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Industrie · Fiche IND-UT-135

IND-UT-135 : le freecooling par eau vaut jusqu’à 51 660 kWh cumac par kW de compresseur

Dans beaucoup d’usines, le groupe froid tourne en janvier pour fabriquer de l’eau à 15 °C alors qu’il fait 4 °C dehors. La fiche IND-UT-135 valorise l’aéroréfrigérant ou la tour qui refroidit directement le réseau hydraulique avec l’air extérieur et laisse les compresseurs à l’arrêt tant que le climat le permet. Le montant se calcule sur la puissance électrique des compresseurs, multipliée par un barème lié à la zone climatique et à la consigne, puis par un coefficient de durée de fonctionnement. De 3 300 à 51 660 kWh cumac par kW : l’écart impose de poser le calcul avant d’annoncer un volume.

Secteur
Industrie
Version applicable
v. A31-1
Durée de vie conventionnelle
14 ans

L'essentiel

  • La fiche valorise, dans une installation de froid industrielle existante ou neuve, un freecooling par eau de refroidissement qui remplace le groupe froid pour refroidir un réseau hydraulique avec l’air extérieur : aéroréfrigérant neuf ou tour aéroréfrigérante neuve avec échangeurs, toujours avec automatisme et régulation.
  • Montant = barème × P compresseurs × coefficient. Le barème va de 3 300 kWh cumac par kW (H3, consigne de 12 à 15 °C) à 12 300 (H1, consigne de 18 à 21 °C).
  • Le coefficient vaut 1 en 1x8, 2,2 en 2x8 (5j/7 ou 6j/7), 3 en 3x8 avec arrêt le week-end et 4,2 en 3x8 sans arrêt le week-end.
  • P est la puissance électrique nominale du groupe, lue sur la plaque ou à défaut sur un document du fabricant, compresseurs de secours exclus. Un groupe ne donne lieu qu’à une seule délivrance de certificats pour un freecooling.
  • Le système doit couvrir 100 % du besoin nominal en froid dès que l’air extérieur est au moins 3 °C sous la consigne, et l’étude de dimensionnement préalable, datée et signée, est le document justificatif spécifique. Durée de vie conventionnelle : 14 ans.

Ce que couvre la fiche IND-UT-135, et ce que veut dire son code

La fiche IND-UT-135 porte sur un système de freecooling par eau de refroidissement, installé en substitution d’un groupe froid, pour refroidir un réseau hydraulique en utilisant l’air extérieur. Elle accepte l’intégration dans une installation de froid existante comme la mise en place dans une installation neuve. Le système peut être un aéroréfrigérant neuf, avec ou sans échangeur intermédiaire, ou une tour aéroréfrigérante neuve, obligatoirement avec échangeurs. Dans tous les cas, un automatisme et une régulation font partie de l’opération : c’est eux qui décident, heure par heure, si l’air extérieur suffit ou si les compresseurs doivent reprendre.

Le code se lit en trois blocs. IND désigne le secteur de l’industrie. UT renvoie à la famille des utilités, les équipements qui servent la production sans être la production elle-même : froid, air comprimé, vapeur, moteurs. 135 est le numéro d’ordre dans cette famille. Le document de référence porte la version A31-1, et la durée de vie conventionnelle est de 14 ans, période sur laquelle les économies sont cumulées puis actualisées pour donner les kWh cumac.

Le mot « substitution » ne signifie pas dépose. Le freecooling remplace le groupe froid pour produire le froid quand l’air est assez frais ; le groupe reste en place pour l’été, et c’est sa puissance qui sert d’assiette au calcul.

Pourquoi refroidir avec l’air extérieur fait économiser de l’électricité

Un groupe froid industriel produit de l’eau à une consigne souvent comprise entre 12 et 20 °C pour refroidir des moules d’injection, des cuves, des bains de traitement ou des broches de machines. Un compresseur comprime un fluide frigorigène, ce qui coûte de l’électricité, puis un condenseur rejette la chaleur dehors. Or une grande partie de l’année, l’air extérieur est déjà plus froid que l’eau à produire : faire tourner un compresseur pour tenir 15 °C quand il fait 5 °C dehors revient à payer un travail que la météo offre.

Le freecooling court-circuite ce travail. Le réseau hydraulique, ou un circuit intermédiaire séparé par un échangeur, passe dans un aéroréfrigérant, batterie à ailettes balayée par des ventilateurs, ou dans une tour aéroréfrigérante, où l’évaporation d’une partie de l’eau abaisse encore la température atteignable. L’eau revient refroidie sans qu’aucun compresseur ait tourné : seuls les ventilateurs et les pompes consomment, pour une puissance très inférieure.

La physique fixe deux limites que la fiche reprend. Un échangeur a besoin d’un écart de température : la fiche exige la couverture de 100 % du besoin nominal dès que l’air est au moins 3 °C sous la consigne. Et le gain annuel dépend du nombre d’heures où cette condition est remplie : plus la consigne est haute et le climat frais, plus ces heures sont nombreuses, d’où un barème qui monte avec la consigne et descend de H1 à H3. Plus l’usine tourne, plus ces heures sont exploitées, d’où le coefficient de durée de fonctionnement.

Qui peut en bénéficier

La fiche s’adresse aux sites industriels qui exploitent, ou vont exploiter, un réseau hydraulique refroidi par un groupe de production de froid dont la température de départ se situe dans l’une des trois plages du barème : de 12 à moins de 15 °C, de 15 à moins de 18 °C, de 18 à 21 °C inclus. Plasturgie, agroalimentaire à température positive, chimie et pharmacie, mécanique, traitement de surface : les usages sont nombreux.

Le barème ne connaît que les zones H1, H2 et H3 : un site hors de ces zones n’a pas de valeur applicable, et la lecture prudente est qu’il n’entre pas dans la fiche. De même, un réseau dont la consigne est inférieure à 12 °C, cas de l’eau glacée classique à 7 °C, ou supérieure à 21 °C, ne correspond à aucune colonne. La fiche n’écrit pas d’exclusion explicite, mais elle ne donne aucun montant, ce qui revient au même.

Deux conditions de forme s’appliquent à tous. La mise en place est réalisée par un professionnel, et comme pour toute opération CEE, l’acteur qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant la signature du devis. Enfin, un groupe de production de froid ne peut faire l’objet que d’une seule délivrance de certificats pour un freecooling.

Comment se calcule le montant

Le montant en kWh cumac est le produit de trois termes : la valeur du barème, qui dépend de la zone climatique et de la plage de consigne du réseau ; la puissance électrique nominale P des compresseurs, en kW ; et le coefficient lié à la durée de fonctionnement de l’usage du froid.

La consigne est, selon la fiche, la température de départ du groupe de production de froid, pas celle du retour ni celle du process. Les bornes comptent : la plage « de 12 à 15 °C » exclut 15 °C, qui bascule dans la plage suivante, et la dernière plage inclut 21 °C.

P est la puissance électrique nominale de la plaque signalétique du groupe mono ou multi-compresseurs raccordé au freecooling, pour la plage de consigne concernée, ou à défaut celle d’un document du fabricant. C’est la puissance électrique, pas la puissance frigorifique, qui est nettement plus élevée. Et la fiche écarte les compresseurs de secours : un groupe à quatre compresseurs dont un en redondance se compte sur trois.

Le coefficient traduit le régime de marche : 1x8, coefficient 1 ; 2x8, 5 ou 6 jours sur 7, coefficient 2,2 ; 3x8 avec arrêt le week-end, coefficient 3 ; 3x8 sans arrêt le week-end, coefficient 4,2. Dans le tableau de la fiche, la mention « 5j/7 ou 6j/7 » accompagne la ligne 2x8.

Zone climatiqueConsigne de 12 à moins de 15 °CConsigne de 15 à moins de 18 °CConsigne de 18 à 21 °C inclus
H17 400 kWh cumac par kW9 900 kWh cumac par kW12 300 kWh cumac par kW
H24 900 kWh cumac par kW8 200 kWh cumac par kW11 500 kWh cumac par kW
H33 300 kWh cumac par kW5 800 kWh cumac par kW9 000 kWh cumac par kW
Coefficient de durée de fonctionnement1x8 : 1 ; 2x8 (5j/7 ou 6j/7) : 2,23x8 avec arrêt le week-end : 33x8 sans arrêt le week-end : 4,2
FormuleBarème × P (kW électriques, secours exclus) × coefficientRésultat en kWh cumacFiche IND-UT-135, point 5

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Combien ça représente en vrai

Entre la case la plus basse, 3 300 kWh cumac par kW en H3 avec une consigne de 12 à 15 °C, et la plus haute, 12 300 en H1 de 18 à 21 °C, le rapport est de 12 300 divisé par 3 300, soit environ 3,7. Avec le coefficient, un kW de compresseur vaut au minimum 3 300 × 1 = 3 300 kWh cumac et au maximum 12 300 × 4,2 = 51 660 kWh cumac. Quatre cas d’usine permettent de se situer.

Un atelier d’injection plastique à Lyon, zone H1, refroidit ses moules avec une eau de départ à 13 °C, donc 7 400 kWh cumac par kW, avec un groupe de 90 kW électriques en 2x8 : 7 400 × 90 × 2,2 = 1 465 200 kWh cumac. Si l’étude montre que le process accepte 15 °C, la valeur passe à 9 900 et le même groupe donne 9 900 × 90 × 2,2 = 1 960 200 kWh cumac. Relever la consigne de deux degrés est ici la décision la plus rentable du projet, en certificats comme en heures de freecooling réelles.

Un site agroalimentaire à Rennes, zone H2, alimente ses cuves avec une eau à 16 °C, donc 8 200 kWh cumac par kW. Le groupe compte quatre compresseurs de 50 kW dont un en secours : P vaut 150 kW, pas 200. En 3x8 du lundi au samedi, coefficient 3 : 8 200 × 150 × 3 = 3 690 000 kWh cumac. Avec le secours compté, le dossier aurait affiché 8 200 × 200 × 3 = 4 920 000 kWh cumac, écart que le contrôle relèverait.

Une unité pharmaceutique à Marseille, zone H3, boucle de process à 20 °C, donc 9 000 kWh cumac par kW, production continue sept jours sur sept, groupe de 200 kW : 9 000 × 200 × 4,2 = 7 560 000 kWh cumac. Le climat du sud pèse sur la valeur unitaire, mais la marche continue et la consigne haute en font le plus gros volume des quatre.

Un atelier de mécanique à Strasbourg, zone H1, refroidit ses broches avec une eau à 18 °C, donc 12 300 kWh cumac par kW, une seule équipe, groupe de 40 kW : 12 300 × 40 × 1 = 492 000 kWh cumac. La meilleure case du barème ne compense pas un régime de marche réduit.

CasZone et consigneP (kW électriques)CoefficientCalculMontant en kWh cumac
Injection plastique à LyonH1, 13 °C902x8 : 2,27 400 × 90 × 2,21 465 200
Le même atelier, consigne relevée à 15 °CH1, 15 °C902x8 : 2,29 900 × 90 × 2,21 960 200
Agroalimentaire à RennesH2, 16 °C1503x8 avec arrêt le week-end : 38 200 × 150 × 33 690 000
Pharmacie à MarseilleH3, 20 °C2003x8 sans arrêt le week-end : 4,29 000 × 200 × 4,27 560 000
Mécanique à StrasbourgH1, 18 °C401x8 : 112 300 × 40 × 1492 000

Les conditions techniques : 100 % du besoin à 3 °C d’écart, une étude préalable, une facture qui le dit

La condition de performance est unique et chiffrée : le système doit être dimensionné pour couvrir, lorsqu’il fonctionne, 100 % du besoin nominal en froid dès que la température extérieure est au moins 3 °C inférieure à la consigne. Un aéroréfrigérant qui ne ferait que pré-refroidir l’eau en laissant les compresseurs finir le travail par 5 °C dehors ne répond pas à la fiche. Le bureau d’études doit montrer que la puissance d’échange de l’appareil, avec 3 °C d’écart entre l’air et la consigne, égale ou dépasse le besoin nominal : un faible écart impose de grandes surfaces d’échange.

La pièce maîtresse est l’étude de dimensionnement préalable, établie, datée et signée par un professionnel ou un bureau d’études, avec six rubriques imposées : besoins en froid selon les périodes de l’année, descriptif des installations avant et après travaux, descriptif des équipements installés pour refroidir l’eau en substitution du groupe, justification de la couverture de 100 % du besoin nominal, caractéristiques du groupe avec marque, référence et puissance électrique nominale en kW, et évaluation des économies attendues selon la marche prévisible, heures de fonctionnement et taux de charge. Cette dernière rubrique justifie aussi le coefficient retenu. C’est le document justificatif spécifique de l’opération.

La preuve de réalisation, en pratique la facture, doit mentionner l’installation d’un système de freecooling par eau de refroidissement utilisant l’air extérieur. Si elle se limite à la marque et à la référence de l’équipement, un document du fabricant doit attester que cet équipement est bien un tel système.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
Nature du systèmeAéroréfrigérant neuf avec ou sans échangeur, ou tour aéroréfrigérante neuve avec échangeurs, avec automatisme et régulationÉquipement neuf ; une tour sans échangeurs n’est pas prévue
PerformanceCouvre 100 % du besoin nominal quand l’extérieur est au moins 3 °C sous la consignePuissance d’échange à 3 °C d’écart comparée au besoin nominal
Étude de dimensionnementPréalable, datée et signée par un professionnel ou un bureau d’études, six rubriquesDatée avant la pose ; c’est le document justificatif spécifique
Consigne du réseauTempérature de départ du groupe de production de froid15 °C et 18 °C basculent dans la plage supérieure
Puissance PPlaque signalétique ou document du fabricant, pour la plage de consigne concernée, secours exclusPuissance électrique, pas frigorifique ; photo de la plaque
Preuve de réalisationMentionne un freecooling par eau de refroidissement utilisant l’air extérieurÀ défaut : marque et référence, plus document du fabricant

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier IND-UT-135 se vérifie en remontant la chaîne du calcul : la plaque du groupe pour P et le nombre de compresseurs en service, la consigne de départ réglée sur la régulation pour la colonne, la zone climatique, les horaires réels de l’usine pour le coefficient, puis l’étude pour la couverture de 100 % du besoin à 3 °C d’écart et sa date. Les motifs de rejet tiennent tous à l’un de ces maillons.

  • Pas d’étude de dimensionnement préalable, étude postérieure à la pose, ou muette sur l’une des six rubriques.
  • Système sous-dimensionné : l’aéroréfrigérant ne couvre qu’une partie du besoin à 3 °C d’écart. La fiche exige 100 %, pas un appoint.
  • P surévaluée : compresseurs de secours comptés, ou puissance frigorifique retenue à la place de la puissance électrique de la plaque.
  • Mauvaise colonne : température de retour ou du process déclarée à la place du départ du groupe.
  • Coefficient surévalué : 3x8 sans arrêt le week-end déclaré alors que l’usine s’arrête le dimanche (3 et non 4,2), ou 3x8 déclaré pour une marche en 2x8 (2,2).
  • Consigne hors des plages du barème, eau glacée à 7 °C ou boucle à 25 °C : aucune valeur ne s’applique.
  • Tour posée sans échangeurs, équipement d’occasion, ou facture qui ne mentionne ni le freecooling ni, à défaut, la marque et la référence complétées par un document du fabricant.
  • Groupe déjà valorisé pour un freecooling, ou acteur CEE intervenu après la signature du devis.

Questions fréquentes

Quelle différence entre le freecooling IND-UT-135 et un aéroréfrigérant qui refroidit le condenseur de mon groupe froid ?

Un aéroréfrigérant sur le condenseur évacue la chaleur rejetée par le groupe : les compresseurs continuent de tourner. Dans la fiche IND-UT-135, l’aéroréfrigérant ou la tour refroidit directement le réseau hydraulique, ou un circuit intermédiaire séparé par un échangeur, à la place du groupe, dont les compresseurs s’arrêtent. C’est cette substitution que la fiche valorise.

Mon réseau d’eau glacée est à 7 °C. Puis-je déposer un dossier IND-UT-135 ?

Le barème commence à 12 °C de consigne et s’arrête à 21 °C. Une consigne à 7 °C ne correspond à aucune colonne, donc à aucun montant : la lecture prudente est qu’un tel réseau n’entre pas dans la fiche. Si une partie du process accepte une eau plus tempérée, créer une boucle séparée à 15 °C ou plus pour ces usages change la situation.

Dois-je retirer mon groupe froid pour que l’opération soit en « substitution » ?

Non. La fiche demande que le freecooling remplace le groupe pour produire le froid quand le climat le permet, pas que le groupe disparaisse. Elle exige même que l’étude décrive la marque, la référence et la puissance électrique du groupe raccordé au freecooling, puisque c’est cette puissance qui sert au calcul.

Aéroréfrigérant sec ou tour aéroréfrigérante : lequel choisir pour IND-UT-135 ?

La fiche accepte les deux : l’aéroréfrigérant avec ou sans échangeur, la tour obligatoirement avec échangeurs. La tour descend plus bas en température grâce à l’évaporation, ce qui aide à tenir les 100 % du besoin à 3 °C d’écart quand la consigne est basse, mais elle consomme de l’eau et relève d’obligations d’exploitation propres, hors du champ de la fiche. Le montant CEE est le même dans les deux cas.

Mon usine tourne en 2x8 du lundi au samedi. Quel coefficient retenir ?

Le tableau de la fiche associe la mention « 5j/7 ou 6j/7 » à la ligne 2x8 : une marche en 2x8 sur cinq ou six jours relève donc de la ligne 2x8, coefficient 2,2. La distinction avec ou sans arrêt le week-end ne concerne que le 3x8, avec les coefficients 3 et 4,2. C’est le descriptif de la marche prévisible dans l’étude qui justifie la ligne retenue.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.