BAR-TH-155 : ventilation hybride hygroréglable, jusqu’à 17 700 kWh cumac par appartement
Beaucoup d’appartements anciens respirent encore par des conduits shunt et des grilles en façade : l’air passe quand le vent souffle, stagne quand il tombe, et le chauffage s’échappe par le conduit tout l’hiver. La fiche BAR-TH-155 valorise le remplacement de cette ventilation naturelle par un système hybride hygroréglable, de 9 700 à 17 700 kWh cumac par appartement selon la zone climatique, corrigé par un facteur lié au matériel. Elle est réservée à la France métropolitaine, et aux appartements, pas aux maisons.
- Secteur
- Résidentiel
- Version applicable
- v. A40-4
- Durée de vie conventionnelle
- 17 ans
L'essentiel
- La fiche vise les appartements existants de France métropolitaine ventilés naturellement ou pas du tout. Un appartement déjà en VMC, ou une maison individuelle, n’entre pas dans son champ.
- Trois montants par appartement selon la zone : 17 700 kWh cumac en H1, 14 500 en H2, 9 700 en H3, multipliés par le nombre d’appartements N et par un facteur correctif R.
- R va de 0,93 à 1 : 1 pour un type B à extracteur basse consommation, 0,98 pour un type A basse consommation, 0,95 pour un type B standard, 0,93 pour un type A standard.
- Type A : seules les bouches d’extraction sont hygroréglables. Type B : les bouches et les entrées d’air le sont. L’extracteur consomme moins de 0,25 Wh/m³ ; il est basse consommation à 0,1 Wh/m³ ou moins.
- Trois pièces font le dossier : un installateur titulaire du signe de qualité exigé, un avis technique CCFAT en cours de validité, et une facture qui nomme le type A ou B et la puissance spécifique de l’extracteur. Durée de vie conventionnelle : 17 ans.
Ce que couvre la fiche BAR-TH-155, et ce que veut dire son code
La fiche BAR-TH-155 porte sur la mise en place d’une ventilation hybride hygroréglable de type A ou B dans des appartements existants. Son point 1 fixe le champ : les appartements équipés d’une ventilation naturelle ou sans système de ventilation, en France métropolitaine. Appartements écarte la maison individuelle, existants écarte le neuf, ventilation naturelle ou absente écarte les logements déjà en ventilation mécanique.
Le code se lit en trois blocs. BAR désigne le secteur résidentiel. TH renvoie à la famille thermique : l’opération agit sur la consommation de chauffage en réduisant les pertes liées au renouvellement d’air. 155 est le numéro d’ordre dans cette famille. Le titre officiel précise « France métropolitaine » : la fiche ne s’applique pas en outre-mer.
La fiche définit l’objet valorisé : un extracteur capable de fonctionner en mode naturel ou avec une assistance mécanique, des entrées d’air et des bouches d’extraction. Le système est de type A si seules les bouches sont hygroréglables, de type B si les bouches et les entrées d’air le sont. La version en vigueur est la A40-4, la durée de vie conventionnelle de 17 ans : la période sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées, d’où l’unité en kWh cumac.
Pourquoi une ventilation hybride hygroréglable fait économiser du chauffage
Dans un immeuble ventilé naturellement, l’air chaud monte dans un conduit vertical et sort en toiture, aspirant de l’air neuf par les grilles de façade. Le moteur est l’écart de température entre dedans et dehors, aidé ou contrarié par le vent. Le débit n’est donc jamais le bon : trop fort par grand froid, quand chaque mètre cube extrait coûte le plus cher à réchauffer, trop faible en demi-saison, quand la condensation apparaît.
La ventilation hybride règle ce problème en deux temps. D’abord, un extracteur posé en tête de conduit laisse passer le tirage naturel tant qu’il suffit, et met un moteur en route quand il devient insuffisant, par temps doux et sans vent. C’est le sens du mot hybride : un mode naturel qui ne consomme rien, une assistance qui consomme très peu. D’où l’attention de la fiche à la puissance spécifique de l’extracteur : le gain sur le chauffage ne doit pas être mangé par l’électricité du ventilateur.
Ensuite, les bouches d’extraction, et dans le type B les entrées d’air, sont hygroréglables. Une membrane sensible à l’humidité ouvre plus ou moins le passage : quand on cuisine ou qu’on se douche, l’air humide est évacué vite ; quand le logement est vide ou sec, le débit retombe au minimum. Sur une saison de chauffe, on extrait moins d’air chauffé. Le barème suit cette physique : montant maximal en H1, la zone la plus froide, minoré pour un extracteur standard et pour un type A, dont les entrées d’air fixes laissent passer un débit que le type B aurait réduit.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est celui qui engage les travaux : le plus souvent une copropriété représentée par son syndic, ou un bailleur propriétaire de l’immeuble. La ventilation hybride se traite par colonne de conduits et par extracteur de toiture, donc à l’échelle d’une cage d’escalier ou de l’immeuble, même si un propriétaire isolé peut en bénéficier pour son appartement.
Les appartements doivent être existants et, au moment des travaux, ventilés naturellement ou dépourvus de système. C’est le parc d’avant la VMC : conduits shunt ou individuels, grilles en cuisine et salle de bains. La fiche ne dit pas quel document prouve cet état : ni photo, ni constat, ni attestation. La lecture prudente est de le décrire dans le devis et d’en garder une trace, rapport de visite ou photos des grilles, parce que c’est le premier point qu’un contrôleur vérifie.
La mise en place est réalisée par un professionnel titulaire du signe de qualité exigé par la fiche, ce que le métier appelle la qualification RGE, détaillé plus bas. Enfin, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, c’est-à-dire avant la signature du devis ou le vote d’assemblée générale qui engage les travaux.
- Éligible : appartement existant de France métropolitaine, ventilé par tirage naturel ou sans système, équipé par un professionnel qualifié.
- Exclu : maison individuelle, logement neuf, appartement déjà en ventilation mécanique, immeuble en outre-mer.
- N est le nombre de logements effectivement raccordés au système.
Comment se calcule le montant
Le point 5 pose une formule à trois termes : un montant par appartement qui dépend de la zone climatique, multiplié par N, le nombre d’appartements, multiplié par R, un facteur correctif lié au type d’installation. Aucune surface ni puissance n’entre en jeu : un studio et un cinq pièces valent le même montant. Le montant par appartement est de 17 700 kWh cumac en zone H1, 14 500 en H2 et 9 700 en H3. La zone est celle du département : Paris, Lyon ou Lille sont en H1 ; Bordeaux ou Nantes en H2 ; Marseille ou Nice en H3.
Le facteur R combine le type du système, A ou B, et la classe de l’extracteur. Un extracteur est à basse consommation si sa puissance spécifique est inférieure ou égale à 0,1 Wh/m³ ; au-delà, il est standard, à condition de rester sous 0,25 Wh/m³, faute de quoi le système n’est pas éligible. R vaut 1 pour un type B basse consommation, 0,98 pour un type A basse consommation, 0,95 pour un type B standard et 0,93 pour un type A standard. La fourchette est étroite, 7 % entre le meilleur et le moins bon cas : l’essentiel de l’économie vient de l’hybride lui-même. La puissance spécifique s’exprime en wattheures par mètre cube d’air déplacé : à 0,1 Wh/m³, un extracteur qui assure 1 000 m³/h en mode assisté consomme 100 W. C’est la valeur lue dans l’avis technique que la facture doit reprendre.
| Zone climatique | Montant par appartement | × N | × R selon le système (quelle que soit la zone) |
|---|---|---|---|
| H1 | 17 700 kWh cumac | Nombre d’appartements | Type B basse consommation : 1 |
| H2 | 14 500 kWh cumac | Nombre d’appartements | Type A basse consommation : 0,98 |
| H3 | 9 700 kWh cumac | Nombre d’appartements | Type B extracteur standard : 0,95 |
| Toutes zones | Formule : montant × N × R | Résultat en kWh cumac | Type A extracteur standard : 0,93 |
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La zone climatique pèse beaucoup plus que le matériel. Entre H1 et H3, le montant par appartement passe de 17 700 à 9 700 kWh cumac, soit 9 700 divisé par 17 700, environ 55 %. Le facteur R ne fait varier le résultat que de 7 % au maximum. Le premier chiffre à vérifier est donc le département, le second le nombre d’appartements, et seulement ensuite le type de système.
Prenons quatre immeubles. Une copropriété de 40 appartements à Lille, zone H1, en type B à extracteurs basse consommation : 17 700 × 40 × 1 = 708 000 kWh cumac. Un immeuble de bailleur de 24 appartements à Bordeaux, zone H2, en type A avec extracteurs standards : 14 500 × 24 × 0,93 = 323 640 kWh cumac. Une résidence de 60 appartements à Marseille, zone H3, en type B avec extracteurs standards : 9 700 × 60 × 0,95 = 552 900 kWh cumac. Un petit immeuble de 8 appartements à Lyon, zone H1, en type A basse consommation : 17 700 × 8 × 0,98 = 138 768 kWh cumac.
Le choix du matériel a un coût en kWh cumac. La copropriété lilloise en type B basse consommation vaut 708 000 kWh cumac ; le même immeuble en type A avec extracteurs standards vaut 17 700 × 40 × 0,93 = 658 440 kWh cumac, soit 49 560 kWh cumac de moins, près de trois appartements. C’est à ce volume que se compare le surcoût du matériel. Dernière lecture : la résidence marseillaise de 60 appartements vaut moins que la copropriété lilloise de 40. En H3, l’intérêt de l’opération tient davantage à la qualité de l’air qu’au volume de certificats.
| Immeuble | Zone, type, extracteur | N | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|---|---|
| Copropriété à Lille | H1, type B, basse consommation | 40 | 17 700 × 40 × 1 | 708 000 |
| Bailleur à Bordeaux | H2, type A, standard | 24 | 14 500 × 24 × 0,93 | 323 640 |
| Résidence à Marseille | H3, type B, standard | 60 | 9 700 × 60 × 0,95 | 552 900 |
| Petit immeuble à Lyon | H1, type A, basse consommation | 8 | 17 700 × 8 × 0,98 | 138 768 |
Les conditions techniques : un installateur qualifié, un avis technique, une facture qui dit tout
Première condition, l’installateur. La fiche exige un signe de qualité conforme à l’article 2 du décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014, pour les travaux relevant du 8° du I de son article 1er. Devis et facture sont établis par une entreprise qui détient cette qualification, valide à la date des travaux et pour cette catégorie : une qualification RGE obtenue pour l’isolation ou le chauffage ne vaut pas pour la ventilation.
Deuxième condition, le système. Il bénéficie d’un avis technique en cours de validité délivré par la Commission chargée de formuler des avis techniques, la CCFAT, ou présente des caractéristiques équivalentes établies par un organisme de l’Espace économique européen accrédité selon la norme NF EN ISO/CEI 17065. La fiche en fait le document justificatif spécifique de l’opération. Il faut le joindre, vérifier sa validité, et vérifier que les références posées sont celles qu’il couvre : un panachage entre marques sort du périmètre de l’avis.
Troisième condition, chiffrée : la puissance spécifique de l’extracteur est inférieure à 0,25 Wh/m³ ; à 0,25 ou plus, le système n’est pas éligible. La fiche n’indique pas à quel point de fonctionnement cette puissance se mesure ; la lecture prudente est de retenir la valeur portée dans l’avis technique et de la reporter telle quelle sur la facture.
Quatrième condition, la preuve de réalisation, en pratique la facture. Elle mentionne la mise en place d’un système de ventilation hybride hygroréglable de type A ou B et la puissance spécifique de l’extracteur. À défaut, elle mentionne les marques et références des équipements, accompagnée d’un document du fabricant établissant qu’ils forment un tel système, avec la puissance spécifique et le type. Dans les deux cas, la facture doit permettre de compter N sans ambiguïté.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Installateur | Signe de qualité du décret n° 2014-812, travaux du 8° du I de l’article 1er | Qualification valide à la date des travaux et pour la ventilation |
| Type A ou B | A : bouches hygroréglables seules. B : bouches et entrées d’air hygroréglables | Le type déclaré correspond aux entrées d’air réellement posées |
| Avis technique | CCFAT en cours de validité, ou preuves équivalentes d’un organisme accrédité NF EN ISO/CEI 17065 | Document justificatif spécifique : à joindre, validité vérifiée |
| Puissance spécifique | < 0,25 Wh/m³ ; basse consommation si ≤ 0,1 Wh/m³, standard au-delà | Valeur de l’avis technique reportée sur la facture |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Un dossier BAR-TH-155 porte sur des dizaines de logements et se chiffre vite en centaines de milliers de kWh cumac : il est regardé de près. L’erreur la plus coûteuse porte sur le champ. Un immeuble en VMC autoréglable vieillissante ressemble, vu de la toiture, à un immeuble ventilé naturellement : des conduits, des bouches, un caisson. Mais la fiche vise les appartements en ventilation naturelle ou sans système, et rien d’autre. Remplacer une VMC par une ventilation hybride n’est pas une opération BAR-TH-155.
Viennent les erreurs de valorisation. Un R de 1 déclaré pour un type A basse consommation surévalue le dossier d’environ 2 % ; un extracteur à 0,15 Wh/m³ déclaré basse consommation le surévalue d’environ 5 %. Petits écarts, mais ils se voient immédiatement en rapprochant la facture de l’avis technique. N compte les logements raccordés au système posé, pas tous ceux de l’immeuble si une cage d’escalier n’a pas été traitée.
Le bon ordre : faire intervenir le mandataire avant le vote des travaux ou la signature du devis, vérifier la qualification de l’installateur, relever dans l’avis technique la puissance spécifique et le type, décrire dans le devis l’état antérieur des appartements et leur nombre, puis s’assurer que la facture reprend ces mentions. Quand ces points sont calés, le dossier n’offre plus de prise aux motifs de rejet listés ci-dessous.
- Appartements déjà en ventilation mécanique, maison individuelle, logement neuf ou immeuble en outre-mer : hors du champ du point 1.
- Installateur sans le signe de qualité exigé, qualifié pour une autre catégorie de travaux, ou dont la qualification a expiré avant la fin du chantier.
- Avis technique CCFAT absent, périmé à la date des travaux, ou ne couvrant pas les références posées.
- Extracteur à 0,25 Wh/m³ ou plus, ou R surévalué : type B déclaré avec des entrées d’air fixes, extracteur standard déclaré basse consommation.
- Facture muette sur le type et la puissance spécifique, non complétée par les marques, références et document du fabricant.
- Mandataire ou obligé intervenu après l’engagement : devis signé ou travaux votés avant tout contact avec celui qui valorise les certificats.
Questions fréquentes
Combien vaut la fiche BAR-TH-155 pour un appartement ?
17 700 kWh cumac en zone H1, 14 500 en H2 et 9 700 en H3, multipliés par un facteur R compris entre 0,93 et 1 selon le type de système et la classe de l’extracteur. Le montant ne dépend ni de la surface ni du nombre de pièces. Pour un immeuble, on multiplie par le nombre d’appartements raccordés.
Quelle différence entre une ventilation hybride de type A et de type B ?
Dans les deux cas, les bouches d’extraction de la cuisine et des pièces d’eau sont hygroréglables. En type B, les entrées d’air des pièces de vie le sont aussi. Le type B module tout le trajet de l’air, et la fiche lui donne un R plus favorable, 1 ou 0,95 contre 0,98 ou 0,93 pour le type A.
Mon immeuble a déjà une VMC. Est-il éligible à la BAR-TH-155 ?
Non. La fiche s’applique aux appartements équipés d’une ventilation naturelle ou sans système de ventilation. Un immeuble déjà ventilé mécaniquement, même par une VMC ancienne et autoréglable, n’entre pas dans ce champ.
La BAR-TH-155 s’applique-t-elle à une maison individuelle ?
Non. Le point 1 vise les appartements existants, et le point 5 compte le montant par appartement. Une maison, même ventilée naturellement, n’est pas un appartement au sens de la fiche. Elle ne s’applique pas non plus en outre-mer, son titre précisant France métropolitaine.
Faut-il un installateur RGE pour la BAR-TH-155 ?
Oui. La fiche exige un professionnel titulaire d’un signe de qualité conforme à l’article 2 du décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014, pour des travaux relevant du 8° du I de l’article 1er de ce décret. Une qualification détenue pour une autre catégorie de travaux ne suffit pas, et elle doit être valide à la date des travaux.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.