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Transport · Fiche TRA-SE-111

TRA-SE-111 : 430 kWh cumac par autocar ou autobus sous contrat de gestion des pneumatiques

Pas de moteur à changer, pas de carburant alternatif, pas de chantier : la fiche TRA-SE-111 valorise un contrat. Celui par lequel un exploitant d’autocars ou d’autobus confie la totalité de son poste pneumatique à un professionnel, aux côtés du manufacturier des pneus. Le barème est l’un des plus simples du catalogue, 430 kWh cumac par véhicule multiplié par le nombre de véhicules sous contrat, pour une durée de vie conventionnelle d’un an. La difficulté n’est pas dans la multiplication, elle est dans le contrat lui-même, dont la fiche dicte le contenu ligne par ligne.

Secteur
Transport
Version applicable
v. A14-1
Durée de vie conventionnelle
1 an

L'essentiel

  • 430 kWh cumac par véhicule de catégorie M2 ou M3 en gestion optimisée, multipliés par le nombre N de véhicules sous contrat. Aucune zone climatique, aucun kilométrage, aucune différence entre un minibus et un autobus articulé.
  • Une opération de service, pas un équipement : le poste pneumatique est confié à un professionnel et comporte au moins cinq prestations, réglage des géométries, contrôle des pressions, recreusage, permutation et/ou retournement sur jante, suivi des usures.
  • La preuve est un contrat tripartite bénéficiaire, manufacturier des pneumatiques, professionnel, en cours de validité et hors reconduction tacite, au contenu imposé : établissements par SIRET, 50 % minimum de recreusage, trois contrôles de pression par an en moyenne, une permutation ou un retournement par an sur tous les véhicules.
  • Durée de vie conventionnelle de 1 an. Engagement à la signature du contrat ou de l’avenant, achèvement à cette signature puis à chaque date anniversaire, contrat encore valide au moins un an après l’achèvement.
  • Non cumulable avec TRA-SE-105 ni TRA-SE-109. Version A14-1, véhicules de transport de personnes M2 et M3 au sens de l’article R.311-1 du code de la route.

Ce que couvre la fiche TRA-SE-111, et ce que veut dire son code

L’intitulé officiel est « Gestion optimisée de la globalité du poste pneumatique (Véhicules de transport de personnes) ». La fiche ne récompense ni l’achat de pneus à faible résistance au roulement ni la pose d’un capteur de pression : elle valorise le fait de confier toute la vie des pneumatiques d’une flotte à un professionnel, dans un cadre contractuel qui garantit que les gestes d’entretien sont faits à la bonne fréquence.

Le code se lit en trois blocs. TRA désigne le secteur des transports, aux côtés de BAT, IND, AGRI et BAR. SE désigne la famille des services : contrairement aux fiches EQ, équipements, l’opération ne consiste pas à installer quelque chose mais à réaliser une prestation dans le temps. Le nombre 111 est un numéro d’ordre dans la série.

Le périmètre est fixé par le code de la route : véhicules de transport de personnes de catégories M2 ou M3 selon l’article R.311-1, c’est-à-dire plus de huit places assises outre le conducteur, M2 jusqu’à 5 tonnes de masse maximale et M3 au-delà. Concrètement : minibus, midibus, autocars de ligne et de tourisme, autobus urbains standards ou articulés. Les voitures et vans de catégorie M1 et les véhicules de marchandises de catégorie N sont hors champ.

La fiche porte deux exclusions de cumul : elle n’est cumulable ni avec TRA-SE-105 ni avec TRA-SE-109. Elle ne dit pas pourquoi et ne décrit pas ces deux fiches. La lecture prudente : une flotte ou un véhicule déjà valorisé au titre de l’une d’elles ne peut pas l’être aussi en TRA-SE-111 sur la même période.

Pourquoi gérer les pneus fait économiser du carburant

Un pneu qui roule se déforme à chaque tour : la gomme s’écrase à l’entrée de l’aire de contact et reprend sa forme à la sortie. Cette déformation répétée dissipe de l’énergie en chaleur, c’est la résistance au roulement. Sur un véhicule lourd à vitesse stabilisée, elle représente une part importante de l’énergie fournie par le moteur. Tout ce qui augmente la déformation du pneu augmente la consommation.

La pression est le premier levier. Un pneu sous-gonflé fléchit davantage, chauffe davantage et roule moins bien. Or un pneu perd naturellement de la pression, par perméation et à chaque variation de température, et personne ne contrôle spontanément tous les pneus d’un autocar avant chaque départ. D’où l’exigence de la fiche : trois vérifications par an en moyenne. La géométrie est le deuxième levier : un parallélisme déréglé fait travailler le pneu en dérive permanente, il frotte au lieu de rouler, s’use en biais et consomme. Le suivi des usures permet de détecter ce défaut avant qu’il ne détruise un train de pneus.

Le recreusage et la permutation agissent sur la durée de vie du pneu, donc sur l’énergie contenue dans la gomme et la carcasse. Le recreusage rouvre les sculptures d’un pneu usé dans l’épaisseur de gomme prévue à cet effet par le manufacturier : on regagne des millimètres de profondeur sans remplacer le pneu, et un pneu recreusé, qui a moins de gomme à déformer, présente généralement une résistance au roulement plus faible qu’un pneu neuf. La permutation d’un essieu à l’autre et le retournement sur jante répartissent l’usure, le rechapage de la carcasse boucle le cycle. C’est cette chaîne complète que la fiche appelle la globalité du poste pneumatique.

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est l’exploitant de la flotte : autocariste privé, entreprise de transport scolaire ou interurbain, régie ou société exploitant un réseau urbain, loueur d’autocars avec chauffeur, entreprise disposant de ses propres navettes de personnel dès lors qu’elles sont des M2 ou M3. La fiche demande que chaque établissement du bénéficiaire soit identifié par son nom, son SIRET et son adresse : un groupe multi-sites peut couvrir plusieurs dépôts dans un seul contrat.

La prestation doit être confiée à un professionnel. La fiche ne précise ni qualification ni agrément, mais elle exige que le manufacturier des pneumatiques signe aussi le contrat. En pratique, l’opération correspond aux contrats de gestion de flotte que les manufacturiers proposent avec leurs réseaux de pneumaticiens agréés. Un atelier intégré à l’exploitant qui ferait le travail en interne, sans contrat tripartite, ne correspond pas à la fiche.

Comme pour toute opération CEE, celui qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement. Ici, l’engagement est la signature du contrat ou de l’avenant : un contrat signé avant tout contact avec le mandataire ou l’obligé ne peut plus être valorisé tel quel, mais la fiche ouvre une porte par l’avenant de mise en conformité, détaillée plus bas.

Comment se calcule le montant

Le point 5 de la fiche tient en une ligne : pour les véhicules M2 ou M3, 430 kWh cumac par véhicule, multipliés par N, le nombre de véhicules en gestion optimisée. Ni zone climatique, ni tranche de puissance, ni distinction entre M2 et M3, ni kilométrage, ni nombre de pneus : un minibus à six pneus et un autobus articulé à dix pneus valent le même montant.

N est le nombre de véhicules sous contrat, tel qu’il figure dans le contrat tripartite, établissement par établissement. C’est donc le contrat, et non le parc réel au jour du dépôt, qui fixe la variable du calcul. Si la flotte évolue, c’est par avenant que N change.

La durée de vie conventionnelle de 1 an explique le niveau du forfait : les économies ne sont comptées que sur douze mois, puisque le contrat doit continuer pour que les gestes continuent. En contrepartie, l’achèvement revient à chaque date anniversaire de la signature, tant que le contrat reste valide au moins un an après : la fiche structure l’opération comme un rendez-vous annuel.

Catégorie des véhiculesMontant par véhiculeVariableSource
M2 ou M3430 kWh cumac× N, nombre de véhicules en gestion optimiséeFiche TRA-SE-111, point 5
Durée de vie conventionnelle1 anAchèvement à la signature puis à chaque date anniversaireFiche TRA-SE-111, points 3 et 4
Formule430 × NRésultat en kWh cumac par opérationFiche TRA-SE-111, point 5

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Combien ça représente en vrai

Pris véhicule par véhicule, 430 kWh cumac est l’un des plus petits forfaits du catalogue, cohérent avec une durée de vie d’un an. La fiche prend sa dimension sur le nombre de véhicules et sur la répétition annuelle.

Un autocariste de transport scolaire et occasionnel qui met ses 25 autocars sous contrat obtient 430 × 25 = 10 750 kWh cumac pour la première année. Un réseau urbain de 120 autobus, standards et articulés confondus, arrive à 430 × 120 = 51 600 kWh cumac. Un groupe interurbain qui regroupe trois dépôts, 140, 180 et 80 véhicules, dans un seul contrat couvre 400 véhicules : 430 × 400 = 172 000 kWh cumac. À l’autre bout, une entreprise qui n’a que 8 minibus de personnel en M2 totalise 430 × 8 = 3 440 kWh cumac, ce qui pose la question de l’intérêt du dossier au regard du travail de montage.

La dimension temporelle compte autant que la taille du parc. Comme l’achèvement revient à chaque date anniversaire, l’autocariste de 25 véhicules qui garde son contrat en vigueur trois ans de suite cumule 10 750 × 3 = 32 250 kWh cumac. C’est un gisement régulier plutôt qu’un gros volume ponctuel, complément naturel des fiches d’équipement du transport qui ne se présentent qu’une fois par véhicule.

Flotte sous contratCalculMontant en kWh cumac
25 autocars, une année430 × 2510 750
120 autobus, une année430 × 12051 600
400 véhicules sur 3 dépôts, une année430 × 400172 000
8 minibus M2, une année430 × 83 440
25 autocars, 3 années de contrat10 750 × 332 250

Les conditions techniques : le contrat tripartite, ligne par ligne

Tout le dossier repose sur un seul document, le contrat, et la fiche en fixe la forme et le fond. Sur la forme, il est tripartite : signé par le bénéficiaire, par le manufacturier des pneumatiques et par le professionnel qui réalise les prestations. Il est en cours de validité, et la fiche écarte expressément la reconduction tacite : un contrat arrivé à son terme et qui se poursuit par simple silence des parties ne vaut pas preuve. Il faut un contrat ou un avenant signé et daté, dont la durée restante couvre au moins un an après la date d’achèvement retenue. Sur le fond, le tableau ci-dessous reprend les cinq contenus obligatoires.

Deux formulations méritent une lecture attentive. D’abord « 50 % minimum des pneus quittant l’entreprise pour rechapage ou valorisation » : l’assiette n’est pas le parc de pneus mais ceux qui sortent en fin de première vie, et c’est parmi eux que la moitié au moins doit avoir été recreusée. Ensuite « trois fois par an en moyenne (sur vérification ou remplacement du pneu) » : la fiche parle de moyenne, pas de trois passages par véhicule, et un contrôle fait à l’occasion d’un remplacement compte. Mais le contrat doit écrire cette fréquence, pas une formule du type « contrôle régulier ».

Enfin, la fiche organise elle-même le cas du contrat existant. Si le contrat originel arrive à échéance, ou s’il ne respecte pas l’intégralité des exigences, la date d’engagement devient la date de signature de l’avenant qui le prolonge ou le met en conformité. C’est la voie normale pour une flotte déjà sous contrat : on ne résilie pas, on complète par un avenant qui ajoute les clauses manquantes, et c’est la signature de cet avenant qui ouvre l’opération, à condition que le mandataire ou l’obligé soit intervenu avant.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
Parties au contratBénéficiaire, manufacturier des pneumatiques et professionnelTrois signatures ; un contrat à deux n’est pas tripartite
ValiditéContrat en cours de validité, hors reconduction tacite, avec ses avenants le cas échéantUn contrat reconduit par silence ne vaut pas preuve
ÉtablissementsNom, SIRET et adresse de chaque établissement, nombre et type de véhiculesC’est ce qui fixe N ; chaque dépôt doit figurer
ServicesGéométries, pressions, recreusage, permutation et/ou retournement sur jante, suivi des usuresLes cinq, nommés, pas une liste partielle
Recreusage50 % minimum des pneus quittant l’entreprise pour rechapage ou valorisationAssiette = les pneus sortants, pas le parc
PressionVérification trois fois par an en moyenne, sur vérification ou remplacementFréquence écrite en clair dans le contrat
PermutationTous les véhicules sous contrat, au moins une fois par anClause générale sur l’ensemble du parc
EngagementSignature du contrat, ou de l’avenant de prolongation ou de mise en conformitéRôle actif et incitatif établi avant cette signature
AchèvementSignature du contrat la première année, puis date anniversaire ; contrat encore valide au moins un an aprèsDurée restante à vérifier à chaque dépôt

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Une fiche de service n’a ni plaque signalétique à photographier ni rapport d’essai à produire : l’examen porte sur le contrat, ses avenants et la cohérence des dates. Une seule pièce, donc chaque clause manquante se voit au premier coup d’œil. Le bon réflexe : relire le contrat de gestion avec la fiche à côté avant toute signature, manufacturier bien signataire, chaque dépôt avec son SIRET, les cinq services et les trois fréquences chiffrées écrits tels quels, durée restante supérieure à un an, liste des véhicules limitée aux M2 et M3. Quand ces points sont calés, le calcul tient en une multiplication et le dossier passe.

  • Contrat à deux parties, bénéficiaire et pneumaticien ou bénéficiaire et manufacturier, sans la troisième signature. Un contrat de gestion de flotte bipartite ne répond pas à la fiche.
  • Contrat en reconduction tacite au moment du dépôt, ou dont la durée restante est inférieure à un an après la date d’achèvement retenue.
  • Clauses chiffrées absentes ou affaiblies : 50 % de recreusage, trois contrôles de pression par an en moyenne, permutation ou retournement annuel sur l’ensemble du parc.
  • Un des cinq services manquant, par exemple le recreusage ou le suivi des usures dans un contrat centré sur la fourniture de pneus.
  • Établissements sans SIRET ni adresse, ou nombre de véhicules du contrat différent du N déclaré ; véhicules hors champ comptés dans N, utilitaires et camions de catégorie N, voitures en M1.
  • Flotte déjà valorisée en TRA-SE-105 ou TRA-SE-109 sur la même période.
  • Contrat ou avenant signé avant tout contact avec le mandataire ou l’obligé, ou achèvement déclaré à une date qui n’est ni la signature ni une date anniversaire de celle-ci.

Questions fréquentes

Combien vaut la fiche TRA-SE-111 par véhicule ?

430 kWh cumac par véhicule M2 ou M3, multipliés par le nombre de véhicules inscrits au contrat tripartite. Ni le type de véhicule au sein de ces catégories, ni le kilométrage, ni le nombre de pneus, ni la zone géographique n’entrent dans le calcul. Pour 60 véhicules : 430 × 60 = 25 800 kWh cumac pour une année de contrat.

Ma flotte est déjà sous contrat de gestion pneumatique. Puis-je la déposer en TRA-SE-111 ?

Pas sur le contrat tel quel si sa signature est antérieure à l’intervention du mandataire ou de l’obligé, ou s’il ne contient pas toutes les clauses exigées. La fiche prévoit ce cas : la date d’engagement devient la signature de l’avenant qui prolonge le contrat ou le met en conformité. Faites intervenir celui qui valorise les certificats avant de signer cet avenant, et vérifiez qu’il ajoute le manufacturier comme partie si le contrat initial était bipartite.

Un contrat signé seulement avec mon pneumaticien, ou seulement avec le manufacturier, suffit-il ?

Non. La fiche exige un contrat tripartite signé entre le bénéficiaire, le manufacturier des pneumatiques et le professionnel qui réalise les prestations. Un contrat à deux parties n’est pas la preuve de réalisation décrite au point 3, même si les services rendus sont identiques. Si votre pneumaticien est distributeur agréé d’un manufacturier, demandez que celui-ci cosigne le contrat ou un avenant.

Les minibus de neuf places et les utilitaires de l’entreprise comptent-ils dans N ?

Les minibus, oui, s’ils sont immatriculés en catégorie M2, c’est-à-dire plus de huit places assises outre le conducteur. Les utilitaires et camions relèvent des catégories N et sont hors du champ, comme les voitures et vans de catégorie M1. Seuls les véhicules de transport de personnes M2 et M3 au sens de l’article R.311-1 du code de la route entrent dans N.

L’opération TRA-SE-111 peut-elle être renouvelée chaque année ?

La fiche fixe une durée de vie de 1 an et définit l’achèvement comme la signature du contrat la première année, puis sa date anniversaire les années suivantes, à condition que le contrat reste valide au moins un an après cette date. Elle organise donc un rendez-vous annuel sur un contrat qui dure, sans dire explicitement combien de fois l’opération peut être déposée. Lecture prudente : chaque date anniversaire est un achèvement distinct, sur un contrat ou un avenant en cours de validité, sans jamais compter deux fois la même année.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.