BAT-EN-106 : isoler une toiture tertiaire en outre-mer, jusqu’à 2 800 kWh cumac par m² posé
La fiche BAT-EN-106 est réservée à la France d’outre-mer, et elle porte une date de fin : elle est abrogée à compter du 1er mai 2027. Elle valorise l’isolation thermique des combles perdus, des rampants ou des toitures-terrasses d’un bâtiment tertiaire, existant ou neuf. Le calcul tient en une multiplication, un forfait par mètre carré d’isolant posé fois la surface, mais le forfait va du simple au double selon l’activité du bâtiment, et la preuve de réalisation est très encadrée.
- Secteur
- Tertiaire
- Version applicable
- v. A64-3
- Durée de vie conventionnelle
- 30 ans
L'essentiel
- Champ : bâtiments tertiaires existants ou neufs situés en France d’outre-mer. La métropole n’est pas concernée par cette fiche.
- Barème par m² d’isolant posé, selon six secteurs d’activité : de 1 400 à 2 800 kWh cumac en bâtiment existant, de 1 000 à 2 000 kWh cumac en bâtiment neuf. L’hôtellerie est en haut, les bureaux et les autres secteurs en bas.
- Condition technique unique : une résistance thermique R supérieure ou égale à 1,2 m².K/W, évaluée selon les normes NF EN 12664, 12667 ou 12939 pour les isolants classiques, NF EN ISO 22097 pour les isolants réfléchissants.
- Deux règles de procédure : la pose est réalisée par un professionnel, et sept jours francs au moins séparent l’acceptation du devis du début de la pose.
- La fiche est abrogée à compter du 1er mai 2027. Durée de vie conventionnelle : 30 ans, ce qui explique le niveau élevé des forfaits au m².
Ce que couvre la fiche BAT-EN-106
La fiche BAT-EN-106 s’intitule « Isolation de combles ou de toitures (France d’outre-mer) ». Elle valorise la mise en place d’une isolation thermique en comble perdu, en rampant de toiture ou en toiture-terrasse, dans un bâtiment tertiaire existant ou neuf situé en France d’outre-mer.
Le code se lit en trois blocs. BAT désigne le secteur des bâtiments tertiaires : bureaux, commerces, hôtels, écoles, cliniques, entrepôts, tout ce qui n’est ni un logement, ni un site industriel, ni une exploitation agricole. EN renvoie à la famille de l’enveloppe, les opérations qui agissent sur les parois, par opposition aux fiches TH qui touchent aux équipements de chauffage ou de froid. 106 est le numéro d’ordre dans cette famille. La mention « France d’outre-mer » n’est pas décorative : le point 1 limite le secteur d’application à ces territoires, et l’isolation d’une toiture tertiaire métropolitaine relève d’une autre fiche de la même famille.
Deuxième information à retenir dès maintenant : le point 2 indique que la fiche est abrogée à compter du 1er mai 2027. Le texte ne précise pas quelle date fait foi pour cette échéance, engagement ou achèvement, ni ce qui lui succède. La lecture prudente consiste à engager les opérations, devis signé et rôle actif établi, nettement avant cette date. La durée de vie conventionnelle, lue au point 4, est de 30 ans.
Pourquoi isoler la toiture économise de l’énergie sous les tropiques
En métropole, on isole une toiture pour garder la chaleur à l’intérieur. En Guadeloupe, à La Réunion, en Guyane ou à Mayotte, le problème est inversé : il faut empêcher la chaleur d’entrer. La toiture est la paroi la plus exposée au soleil, et une tôle ou une dalle non isolée rayonne vers les locaux situés dessous. Dans un bâtiment climatisé, chaque watt qui traverse la toiture doit être extrait par les groupes froids, qui consomment de l’électricité pour le faire.
La grandeur qui compte est la résistance thermique R, en m².K/W. Plus elle est élevée, plus la paroi freine le passage de la chaleur, dans un sens comme dans l’autre. La fiche exige un R d’au moins 1,2 m².K/W. C’est un seuil bas par rapport à ce qu’on attend d’une toiture métropolitaine, et ce n’est pas une anomalie : en climat chaud et humide, l’écart de température entre dedans et dehors reste modéré, et la part du rayonnement solaire dans les apports est dominante. Les premiers centimètres d’isolant, ou une lame d’air associée à un produit réfléchissant, font l’essentiel du travail. Au-delà, le gain marginal diminue vite.
C’est aussi pourquoi la fiche cite deux familles de produits avec des normes distinctes. Les isolants non réfléchissants, laines minérales, mousses, panneaux, sont caractérisés selon les normes NF EN 12664, NF EN 12667 ou NF EN 12939, qui mesurent la conduction à travers l’épaisseur. Les isolants réfléchissants, ces complexes à faces métallisées très utilisés en toiture tropicale, sont évalués selon la norme NF EN ISO 22097, qui prend en compte la lame d’air et la faible émissivité des faces. La durée de vie conventionnelle de 30 ans explique enfin le niveau des forfaits : un isolant de toiture ne s’use pas, les économies de climatisation sont comptées et actualisées sur trois décennies, d’où l’unité en kWh cumac.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est le maître d’ouvrage d’un bâtiment tertiaire situé en France d’outre-mer : propriétaire, bailleur, collectivité, exploitant qui fait réaliser les travaux dans ses locaux. La fiche distingue selon l’usage du bâtiment, avec six secteurs d’activité au point 5 : bureaux, commerce, hôtellerie, enseignement, santé, et une ligne « autres secteurs » pour le reste du tertiaire, logistique, équipements sportifs ou bâtiments administratifs par exemple.
Le bâtiment peut être existant ou neuf, ce qui est rare pour une opération d’enveloppe. Un hôtel en construction ou un lycée neuf peuvent générer des certificats pour l’isolation de leur toiture, avec un forfait réduit d’environ 30 % par rapport à l’existant. La fiche ne définit pas la frontière entre neuf et existant : il faut documenter le statut du bâtiment dans le dossier, permis de construire et date d’achèvement à l’appui, et retenir la colonne qui correspond honnêtement à la situation.
La pose doit être réalisée par un professionnel. La fiche n’exige aucune qualification ni mention particulière de l’entreprise. Ce qu’elle exclut, c’est l’autoconstruction : un gestionnaire d’entrepôt qui déroulerait lui-même des rouleaux dans ses combles ne pourrait pas valoriser l’opération. Enfin, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu avant l’engagement, et la fiche ajoute une contrainte propre : sept jours francs au minimum entre l’acceptation du devis et le début de la pose.
- Éligible : bâtiment tertiaire, existant ou neuf, en France d’outre-mer, dont les combles perdus, les rampants ou la toiture-terrasse reçoivent une isolation de R ≥ 1,2 m².K/W posée par un professionnel.
- Exclu : bâtiment métropolitain, logement, bâtiment industriel ou agricole, pose par le bénéficiaire lui-même, isolant dont le R n’est pas évalué selon la norme adaptée à sa nature.
Comment se calcule le montant
Le point 5 tient en un tableau et une formule. On lit le montant unitaire en kWh cumac par m² d’isolant posé, à l’intersection du secteur d’activité et de l’état du bâtiment, existant ou neuf. On le multiplie par S, la surface d’isolant posé en m². Pas de zone climatique, pas de coefficient d’épaisseur, pas de bonus au-delà du R minimal : un isolant à R = 3 vaut exactement autant qu’un isolant à R = 1,2.
Les forfaits s’étagent nettement. En existant, l’hôtellerie est à 2 800 kWh cumac par m², la santé à 2 500, le commerce à 1 800, l’enseignement à 1 600, les bureaux et les autres secteurs à 1 400. En neuf, les mêmes secteurs tombent à 2 000, 1 800, 1 300, 1 100, 1 000 et 1 000. Entre un hôtel existant et un bureau existant, le rapport est de 2 800 / 1 400 = 2 : la même surface d’isolant vaut deux fois plus de certificats. Ce classement reflète les durées de climatisation : un hôtel ou une clinique sont climatisés jour et nuit, un bureau l’est aux heures ouvrées.
| Secteur d’activité | Bâtiment existant (kWh cumac par m²) | Bâtiment neuf (kWh cumac par m²) |
|---|---|---|
| Bureaux | 1 400 | 1 000 |
| Commerce | 1 800 | 1 300 |
| Hôtellerie | 2 800 | 2 000 |
| Enseignement | 1 600 | 1 100 |
| Santé | 2 500 | 1 800 |
| Autres secteurs | 1 400 | 1 000 |
| Formule | Montant unitaire × S | S = surface d’isolant posé, en m² |
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Un hôtel existant de 60 chambres en pavillons bas, dont les toitures-terrasses cumulent 1 200 m² d’isolant posé : 2 800 × 1 200 = 3 360 000 kWh cumac. Un groupe scolaire existant qui isole les combles perdus de ses trois bâtiments, soit 800 m² : 1 600 × 800 = 1 280 000 kWh cumac. Un supermarché en construction dont la toiture reçoit 2 500 m² de panneaux isolants, commerce en neuf : 1 300 × 2 500 = 3 250 000 kWh cumac. Une clinique existante qui isole 1 500 m² de rampants et de terrasses : 2 500 × 1 500 = 3 750 000 kWh cumac.
Deux enseignements. L’effet du secteur d’abord : à surface égale de 1 200 m², un immeuble de bureaux existant donne 1 400 × 1 200 = 1 680 000 kWh cumac, la moitié de l’hôtel. L’effet du statut ensuite : le même supermarché, s’il était un bâtiment existant rénové, donnerait 1 800 × 2 500 = 4 500 000 kWh cumac au lieu de 3 250 000. L’écart entre les deux colonnes justifie de documenter sérieusement le statut du bâtiment.
| Cas | Ligne du barème | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|---|
| Hôtel existant, 1 200 m² | Hôtellerie, existant | 2 800 × 1 200 | 3 360 000 |
| Groupe scolaire existant, 800 m² | Enseignement, existant | 1 600 × 800 | 1 280 000 |
| Supermarché neuf, 2 500 m² | Commerce, neuf | 1 300 × 2 500 | 3 250 000 |
| Clinique existante, 1 500 m² | Santé, existant | 2 500 × 1 500 | 3 750 000 |
| Bureaux existants, 1 200 m² | Bureaux, existant | 1 400 × 1 200 | 1 680 000 |
| Entrepôt neuf, 3 000 m² | Autres secteurs, neuf | 1 000 × 3 000 | 3 000 000 |
Les conditions techniques : un R minimal, une norme par type d’isolant, un délai
La condition de performance est unique : la résistance thermique R de l’isolation installée est supérieure ou égale à 1,2 m².K/W. La fiche parle de l’isolation installée, c’est-à-dire du produit mis en œuvre, non de la paroi complète. On ne peut donc pas additionner la résistance d’une dalle existante ou d’une lame d’air pour atteindre le seuil : c’est l’isolant lui-même, tel que caractérisé par le fabricant, qui doit afficher au moins 1,2. Et ce R doit avoir été évalué selon la norme adaptée à la nature du produit : NF EN 12664, 12667 ou 12939 pour un isolant non réfléchissant, NF EN ISO 22097 pour un isolant réfléchissant. Un produit réfléchissant dont le R est annoncé selon une autre méthode ne remplit pas la condition telle qu’elle est écrite. C’est le point le plus sensible en outre-mer, où ces produits sont courants.
Côté procédure, un délai minimal de sept jours francs sépare la date d’acceptation du devis de la date de début des travaux, précisée comme la pose de l’isolant. Les jours francs se comptent sans le jour de la signature ni le jour de début : pour un devis accepté le 1er du mois, la pose ne peut commencer avant le 9.
La preuve de réalisation, en pratique la facture, doit mentionner quatre choses : la mise en place d’une isolation, la surface d’isolant installé, la résistance thermique de l’isolation installée, et les aménagements nécessaires à la pose. Sur ce dernier point, la fiche donne des exemples précis : coffrage ou écran de protection autour des conduits de fumée et des luminaires encastrés, rehausse rigide au-dessus de la trappe d’accès. Ces mentions attestent que l’isolant a été posé sans contact avec les sources de chaleur et sans être écrasé à chaque passage dans les combles.
Une voie alternative existe quand la facture ne mentionne pas le R. Elle indique alors la marque, la référence du matériau et la surface installée, complétées par un document du fabricant ou d’un organisme établi dans l’Espace économique européen et accrédité selon la norme NF EN ISO/IEC 17065 par le COFRAC ou par un autre organisme d’accréditation signataire de l’accord européen multilatéral. Ce document précise soit la résistance thermique, soit la conductivité thermique et l’épaisseur, évaluées selon la norme adaptée ; s’il porte une date de validité, il reste utilisable jusqu’à un an après. Si la référence existe en plusieurs épaisseurs, la facture doit impérativement préciser l’épaisseur posée.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Performance | R de l’isolation installée ≥ 1,2 m².K/W | R du produit seul, pas de la paroi complète |
| Norme d’évaluation | NF EN 12664, 12667 ou 12939 (non réfléchissants), NF EN ISO 22097 (réfléchissants) | Exiger la référence de la norme sur le document fabricant |
| Poseur | Mise en place réalisée par un professionnel | Aucune qualification nommée, mais pas d’autoconstruction |
| Délai | Sept jours francs au moins entre l’acceptation du devis et la pose | Hors jour de signature et hors jour de début |
| Facture, voie principale | Isolation, surface posée, R, aménagements (coffrages, écrans, rehausse de trappe) | Les quatre mentions, pas seulement la surface |
| Facture, voie alternative | Marque, référence, surface, plus document fabricant ou organisme accrédité 17065 | Épaisseur obligatoire si la référence existe en plusieurs épaisseurs |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Une fiche d’isolation se contrôle sur deux pièces, le devis et la facture, complétées au besoin par le document fabricant. Chaque mention exigée par le point 3 est vérifiable d’un coup d’œil, et chaque mention manquante l’est tout autant. Le bon réflexe consiste à cadrer le chantier avant de signer : fixer le secteur d’activité et le statut neuf ou existant avec les pièces qui le prouvent, choisir un isolant dont le document fabricant cite la bonne norme et affiche un R d’au moins 1,2 m².K/W, convenir avec l’entreprise d’un modèle de facture qui reprend les quatre mentions de la fiche et l’épaisseur posée, planifier la pose au moins sept jours francs après l’acceptation du devis, et faire intervenir le mandataire avant tout engagement. Quand ces points sont calés, le calcul tient en une multiplication et le dossier passe.
- Facture qui indique la surface mais pas la résistance thermique, sans marque ni référence du produit : aucune des deux voies de preuve n’est remplie.
- Isolant réfléchissant dont le R est annoncé selon une méthode autre que la norme NF EN ISO 22097, ou isolant classique sans mention des normes NF EN 12664, 12667 ou 12939 sur le document fabricant.
- R atteint seulement en additionnant l’isolant et la paroi existante : la fiche vise la résistance de l’isolation installée.
- Référence déclinée en plusieurs épaisseurs, facture muette sur l’épaisseur et sur le R : le montant ne peut pas être justifié.
- Aménagements absents de la facture : ni coffrages autour des conduits et luminaires encastrés, ni rehausse de trappe, alors que la fiche les exige dans la preuve de réalisation.
- Pose commencée moins de sept jours francs après l’acceptation du devis, ou dates incohérentes entre devis et facture.
- Mauvaise ligne du barème, hôtel déclaré en autres secteurs, ou mauvaise colonne, bâtiment neuf valorisé en existant.
- Mandataire ou obligé intervenu après la signature du devis : le rôle actif et incitatif doit être établi au plus tard le jour de l’engagement.
Questions fréquentes
La fiche BAT-EN-106 s’applique-t-elle en métropole ?
Non. Son point 1 limite le secteur d’application aux bâtiments tertiaires existants ou neufs situés en France d’outre-mer, et son titre le rappelle. Pour un bâtiment tertiaire métropolitain, l’isolation de toiture relève d’une autre fiche de la famille BAT-EN, avec ses propres exigences de résistance thermique et son propre barème.
Quelle résistance thermique faut-il pour la BAT-EN-106 ?
Un R supérieur ou égal à 1,2 m².K/W pour l’isolation installée, évalué selon les normes NF EN 12664, 12667 ou 12939 pour un isolant non réfléchissant, et selon la norme NF EN ISO 22097 pour un isolant réfléchissant. Le seuil est bas par rapport aux habitudes métropolitaines, parce qu’en climat tropical ce sont les premiers centimètres d’isolant qui captent l’essentiel du gain. Dépasser 1,2 n’augmente pas le montant.
Jusqu’à quand peut-on déposer une opération BAT-EN-106 ?
La fiche indique qu’elle est abrogée à compter du 1er mai 2027. Elle ne précise pas quelle date fait foi pour cette échéance ni ce qui la remplace. La lecture prudente est d’engager les opérations, devis accepté et mandataire intervenu, bien avant cette date, et de ne pas prévoir sous cette fiche des travaux dont l’engagement glisserait sur le printemps 2027.
Un bâtiment neuf est-il éligible à la BAT-EN-106 ?
Oui, le barème comporte une colonne bâtiment neuf, avec des montants réduits d’environ 30 % par rapport à l’existant, par exemple 2 000 kWh cumac par m² en hôtellerie au lieu de 2 800. La fiche ne définit pas la frontière entre neuf et existant : il faut documenter le statut du bâtiment dans le dossier et retenir la colonne qui lui correspond.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.