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Résidentiel · Fiche BAR-TH-122

BAR-TH-122 : récupérateur à condensation, jusqu’à 16 300 kWh cumac par appartement chauffé

La chaufferie collective fonctionne, les chaudières ont encore des années devant elles, mais leurs fumées partent chaudes dans le conduit avec toute la vapeur d’eau de la combustion. La fiche BAR-TH-122 valorise l’ajout d’un récupérateur de chaleur à condensation sur ces chaudières existantes, sans les remplacer. Le montant se compte par appartement raccordé, dépend de la zone climatique, et un coefficient R le réduit quand seule une petite partie de la puissance de la chaufferie est équipée.

Secteur
Résidentiel
Version applicable
v. A15-1
Durée de vie conventionnelle
11 ans

L'essentiel

  • La fiche vise les appartements existants chauffés par un système collectif à combustible : on ajoute un récupérateur de chaleur à condensation sur une chaudière existante, on ne remplace pas la chaudière.
  • Trois montants par appartement selon la zone climatique : 16 300 kWh cumac en H1, 14 000 en H2, 10 200 en H3, multipliés par le nombre d’appartements N et par un coefficient R.
  • R vaut 1 dans la plupart des cas. Il devient une fraction quand les chaudières équipées font strictement moins du tiers de la puissance de la chaufferie, ou quand une pompe à chaleur BAR-TH-150 de moins de 40 % de la puissance est installée en même temps.
  • La preuve de réalisation doit écrire « récupérateur de chaleur à condensation ». À défaut, marque et référence sur la facture plus un document du fabricant qui l’atteste.
  • Durée de vie conventionnelle de 11 ans. Quand R vaut 1, ou quand la pompe à chaleur atteint 40 % de la chaufferie, aucune installation ultérieure de production thermique dans la même chaufferie ne pourra être valorisée pendant cette durée.

Ce que couvre la fiche BAR-TH-122, et ce que veut dire son code

La fiche BAR-TH-122 s’intitule « Récupérateur de chaleur à condensation ». Elle valorise la mise en place d’un tel récupérateur sur une chaudière existante, dans un système de chauffage collectif à combustible desservant des appartements existants. Trois mots cadrent le périmètre : chaudière existante, on ne la change pas ; chauffage collectif, une chaudière individuelle d’appartement n’entre pas dans la fiche ; combustible, gaz, fioul ou autre, la fiche ne distingue pas.

Le code se lit en trois blocs. BAR désigne le bâtiment résidentiel, TH la famille thermique, celle des opérations qui agissent sur la production ou la distribution de chaleur, et 122 le numéro d’ordre dans cette famille. Le point 1 précise le secteur d’application : appartements existants.

La version en vigueur est la A15-1. La fiche ne porte ni date d’entrée en application ni date de fin, et aucune restriction géographique : les trois zones climatiques figurent au barème. La durée de vie conventionnelle, lue au point 4, est de 11 ans : c’est la période sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées, d’où l’unité en kWh cumac, pour kilowattheures cumulés et actualisés.

Pourquoi un condenseur sur les fumées fait économiser du combustible

Brûler un combustible qui contient de l’hydrogène, le gaz naturel surtout, produit du gaz carbonique et de la vapeur d’eau. Dans une chaudière classique, les fumées quittent le corps de chauffe encore très chaudes et emportent cette vapeur avec la chaleur latente qu’il a fallu dépenser pour la former. Cette chaleur latente est perdue tant que les fumées restent au-dessus de leur point de rosée.

Le récupérateur de chaleur à condensation est un échangeur fumées-eau placé sur le trajet des fumées, en sortie de chaudière ou en pied de conduit. On y fait circuler une eau assez froide pour abaisser les fumées sous leur point de rosée. La vapeur se condense sur l’échangeur, restitue sa chaleur latente à l’eau, et les fumées sortent nettement plus froides. Le brûleur a moins de travail à fournir pour la même chaleur livrée.

Tout repose sur la température de l’eau envoyée dans le condenseur : si elle est trop chaude, les fumées ne descendent pas sous leur point de rosée et le gain reste faible. Le condenseur est donc raccordé de préférence sur un circuit qui revient froid, le préchauffage de l’eau chaude sanitaire en premier lieu, alimenté par l’eau froide du réseau. Deux conséquences relèvent de la conception, pas de la fiche : les condensats acides doivent être collectés et évacués, et des fumées froides et humides exigent un conduit adapté et souvent une extraction mécanique.

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est le maître d’ouvrage de la chaufferie collective : copropriété représentée par son syndic, bailleur social, propriétaire d’immeuble de logements. La fiche ne fixe aucun critère de revenu, aucune condition sur l’âge du bâtiment ni sur l’ancienneté des chaudières.

La seule exigence de personne est la réalisation par un professionnel. La fiche ne demande ni qualification nommée ni mention RGE : elle dit « la mise en place est réalisée par un professionnel », rien de plus. En pratique, une entreprise de génie climatique ou un chauffagiste d’immeuble, avec devis et facture à son nom.

Comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement : pour une copropriété, avant le vote en assemblée générale qui engage les travaux, ou au plus tard avant la signature du marché par le syndic.

  • Éligible : immeuble d’appartements existants, chauffage collectif à combustible, récupérateur à condensation ajouté sur une chaudière existante par un professionnel.
  • Exclu : maison individuelle, chaudière individuelle d’appartement, remplacement de la chaudière par un modèle à condensation (ce n’est pas l’opération décrite).
  • N compte les appartements. Des commerces ou bureaux raccordés au même réseau ne s’ajoutent pas à N ; la fiche ne dit rien de plus à leur sujet.

Comment se calcule le montant

Le point 5 pose une formule à trois facteurs : un montant unitaire par appartement selon la zone climatique, multiplié par N, le nombre d’appartements, multiplié par un coefficient R. Le montant unitaire vaut 16 300 kWh cumac en H1, 14 000 en H2 et 10 200 en H3, la zone étant celle du département de l’immeuble : un immeuble du Nord chauffe plus longtemps et récupère plus de chaleur qu’un immeuble de la côte méditerranéenne.

Le coefficient R traduit la part de la chaufferie réellement équipée. Première situation, la rénovation ne met en œuvre que des équipements relevant de la BAR-TH-122 : on ajoute des condenseurs, rien d’autre. Si la puissance des chaudières nouvellement équipées est strictement inférieure au tiers de la puissance de la nouvelle chaufferie, R est égal au rapport entre cette puissance équipée et la puissance totale après travaux. Dans le cas contraire, dès que les chaudières équipées représentent au moins un tiers, R vaut 1.

Deuxième situation, la rénovation combine la BAR-TH-122 et la BAR-TH-150, c’est-à-dire un condenseur sur une chaudière et une pompe à chaleur dans la même chaufferie. Si la ou les pompes à chaleur nouvellement installées font strictement moins de 40 % de la nouvelle chaufferie, R est égal au rapport entre la puissance des chaudières et la puissance totale après travaux. À 40 % ou plus, aucun certificat n’est délivré au titre de la BAR-TH-122.

Un nota ferme le point 5 : la puissance de la nouvelle chaufferie ne comptabilise pas les éventuels équipements de secours. Une chaudière de réserve sort du dénominateur, ce qui peut faire basculer un R fractionnaire vers 1 : le dossier doit établir quel générateur est de secours.

La fiche ajoute une contrepartie : pendant la durée de vie conventionnelle de 11 ans, aucune opération ultérieure d’installation d’un équipement de production thermique dans la chaufferie ne pourra donner lieu à des certificats. Valoriser aujourd’hui des condenseurs revient à renoncer, pour onze ans, à valoriser un futur remplacement des chaudières ou l’ajout d’une pompe à chaleur. La phrase est placée dans la branche où R vaut 1 et dans celle où la pompe à chaleur domine ; la lecture prudente est de considérer la chaufferie verrouillée dès que la fiche est mobilisée.

Zone climatiqueMontant unitaire par appartementFormuleSource
H116 300 kWh cumac16 300 × N × RFiche BAR-TH-122, point 5
H214 000 kWh cumac14 000 × N × RFiche BAR-TH-122, point 5
H310 200 kWh cumac10 200 × N × RFiche BAR-TH-122, point 5
R, condenseurs seuls1 si la puissance équipée atteint au moins un tiers de la chaufferie, sinon puissance équipée divisée par puissance totaleÉquipements de secours exclus du totalPoint 5, premier cas
R, avec une PAC BAR-TH-150Puissance des chaudières divisée par puissance totale si la PAC fait moins de 40 % ; aucun certificat BAR-TH-122 sinonÉquipements de secours exclus du totalPoint 5, second cas

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Combien ça représente en vrai

Dans la plupart des chaufferies, toutes les chaudières en service sont équipées, R vaut 1, et le calcul tient en une multiplication. Un immeuble de 40 appartements à Lyon, zone H1, deux chaudières gaz toutes deux équipées : 16 300 × 40 = 652 000 kWh cumac. Une copropriété de 25 appartements à Nantes, zone H2, chaudière unique équipée : 14 000 × 25 = 350 000 kWh cumac. Une résidence de 60 appartements à Marseille, zone H3, trois chaudières équipées : 10 200 × 60 = 612 000 kWh cumac.

Le coefficient R change la donne quand on n’équipe qu’une partie de la chaufferie. Immeuble de 80 appartements à Paris, zone H1, quatre chaudières de 300 kW, soit 1 200 kW, aucune de secours. On n’équipe que la chaudière qui assure la base en été et en intersaison : 300 kW sur 1 200, soit 0,25, strictement inférieur au tiers, donc R = 0,25. Le montant devient 16 300 × 80 × 0,25 = 326 000 kWh cumac, au lieu de 16 300 × 80 = 1 304 000 kWh cumac si les quatre chaudières avaient été équipées. Avec trois chaudières au lieu de quatre, la part équipée aurait fait exactement un tiers, donc pas strictement inférieure : R serait revenu à 1.

Le cas couplé à une pompe à chaleur se calcule de la même façon. Immeuble de 50 appartements à Lille, zone H1 : la chaufferie rénovée comprend une pompe à chaleur de 200 kW au titre de la BAR-TH-150 et deux chaudières de 300 kW équipées de condenseurs, soit 800 kW. La pompe à chaleur fait 200 sur 800, soit 25 %, moins de 40 % : la BAR-TH-122 est ouverte, avec R égal à la part des chaudières, 600 sur 800, soit 0,75. Le montant est de 16 300 × 50 × 0,75 = 611 250 kWh cumac, qui s’ajoute à la BAR-TH-150.

CasZoneNRCalculMontant en kWh cumac
Immeuble, 2 chaudières équipéesH140116 300 × 40652 000
Copropriété, 1 chaudière équipéeH225114 000 × 25350 000
Résidence, 3 chaudières équipéesH360110 200 × 60612 000
1 chaudière équipée sur 4 de 300 kWH1800,2516 300 × 80 × 0,25326 000
PAC 200 kW + chaudières 600 kW équipéesH1500,7516 300 × 50 × 0,75611 250

Les conditions techniques : un professionnel, une facture qui le dit, des puissances établies

La fiche est sobre. Le point 3 ne pose que deux conditions : la mise en place est réalisée par un professionnel, et la preuve de réalisation mentionne la mise en place d’un récupérateur de chaleur à condensation. La preuve de réalisation, c’est en pratique la facture. Elle doit employer ces termes, et non un libellé du type « travaux de chaufferie » ou « échangeur ».

Une voie de rattrapage existe si la facture ne le dit pas explicitement : elle mentionne alors la marque et la référence de l’équipement, et un document du fabricant indique que l’équipement de cette marque et de cette référence est un récupérateur de chaleur à condensation. Une fiche technique du fabricant compense donc une facture imprécise, à condition que marque et référence correspondent exactement d’un document à l’autre.

La fiche n’impose aucune performance minimale au récupérateur, ni étude préalable, ni note de dimensionnement : rien dans le dossier ne protège contre un condenseur raccordé sur un retour trop chaud qui ne condensera jamais. En revanche, le coefficient R suppose de connaître les puissances de chaque générateur, lues sur les plaques signalétiques et les documents constructeur, et le statut de secours de ceux qu’on écarte du total. Même quand R vaut 1, il faut pouvoir le démontrer.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
Nature de l’opérationRécupérateur de chaleur à condensation mis en place sur une chaudière existante, chauffage collectif à combustible, appartements existantsOn ajoute un condenseur, on ne remplace pas la chaudière ; pas de maison individuelle
InstallateurMise en place réalisée par un professionnelDevis et facture au nom d’une entreprise ; aucune qualification nommée par la fiche
Preuve de réalisationMentionne la mise en place d’un récupérateur de chaleur à condensationLibellé exact sur la facture, pas « échangeur » ni « travaux de chaufferie »
À défautMarque et référence sur la facture, plus un document du fabricant attestant qu’il s’agit d’un récupérateur de chaleur à condensationMarque et référence identiques sur les deux documents
Coefficient RRapport de puissances selon le point 5, équipements de secours exclusPlaques signalétiques et documents constructeur de chaque générateur au dossier

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier BAR-TH-122 se compte vite en centaines de milliers de kWh cumac, parce que N est le nombre d’appartements d’un immeuble entier. Les motifs de rejet se déduisent presque tous de la lettre de la fiche, à commencer par la facture : « fourniture et pose d’un échangeur à condensation » ou « module de récupération », sans la formule attendue, sans marque ni référence, sans fiche fabricant.

Le bon ordre : faire intervenir le mandataire avant l’engagement, relever les puissances et le statut de chaque générateur, vérifier qu’aucune nouvelle production thermique n’est prévue dans cette chaufferie dans les onze prochaines années, puis cadrer le devis pour que la facture reprenne les mots de la fiche. Le dossier passe alors sur une multiplication.

  • Facture sans la mention « récupérateur de chaleur à condensation » et sans le couple marque-référence complété par un document du fabricant.
  • Opération requalifiée : chaudières remplacées par des modèles à condensation et présentées comme un récupérateur ajouté, ou chaudière individuelle d’appartement.
  • Pompe à chaleur BAR-TH-150 atteignant 40 % ou plus de la puissance de la nouvelle chaufferie : aucun certificat BAR-TH-122, la fiche l’écrit explicitement.
  • R surévalué : chaudière de secours comptée au dénominateur, ou chaudière en service déclarée de secours pour passer au-dessus du tiers ; puissances absentes du dossier.
  • N gonflé : commerces, bureaux ou logements non raccordés comptés comme appartements desservis.
  • Mandataire ou obligé intervenu après la signature du devis ou le vote d’assemblée générale qui engage les travaux.

Questions fréquentes

Combien vaut la fiche BAR-TH-122 pour mon immeuble ?

Multipliez le montant unitaire de votre zone, 16 300 kWh cumac en H1, 14 000 en H2 ou 10 200 en H3, par le nombre d’appartements desservis, puis par R, qui vaut 1 si toutes les chaudières en service reçoivent un condenseur sans pompe à chaleur ajoutée. Un immeuble de 30 appartements en H1 vaut ainsi 16 300 × 30 = 489 000 kWh cumac.

Quelle est la différence entre un récupérateur à condensation et une chaudière à condensation ?

La chaudière à condensation intègre le condenseur dans son corps de chauffe ; la remplacer est une autre opération. Le récupérateur à condensation est un échangeur fumées-eau ajouté sur le circuit de fumées d’une chaudière existante, qui reste en place. La BAR-TH-122 ne valorise que cette seconde configuration.

Faut-il un installateur RGE pour la BAR-TH-122 ?

La fiche exige seulement que la mise en place soit réalisée par un professionnel, sans nommer de qualification ni de mention RGE. Devis et facture au nom d’une entreprise, et une facture qui décrit l’équipement comme un récupérateur de chaleur à condensation, ou donne sa marque et sa référence complétées par un document du fabricant.

On n’équipe qu’une chaudière sur trois, est-ce que ça change le montant ?

Cela dépend des puissances, pas du nombre de chaudières. Si la chaudière équipée représente au moins un tiers de la puissance de la chaufferie après travaux, équipements de secours exclus, R vaut 1. Si elle représente strictement moins d’un tiers, R est égal à sa part de puissance : une chaudière de 200 kW équipée dans une chaufferie de 1 000 kW donne R = 0,2, et le montant est divisé par cinq.

Peut-on cumuler la BAR-TH-122 avec une pompe à chaleur collective BAR-TH-150 ?

Oui, dans une limite écrite au point 5. Si la pompe à chaleur représente strictement moins de 40 % de la puissance de la nouvelle chaufferie, les deux fiches sont valorisées et la BAR-TH-122 est réduite par un R égal à la part de puissance des chaudières. À 40 % ou plus, aucun certificat BAR-TH-122, et aucune production thermique installée ensuite dans cette chaufferie ne pourra être valorisée pendant 11 ans.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.