AGRI-EQ-106 : réguler la ventilation d’un silo vaut 10 à 12 kWh cumac par m3 de céréales
Un silo se ventile pour refroidir le grain et le garder sain. Sur beaucoup d’installations, les ventilateurs tournent à l’horloge ou à la main, y compris quand l’air extérieur est plus chaud que le grain et ne refroidit rien. La fiche AGRI-EQ-106 valorise l’ajout d’une régulation qui ne fait souffler que lorsque c’est utile : trois sondes de température, une boucle de régulation, un compteur électrique et, en option, un variateur de vitesse. Le montant ne dépend pas de la puissance des ventilateurs mais du volume de céréales qui a transité dans le silo, en mètres cubes, ce qui change tout dans la préparation du dossier.
- Secteur
- Agriculture
- Version applicable
- v. A32-1
- Durée de vie conventionnelle
- 13 ans
L'essentiel
- Deux barèmes : 10 kWh cumac par m3 de céréales pour une régulation par capteurs thermiques seuls, 12 kWh cumac par m3 quand les capteurs sont couplés à une régulation de vitesse du ventilateur.
- La variable n’est pas la capacité du silo mais le volume de grain qui y a transité : l’année civile précédant l’engagement pour un silo existant, les 12 mois suivant la preuve de réalisation pour un silo neuf.
- Le silo existant doit être équipé d’une ventilation motorisée depuis plus de quatre ans ; un silo neuf est éligible, mais l’opération n’est achevée qu’à la fin du relevé de 12 mois.
- Quatre éléments imposés a minima : trois sondes de température (grain, air extérieur, air soufflé dans la galerie), une boucle de régulation, un compteur d’énergie électrique dédié à la ventilation, et un variateur si la régulation agit sur la vitesse.
- Deux pièces spécifiques font le dossier : l’étude préalable signée par un professionnel ou un bureau d’études, et le relevé du volume de céréales attestant des informations transmises à FranceAgriMer. Durée de vie conventionnelle : 13 ans. Non cumulable avec AGRI-UT-102.
Ce que couvre la fiche AGRI-EQ-106 et comment lire son code
La fiche AGRI-EQ-106 porte sur la mise en place d’une régulation sur la ventilation motorisée des silos et des installations de stockage en vrac de céréales. Le mot important est régulation : on ne valorise ni un ventilateur, ni une galerie, ni un silo, mais le système qui décide quand le ventilateur tourne, et éventuellement à quelle vitesse, à partir de mesures de température.
Le code se lit en trois blocs. AGRI désigne le secteur d’application, l’agriculture. EQ désigne la famille des équipements, par opposition aux fiches TH (chaleur et froid), UT (utilités) et SE (services). 106 est le numéro d’ordre dans cette famille. La version en vigueur est la A32-1 ; la fiche ne porte ni date d’entrée en application ni date de fin dans son texte, et aucune zone climatique n’intervient. La durée de vie conventionnelle est de 13 ans : c’est la période sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées, d’où l’unité du barème, le kWh cumac.
Un point de périmètre à connaître dès le départ : la fiche n’est pas cumulable avec les opérations relevant de la fiche AGRI-UT-102, celle qui valorise séparément un variateur électronique de vitesse sur un moteur. Le variateur est déjà compté dans le barème à 12 kWh cumac par m3 ; le valoriser une seconde fois sur le même moteur reviendrait à payer deux fois la même économie.
Pourquoi réguler la ventilation d’un silo fait économiser de l’électricité
Le grain stocké en vrac respire, dégage chaleur et humidité, et abrite insectes et moisissures qui se développent d’autant plus vite qu’il est chaud. La ventilation fait passer de l’air plus froid que le grain à travers la masse pour la refroidir par paliers. Le problème est physique : l’air ne refroidit le grain que s’il est plus froid que lui. Un ventilateur qui tourne la nuit par 8 °C dehors et 22 °C dans le tas fait son travail ; le même ventilateur l’après-midi par 24 °C ne refroidit rien, réchauffe même la base du silo, et consomme la même électricité. Sur une installation pilotée à l’horloge ou à la main, une part importante des heures tombe dans ce second cas. C’est cette part que la régulation supprime.
D’où les trois sondes exigées par la fiche. La température du grain dit où l’on en est, la température extérieure dit si l’air disponible est utile, et la température de l’air soufflé dans la galerie, mesurée après le ventilateur, tient compte de l’échauffement de l’air à la traversée du moteur et de la turbine, qui peut rendre inutile un air extérieur pourtant un peu plus frais que le grain. La boucle compare ces trois valeurs et n’autorise le démarrage que lorsque l’écart justifie de consommer.
Le variateur de vitesse ajoute une économie d’une autre nature. Sur un ventilateur, la puissance absorbée varie à peu près comme le cube de la vitesse : réduire la vitesse de 20 % divise la puissance par près de deux. Un ventilateur dimensionné pour le refroidissement rapide à la récolte est très surdimensionné pour l’entretien de température en hiver ; le variateur adapte le débit au besoin, d’où les deux kWh cumac de plus par mètre cube. Le compteur d’énergie dédié n’économise rien par lui-même, il rend l’économie mesurable, et la fiche en fait un élément obligatoire.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est celui qui exploite le silo ou l’installation de stockage en vrac : exploitation agricole avec stockage à la ferme, coopérative, négociant, organisme stockeur, silo portuaire ou de collecte. La fiche raisonne par installation, sans distinguer taille ni statut, mais le relevé de volume doit attester des informations transmises à FranceAgriMer.
Le texte vise les céréales et les grains de céréales, sans mentionner les oléagineux ni les protéagineux. Un silo mixte peut être équipé, mais la lecture prudente consiste à ne retenir dans V que le volume de céréales ayant transité, puisque c’est le mot que la fiche emploie à chaque occurrence, et à présenter le relevé par espèce.
Deux situations sont admises : le silo existant équipé d’une ventilation motorisée depuis plus de quatre ans (l’ancienneté porte sur la ventilation, pas sur la cellule), et le silo neuf, sans condition d’ancienneté mais avec un relevé de 12 mois avant achèvement.
La mise en place est réalisée par un professionnel, sans qualification particulière, mention RGE ni agrément exigés, mais sur la base d’une étude préalable établie, datée et signée par un professionnel ou un bureau d’études. Comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique la signature du devis.
Comment se calcule le montant
Le barème du point 5 tient en deux lignes et une seule variable : un forfait par mètre cube de céréales, 10 ou 12 selon le type de régulation, multiplié par V, le volume de céréales en m3. Ni zone climatique, ni coefficient de puissance, ni plafond.
Par capteurs thermiques seulement : la boucle démarre et arrête le ventilateur à partir des trois sondes, le moteur tourne à vitesse fixe, 10 kWh cumac par m3. Par capteurs thermiques couplés à une régulation de vitesse : la boucle agit aussi sur un variateur électronique associé au ventilateur, 12 kWh cumac par m3. Un variateur posé mais non piloté par la boucle, réglé une fois pour toutes sur une vitesse réduite, relève à la lettre de la première ligne.
La définition de V est le cœur de la fiche et sa principale source d’erreur. Ce n’est pas la capacité de stockage, c’est le volume de grains de céréales qui a transité dans l’installation sur une période de référence. Pour un silo existant, l’année civile qui précède la date d’engagement : un devis signé en mars 2026 renvoie aux volumes du 1er janvier au 31 décembre 2025. Pour un silo neuf, les 12 mois qui suivent la date de la preuve de réalisation.
Dernier point : la fiche compte en mètres cubes alors que le grain se pèse et se déclare en tonnes, sans donner de règle de conversion. La lecture prudente consiste à faire figurer dans le relevé, pour chaque céréale, la masse déclarée, la masse volumique en vrac retenue et le volume qui en résulte.
| Type de régulation | Montant par m3 de céréales | Variable | Formule |
|---|---|---|---|
| Par capteurs thermiques seulement | 10 kWh cumac | V : volume de céréales transité (m3) | 10 × V |
| Par capteurs thermiques couplés à une régulation de vitesse | 12 kWh cumac | V : volume de céréales transité (m3) | 12 × V |
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EstimerCombien ça représente en vrai : quatre silos, quatre calculs
Premier cas, un stockage à la ferme : trois cellules ventilées, remplies à la moisson et vidées au fil des livraisons, 3 500 m3 de blé et d’orge sur l’année civile précédente après conversion. L’installateur pose les trois sondes, la boucle, le compteur et un variateur sur le ventilateur principal. Le calcul est : 12 × 3 500 = 42 000 kWh cumac.
Deuxième cas, un silo de coopérative en zone de collecte, qui reçoit la moisson de plusieurs dizaines d’adhérents et expédie toute l’année. Le relevé de l’année civile précédente donne 40 000 m3 de céréales, et la coopérative choisit une régulation par sondes seules. Le calcul est : 10 × 40 000 = 400 000 kWh cumac. Avec un variateur piloté par la boucle, le même silo aurait valu 12 × 40 000 = 480 000 kWh cumac, soit 80 000 kWh cumac de plus pour le même volume.
Troisième cas, un silo portuaire ou un grand silo d’expédition, dont les cellules se remplissent et se vident en continu. Le relevé de l’année civile précédente donne 150 000 m3, et l’étude préalable prévoit sondes, boucle, compteur et variateurs sur l’ensemble des ventilateurs. Le calcul est : 12 × 150 000 = 1 800 000 kWh cumac.
Quatrième cas, un silo neuf équipé dès l’origine d’une ventilation régulée avec variateurs. Il n’existe aucune année civile de référence : V sera le volume des 12 mois qui suivent la preuve de réalisation. Si ces 12 mois voient transiter 25 000 m3 de céréales, le calcul sera : 12 × 25 000 = 300 000 kWh cumac. Tant que le relevé n’est pas clos, le montant n’est pas connu et le dossier ne peut pas être déposé.
| Cas | Régulation | V retenu (m3) | Calcul | Résultat (kWh cumac) |
|---|---|---|---|---|
| Stockage à la ferme, existant | Capteurs + variateur | 3 500 | 12 × 3 500 | 42 000 |
| Silo de coopérative, existant | Capteurs seuls | 40 000 | 10 × 40 000 | 400 000 |
| Silo portuaire, existant | Capteurs + variateur | 150 000 | 12 × 150 000 | 1 800 000 |
| Silo neuf, relevé sur 12 mois | Capteurs + variateur | 25 000 | 12 × 25 000 | 300 000 |
Les conditions techniques, ligne par ligne
Les capteurs : a minima des capteurs thermiques mesurant la température des grains, la température extérieure et la température de l’air soufflé dans la galerie de ventilation. Un système qui ne lit que le grain et l’air extérieur ne remplit pas la condition, même s’il régule correctement ; des sondes d’humidité peuvent s’ajouter, elles ne remplacent aucune des trois. La boucle de régulation est l’automate qui compare ces mesures et commande le ventilateur ; un simple thermostat sur l’air extérieur n’en est pas une au sens du texte.
Le variateur n’est obligatoire que pour la ligne à 12 kWh cumac ; si le système en est déjà pourvu, la preuve de réalisation n’a pas à mentionner la pose d’un variateur neuf, mais la régulation doit agir sur lui. Le compteur d’énergie électrique est obligatoire dans tous les cas et doit mesurer la ventilation seule : si les ventilateurs partagent une armoire avec la manutention et le séchage, il faut un sous-comptage dédié.
En cas de remplacement du système de ventilation motorisée existant, la puissance du système après l’opération doit être inférieure ou égale à la puissance du moteur de l’installation existante : on ne profite pas de l’opération pour installer des ventilateurs plus puissants. C’est pourquoi l’étude préalable relève marque, référence et puissance du moteur en place, marque et référence du ventilateur et type de transmission entre les deux. Pour le silo neuf, enfin, la date d’achèvement est la fin du relevé de 12 mois : entre les travaux et la clôture du dossier, il s’écoule au moins un an.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
La fiche nomme deux documents justificatifs spécifiques, le relevé de volume et l’étude préalable. Ce sont les pièces que tout contrôle regarde en premier.
L’étude préalable doit être antérieure aux travaux, datée et signée par un professionnel ou un bureau d’études. La fiche en liste le contenu : identité et adresse du bénéficiaire, adresse du chantier si elle diffère, finalités du projet et description de la solution, caractéristiques de la ventilation existante ou neuve (moteur, variateur s’il existe, ventilateur, transmission), préconisations sur la boucle, les capteurs, le variateur le cas échéant et le compteur. Une étude qui saute une rubrique est incomplète au regard du texte.
Le relevé de volume n’est ni une estimation de l’installateur ni une capacité lue sur un plan : c’est un document établi par le bénéficiaire, cohérent avec ses déclarations à FranceAgriMer, sur la bonne période. Un relevé calé sur la campagne de commercialisation, de juillet à juin, ne correspond pas à l’année civile exigée pour un silo existant.
La preuve de réalisation, en pratique la facture, doit mentionner la mise en place d’un système de régulation de la ventilation dans un silo ou une installation de stockage en vrac de céréales, existant ou neuf, et détailler la boucle, le variateur si la régulation agit sur la vitesse et si le système en était dépourvu, les capteurs thermiques avec leurs trois mesures et le compteur d’énergie électrique. Une facture qui parle de « fourniture et pose d’un automate de ventilation » sans ce détail laisse le contrôleur sans moyen de vérifier. Quand l’étude, le devis et la facture se répondent, le calcul tient en une multiplication.
- Pas d’étude préalable, étude postérieure aux travaux ou muette sur une rubrique exigée : le document justificatif spécifique manque.
- V calculé sur la capacité du silo au lieu du volume transité, ou sur la mauvaise période : campagne au lieu d’année civile, année de l’engagement au lieu de l’année précédente.
- Conversion tonnes vers mètres cubes non documentée, ou oléagineux et protéagineux comptés dans V alors que la fiche parle de céréales.
- Ligne à 12 kWh cumac revendiquée sans variateur piloté par la boucle ; une des trois sondes manquante ; compteur couvrant tout le site.
- Ventilation motorisée de moins de quatre ans sur un silo existant, ventilateurs remplacés par plus puissants, silo neuf déposé avant la fin du relevé, variateur déjà valorisé en AGRI-UT-102, mandataire intervenu après le devis.
Questions fréquentes
AGRI-EQ-106 : le volume V, c’est la capacité du silo ou le grain qui y passe ?
C’est le grain qui y passe. La fiche définit V comme le volume de grains de céréales ayant transité dans le silo, sur l’année civile précédant la date d’engagement pour un silo existant, ou sur les 12 mois suivant la preuve de réalisation pour un silo neuf. Un silo de collecte qui tourne plusieurs fois dans l’année a donc un V bien supérieur à sa capacité.
Mes déclarations FranceAgriMer sont en tonnes. Comment passer en mètres cubes ?
La fiche compte en m3 et ne donne aucune règle de conversion. La lecture prudente consiste à présenter dans le relevé, pour chaque céréale, la masse déclarée, la masse volumique en vrac retenue et le volume obtenu, pour que le contrôleur puisse refaire le calcul.
Un simple variateur de vitesse sur le ventilateur du silo suffit-il pour AGRI-EQ-106 ?
Non. Le variateur seul relève de la fiche AGRI-UT-102, avec laquelle AGRI-EQ-106 n’est pas cumulable. Il faut au minimum les trois sondes thermiques, une boucle de régulation qui commande le ventilateur à partir de ces mesures et un compteur d’énergie électrique dédié. Le variateur piloté par cette boucle fait passer le barème de 10 à 12 kWh cumac par m3, il ne remplace pas le reste.
Mon silo est neuf, quand puis-je déposer le dossier AGRI-EQ-106 ?
Pas avant la fin du relevé. Pour un silo neuf, la fiche fixe la date d’achèvement de l’opération à la fin du relevé des volumes ayant transité pendant les 12 mois qui suivent la preuve de réalisation. Il faut donc poser la régulation, tenir le relevé pendant un an, puis constituer le dossier avec ce volume.
La ventilation de mon silo a trois ans, est-ce éligible ?
Pas en tant que silo existant : la fiche exige une ventilation motorisée en place depuis plus de quatre ans, et la condition porte sur l’âge de la ventilation, pas sur celui de la cellule. Il faudra attendre que ces ventilateurs aient dépassé quatre ans.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.