TRA-EQ-101 : 18 500 kWh cumac par voyage pour une caisse mobile ou semi-remorque rail-route
Une caisse mobile ou une semi-remorque préhensible par pinces n’a rien d’extraordinaire : c’est une boîte, ou une remorque, qu’une grue peut poser sur un wagon. Mais chaque fois qu’elle monte sur un train au lieu de rester derrière un tracteur routier, des centaines de kilomètres se font à l’électricité ferroviaire plutôt qu’au gazole. La fiche TRA-EQ-101 valorise l’achat ou la location d’une unité de transport intermodal neuve dédiée au transport combiné rail-route. Le montant se compte par voyage, à partir d’un relevé de trafic réel sur six mois au plus, puis annualisé : une UTI qui tourne beaucoup vaut beaucoup, une UTI qui dort sur un parc ne vaut rien.
- Secteur
- Transport
- Version applicable
- v. A14-1
- Durée de vie conventionnelle
- 12 ans
L'essentiel
- La fiche valorise l’acquisition, par achat ou par location de 36 mois au minimum, d’une unité de transport intermodal neuve, caisse mobile ou semi-remorque à prise par pinces, dédiée au transport combiné rail-route. Les conteneurs maritimes de type ISO sont exclus.
- Deux forfaits par voyage : 18 500 kWh cumac pour une UTI de 9 m ou plus, ou de moins de 9 m si son poids total en charge dépasse 30 tonnes ; 9 300 kWh cumac pour une UTI de moins de 9 m dont le PTC est inférieur à 30 tonnes.
- Le nombre de voyages N n’est pas déclaré, il est mesuré : relevé de trafic de l’opérateur de transport combiné sur une période d’essai de 6 mois consécutifs au maximum, dont le nombre de voyages est multiplié par deux.
- Comptent les voyages à plein comme à vide, à condition qu’ils partent ou arrivent d’un terminal de transport combiné situé en France.
- L’opération est achevée à la date de fin du relevé de trafic, au plus tard 12 mois après la preuve de réalisation. Durée de vie conventionnelle : 12 ans.
Ce que couvre la fiche TRA-EQ-101, et ce que veut dire son code
La fiche TRA-EQ-101 porte sur l’acquisition d’une unité de transport intermodal, en abrégé UTI, neuve, destinée au transport combiné rail-route. Elle admet deux modes d’acquisition, l’achat et la location, et deux familles de matériel, la caisse mobile et la semi-remorque à prise par pinces. Son secteur d’application est le transport combiné rail-route appliqué au transport interurbain de marchandises : le fret longue distance, pas la distribution urbaine.
Le code se lit en trois blocs. TRA désigne le secteur du transport, EQ signale un équipement, par opposition aux fiches SE qui valorisent une prestation, et 101 est le numéro d’ordre dans la série. La fiche écarte explicitement les conteneurs maritimes de type ISO, les boîtes normalisées du transport par porte-conteneurs qui circulent déjà massivement sur le rail depuis les ports : elle vise le matériel conçu pour prendre des marchandises qui, sans lui, voyageraient par la route d’un bout à l’autre.
La version lue est la A14-1 et la durée de vie conventionnelle est de 12 ans, période sur laquelle les économies sont cumulées puis actualisées pour donner des kWh cumac. Le PDF ne mentionne ni date d’entrée en application ni date de fin ; sa seule condition géographique porte sur les voyages, qui doivent toucher au moins un terminal de transport combiné en France.
Pourquoi une UTI fait économiser de l’énergie
L’économie ne vient pas de la caisse elle-même mais de ce qu’elle rend possible : le report d’un trajet routier vers le rail. Un train de fret électrique déplace une tonne sur un kilomètre en consommant plusieurs fois moins d’énergie finale qu’un poids lourd, pour trois raisons physiques. Le contact acier sur acier oppose une résistance au roulement très inférieure à celle d’un pneu sur le bitume. Un train de plusieurs centaines de mètres ne présente qu’une seule face au vent, là où chaque camion paie sa propre traînée aérodynamique. Et la traction électrique a un rendement bien supérieur à celui d’un moteur diesel, avec une partie de l’énergie de freinage renvoyée à la caténaire.
Le problème du rail, c’est le dernier kilomètre : le train ne dessert ni l’usine ni l’entrepôt. Le transport combiné découpe donc le trajet : un tracteur routier amène la marchandise à un terminal, un portique ou un chariot à pinces pose l’unité de chargement sur un wagon, le train fait la longue distance, un autre tracteur termine la livraison. Il faut pour cela un contenant qui change de mode sans qu’on touche à la marchandise : c’est l’UTI. La caisse mobile est une boîte sans châssis ni roues, plus large qu’un conteneur ISO pour accueillir les palettes européennes, munie de prises latérales pour les pinces. La semi-remorque à prise par pinces a un châssis renforcé et des poches de préhension qui permettent à une grue de la soulever entière, roues comprises, et de la déposer dans un wagon à poche.
C’est aussi pourquoi la fiche compte en voyages et non en unités. Une semi-remorque préhensible qui ne monte jamais sur un train n’économise rien de plus qu’une semi-remorque classique. Chaque voyage par le rail évite un parcours routier, et le relevé de trafic prouve que ces voyages ont eu lieu.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est celui qui acquiert l’UTI neuve, par achat ou par location : transporteur routier qui bascule une partie de ses flux sur le rail, commissionnaire ou logisticien qui exploite son propre parc de caisses, chargeur qui possède des unités dédiées à une liaison régulière. La fiche ne distingue pas ces profils : elle exige une UTI neuve, un numéro de série, un trafic prouvé.
La location est admise si le contrat dure 36 mois au minimum, hors reconduction tacite. Une location de 24 mois reconductible ne remplit pas la condition, même si l’utilisateur compte la prolonger ; un contrat de 36 mois ferme la remplit. La fiche n’exige ni crédit-bail ni option d’achat.
L’UTI doit être dédiée au transport combiné rail-route. La fiche ne définit pas ce terme, mais l’exigence d’un relevé de trafic issu de l’opérateur de transport combiné en donne la lecture prudente : une semi-remorque préhensible achetée pour la route et qui ne passerait par un terminal qu’à l’occasion n’aura pas de relevé à produire, donc pas de certificats.
- Éligible : caisse mobile ou semi-remorque à prise par pinces, neuve, achetée ou louée 36 mois au moins hors reconduction tacite, identifiée par son numéro de série constructeur.
- Exclu : conteneur maritime de type ISO, matériel d’occasion, location de moins de 36 mois ou n’atteignant 36 mois que par reconduction tacite.
Comment se calcule le montant
Le montant en kWh cumac est le produit de deux nombres : un forfait par voyage, qui dépend de la taille de l’UTI, et N, le nombre de voyages moyen réalisé sur un an.
Le forfait a deux valeurs : 18 500 kWh cumac par voyage pour les UTI de 9 mètres ou plus et pour celles de moins de 9 mètres dont le poids total en charge dépasse 30 tonnes ; 9 300 kWh cumac par voyage pour les UTI de moins de 9 mètres dont le PTC est inférieur à 30 tonnes. Toute UTI de 9 m ou plus relève donc du premier forfait sans qu’on regarde le poids. La question du PTC ne se pose que pour les UTI de moins de 9 m, en pratique les petites caisses mobiles. La fiche écrit « supérieur » et « inférieur » à 30 tonnes sans traiter un PTC exactement égal à 30 tonnes ; la lecture prudente est d’appliquer le forfait bas.
N est défini en une phrase : le nombre de voyages du ou des relevés de trafic, multiplié par deux. Le relevé couvre une période d’essai de 6 mois consécutifs au maximum, et doubler six mois donne une année. Mais la fiche ne fait pas varier ce coefficient avec la durée réelle : un relevé de trois mois serait lui aussi doublé, pas quadruplé. Il faut donc faire porter le relevé sur six mois pleins, sans quoi le dossier se prive de la moitié de son trafic.
Ne sont comptés que les voyages, à plein ou à vide, au départ ou à l’arrivée d’au moins un terminal de transport combiné en France. Un aller Lyon vers Anvers compte, le retour à vide Anvers vers Lyon aussi. Un trajet Anvers vers Milan avec la même caisse ne compte pas, même s’il figure sur le relevé de l’opérateur.
| Catégorie d’UTI | Montant par voyage | Formule |
|---|---|---|
| UTI de 9 m ou plus, ou UTI de moins de 9 m dont le PTC est supérieur à 30 tonnes | 18 500 kWh cumac | 18 500 × N |
| UTI de moins de 9 m dont le PTC est inférieur à 30 tonnes | 9 300 kWh cumac | 9 300 × N |
| N, nombre de voyages moyen sur un an | Voyages du ou des relevés de trafic × 2 | Relevés sur 6 mois consécutifs au maximum, voyages touchant un terminal français seulement |
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Le levier de cette fiche est le trafic, pas le matériel. Chaque rotation produit deux voyages, l’aller et le retour, chargé ou non. Les cas qui suivent partent d’un relevé de six mois.
Premier cas, une semi-remorque préhensible de 13,6 m sur une navette hebdomadaire entre un terminal de la région lyonnaise et un terminal du nord de l’Europe : 24 rotations en six mois, soit 48 voyages touchant le terminal français. N vaut 48 × 2 = 96, et le montant 18 500 × 96 = 1 776 000 kWh cumac.
Deuxième cas, une caisse mobile de 7,82 m dont le PTC est de 34 tonnes : moins de 9 m mais plus de 30 tonnes, elle relève du forfait haut. Deux rotations par semaine sur une liaison intérieure, 100 voyages relevés. N vaut 100 × 2 = 200, montant 18 500 × 200 = 3 700 000 kWh cumac. Troisième cas, la même liaison avec une caisse mobile légère de 7,45 m et 16 tonnes de PTC : forfait bas, 9 300 × 200 = 1 860 000 kWh cumac. L’écart de 1 840 000 kWh cumac vient uniquement de la ligne du tableau, d’où l’importance de faire figurer le PTC sur la preuve de réalisation pour toute UTI de moins de 9 m.
Quatrième cas, un transporteur qui loue sur 36 mois fermes 20 semi-remorques préhensibles, chacune faisant 40 voyages sur la période d’essai, soit N = 80 par unité. Chaque semi-remorque vaut 18 500 × 80 = 1 480 000 kWh cumac, et le parc 18 500 × 80 × 20 = 29 600 000 kWh cumac. Chaque UTI garde son numéro de série et son propre comptage.
| Cas | Catégorie | Voyages relevés sur 6 mois | N | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|---|---|---|
| Semi-remorque 13,6 m | ≥ 9 m, forfait 18 500 | 48 | 96 | 18 500 × 96 | 1 776 000 |
| Caisse mobile 7,82 m, PTC 34 t | < 9 m et PTC > 30 t, forfait 18 500 | 100 | 200 | 18 500 × 200 | 3 700 000 |
| Caisse mobile 7,45 m, PTC 16 t | < 9 m et PTC < 30 t, forfait 9 300 | 100 | 200 | 9 300 × 200 | 1 860 000 |
| Parc de 20 semi-remorques | ≥ 9 m, forfait 18 500 | 40 par unité | 80 par unité | 18 500 × 80 × 20 | 29 600 000 |
Les conditions techniques : un numéro de série, une preuve complète, un relevé de trafic
La fiche ne demande aucune performance au matériel : pas de norme de construction, pas de masse minimale, pas de dimension imposée au-delà du seuil de 9 m qui sert au barème. Toute l’exigence porte sur l’identification de l’UTI et sur la preuve de son usage, et le tableau ci-dessous en fait le tour.
Le numéro de série délivré par le constructeur est le fil qui relie le matériel aux voyages comptés : il doit figurer sur la preuve de réalisation et sur le relevé de trafic. Ce relevé est le document justificatif spécifique de l’opération. Il est issu de l’opérateur de transport combiné et précise, pour chaque trajet, la ville, le code postal et le pays de départ et d’arrivée ; le pays est ce qui permet de vérifier qu’une extrémité au moins est un terminal français. Un relevé tiré de la télématique du transporteur, ou un tableau établi par le bénéficiaire, n’a pas la source exigée.
Le calendrier est contraint à deux endroits. Les relevés couvrent 6 mois consécutifs au maximum : on n’additionne pas les meilleurs mois d’une année. La date d’achèvement est la fin du relevé, et elle tombe au plus 12 mois après la date de la preuve de réalisation. Une UTI facturée le 1er mars doit donc avoir terminé sa période d’essai au plus tard le 1er mars suivant ; un matériel laissé six mois sur parc avant sa mise en ligne a déjà consommé la moitié de ce délai.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Nature du matériel | UTI neuve, caisse mobile ou semi-remorque à prise par pinces, dédiée au transport combiné rail-route | Conteneur ISO et matériel d’occasion exclus |
| Identification | Numéro de série délivré par le constructeur | Le même numéro sur la facture ou le contrat et sur le relevé de trafic |
| Location | Durée minimale de 36 mois, hors reconduction tacite | Un contrat court reconductible ne suffit pas |
| Preuve de réalisation | Numéro de série, caractère neuf, longueur, et PTC si longueur < 9 m | Sans PTC, une petite caisse ne peut pas prétendre au forfait de 18 500 |
| Relevé de trafic | Issu de l’opérateur de transport combiné ; ville, code postal et pays de départ et d’arrivée | Ni télématique interne ni tableau maison |
| Période d’essai | 6 mois consécutifs au maximum | Viser six mois pleins, puisque N est toujours le double des voyages relevés |
| Voyages comptés | À plein ou à vide, au départ ou à l’arrivée d’au moins un terminal de transport combiné en France | Trier les trajets purement étrangers avant de compter |
| Délais | Achèvement = fin du relevé ; au plus 12 mois après la preuve de réalisation | Mettre l’UTI en ligne vite après la livraison |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Un dossier TRA-EQ-101 ne contient que trois pièces de fond, la preuve de réalisation, le relevé de trafic et, en location, le contrat. Chacune porte une information que le contrôleur recoupe avec les deux autres, et la plupart des rejets viennent d’un maillon manquant.
L’erreur de calcul la plus fréquente touche N. Prenons une semi-remorque dont le relevé compte 60 trajets, dont 10 entre deux terminaux étrangers. Les voyages éligibles sont 50, N vaut 50 × 2 = 100, et le montant 18 500 × 100 = 1 850 000 kWh cumac. Compter les 60 trajets donne 18 500 × 120 = 2 220 000 kWh cumac, soit 370 000 kWh cumac de trop. Autre dérive : un relevé de trois mois que l’on quadruple pour annualiser, alors que la fiche ne prévoit que le facteur deux.
Le bon ordre : vérifier avant la commande que le matériel est une caisse mobile ou une semi-remorque préhensible neuve et non un conteneur ISO, faire inscrire sur la facture ou le contrat le numéro de série, le caractère neuf, la longueur et le PTC, mettre l’UTI en ligne sans délai, demander à l’opérateur de transport combiné un relevé par numéro de série avec ville, code postal et pays, arrêter la période d’essai à six mois consécutifs, trier les voyages touchant un terminal français, puis doubler.
- Conteneur maritime de type ISO présenté comme caisse mobile, ou matériel d’occasion.
- Numéro de série absent de la preuve de réalisation, ou différent entre la facture et le relevé de trafic.
- Location de moins de 36 mois, ou n’atteignant 36 mois que par reconduction tacite.
- Relevé de trafic qui n’émane pas de l’opérateur de transport combiné, ou qui omet la ville, le code postal ou le pays d’un trajet.
- Période d’essai supérieure à 6 mois, mois non consécutifs, voyages entre deux terminaux étrangers, ou coefficient d’annualisation autre que deux.
- Forfait de 18 500 appliqué à une UTI de moins de 9 m sans PTC supérieur à 30 tonnes sur la preuve de réalisation.
- Fin du relevé de trafic plus de 12 mois après la date de la facture ou du contrat.
Questions fréquentes
Un conteneur de 45 pieds pallet-wide est-il éligible à la TRA-EQ-101 ?
La fiche admet la caisse mobile et la semi-remorque à prise par pinces, et exclut nommément les conteneurs maritimes de type ISO, sans définir plus finement la frontière entre les deux. La lecture prudente s’appuie sur les documents du constructeur : un matériel désigné comme caisse mobile entre dans la dénomination ; un matériel vendu comme conteneur maritime conforme à la normalisation ISO en sort, quelle que soit sa largeur.
Puis-je louer la semi-remorque au lieu de l’acheter ?
Oui. La fiche vise l’acquisition par achat ou par location, à condition que le contrat ait une durée minimale de 36 mois, hors reconduction tacite. Comme pour un achat, la preuve de réalisation doit mentionner le numéro de série, le caractère neuf, la longueur, et le PTC si l’UTI mesure moins de 9 m.
Comment est calculé N si mon relevé de trafic ne couvre que trois mois ?
La fiche définit N comme le nombre de voyages du ou des relevés multiplié par deux, et fixe la période d’essai à 6 mois consécutifs au maximum, sans prévoir d’autre coefficient. Un relevé de trois mois est donc doublé, pas quadruplé. Mieux vaut attendre la fin des six mois, dans la limite des 12 mois qui séparent la preuve de réalisation de la date d’achèvement.
Les voyages à vide comptent-ils dans le nombre de voyages ?
Oui, la fiche le dit expressément : sont pris en compte les voyages, à plein ou à vide, effectués au départ ou à l’arrivée d’au moins un terminal de transport combiné en France. Un retour à vide vers un terminal français compte autant qu’un aller chargé. Seuls sont écartés les trajets dont ni le départ ni l’arrivée ne se situe sur un terminal français.
Que vaut une semi-remorque préhensible par pinces en kWh cumac ?
Cela dépend uniquement de son trafic. Une semi-remorque de 9 m ou plus relève du forfait de 18 500 kWh cumac par voyage. Avec 48 voyages relevés en six mois, N vaut 96 et le montant 18 500 × 96 = 1 776 000 kWh cumac. Sans relevé de trafic de l’opérateur de transport combiné, le montant est nul, quel que soit le matériel.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.