AGRI-EQ-111 : un écran thermique en serre chauffée vaut 360 ou 240 kWh cumac par m² équipé
La fiche AGRI-EQ-111 valorise la pose d’un écran thermique simple neuf au-dessus des cultures d’une serre chauffée, en verre ou en plastique. Le calcul tient en une multiplication : 360 kWh cumac par m² équipé en serre maraîchère, 240 en serre horticole. Trois conditions font le dossier : une pose par un professionnel, une thermicité d’au moins 40 % et un pilotage automatique. Attention à la date de fin : la fiche ne s’applique qu’aux opérations engagées avant le 1er août 2029.
- Secteur
- Agriculture
- Version applicable
- v. A62-1
- Durée de vie conventionnelle
- 8 ans
L'essentiel
- Deux montants seulement : 360 kWh cumac par m² de serre équipée en maraîchage, 240 kWh cumac par m² en horticulture. Le montant total vaut ce forfait multiplié par la surface S réellement couverte par l’écran.
- L’écran doit être simple, neuf, posé par un professionnel au-dessus des cultures d’une serre chauffée, avec une thermicité d’au moins 40 % et un pilotage automatique.
- Serres en verre ou en plastique, neuves ou existantes : une serre en construction peut recevoir son écran dans le cadre de la fiche.
- La preuve de réalisation doit écrire noir sur blanc « écran thermique simple neuf » et la thermicité en %. À défaut, marque et référence de la toile sur la facture, plus un document du fabricant qui atteste ces deux points.
- Durée de vie conventionnelle de 8 ans, version A62-1, et une date butoir inscrite dans la fiche : les opérations doivent être engagées avant le 1er août 2029.
Ce que couvre la fiche AGRI-EQ-111, et ce que veut dire son code
La fiche AGRI-EQ-111 porte un titre court dans le catalogue officiel : « Simple écran thermique ». Elle vise la mise en place d’un écran thermique simple neuf au-dessus des cultures d’une serre chauffée, en verre ou en plastique, neuve ou existante. Son secteur d’application est précis : les serres maraîchères et horticoles. Une serre non chauffée, un tunnel froid ou un abri de stockage n’entrent pas dans son champ, puisque l’économie valorisée est une économie de chauffage.
Le code se décompose en trois blocs. AGRI désigne le secteur agricole, par opposition aux fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie ou BAR du résidentiel. EQ signale la famille des équipements : on installe un matériel, ici une toile et sa motorisation, à la différence des fiches TH qui portent sur la chaleur ou des fiches SE qui valorisent une prestation. Le nombre 111 est un numéro d’ordre.
La fiche s’applique dans sa version A62-1 et porte une particularité à lire dès la première page : elle précise elle-même qu’elle s’applique aux opérations engagées avant le 1er août 2029. Passé cette date, sauf nouvelle version publiée, un écran thermique engagé ne pourrait plus être valorisé sur cette base. Pour un serriste qui planifie un investissement sur plusieurs campagnes, c’est une donnée de calendrier à intégrer dès maintenant.
La durée de vie conventionnelle est de 8 ans : c’est la durée sur laquelle les économies sont comptées pour établir le forfait en kWh cumac, contraction de cumulé et actualisé.
Pourquoi un écran thermique fait économiser du chauffage
Une serre chauffée perd sa chaleur de trois façons. Par rayonnement : la nuit, la culture et le sol émettent de l’infrarouge vers le ciel, que le verre et la plupart des films plastiques laissent en partie passer. Par la paroi : l’air intérieur réchauffe le vitrage, que le vent extérieur refroidit sans relâche. Par renouvellement d’air : fuites et ouvrants évacuent de l’air chaud et humide. Une serre étant un bâtiment presque entièrement fait de paroi, ces pertes pèsent lourd par rapport au volume chauffé.
L’écran thermique agit sur les deux premiers postes. Déployé à l’horizontale au-dessus des cultures, en général sous les chéneaux, il crée un plafond provisoire qui divise la serre en deux : un volume bas, celui des plantes, que l’on continue de chauffer, et un volume haut, sous le toit, qui se refroidit sans conséquence pour la culture. La toile intercepte l’infrarouge émis par la culture et en renvoie une partie vers le bas, et elle piège une couche d’air immobile qui joue le rôle d’isolant. Le volume à chauffer est plus petit, la surface d’échange utile est réduite, la consigne est atteinte avec moins de puissance.
La thermicité est l’indicateur que les fabricants utilisent pour chiffrer cet effet. Exprimée en pourcentage, elle représente la réduction des pertes de chaleur obtenue avec l’écran fermé par rapport à la même serre sans écran, dans des conditions d’essai propres à chaque fabricant. La fiche fixe un plancher de 40 %, ce qui écarte les toiles d’ombrage ou les filets dont la fonction première est de couper la lumière en été. Elle ne décrit pas la méthode de mesure : la lecture prudente consiste à retenir la thermicité publiée par le fabricant pour la référence exacte installée.
Le pilotage automatique est la deuxième moitié du gain. Un écran fermé trop tard le soir laisse filer de la chaleur ; ouvert trop tard le matin, il prive la culture de lumière et peut provoquer un choc thermique quand l’air froid stocké au-dessus retombe sur les plantes. Un automate de climat, relié à des sondes de température et de rayonnement, ouvre et ferme la toile au bon moment et par paliers, ce qu’aucun opérateur ne fait chaque nuit toute la saison. Sans automatisme, l’écran rend bien moins que ce que le forfait suppose.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est l’exploitant d’une serre chauffée destinée au maraîchage ou à l’horticulture : producteur de légumes sous abri, horticulteur, pépiniériste, producteur de plantes en pot ou de fleurs coupées. La fiche ne pose aucune condition de statut juridique : exploitation individuelle, société agricole ou coopérative sont concernées dès lors que la serre est chauffée et que les conditions du point 3 sont respectées.
La serre peut être neuve ou existante : écran posé en même temps que la structure, ou ajouté dans une serre qui n’en avait pas, ou installé neuf à la place d’une toile hors d’usage. La fiche exige un écran « simple neuf » : toile et mécanique neuves, une seule nappe. Elle ne dit rien d’un second écran ajouté sous un premier déjà en place, ni d’un écran double à deux toiles superposées. La lecture prudente est que seul un écran simple entre dans le forfait, et qu’une installation à deux nappes ne doit pas être présentée comme deux fois la surface.
Le mot « chauffée » n’est pas défini par la fiche : ni puissance minimale, ni durée de chauffe, ni température de consigne. Une serre dotée d’une chaudière, d’une pompe à chaleur ou d’aérothermes qui fonctionnent pendant la saison froide répond sans ambiguïté au texte. Une serre hors gel chauffée quelques nuits par an répond à la lettre de la fiche, mais le dossier gagnera à montrer une installation de chauffage en état de marche, par exemple une facture d’énergie ou une photo de la chaufferie.
- Serres maraîchères : tomate, concombre, poivron, aubergine, salade d’hiver, fraise hors sol chauffée.
- Serres horticoles : plantes en pot, plantes à massif, fleurs coupées, jeunes plants, pépinière chauffée.
- Verre ou plastique indifféremment : serre verre type Venlo, multichapelle plastique, tunnel chauffé à double paroi gonflable.
Comment se calcule le montant
Le point 5 de la fiche ne comporte que deux lignes. Le montant en kWh cumac est le produit d’un forfait au m² par la surface de serre équipée, notée S et exprimée en m² : 360 kWh cumac par m² pour une serre maraîchère, 240 pour une serre horticole. Aucune zone climatique, aucun coefficient selon l’énergie de chauffage, aucune tranche de surface : c’est l’une des fiches les plus simples à calculer du volet agricole.
La fiche ne justifie pas l’écart entre les deux forfaits, un rapport de 1,5 ; l’explication la plus probable tient aux consignes de température. Une culture de tomate ou de concombre se conduit à des températures nocturnes élevées de l’automne au printemps ; beaucoup de productions horticoles se contentent de consignes plus basses. Moins de chaleur consommée au départ, c’est moins de chaleur économisée par l’écran.
La surface S est celle effectivement couverte par l’écran. Si une exploitation compte trois chapelles de 2 000 m² et n’en équipe que deux, S vaut 4 000 m², pas 6 000. À l’inverse, la fiche ne plafonne pas la surface. Les m² de toile posés par chapelle se lisent sur le devis du poseur et se recoupent avec le plan de la serre.
| Type de serre | Montant en kWh cumac par m² de serre équipée | Surface prise en compte |
|---|---|---|
| Serre maraîchère | 360 | S, surface de la serre équipée en m² |
| Serre horticole | 240 | S, surface de la serre équipée en m² |
Vous avez une opération AGRI-EQ-111 en cours ? Estimez-la en quelques clics.
EstimerCombien ça représente en vrai
Quatre situations couvrent l’essentiel des cas, toutes posées avec la même règle : le forfait du type de serre multiplié par la surface réellement équipée.
Premier cas, le plus fréquent : un maraîcher conduit un hectare de tomate sous verre, soit 10 000 m², chauffé par chaudière, et pose un écran sur toute la surface : 360 × 10 000 = 3 600 000 kWh cumac.
Deuxième cas : un horticulteur équipe une serre de plantes en pot de 3 000 m², en multichapelle plastique chauffée par aérothermes : 240 × 3 000 = 720 000 kWh cumac.
Troisième cas : une exploitation maraîchère de 6 000 m² en trois chapelles n’équipe que deux chapelles cette année. Seule la surface couverte compte : 360 × 4 000 = 1 440 000 kWh cumac. La troisième chapelle pourra faire l’objet d’une opération distincte, engagée avant le 1er août 2029.
Quatrième cas : une pépinière chauffée de 12 000 m² sous plastique installe un écran piloté par ordinateur climatique sur l’ensemble : 240 × 12 000 = 2 880 000 kWh cumac.
Deux enseignements. À surface égale, la serre maraîchère vaut une fois et demie la serre horticole : le classement pèse autant que la surface. Et la surface se compte en m² d’écran posé, non en m² d’exploitation.
| Cas | Type de serre | S (m² équipés) | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|---|---|
| Tomate sous verre, 1 ha | Maraîchère | 10 000 | 360 × 10 000 | 3 600 000 |
| Plantes en pot, multichapelle | Horticole | 3 000 | 240 × 3 000 | 720 000 |
| Deux chapelles sur trois | Maraîchère | 4 000 | 360 × 4 000 | 1 440 000 |
| Pépinière sous plastique | Horticole | 12 000 | 240 × 12 000 | 2 880 000 |
Les conditions techniques : un écran simple neuf, 40 % de thermicité, un automatisme
Le point 3 de la fiche tient en cinq phrases, mais chacune porte une exigence que le dossier doit prouver : pose par un professionnel, écran thermique simple neuf, thermicité d’au moins 40 %, pilotage automatique, et une preuve de réalisation qui nomme explicitement ce qui a été posé.
Sur la preuve de réalisation, la fiche prévoit deux voies. La voie directe : la facture mentionne la mise en place d’un écran thermique simple neuf et indique sa thermicité en pourcentage. La voie de secours : la facture mentionne une toile avec sa marque et sa référence, complétée par un document du fabricant indiquant que cette référence est un écran thermique simple neuf et précisant sa thermicité. Dans les deux cas, le pourcentage doit apparaître dans les pièces et être supérieur ou égal à 40.
La fiche ne demande pas, en revanche, de preuve particulière du pilotage automatique : elle pose la condition sans préciser la pièce. La lecture prudente consiste à faire figurer sur la facture la motorisation et l’automate, ou leur raccordement à l’ordinateur climatique existant. Un écran commandé par un simple interrupteur ne répond pas à l’exigence.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Ce qui le prouve dans le dossier |
|---|---|---|
| Installateur | Mise en place réalisée par un professionnel | Devis et facture au nom d’une entreprise de serres, de pose d’écrans ou d’équipement horticole |
| Nature de l’écran | Écran thermique simple neuf, au-dessus des cultures d’une serre chauffée | Mention explicite sur la facture, ou marque et référence plus document du fabricant |
| Thermicité | Au moins 40 % | Pourcentage écrit sur la facture ou sur le document du fabricant pour la référence exacte posée |
| Pilotage | Piloté automatiquement | Motorisation et automate ou raccordement à l’ordinateur climatique visibles sur la facture |
| Serre | Maraîchère ou horticole, chauffée, en verre ou en plastique, neuve ou existante | Plan ou descriptif de la serre, présence d’une installation de chauffage |
| Surface S | Surface de la serre équipée en m² | Surface de toile posée par chapelle, cohérente entre devis, facture et plan |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Un dossier AGRI-EQ-111 repose sur peu de pièces : devis, facture, le cas échéant fiche fabricant, et les éléments qui établissent le type et la surface de la serre. Cette sobriété rend chaque mention manquante immédiatement visible. La fiche ne décrit pas de procédure de contrôle particulière ; ce sont les conditions du point 3 et le calcul du point 5 qui sont vérifiés, pièce par pièce.
Le bon réflexe consiste à verrouiller les mentions avant la pose : un devis qui écrit « écran thermique simple neuf », donne marque, référence et thermicité de la toile, détaille les m² par chapelle et décrit la motorisation et son pilotage. Et faire intervenir le mandataire avant la signature du devis, puisque c’est la date d’engagement qui compte, pour l’éligibilité comme pour la date butoir du 1er août 2029.
- Thermicité absente des pièces, ou inférieure à 40 % : une toile d’ombrage ou un filet brise-vent ne passent pas, même posés par un professionnel.
- Facture au libellé générique (« fourniture et pose de toiles ») sans la mention « écran thermique simple neuf » ni marque et référence : la voie de secours exige les deux, plus le document du fabricant.
- Document du fabricant qui ne correspond pas à la référence facturée, ou qui donne la thermicité d’une autre gamme.
- Écran sans pilotage automatique : commande manuelle, interrupteur, ou automate non raccordé.
- Toile d’occasion, ou remplacement de la seule motorisation sur une toile ancienne : l’écran doit être neuf dans son ensemble.
- Surface S gonflée : surface totale de l’exploitation déclarée alors qu’une partie des chapelles n’est pas équipée, ou écran double compté deux fois.
- Serre non chauffée ou tunnel froid présenté comme serre chauffée : le dossier doit pouvoir montrer qu’il y a un chauffage.
- Classement maraîcher pour une production horticole : le forfait passe de 240 à 360 à tort.
- Engagement après le 1er août 2029, ou mandataire intervenu après la signature du devis.
Questions fréquentes
Combien de kWh cumac rapporte un écran thermique AGRI-EQ-111 ?
360 kWh cumac par m² de serre équipée en maraîchage, 240 kWh cumac par m² en horticulture, multipliés par la surface réellement couverte par l’écran. Pour un hectare de maraîchage : 360 × 10 000 = 3 600 000 kWh cumac ; pour le même hectare en horticulture : 240 × 10 000 = 2 400 000 kWh cumac.
Quelle thermicité faut-il pour être éligible, et où la trouver ?
La fiche exige une thermicité d’au moins 40 %. Ce pourcentage est publié par le fabricant pour chaque référence de toile ; il doit apparaître sur la facture, ou sur un document du fabricant joint à la facture qui mentionne la marque et la référence posées. La fiche ne précise pas de méthode de mesure : retenez la valeur publiée par le fabricant pour la référence exacte installée, pas celle d’une gamme voisine.
Ma serre est en plastique, pas en verre : suis-je concerné ?
Oui. La fiche vise explicitement les serres en verre ou en plastique, neuves ou existantes. Ce qui compte, c’est que la serre soit chauffée et serve au maraîchage ou à l’horticulture, et que l’écran soit simple, neuf, d’une thermicité d’au moins 40 % et piloté automatiquement.
Peut-on valoriser un écran thermique sur une serre neuve ?
Oui, le secteur d’application précise « serres maraîchères et horticoles, neuves ou existantes ». L’écran posé en même temps que la construction est éligible, à condition que la facture globale de la serre isole la ligne écran thermique simple neuf, avec sa thermicité, sa surface et son pilotage, faute de quoi les conditions ne peuvent pas être vérifiées.
Jusqu’à quand peut-on engager une opération AGRI-EQ-111 ?
La fiche indique qu’elle s’applique aux opérations engagées avant le 1er août 2029. C’est la date de signature du devis ou du bon de commande qui compte, pas la date de pose ni celle de la facture. Une exploitation qui échelonne l’équipement de ses chapelles doit engager chaque tranche avant cette date.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.