateurs, treuils ou machines-outils.

P est la puissance nominale qui figure sur la plaque signalétique du moto-variateur, ou à défaut sur un document du fabricant. La fiche ne précise pas laquelle des deux plaques fait foi, celle du moteur en kW ou celle du convertisseur en ampères ou en kVA. La lecture prudente est de retenir la puissance nominale du moteur en kW, seule grandeur exprimée dans l’unité du barème, et de vérifier que le document du fabricant donne le même chiffre, car un variateur est souvent calibré au-dessus du moteur qu’il alimente.

Quand l’opération porte sur plusieurs moto-variateurs de caractéristiques identiques, la puissance à retenir est la somme, par type d’application, des puissances nominales de chaque équipement. Quatre pompes identiques de 22 kW se déposent comme un ensemble de 88 kW en pompage. Deux moto-variateurs de puissances différentes, ou l’un en pompage et l’autre en ventilation, donnent des lignes de calcul distinctes dont on additionne les résultats.

Application du moto-variateurMontant par kW de puissance nominaleFormule
Pompage17 800 kWh cumac17 800 × P
Ventilation17 600 kWh cumac17 600 × P
Compresseur frigorifique14 500 kWh cumac14 500 × P
Autre application11 400 kWh cumac11 400 × P
Compresseur d’air9 200 kWh cumac9 200 × P
PPuissance nominale en kW, plaque signalétique ou document du fabricantSomme par application pour des équipements identiques

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Combien ça représente en vrai

Posons quatre machines courantes, avec la puissance nominale lue sur la plaque du moteur. Une station de pompage d’eau de procédé équipée de deux pompes identiques de 45 kW, remotorisées en synchrone à aimants permanents : même modèle, même application, on additionne, 45 + 45 = 90 kW, puis 17 800 × 90 = 1 602 000 kWh cumac. Le ventilateur d’extraction d’une cabine de peinture, 30 kW : 17 600 × 30 = 528 000 kWh cumac. Un compresseur d’air à vis de 75 kW dont le moteur est remplacé par un synchro-réluctant avec son variateur : 9 200 × 75 = 690 000 kWh cumac. Le compresseur d’un groupe froid de procédé, 110 kW : 14 500 × 110 = 1 595 000 kWh cumac. Les quatre sur un même site : 1 602 000 + 528 000 + 690 000 + 1 595 000 = 4 415 000 kWh cumac. À puissance égale, les 75 kW du compresseur d’air en pompage auraient donné 17 800 × 75 = 1 335 000 kWh cumac : même moteur, même variateur, presque le double selon ce qu’il y a au bout de l’arbre.

Le haut de l’échelle est fixé par la borne du mégawatt : une pompe de 1 000 kW vaut 17 800 × 1 000 = 17 800 000 kWh cumac. Au-delà, la fiche ne plafonne pas P : une machine de 1 200 kW ne correspond simplement pas à la dénomination. En revanche, le texte ne dit rien d’un plafond sur la somme de plusieurs équipements identiques : trois pompes de 400 kW restent chacune sous le mégawatt, et la fiche demande d’additionner, soit 17 800 × 1 200 = 21 360 000 kWh cumac. C’est la lecture littérale, à assumer dans le dossier avec les trois plaques.

InstallationApplication retenueCalculMontant en kWh cumac
2 pompes identiques de 45 kW, soit 90 kWPompage17 800 × 901 602 000
Ventilateur d’extraction de 30 kWVentilation17 600 × 30528 000
Compresseur d’air à vis de 75 kWCompresseur d’air9 200 × 75690 000
Compresseur de groupe froid de 110 kWCompresseur frigorifique14 500 × 1101 595 000
Extrudeuse de 160 kWAutre application11 400 × 1601 824 000

Les conditions techniques : la bonne technologie, la bonne plaque, la bonne preuve

La première condition est la technologie, définie par renvoi à la norme CEI 60050-411/A1 : 2007 : machine synchrone dont la vitesse et la fréquence des tensions sont dans un rapport constant, inducteur fait d’aimants permanents, ou rotor non excité à saillies régulières pour le moteur à réluctance, éventuellement muni d’une cage de démarrage. Dans les catalogues, ces moteurs apparaissent sous les sigles PM, PMSM ou IPM pour les aimants permanents, SynRM ou synchro-réluctant pour la réluctance. Un moteur asynchrone, quelle que soit sa classe de rendement, n’entre dans aucune de ces définitions.

La fiche écarte ensuite trois familles en toutes lettres : les moteurs « EC », « pas à pas » et « à réluctance variable ». C’est le point le plus délicat du texte. Un moteur EC, à commutation électronique, est physiquement un moteur à aimants permanents piloté par une électronique intégrée, très répandu en ventilation. La fiche l’exclut pourtant nommément, sans donner de critère de distinction avec le moto-variateur synchrone qu’elle valorise. La lecture prudente est de s’en tenir à la désignation du fabricant : un produit documenté comme moteur EC ou ventilateur EC ne se dépose pas en IND-UT-114. De même, le moteur « à réluctance variable », à alimentation par impulsions commutées, est exclu alors que le moteur synchrone « à réluctance » est éligible : le vocabulaire de la fiche technique du constructeur doit être repris mot pour mot.

Viennent ensuite la puissance nominale, inférieure ou égale à 1 MW, et la mise en place par un professionnel : aucune qualification particulière n’est exigée, mais la fiche ne définit pas le professionnel : la lecture prudente est de disposer de la facture d’une entreprise extérieure plutôt que d’un montage par la maintenance du site. Enfin la preuve de réalisation, en pratique la facture, suit l’un de deux chemins. Soit elle mentionne la mise en place d’un moto-variateur synchrone à aimants permanents ou à réluctance et sa puissance nominale. Soit elle mentionne un équipement avec sa marque et sa référence, et un document du fabricant atteste que cette référence est un tel moto-variateur et précise sa puissance nominale. Une facture qui parle de « motorisation » ou de « moteur et variateur » ne remplit aucun des deux chemins sans la fiche constructeur.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier IND-UT-114 tient sur peu de pièces : un devis, une facture, une plaque ou une fiche constructeur, et la description de la machine entraînée. Chaque pièce est décisive. Le bon réflexe consiste à verrouiller trois choses avant la commande : la technologie, avec un document du fabricant qui emploie les mots de la fiche, la puissance nominale en kW et la référence exacte ; l’application, en rattachant la machine entraînée à l’une des cinq lignes du barème ; et la chronologie, en faisant intervenir le mandataire avant la signature. Une fois ces points calés, le calcul tient en une multiplication et le dossier passe.

  • Technologie non prouvée : facture qui parle de moteur, de motorisation ou de variateur sans qualifier le moteur, et aucun document du fabricant joint. C’est le défaut le plus courant.
  • Moteur EC déposé comme moto-variateur à aimants permanents, ou moteur asynchrone à haut rendement avec variateur présenté comme éligible : la documentation du produit le révèle immédiatement.
  • Puissance mal lue : ampères ou kVA du variateur retenus à la place des kW du moteur, ou puissance nominale supérieure à 1 MW, hors dénomination sans écrêtage.
  • Application gonflée : compresseur d’air déclaré en « autre application » ou en pompage pour gagner une ligne du barème, alors que la machine entraînée doit être identifiable dans le dossier.
  • Regroupement abusif : moto-variateurs de modèles ou de puissances différents additionnés sur une seule ligne, ou référence du document du fabricant qui ne correspond pas à celle de la facture.
  • Installation sans professionnel, ou mandataire intervenu après la signature du devis : le rôle actif et incitatif doit être établi au plus tard le jour de l’engagement.

Questions fréquentes

Un moteur IE4 avec variateur de fréquence est-il éligible à la fiche IND-UT-114 ?

Pas s’il s’agit d’un moteur asynchrone, et la plupart des moteurs IE4 du marché le sont. La fiche ne vise pas une classe de rendement mais une technologie : le moteur synchrone à aimants permanents ou à réluctance, livré avec son variateur. De nombreux moteurs synchro-réluctants ou à aimants permanents sont aussi classés IE4 ou IE5, mais c’est la mention de la technologie sur la documentation, pas la classe, qui fait l’éligibilité.

Les ventilateurs EC entrent-ils dans la fiche IND-UT-114 ?

Non. La fiche exclut en toutes lettres les moteurs « EC », alors même qu’un moteur EC fonctionne avec des aimants permanents, et elle ne donne pas de critère pour tracer la frontière. Un produit vendu comme ventilateur EC ou moteur EC ne se dépose pas en IND-UT-114, même pour une application de ventilation qui vaudrait 17 600 kWh cumac par kW.

Quelle puissance retenir quand le moteur et le variateur n’indiquent pas la même valeur ?

La fiche demande la puissance nominale lue sur la plaque signalétique du moto-variateur, ou à défaut sur un document du fabricant, sans dire laquelle des deux plaques fait foi. Retenez la puissance nominale du moteur en kW, seule grandeur exprimée dans l’unité du barème, confirmée par le document du fabricant. Les ampères ou les kVA du variateur ne sont pas une puissance nominale au sens de la fiche.

Combien vaut un moto-variateur IND-UT-114 de 55 kW ?

Cela dépend uniquement de l’application. En pompage, 17 800 × 55 = 979 000 kWh cumac. En ventilation, 17 600 × 55 = 968 000 kWh cumac. Sur un compresseur frigorifique, 14 500 × 55 = 797 500 kWh cumac. En autre application, 11 400 × 55 = 627 000 kWh cumac. Sur un compresseur d’air, 9 200 × 55 = 506 000 kWh cumac. Les heures de fonctionnement, l’âge du moteur remplacé et la zone climatique n’entrent pas dans le calcul.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.