AGRI-TH-103 : un pré-refroidisseur de lait vaut 0,113 kWh cumac par litre produit dans l’année
Le lait sort de la mamelle à la température de l’animal et doit descendre à quelques degrés dans le tank, le plus vite possible. C’est le compresseur du tank qui fait ce travail, l’un des premiers postes électriques d’un élevage laitier. La fiche AGRI-TH-103 valorise l’échangeur glissé entre l’installation de traite et le tank pour enlever au lait une bonne partie de sa chaleur avec de l’eau froide. Le montant tient en une multiplication : 0,113 kWh cumac par litre de lait produit dans l’année, sans zone climatique, tranche ni plafond. Une condition ferme en revanche la porte à beaucoup de matériels : l’équipement doit être validé par un comité technique de la filière et économiser au moins 35 % de l’électricité du tank.
- Secteur
- Agriculture
- Version applicable
- v. A15-1
- Durée de vie conventionnelle
- 14 ans
L'essentiel
- La fiche vise la mise en place d’un pré-refroidisseur de lait dans une exploitation laitière existante, entre l’installation de traite et le tank à lait, par un professionnel.
- Le montant se calcule en une ligne : 0,113 kWh cumac multiplié par la production laitière annuelle en litres. Un élevage à 500 000 litres par an obtient 0,113 × 500 000 = 56 500 kWh cumac.
- Le matériel doit être validé par le Comité Technique dédié, composé du CNIEL, de l’Institut de l’Élevage et du GIE Elevages de Bretagne, avec au moins 35 % d’économies d’électricité sur la consommation du tank.
- La facture doit nommer le pré-refroidisseur et sa performance en pourcentage, ou à défaut donner marque et référence, complétées par un document du fabricant qui confirme la nature de l’équipement.
- Le document justificatif spécifique est l’attestation de performance du pré-refroidisseur, validée par le Comité Technique. Durée de vie conventionnelle : 14 ans. Version A15-1, sans restriction géographique écrite.
Ce que couvre la fiche AGRI-TH-103, et ce que veut dire son code
La fiche AGRI-TH-103 porte sur la mise en place d’un pré-refroidisseur de lait dans une exploitation agricole laitière existante, entre l’installation de traite et le tank à lait. Trois mots de cette dénomination fixent le périmètre. Existante : l’exploitation produit déjà du lait et le refroidit déjà dans un tank, l’opération améliore un process en service. Entre : l’appareil s’intercale sur le circuit du lait, en amont du tank, et non à l’intérieur ou à la place de celui-ci. Pré-refroidisseur : on refroidit avant, le tank continue d’assurer le refroidissement final.
Le code se lit en trois blocs. AGRI désigne le secteur d’application, l’agriculture, par opposition aux fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie ou BAR du résidentiel. TH renvoie à la famille thermique : l’opération agit sur un transfert de chaleur, et c’est à ce titre qu’elle économise l’électricité du groupe froid du tank. 103 est le numéro d’ordre dans la série thermique agricole.
La version en vigueur est la A15-1. La fiche ne porte ni date d’entrée en application ni date de fin, et elle n’écrit aucune restriction géographique, ni réservation à l’outre-mer ni limitation à la métropole. La durée de vie conventionnelle est de 14 ans : les économies sont comptées sur ces 14 années puis actualisées, d’où l’unité en kWh cumac, pour cumulés et actualisés.
Pourquoi un pré-refroidisseur fait économiser de l’électricité
Le lait quitte la mamelle à la température de l’animal et doit être ramené rapidement à quelques degrés dans le tank pour se conserver jusqu’à la collecte. Cet écart de température, multiplié par des centaines ou des milliers de litres à chaque traite, représente une quantité de chaleur considérable à extraire toute l’année. Sur une installation classique, c’est le groupe frigorifique du tank qui enlève toute cette chaleur, avec un compresseur alimenté en électricité.
Le pré-refroidisseur est un échangeur de chaleur, à plaques ou à tubes, placé sur la conduite de lait entre le récupérateur de la machine à traire et le tank. Le lait circule d’un côté, de l’eau froide de l’autre, à contre-courant, sans se mélanger. L’eau du réseau ou du forage, plus froide que le lait, absorbe une grande partie de la chaleur du lait, qui arrive au tank déjà tiède. Le compresseur n’a plus que la fin du chemin à parcourir : moins de degrés à enlever, donc moins d’heures de fonctionnement et moins de kilowattheures.
Enlever de la chaleur avec une eau déjà froide ne coûte presque rien, alors que l’enlever avec un compresseur coûte de l’électricité à chaque degré. L’intérêt ne s’arrête pas au compteur : l’eau qui ressort de l’échangeur a gagné plusieurs degrés et part en général vers les abreuvoirs, où les vaches boivent volontiers une eau tempérée en hiver. La fiche ne valorise toutefois que l’économie d’électricité, et elle fixe un seuil : au moins 35 % de l’électricité consommée par le tank. Ce seuil explique pourquoi n’importe quel échangeur ne convient pas : la performance dépend de la surface d’échange, du rapport entre débit d’eau et débit de lait et de la température de l’eau disponible. Un échangeur sous-dimensionné n’abaisse le lait que de quelques degrés, et le compresseur garde l’essentiel du travail. Le passage par un comité technique de la filière sert précisément à écarter ces cas.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est l’exploitation agricole laitière existante qui installe le pré-refroidisseur : éleveur individuel, EARL, GAEC, SCEA ou toute autre forme sociétaire, dès lors qu’elle trait et stocke du lait dans un tank. La fiche parle d’exploitation laitière sans préciser l’espèce : elle vise à l’évidence l’élevage bovin, champ naturel du CNIEL et de l’Institut de l’Élevage, mais le texte n’exclut pas par lui-même un atelier caprin ou ovin. C’est la validation du matériel par le Comité Technique, et non l’espèce, qui est la condition écrite.
La mise en place doit être réalisée par un professionnel. La fiche n’impose aucune qualification nommée, ni RGE ni agrément : en pratique, l’intervenant est l’installateur de matériel de traite ou le frigoriste qui suit le tank, puisqu’il faut raccorder l’échangeur sur la conduite de lait, prévoir l’alimentation en eau et le nettoyage en place. Un éleveur qui poserait lui-même un échangeur acheté en direct ne remplirait pas la condition, même avec un matériel validé.
Comme pour toute opération CEE, celui qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, avant la signature du devis. Un pré-refroidisseur déjà commandé ou déjà posé ne peut plus être valorisé.
- Éligible : exploitation laitière en activité, tank en place, pré-refroidisseur validé par le Comité Technique et installé par un professionnel entre la traite et le tank.
- Exclu : atelier neuf sans production antérieure, pose par l’éleveur lui-même, échangeur non validé ou dont la performance attestée est inférieure à 35 %.
- Le raisonnement se fait par exploitation : la variable du calcul est la production laitière annuelle, pas le nombre de vaches ni la taille du tank.
Comment se calcule le montant
Le barème du point 5 tient sur une ligne : un montant unitaire de 0,113 kWh cumac par litre de lait, multiplié par P, la production laitière annuelle de l’exploitation en litres par an. Ni zone climatique, ni coefficient selon la taille du tank, ni tranche selon le nombre d’animaux. Deux exploitations qui produisent le même volume obtiennent le même montant, quel que soit le modèle d’échangeur, du moment qu’il est validé et atteint le seuil de 35 %.
La fiche ne définit pas plus précisément la lettre P. Elle n’écrit pas s’il s’agit du lait produit, livré à la laiterie ou commercialisé, et elle ne dit ni quel document en fait foi ni sur quels douze mois se placer. La lecture prudente, celle qui tient devant un contrôle, consiste à retenir un volume prouvé par un document extérieur : les relevés de collecte ou le récapitulatif annuel de la laiterie donnent les litres livrés sur une année complète. Un chiffre arrondi de mémoire, ou une projection fondée sur un agrandissement du troupeau à venir, n’a aucune pièce derrière lui. La production retenue doit aussi être celle du site équipé : un GAEC à deux sites de traite, chacun avec son tank, compte le lait de chaque site pour le pré-refroidisseur qui l’équipe.
| Élément du calcul | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Montant unitaire | 0,113 kWh cumac par litre de lait | Fiche AGRI-TH-103, point 5 |
| Variable P | Production laitière annuelle de l’exploitation, en litres par an | Fiche AGRI-TH-103, point 5 |
| Formule | 0,113 × P | Résultat en kWh cumac |
| Zone climatique, tranches, plafond | Aucun | Fiche AGRI-TH-103, point 5 |
| Durée de vie conventionnelle | 14 ans | Fiche AGRI-TH-103, point 4 |
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EstimerCombien ça représente en vrai
Le montant unitaire paraît minuscule, un peu plus d’un dixième de kWh cumac par litre, mais une exploitation laitière compte ses litres en centaines de milliers. Posons les calculs sur des volumes que l’on rencontre réellement.
Un troupeau d’une quarantaine de vaches en zone herbagère, qui livre 300 000 litres par an, obtient 0,113 × 300 000 = 33 900 kWh cumac. Une exploitation familiale de taille courante, autour de 70 vaches et 500 000 litres, arrive à 0,113 × 500 000 = 56 500 kWh cumac. Un GAEC à deux ou trois associés qui livre 800 000 litres compte 0,113 × 800 000 = 90 400 kWh cumac. Un grand troupeau robotisé à 1 200 000 litres atteint 0,113 × 1 200 000 = 135 600 kWh cumac.
Le rapport entre les cas est strictement proportionnel : doubler le volume de lait double le montant, sans palier ni dégressivité. C’est ce qui rend la fiche lisible pour l’éleveur, qui connaît sa référence laitière à quelques milliers de litres près, et c’est aussi ce qui rend le dossier sensible au chiffre retenu : une erreur de 50 000 litres déplace le montant de 0,113 × 50 000 = 5 650 kWh cumac. Le même raisonnement repère les dossiers aberrants : 60 vaches qui déclareraient 2 000 000 de litres supposent une production par vache que les meilleurs troupeaux n’atteignent pas.
| Exploitation | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|
| Environ 40 vaches, 300 000 litres par an | 0,113 × 300 000 | 33 900 |
| Environ 70 vaches, 500 000 litres par an | 0,113 × 500 000 | 56 500 |
| GAEC, 800 000 litres par an | 0,113 × 800 000 | 90 400 |
| Grand troupeau robotisé, 1 200 000 litres par an | 0,113 × 1 200 000 | 135 600 |
| Écart pour 50 000 litres de différence sur P | 0,113 × 50 000 | 5 650 |
Les conditions techniques : un matériel validé, 35 % au moins, une preuve qui le dit
La fiche pose quatre conditions au point 3. La première porte sur l’intervenant : la mise en place est réalisée par un professionnel. La deuxième porte sur le matériel, et c’est la plus sélective : le pré-refroidisseur doit être validé par le Comité Technique dédié, composé du Centre National Interprofessionnel de l’Économie Laitière, de l’Institut de l’Élevage et du GIE Elevages de Bretagne, avec une performance supérieure ou égale à 35 % d’économies d’énergie électrique sur la consommation du tank. La fiche n’indique ni où consulter la liste des matériels validés ni selon quel protocole le pourcentage est mesuré : c’est au fabricant ou à l’installateur de fournir l’attestation du comité pour le modèle précis qui sera posé.
La troisième condition porte sur la preuve de réalisation, c’est-à-dire la facture. Elle doit mentionner la mise en place d’un pré-refroidisseur de lait et sa performance en pourcentage d’économies d’électricité sur la consommation du tank. Voie de repli : si la facture ne porte pas cette performance, elle doit au moins mentionner marque et référence, complétées par un document du fabricant indiquant que l’équipement de cette marque et de cette référence est un pré-refroidisseur de lait. Une facture qui parle d’échangeur ou de récupérateur sans dire qu’il s’agit d’un pré-refroidisseur de lait est insuffisante.
La quatrième condition est le document justificatif spécifique : le document attestant de la performance énergétique du pré-refroidisseur, validé par le Comité Technique. Ce n’est ni une fiche commerciale ni une simulation de l’installateur, et il doit correspondre, marque et référence, au matériel facturé et posé.
Il faut noter ce que la fiche n’exige pas. Pas de mesure de consommation avant et après : le seuil de 35 % est une performance attestée du matériel, pas un résultat constaté chez l’éleveur. Ni surface d’échange minimale, ni débit d’eau, ni température du lait en sortie, ni obligation de réutiliser l’eau réchauffée. Et rien sur le tank lui-même : son âge, sa capacité ou son type de refroidissement n’entrent pas dans les conditions.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Périmètre | Exploitation laitière existante, échangeur entre l’installation de traite et le tank | Production antérieure et tank en place |
| Intervenant | Mise en place réalisée par un professionnel | Facture au nom d’une entreprise |
| Matériel | Validé par le Comité Technique dédié (CNIEL, Institut de l’Élevage, GIE Elevages de Bretagne) | Attestation du comité pour le modèle exact, avant de commander |
| Performance | Au moins 35 % d’économies d’énergie électrique sur la consommation du tank | Le pourcentage figure sur l’attestation et sur la facture |
| Preuve de réalisation, voie principale | Mentionne un pré-refroidisseur de lait et sa performance en pourcentage | Les mots exacts doivent être écrits |
| Preuve de réalisation, voie de repli | Marque et référence, complétées par un document du fabricant confirmant qu’il s’agit d’un pré-refroidisseur de lait | Marque et référence identiques sur les deux pièces |
| Document justificatif spécifique | Attestation de performance du pré-refroidisseur, validée par le Comité Technique | Pas une fiche commerciale |
| Variable du calcul | P, production laitière annuelle de l’exploitation en litres | Document extérieur, douze mois complets |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Le dossier repose sur trois pièces : la facture, l’attestation de performance validée par le comité, et le justificatif de la production laitière annuelle. Chacune peut faire tomber l’ensemble si elle manque ou ne concorde pas avec les deux autres. Voici les motifs de rejet les plus prévisibles au regard du texte.
Le bon réflexe consiste à verrouiller le matériel avant la commande : obtenir l’attestation du Comité Technique pour la référence exacte, vérifier que son pourcentage atteint 35 %, faire écrire sur le devis puis sur la facture la mention de pré-refroidisseur de lait avec ce pourcentage, la marque et la référence, et sortir le récapitulatif annuel de la laiterie pour fixer P. Quand ces points sont calés, le calcul tient en une multiplication et le dossier passe.
- Échangeur non validé par le Comité Technique, ou attestation introuvable : la fiche ne prévoit aucune équivalence, ni par un essai de laboratoire indépendant, ni par une déclaration du fabricant seul.
- Performance attestée inférieure à 35 %, ou pourcentage absent de l’attestation : le seuil ne souffre pas d’arrondi.
- Facture au libellé générique, échangeur à plaques ou récupérateur d’énergie, sans les mots pré-refroidisseur de lait ni la marque et la référence qui permettraient la voie de repli.
- Marque ou référence qui diffèrent entre la facture, le document du fabricant et l’attestation : un modèle de la même gamme mais d’une autre taille n’est pas le modèle validé.
- Production laitière surestimée, arrondie ou projetée, sans document de la laiterie pour l’étayer, ou lait de deux sites de traite additionné pour un seul pré-refroidisseur. C’est la seule variable du calcul, et la première chose qu’un contrôle recalcule.
- Pose par l’éleveur lui-même, ou atelier laitier créé en même temps que l’installation, sans production antérieure.
- Engagement antérieur à l’intervention de celui qui valorise les certificats : devis signé ou matériel déjà posé avant tout contact.
Questions fréquentes
Combien de kWh cumac pour un pré-refroidisseur de lait en AGRI-TH-103 ?
Le montant est de 0,113 kWh cumac par litre de lait produit dans l’année. Une exploitation à 500 000 litres par an obtient 0,113 × 500 000 = 56 500 kWh cumac. Ni zone climatique, ni tranche, ni plafond : seule la production annuelle compte.
Quel pré-refroidisseur de lait est éligible aux CEE ?
Uniquement un matériel validé par le Comité Technique dédié (CNIEL, Institut de l’Élevage, GIE Elevages de Bretagne), dont la performance attestée atteint au moins 35 % d’économies d’électricité sur la consommation du tank. Demandez au fournisseur l’attestation de ce comité pour la référence exacte avant de commander : un échangeur performant mais non validé ne passe pas.
Quelle production laitière déclarer : le lait produit ou le lait livré ?
La fiche parle de production laitière annuelle de l’exploitation en litres par an, sans préciser le document ni la période. La lecture prudente consiste à retenir un volume prouvé par une pièce extérieure, en pratique le récapitulatif annuel ou les relevés de collecte de la laiterie sur douze mois complets, plutôt qu’un chiffre déclaré ou une production espérée après agrandissement du troupeau.
Faut-il mesurer la consommation du tank avant et après l’installation ?
Non. Le seuil de 35 % est une performance du matériel attestée par le Comité Technique, pas un résultat constaté sur l’exploitation. La fiche ne demande ni relevé de compteur ni mesure de température du lait en sortie d’échangeur, mais une facture qui mentionne le pré-refroidisseur et son pourcentage d’économies, ou à défaut sa marque et sa référence avec un document du fabricant.
Un élevage de chèvres ou de brebis laitières peut-il en bénéficier ?
La fiche vise une exploitation agricole laitière existante sans préciser l’espèce, elle n’exclut donc pas par elle-même un atelier caprin ou ovin. La condition écrite est la validation du matériel par le Comité Technique : pour un élevage non bovin, il faut vérifier que la référence envisagée dispose de cette attestation, sans quoi l’opération n’est pas valorisable.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.