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Industrie · Fiche IND-UT-118

IND-UT-118 : jusqu’à 32 760 kWh cumac par kW de brûleur sur un four industriel au gaz

Un four industriel dont les fumées sortent à 1 000 °C envoie dans la cheminée une part considérable du gaz qu’il brûle. La fiche IND-UT-118 valorise trois façons de récupérer cette chaleur pour préchauffer l’air de combustion : brûleurs auto-récupérateurs, brûleurs régénératifs, ou récupérateur sur les fumées avec modification des brûleurs en place. Le montant se calcule sur la puissance thermique nominale des brûleurs et varie dans un rapport de plus de 1 à 30 selon la technologie, la température des fumées et le rythme de marche : de 1 000 kWh cumac par kW (récupérateur sur fumées en 1x8) jusqu’à 7 800 × 4,2 = 32 760 kWh cumac par kW pour des régénératifs sur un four en continu au-delà de 1 250 °C.

Secteur
Industrie
Version applicable
v. A14-1
Durée de vie conventionnelle
15 ans

L'essentiel

  • Trois dispositifs couverts : brûleur auto-récupérateur, brûleur régénératif (autorégénératif ou paire), ou récupérateur sur les fumées associé à la modification ou au changement des brûleurs en place d’un four existant. Tous préchauffent l’air comburant avec les fumées du four.
  • Deux conditions d’entrée sans exception : le four fonctionne au gaz naturel, et la température des fumées à la sortie du four est supérieure ou égale à 600 °C.
  • Montant = valeur du barème × P, somme des puissances thermiques nominales des brûleurs neufs ou transformés en kW, lue sur la plaque signalétique ou à défaut sur un document du fabricant. Pour les brûleurs neufs s’ajoute un coefficient de poste : 1 en 1x8, 2,2 en 2x8, 3 en 3x8 avec arrêt le week-end, 4,2 en 3x8 sans arrêt.
  • Quatre tranches de température : de 1 600 à 5 800 kWh cumac par kW en auto-récupérateur, de 2 300 à 7 800 en régénératif. Le récupérateur sur fumées va de 1 000 à 4 300 kWh cumac par kW selon le seul mode de fonctionnement.
  • Version A14-1, durée de vie conventionnelle 15 ans. La facture nomme le type d’équipement et, pour un brûleur neuf, sa puissance thermique nominale ; à défaut, marque et référence complétées par un document du fabricant.

Ce que couvre la fiche IND-UT-118, et ce que veut dire son code

L’intitulé officiel parle de brûleur avec dispositif de récupération de chaleur sur four industriel. La dénomination distingue trois opérations, chacune avec son barème : la mise en place d’un ou plusieurs brûleurs auto-récupérateurs, la mise en place d’un ou plusieurs brûleurs régénératifs (brûleur autorégénératif ou paire de brûleurs régénératifs), et la transformation de brûleurs existants par l’installation d’un récupérateur de chaleur sur les fumées du four. Pour le récupérateur, la fiche précise que le four est existant ; elle n’écrit pas cette restriction pour les deux autres cas.

Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur de l’industrie. UT renvoie à la famille des utilités industrielles, les équipements qui produisent ou transforment une énergie au service du procédé : air comprimé, froid, moteurs, fours. 118 est le numéro d’ordre dans cette famille. La version en vigueur est la A14-1 et la durée de vie conventionnelle est de 15 ans : les économies annuelles sont comptées sur cette période puis actualisées, d’où l’unité en kWh cumac. Le mot four est à prendre au sens du métier : fusion, réchauffage, traitement thermique, recuit, forge, verre, céramique.

Pourquoi préchauffer l’air comburant fait économiser du gaz

Dans un four à haute température, les fumées quittent la chambre au moins aussi chaudes que la charge qu’elles ont chauffée. À 1 000 °C, elles emportent une fraction importante de l’énergie du gaz, perdue dans la cheminée, et cette part grandit avec la température du four : c’est pourquoi le barème monte avec la température des fumées. Préchauffer l’air comburant consiste à faire passer cette chaleur perdue dans l’air qui alimente la flamme. Un air qui entre à plusieurs centaines de degrés a déjà reçu une partie de l’énergie que le gaz aurait dû fournir : le brûleur consomme moins pour la même puissance utile.

Le brûleur auto-récupérateur intègre l’échangeur dans son propre corps : une partie des fumées est aspirée à travers le brûleur et cède sa chaleur à l’air entrant. C’est un appareil compact, qui remplace un brûleur classique et préchauffe l’air à une température intermédiaire. Le brûleur régénératif va plus loin. Il fonctionne par paire, ou en deux chambres dans un même corps pour l’autorégénératif : pendant qu’un brûleur fonctionne, les fumées sortent par l’autre et traversent un lit de céramique qui emmagasine leur chaleur. Quelques dizaines de secondes plus tard, les rôles s’inversent et l’air de combustion traverse le lit brûlant, dont il ressort beaucoup plus près de la température du four. Ce préchauffage plus poussé explique l’écart de barème : 2 300 contre 1 600 kWh cumac par kW dans la première tranche, 7 800 contre 5 800 dans la dernière.

Le récupérateur de chaleur sur les fumées est un échangeur extérieur au brûleur, posé sur le circuit de fumées, qui alimente les brûleurs en air chaud par une gaine. Les brûleurs existants doivent être modifiés ou remplacés pour accepter cet air chaud, ce que la fiche impose. L’air arrive moins chaud qu’avec un régénératif et les pertes en ligne sont réelles : le barème est le plus bas des trois et ne varie pas avec la température des fumées. Le coefficient de poste, réservé aux brûleurs neufs, traduit le temps de marche du four ; pour le récupérateur, le mode de fonctionnement est déjà intégré au montant par kW.

Qui peut en bénéficier

La fiche s’adresse à tout industriel qui exploite un four au gaz naturel dont les fumées sortent à 600 °C ou plus : forge, traitement thermique des métaux, fonderie, réchauffage de billettes et de brames, verrerie, céramique, galvanisation. Les fours de séchage, de cuisson alimentaire ou de polymérisation de peinture travaillent presque toujours bien en dessous du seuil. La mise en place est réalisée par un professionnel, sans qualification particulière exigée par la fiche.

Sur le four neuf, la fiche est précise par omission : elle écrit que le four est existant dans le seul cas du récupérateur sur les fumées, ce qui est logique puisqu’il s’agit de transformer des brûleurs en place. Pour les brûleurs auto-récupérateurs ou régénératifs, elle n’écrit rien sur l’âge du four, et la lecture prudente est que ces deux opérations ne sont pas réservées aux fours existants. Sur le combustible, le texte ne laisse pas de marge : le four fonctionne au gaz naturel.

Comment se calcule le montant

Le montant en kWh cumac est le produit d’une valeur du barème par P, la somme des puissances thermiques nominales des brûleurs en kW. Pour les brûleurs auto-récupérateurs et régénératifs, la valeur dépend de la température T des fumées à la sortie du four, en quatre tranches, puis est multipliée par le coefficient de poste : 1 en 1x8, 2,2 en 2x8, 3 en 3x8 avec arrêt le week-end, 4,2 en 3x8 sans arrêt. Pour le récupérateur sur fumées, la valeur dépend du seul mode de fonctionnement, sans coefficient.

Les bornes comptent : la première tranche va de 600 °C inclus à 750 °C inclus, la deuxième de plus de 750 °C à 1 000 °C inclus, la troisième de plus de 1 000 °C à 1 250 °C inclus, la quatrième au-delà. Un four dont les fumées sortent exactement à 1 000 °C reste en deuxième tranche. La fiche parle de la température des fumées à la sortie du four, pas de la consigne de la chambre ni de la température en cheminée.

P se lit sur la plaque signalétique du brûleur ou, à défaut, sur un document du fabricant. C’est la puissance thermique nominale, la puissance de gaz que le brûleur peut brûler, pas la puissance électrique de son ventilateur ni la puissance utile du four. Pour les brûleurs neufs, on additionne tous les brûleurs posés ; pour le récupérateur, tous les brûleurs transformés.

ÉquipementTempérature T des fumées à la sortie du four, ou mode de fonctionnementMontant en kWh cumac par kW de P
Auto-récupérateur, × coefficient de poste600 ≤ T ≤ 750 °C1 600
Auto-récupérateur, × coefficient de poste750 < T ≤ 1 000 °C2 500
Auto-récupérateur, × coefficient de poste1 000 < T ≤ 1 250 °C4 100
Auto-récupérateur, × coefficient de posteT > 1 250 °C5 800
Régénératif, × coefficient de poste600 ≤ T ≤ 750 °C2 300
Régénératif, × coefficient de poste750 < T ≤ 1 000 °C3 500
Régénératif, × coefficient de poste1 000 < T ≤ 1 250 °C5 600
Régénératif, × coefficient de posteT > 1 250 °C7 800
Récupérateur sur fumées1x81 000
Récupérateur sur fumées2x82 300
Récupérateur sur fumées3x8 avec arrêt le week-end3 100
Récupérateur sur fumées3x8 sans arrêt le week-end4 300

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Combien ça représente en vrai

Avant d’annoncer un volume, il faut connaître la technologie, la température des fumées et le planning du four. Premier cas, un atelier de traitement thermique qui remplace les trois brûleurs d’un four de recuit par des auto-récupérateurs de 150 kW. Fumées à 900 °C, deux postes. P = 3 × 150 = 450 kW, et le montant vaut 2 500 × 2,2 × 450 = 2 475 000 kWh cumac. Deuxième cas, une forge qui équipe son four de réchauffage de lopins de deux paires de brûleurs régénératifs, quatre brûleurs de 200 kW. Fumées à 1 100 °C, site en 3x8 avec arrêt le week-end. P = 4 × 200 = 800 kW, et le montant vaut 5 600 × 3 × 800 = 13 440 000 kWh cumac.

Troisième cas, une fonderie d’aluminium qui conserve les deux brûleurs de 600 kW de son four de fusion existant, les modifie pour l’air chaud et installe un récupérateur sur les fumées. Four en continu, 3x8 sans arrêt. P = 2 × 600 = 1 200 kW, et le montant vaut 4 300 × 1 200 = 5 160 000 kWh cumac ; la température des fumées n’entre pas dans ce calcul. Avec des brûleurs régénératifs neufs de même puissance et des fumées au-delà de 1 250 °C, la même fonderie aurait atteint 7 800 × 4,2 × 1 200 = 39 312 000 kWh cumac : l’écart mérite d’être posé avant de choisir la technologie. Quatrième cas, le plus modeste : un four de réchauffage à un poste, fumées à 650 °C, un seul brûleur auto-récupérateur de 200 kW. Le montant vaut 1 600 × 1 × 200 = 320 000 kWh cumac.

Les conditions techniques : gaz naturel, 600 °C, une facture qui nomme l’équipement

La fiche pose trois exigences : la mise en place est réalisée par un professionnel ; le four fonctionne au gaz naturel avec des fumées à 600 °C ou plus à la sortie ; la preuve de réalisation, en pratique la facture, nomme l’équipement. Elle mentionne la mise en place d’un brûleur auto-récupérateur, d’un brûleur régénératif ou d’un récupérateur de chaleur sur les fumées, et, pour un brûleur neuf, sa puissance thermique nominale. Pour un récupérateur, elle mentionne la modification ou le changement des brûleurs en place : un récupérateur facturé seul ne correspond pas à l’opération décrite. Voie de rattrapage : marque et référence sur la facture, et un document du fabricant qui atteste que ce matériel est l’un des trois équipements, avec la puissance thermique nominale pour un brûleur.

Deux grandeurs décident du montant sans que la fiche dise comment les justifier : la température des fumées à la sortie du four et le mode de fonctionnement du site. Le texte n’exige ni relevé de température, ni attestation de planning, ni étude préalable. Ces deux paramètres font pourtant varier le montant dans un rapport d’environ 1 à 15 pour une même puissance de brûleur, et un contrôleur voudra savoir d’où ils viennent. La lecture prudente est de les documenter : note du fabricant du four ou relevé de la sonde de fumées pour la température, attestation de l’exploitant cohérente avec les heures réelles de marche pour le mode de fonctionnement. Pour P, une photo lisible de chaque plaque signalétique, jointe à la facture, évite toute discussion.

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Avec des montants qui dépassent couramment plusieurs millions de kWh cumac pour un seul four, chaque dossier IND-UT-118 est regardé de près, et le motif de rejet le plus coûteux porte sur la tranche de température. Reprenons la forge du deuxième cas : fumées déclarées à 1 100 °C, soit 5 600 × 3 × 800 = 13 440 000 kWh cumac. Si le contrôle établit que les fumées sortent à 1 000 °C, le four tombe en deuxième tranche : 3 500 × 3 × 800 = 8 400 000 kWh cumac, un écart de 5 040 000 kWh cumac. Même logique pour le poste : un four déclaré en 3x8 sans arrêt alors qu’il s’arrête chaque week-end gonfle le montant de 4,2 divisé par 3, soit 40 %.

Le bon ordre : relever la température des fumées et le rythme de marche réel avant toute consultation, faire intervenir le mandataire ou l’obligé avant de signer le devis (le rôle actif et incitatif s’établit au plus tard le jour de l’engagement), exiger un devis puis une facture qui nomment la technologie et la puissance thermique nominale de chaque brûleur, photographier les plaques, et, pour un récupérateur, faire figurer la modification ou le remplacement des brûleurs.

  • Four qui ne fonctionne pas au gaz naturel, ou fumées sous 600 °C à la sortie du four : aucun des trois barèmes ne s’applique.
  • Tranche de température surévaluée : consigne de la chambre ou température de flamme déclarée à la place de la température des fumées à la sortie du four.
  • Mode de fonctionnement déclaré supérieur à la marche réelle : coefficient 4,2 pour un four qui s’arrête le week-end.
  • Récupérateur sur les fumées posé sans modification ni changement des brûleurs, facture muette sur cette intervention, ou récupérateur sur un four neuf.
  • Facture qui ne nomme pas l’équipement ou omet la puissance thermique nominale d’un brûleur neuf, sans marque, référence et document du fabricant pour compléter.
  • P mal calculée : puissance du ventilateur, puissance utile du four, ou puissance d’une paire doublée alors que la plaque la donne pour l’ensemble.

Questions fréquentes

Mon four fonctionne au propane ou au biogaz. Est-il éligible à la fiche IND-UT-118 ?

Non, en l’état du texte. La fiche écrit que le four fonctionne au gaz naturel et n’écrit rien d’autre sur le combustible. Un four au propane, au fioul, au biogaz ou électrique n’entre pas dans son champ, même avec une technologie de brûleur identique. Pour un four bi-combustible, la lecture prudente est d’exiger qu’il soit alimenté au gaz naturel au moment de l’opération et que le dossier le démontre.

Je pose un récupérateur sur les fumées sans changer mes brûleurs. Est-ce valorisable ?

Pas au titre de cette fiche. Le récupérateur de chaleur sur les fumées n’est valorisé que s’il est associé à la modification ou au changement des brûleurs en place, et la facture doit mentionner cette intervention. C’est cohérent avec la technique : un brûleur conçu pour de l’air ambiant ne reçoit pas de l’air à plusieurs centaines de degrés sans adaptation. Le montant se calcule alors sur la somme des puissances des brûleurs transformés, de 1 000 à 4 300 kWh cumac par kW selon le mode de fonctionnement.

Un four neuf équipé de brûleurs régénératifs est-il éligible à la fiche IND-UT-118 ?

La fiche n’écrit la condition de four existant que pour le récupérateur de chaleur sur les fumées. Pour la mise en place de brûleurs auto-récupérateurs ou régénératifs, elle ne dit rien de l’âge du four, et la lecture prudente est que ces deux opérations ne sont pas réservées aux fours existants. Les autres conditions restent entières : gaz naturel, fumées à 600 °C ou plus, pose par un professionnel.

Comment compter la puissance P d’une paire de brûleurs régénératifs ?

La fiche écrit que P est la somme des puissances thermiques nominales des brûleurs neufs, lue sur la plaque signalétique ou à défaut sur un document du fabricant, et elle n’écrit rien sur le fonctionnement alterné de la paire. La règle pratique est de retenir la valeur de plaque : si chaque brûleur porte sa propre puissance, on additionne ; si la plaque ou la documentation donne une puissance pour la paire, on retient cette valeur sans la doubler. En cas de documentation ambiguë, obtenir une position écrite du délégataire avant d’engager l’opération.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.