BAR-EN-106 : isoler les combles en outre-mer, jusqu’à 380 kWh cumac par m² d’isolant posé
La fiche BAR-EN-106 est une fiche d’outre-mer, et seulement d’outre-mer : elle valorise la pose d’un isolant en comble perdu ou en rampant de toiture dans un logement situé en France d’outre-mer, pas en métropole. Le montant tient en une multiplication, de 210 à 380 kWh cumac par mètre carré d’isolant posé selon que le logement est neuf ou existant, individuel ou collectif. Le seuil de performance est bas, 1,5 m².K/W, parce que sous les tropiques il s’agit d’empêcher la chaleur d’entrer par le toit. Attention au calendrier : la fiche est abrogée à compter du 1er mai 2027.
- Secteur
- Résidentiel
- Version applicable
- v. A64-5
- Durée de vie conventionnelle
- 30 ans
L'essentiel
- Fiche réservée aux bâtiments résidentiels de France d’outre-mer, existants ou neufs, sauf les bâtiments neufs de La Réunion à plus de 600 m d’altitude. Elle est abrogée à compter du 1er mai 2027.
- Quatre forfaits par m² d’isolant posé : 320 kWh cumac en maison individuelle existante, 380 en collectif existant, 210 en maison neuve, 250 en collectif neuf, multipliés par la surface S d’isolant posé.
- R de l’isolation installée supérieur ou égal à 1,5 m².K/W, évalué selon les normes NF EN 12664, 12667 ou 12939 pour les isolants classiques et NF EN ISO 22097 pour les isolants réfléchissants, qui sont donc admis.
- Deux étapes de calendrier à prouver : visite du bâtiment par le professionnel au plus tard avant le devis, et sept jours francs au minimum entre l’acceptation du devis et le début de la pose.
- Si le bénéficiaire est une personne physique, l’entreprise doit détenir le signe de qualité isolation exigé par la fiche, et sa décision de qualification est le document justificatif spécifique du dossier. Durée de vie conventionnelle : 30 ans.
Ce que couvre la fiche BAR-EN-106, et ce que veut dire son code
La fiche BAR-EN-106 s’intitule « Isolation de combles ou de toitures (France d’outre-mer) ». Son objet est la mise en place d’une isolation thermique en comble perdu ou en rampant de toiture, dans un bâtiment résidentiel existant ou neuf situé en France d’outre-mer. Elle écarte un seul cas : les bâtiments neufs construits à La Réunion à plus de 600 m d’altitude, là où le climat des Hauts se rapproche d’un climat tempéré.
Le code se lit en trois blocs. BAR désigne le secteur résidentiel, par opposition aux fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie ou AGRI de l’agriculture. EN désigne la famille enveloppe : on agit sur les parois du bâtiment, et non sur un équipement de chauffage ou de froid comme les fiches TH. Le nombre 106 est un numéro d’ordre dans la série.
La version en vigueur est la A64-5. La durée de vie conventionnelle est de 30 ans : les économies sont comptées puis actualisées sur trois décennies, d’où plusieurs centaines de kWh cumac par mètre carré. Le point à retenir dès maintenant est la date de fin : la fiche est abrogée à compter du 1er mai 2027.
Côté périmètre, le comble perdu est le volume non habité entre le dernier plafond et la couverture ; le rampant est la face intérieure d’une toiture inclinée quand le volume sous toit est aménagé. Les murs et les planchers bas ne relèvent pas de cette fiche.
Pourquoi isoler la toiture fait économiser de l’énergie sous les tropiques
En climat tempéré, on isole un comble pour garder la chaleur du chauffage à l’intérieur. En climat tropical, le raisonnement s’inverse : la toiture est la paroi la plus exposée au soleil, et c’est par elle qu’entre l’essentiel de la chaleur. Cette chaleur rayonne vers le plafond, qui rayonne à son tour vers les occupants : dans une maison non isolée, le plafond devient un radiateur inversé en début d’après-midi et le reste une partie de la soirée.
Un isolant posé sur le plancher du comble ou sous les rampants coupe ce flux. La résistance thermique R, en m².K/W, mesure cette capacité à freiner la chaleur : plus R est élevé, moins de watts traversent chaque mètre carré pour un même écart de température. Le seuil de 1,5 m².K/W est modeste, très inférieur à ce qu’on exige en climat froid, mais il correspond au problème : l’écart de température entre la toiture surchauffée et la pièce est grand mais ne dure que quelques heures par jour, et l’on cherche d’abord à casser le pic de l’après-midi.
Dans un logement climatisé, le climatiseur a moins de chaleur à évacuer et consomme moins. Dans un logement ventilé naturellement, la température intérieure baisse et le recours à une climatisation future est repoussé. La fiche ne distingue pas les deux situations : le forfait est le même, climatisation ou pas.
La fiche admet deux familles de produits. Les isolants non réfléchissants, laines minérales ou végétales, mousses, panneaux, dont le R est mesuré selon les normes NF EN 12664, NF EN 12667 ou NF EN 12939. Et les isolants réfléchissants, souvent des produits minces multicouches à faces aluminisées, qui travaillent par réflexion du rayonnement avec les lames d’air qui les encadrent : leur R est évalué selon la norme NF EN ISO 22097, qui tient compte de ces lames d’air. En outre-mer, où le rayonnement de la toiture domine, cette ouverture compte.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est celui qui fait réaliser les travaux dans un logement d’outre-mer : propriétaire occupant, propriétaire bailleur, syndicat de copropriétaires pour un comble commun, bailleur social, ou maître d’ouvrage d’un logement neuf, puisque la fiche couvre explicitement les bâtiments neufs. La fiche ne dresse pas la liste des territoires : elle parle de France d’outre-mer, et le seul qu’elle nomme est La Réunion, pour en exclure les constructions neuves au-dessus de 600 m.
Le statut du bénéficiaire joue sur une seule exigence, la qualification de l’entreprise. Lorsque le bénéficiaire est une personne physique, le professionnel doit être titulaire d’un signe de qualité répondant aux exigences de l’article 2 du décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014, pour des travaux relevant du 4 du I de l’article 46 AX de l’annexe III du code général des impôts, la catégorie isolation : c’est ce qu’on appelle couramment une qualification RGE isolation. Pour une personne morale, la fiche n’impose pas ce signe de qualité, mais elle exige toujours une pose par un professionnel.
Deux bornes de calendrier s’appliquent à tous : une visite du bâtiment par le professionnel au plus tard avant d’établir le devis, pour vérifier que la pose d’un isolant dans les combles ou en toiture convient à ce bâtiment, et sept jours francs au minimum entre l’acceptation du devis et le début de la pose. Un chantier démarré le lendemain de la signature ne peut pas être valorisé, quelle que soit la qualité de l’isolant.
Comment se calcule le montant
Le barème du point 5 croise deux critères et donne quatre valeurs : maison individuelle ou bâtiment collectif, logement existant ou neuf. Aucune zone climatique, aucun coefficient selon l’épaisseur ou la nature de l’isolant, aucune prise en compte de la climatisation. Le montant unitaire, en kWh cumac par mètre carré d’isolant posé, se multiplie par la surface S d’isolant posé, en m².
L’existant est mieux valorisé que le neuf, 320 contre 210 en maison et 380 contre 250 en collectif : dans un bâtiment existant, l’isolant remplace souvent une toiture nue, le gain conventionnel est grand ; dans un bâtiment neuf, la référence est déjà un bâtiment construit selon les règles en vigueur. Le collectif est mieux valorisé que la maison dans les deux cas.
La grandeur de calcul est la surface d’isolant posé, pas la surface habitable ni la surface au sol. En comble perdu, les deux sont proches. En rampant, la surface d’isolant suit la pente et dépasse la surface au sol du comble aménagé. C’est la surface d’isolant installé, telle qu’elle figure sur la facture, qui entre dans le calcul. Quand l’isolant est posé en deux couches croisées, la lecture prudente consiste à retenir la surface couverte une seule fois : la fiche parle d’une isolation installée et de son R global, pas de couches qui s’additionnent.
La fiche ne définit pas le logement neuf. La lecture prudente : est neuf un bâtiment dont l’isolation est posée au cours de la construction, existant un bâtiment déjà livré et occupé, avec une pièce qui date l’achèvement. Extension ou surélévation d’une maison existante se tranchent avant le devis et se documentent dans le dossier.
| Type de logement | Logement existant | Logement neuf | Source |
|---|---|---|---|
| Maison individuelle | 320 kWh cumac par m² d’isolant posé | 210 kWh cumac par m² d’isolant posé | Fiche BAR-EN-106, point 5 |
| Bâtiment collectif | 380 kWh cumac par m² d’isolant posé | 250 kWh cumac par m² d’isolant posé | Fiche BAR-EN-106, point 5 |
| Formule | Montant unitaire × S | S = surface d’isolant posé en m² | Résultat en kWh cumac |
| Durée de vie conventionnelle | 30 ans | 30 ans | Fiche BAR-EN-106, point 4 |
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La maison individuelle existante est le cas le plus courant. Une case de plain-pied dont le comble perdu couvre 90 m² reçoit 90 m² d’isolant : 320 × 90 = 28 800 kWh cumac. Une villa à deux pans aménagée en rampants, avec 140 m² d’isolant posé en suivant la pente : 320 × 140 = 44 800 kWh cumac.
En logement neuf individuel, le forfait tombe à 210. Pour une maison de lotissement dont le plancher de comble fait 110 m² : 210 × 110 = 23 100 kWh cumac. L’écart avec l’existant est d’environ un tiers.
Le collectif change d’échelle. Un petit immeuble existant dont le comble perdu couvre 650 m² : 380 × 650 = 247 000 kWh cumac. Une résidence neuve de 400 m² de comble : 250 × 400 = 100 000 kWh cumac. Pour un bailleur qui traite un parc de 40 maisons existantes de 80 m² chacune : 320 × 80 = 25 600 kWh cumac par maison, soit 25 600 × 40 = 1 024 000 kWh cumac pour le programme.
La durée de vie de 30 ans fait l’essentiel de ces montants. Elle rappelle aussi que la surface déclarée doit pouvoir être retrouvée sur place à partir des plans ou d’un métré.
| Cas | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|
| Maison existante, comble perdu de 90 m² | 320 × 90 | 28 800 |
| Maison existante, rampants de 140 m² | 320 × 140 | 44 800 |
| Maison neuve, comble de 110 m² | 210 × 110 | 23 100 |
| Immeuble collectif existant, comble de 650 m² | 380 × 650 | 247 000 |
| Résidence collective neuve, comble de 400 m² | 250 × 400 | 100 000 |
| Parc de 40 maisons existantes de 80 m² | 320 × 80 × 40 | 1 024 000 |
Les conditions techniques : un R, une visite, un délai, une facture complète
La condition de performance est unique et chiffrée : R de l’isolation installée supérieur ou égal à 1,5 m².K/W, évalué selon la norme adaptée à la nature de l’isolant, citée plus haut. Une fiche technique qui annonce un R sans indiquer la norme de mesure ne remplit pas la condition.
La preuve de réalisation, en pratique la facture, doit porter cinq mentions : la mise en place d’une isolation, la surface d’isolant installé, le R de l’isolation installée avec la norme correspondant à la nature de l’isolant, la date de la visite du bâtiment, et les aménagements nécessaires à la pose : coffrage ou écran de protection autour des conduits de fumées et des éclairages encastrés, rehausse rigide au-dessus de la trappe d’accès. Ce sont des règles de l’art autant que des mentions obligatoires : un spot noyé dans l’isolant surchauffe, une trappe non rehaussée écrase l’isolant à chaque passage.
Si la facture ne mentionne pas le R, la fiche prévoit une voie de secours : marque et référence du matériau et surface installée, complétées par un document du fabricant ou d’un organisme accrédité selon la norme NF EN ISO/IEC 17065 par le COFRAC ou un organisme équivalent. Ce document doit dire que le produit est un isolant et donner son R, ou sa conductivité thermique et son épaisseur, selon l’une des normes citées. S’il porte une date de validité, il reste utilisable jusqu’à un an après sa date de fin de validité. Et si la référence existe en plusieurs épaisseurs, la facture doit préciser l’épaisseur posée.
Le document justificatif spécifique à l’opération est la décision de qualification ou de certification du professionnel. Le texte formule cette exigence de façon générale au dernier alinéa du point 3, après l’avoir rattachée aux bénéficiaires personnes physiques. La lecture prudente consiste à joindre cette décision dans tous les dossiers où elle existe, valide à la date d’engagement.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Performance | R ≥ 1,5 m².K/W | Norme adaptée à la nature de l’isolant |
| Visite | Au plus tard avant l’établissement du devis | Sa date figure sur la facture |
| Délai | Sept jours francs entre acceptation du devis et début de la pose | Ni le jour de signature ni le jour de démarrage ne comptent |
| Qualification | Signe de qualité isolation si le bénéficiaire est une personne physique | Décision de qualification jointe et valide à l’engagement |
| Facture | Isolation, surface, R et norme, date de visite, aménagements | À défaut : marque, référence, surface, épaisseur et document du fabricant |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
L’isolation de combles est simple à poser et simple à contrôler, parce que tout se vérifie sur place : la surface, l’épaisseur, la trappe, les coffrages. Les dossiers tombent donc sur des points visibles.
Le bon réflexe consiste à verrouiller la chronologie et la facture avant le chantier : visite datée, devis établi après la visite, pose planifiée au moins sept jours francs après son acceptation, fiche technique du produit avec sa norme archivée, modèle de facture qui reprend les cinq mentions exigées. Alors le calcul tient en une multiplication et le dossier passe.
- Logement situé en métropole, ou bâtiment neuf à La Réunion au-dessus de 600 m : hors champ dès la première ligne.
- R inférieur à 1,5 m².K/W, R annoncé sans l’une des normes citées, ou isolant réfléchissant évalué avec une norme destinée aux isolants classiques.
- Visite du bâtiment postérieure au devis, ou date de visite absente de la facture.
- Pose commencée moins de sept jours francs après l’acceptation du devis. Le piège classique : compter sept jours calendaires en incluant le jour de signature.
- Facture incomplète : surface absente, R absent sans la voie de secours marque, référence, épaisseur et document du fabricant, ou aucune mention des coffrages, écrans et rehausse de trappe.
- Surface surévaluée : surface habitable déclarée à la place de la surface d’isolant posée, ou couches additionnées.
- Colonne du barème mal choisie : neuf déclaré en existant, maison déclarée en collectif.
- Bénéficiaire personne physique et entreprise sans signe de qualité isolation à l’engagement, ou décision de qualification absente.
- Mandataire ou obligé intervenu après l’acceptation du devis : le rôle actif et incitatif doit être établi au plus tard le jour de l’engagement.
- Opération engagée à compter du 1er mai 2027, date d’abrogation de la fiche.
Questions fréquentes
La fiche BAR-EN-106 est-elle valable en métropole ?
Non. Son titre le dit et son point 1 le confirme : elle vise les bâtiments résidentiels existants ou neufs en France d’outre-mer. Un comble isolé en métropole relève d’autres fiches du catalogue.
Quelle résistance thermique faut-il pour BAR-EN-106 ?
Un R de l’isolation installée supérieur ou égal à 1,5 m².K/W, évalué selon les normes NF EN 12664, 12667 ou 12939 pour un isolant non réfléchissant, et selon la norme NF EN ISO 22097 pour un isolant réfléchissant. Le seuil est bas par rapport au climat tempéré, parce que l’enjeu en outre-mer est de couper le rayonnement de la toiture aux heures chaudes, pas de retenir du chauffage.
Un isolant mince réfléchissant est-il accepté par la fiche BAR-EN-106 ?
Oui, si sa résistance thermique est évaluée selon la norme NF EN ISO 22097 et atteint 1,5 m².K/W. La fiche nomme explicitement les isolants réfléchissants et leur attribue leur propre norme. Il faut vérifier que le R de la fiche technique correspond à cette norme et aux conditions de pose qu’elle décrit, notamment les lames d’air, puis reporter ce R et la norme sur la facture.
Faut-il une entreprise RGE pour BAR-EN-106 ?
Quand le bénéficiaire est une personne physique, oui : la fiche exige un signe de qualité pour les travaux d’isolation, et la décision de qualification de l’entreprise est le document justificatif spécifique de l’opération. Pour une personne morale, la fiche n’impose pas ce signe mais exige toujours une pose par un professionnel, avec visite préalable et délai de sept jours francs.
Jusqu’à quand peut-on utiliser la fiche BAR-EN-106 ?
La fiche indique qu’elle est abrogée à compter du 1er mai 2027. Les opérations doivent donc être engagées avant cette date, l’engagement étant en pratique l’acceptation du devis. Avec la visite préalable et le délai de sept jours francs avant la pose, un programme de plusieurs dizaines de logements se planifie avec cette échéance en tête.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.