TRA-SE-110 : la gestion des pneus poids lourds vaut 3 900 kWh cumac par ensemble articulé
Pas de camion à changer, pas d’équipement à poser. La fiche TRA-SE-110 valorise un contrat : celui par lequel un transporteur confie à un professionnel la gestion complète des pneumatiques de sa flotte, pression, géométrie, recreusage, permutation et suivi des usures. Le montant se compte par véhicule sous contrat, 3 900 kWh cumac pour un ensemble articulé et 1 400 pour un porteur, avec une durée de vie conventionnelle d’un an : l’opération revient avec le contrat au lieu de se présenter une fois. Tout le dossier tient dans un seul document, le contrat tripartite, et c’est sur sa rédaction que tout se joue.
- Secteur
- Transport
- Version applicable
- v. A14-1
- Durée de vie conventionnelle
- 1 an
L'essentiel
- La fiche valorise la gestion optimisée de la globalité du poste pneumatique d’une flotte de véhicules de transport de marchandises N2 ou N3, de 7,5 à 44 tonnes, confiée à un professionnel. C’est une prestation de services, pas un achat de matériel.
- Deux forfaits : 3 900 kWh cumac par ensemble articulé et 1 400 kWh cumac par porteur, multipliés par le nombre de véhicules en gestion optimisée. Aucune zone climatique, aucun kilométrage.
- La preuve de réalisation est un contrat tripartite en cours de validité, hors reconduction tacite, signé par le bénéficiaire, le manufacturier des pneumatiques et le professionnel, avec par établissement (nom, SIRET, adresse) le nombre et le type de véhicules.
- Trois engagements chiffrés dans le contrat : recreusage de 50 % minimum des pneus partant au rechapage ou à la valorisation, contrôle de pression trois fois par an en moyenne, permutation ou retournement sur jante au moins une fois par an sur tous les véhicules.
- Durée de vie conventionnelle d’un an, date d’engagement à la signature du contrat ou de l’avenant, non-cumul avec TRA-SE-105 et TRA-SE-108. Version A14-1, sans date d’application mentionnée dans la fiche.
Ce que couvre la fiche TRA-SE-110, et ce que veut dire son code
L’intitulé officiel est « gestion optimisée de la globalité du poste pneumatique » pour les véhicules de transport de marchandises. Le mot important est globalité : la fiche ne récompense pas une prestation isolée, un parallélisme ou une campagne de gonflage, mais le fait de confier à un professionnel toute la vie des pneus d’une flotte. Elle énumère le minimum que cette gestion doit comporter : réglage des géométries, contrôle des pressions, recreusage, permutation et/ou retournement sur jante, suivi des usures.
Le code se lit en trois blocs. TRA désigne le secteur des transports, à côté de BAT pour le tertiaire, IND pour l’industrie, AGRI pour l’agriculture et BAR pour le résidentiel. SE désigne la famille des services : contrairement aux fiches EQ, qui valorisent un équipement, l’opération est ici une prestation. 110 est le numéro d’ordre dans cette famille. La version en vigueur est la A14-1 ; le document ne mentionne aucune date d’application.
Le champ est précis : véhicules de transport de marchandises de catégories N2 ou N3 selon l’article R.311-1 du code de la route, de plus de 7,5 tonnes et jusqu’à 44 tonnes, ensembles articulés (tracteur et semi-remorque) comme porteurs (châssis rigide portant sa caisse). Utilitaires légers, autocars et engins de chantier sont hors champ. La fiche ajoute qu’elle n’est cumulable ni avec TRA-SE-105 ni avec TRA-SE-108, sans détailler ces deux fiches.
Pourquoi des pneus bien gérés font économiser du gazole
Un poids lourd dépense une part importante de son carburant à vaincre la résistance au roulement de ses pneus. À chaque tour de roue, la gomme se déforme en entrant dans la zone de contact et se redresse en sortant ; cette déformation répétée dissipe de l’énergie en chaleur, et c’est le moteur qui la paie. Sur un ensemble articulé, douze pneus ou plus, chargés à plusieurs tonnes chacun, roulent des centaines de kilomètres par jour : les petites pertes se multiplient vite.
La pression est le premier levier. Un pneu sous-gonflé a une empreinte plus longue, des flancs qui travaillent davantage, donc plus de résistance au roulement et une usure accélérée des épaules. Le phénomène est silencieux : un pneu de camion perd naturellement de la pression avec les semaines, et quelques dixièmes de bar ne se voient pas à l’œil nu. D’où l’exigence d’une vérification trois fois par an en moyenne, au-delà du coup d’œil quotidien du chauffeur. La géométrie est le second levier : un essieu mal réglé fait travailler le pneu en dérive, il frotte au lieu de rouler, chauffe, s’use de travers et freine le véhicule en permanence.
Recreusage, permutation et retournement sur jante agissent sur la durée de vie du pneu et sur son état de surface. Le recreusage retaille les sculptures dans l’épaisseur de gomme prévue à cet effet : il redonne de l’adhérence à un pneu dont la bande de roulement est devenue fine, donc qui se déforme moins et roule mieux qu’un pneu neuf. Permutation et retournement équilibrent les usures entre les positions. Le suivi des usures révèle tôt un défaut de pression ou de géométrie. Mis bout à bout, ces gestes maintiennent la flotte dans la plage où le pneu travaille le moins, et c’est cette économie, étalée sur un an, que la fiche convertit en kWh cumac.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est l’exploitant de la flotte : transporteur routier, messagerie, logisticien, mais aussi industriel, distributeur ou collectivité qui fait rouler ses propres porteurs ou ensembles en compte propre. La fiche ne distingue pas compte d’autrui et compte propre ; elle demande des véhicules N2 ou N3 dans la plage de poids, rattachés à un établissement identifié par son nom, son SIRET et son adresse.
Trois acteurs signent : le bénéficiaire, le manufacturier des pneumatiques, c’est-à-dire le fabricant, et le professionnel à qui la gestion est confiée, en pratique un réseau de maintenance pneumatique ou un distributeur spécialisé. La fiche ne dit pas si manufacturier et professionnel peuvent être une même entité ; elle parle de contrat tripartite, la lecture prudente est donc trois signataires distincts, ou au moins trois rôles clairement identifiés.
Une règle générale des CEE s’applique : celui qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard à la date d’engagement, qui est ici la signature du contrat ou de l’avenant. Un contrat signé la semaine dernière sans que la question des certificats ait été posée ne peut plus l’être aujourd’hui.
Comment se calcule le montant
Le barème tient en deux lignes et une variable par ligne : le nombre de véhicules en gestion optimisée. Un ensemble articulé vaut 3 900 kWh cumac, un porteur 1 400 kWh cumac. On multiplie chaque forfait par le nombre de véhicules du type concerné et on additionne. Pas de zone climatique, pas de kilométrage, et à l’intérieur de chaque type aucune distinction de puissance ou de tonnage : tous les ensembles articulés valent le même forfait, tous les porteurs aussi.
L’écart entre les deux lignes a sa logique : un ensemble articulé porte plus de pneus, roule plus lourd et parcourt en général davantage de kilomètres qu’un porteur de distribution, et son forfait est un peu moins de trois fois supérieur. Dans une flotte mixte, le classement de chaque véhicule pèse donc directement sur le résultat. Le compte se fait sur les véhicules concernés par le contrat, établissement par établissement : un véhicule absent du contrat, ou rattaché à un site dont le SIRET n’est pas mentionné, ne compte pas. La fiche ne demande pas la liste des immatriculations ; c’est le nombre et le type de véhicules par établissement qui font foi.
| Type de véhicule | Montant unitaire | Variable | Source |
|---|---|---|---|
| Ensemble articulé | 3 900 kWh cumac | × N, nombre d’ensembles articulés en gestion optimisée | Fiche TRA-SE-110, point 5 |
| Porteur | 1 400 kWh cumac | × N, nombre de porteurs en gestion optimisée | Fiche TRA-SE-110, point 5 |
| Durée de vie conventionnelle | 1 an | Sans objet | Fiche TRA-SE-110, point 4 |
| Flotte mixte | Somme des deux lignes | Résultat en kWh cumac | Lecture du point 5 |
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Pris véhicule par véhicule, les forfaits sont modestes, ce qui est normal pour des économies comptées sur un an. La fiche prend sa dimension sur la taille de la flotte, et dans le temps. Un transporteur régional qui met ses 25 ensembles articulés sous contrat obtient 3 900 × 25 = 97 500 kWh cumac. Une messagerie urbaine avec 40 porteurs obtient 1 400 × 40 = 56 000 kWh cumac : plus de véhicules, mais un volume inférieur. Un logisticien à flotte mixte, 60 ensembles et 30 porteurs sur trois agences, additionne 3 900 × 60 = 234 000 et 1 400 × 30 = 42 000, soit 234 000 + 42 000 = 276 000 kWh cumac. Un groupe qui place 300 ensembles articulés sous un contrat cadre atteint 3 900 × 300 = 1 170 000 kWh cumac.
La dimension temporelle compte autant. La durée de vie est d’un an et la fiche fixe une date d’achèvement à chaque anniversaire du contrat : l’opération est construite pour revenir chaque année tant que le contrat court et respecte les exigences. Le transporteur régional du premier exemple, s’il tient son contrat trois ans, cumule 97 500 × 3 = 292 500 kWh cumac. C’est un flux régulier plutôt qu’un volume ponctuel, et un bon complément aux fiches d’équipement du transport.
| Flotte sous contrat | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|
| 25 ensembles articulés | 3 900 × 25 | 97 500 |
| 40 porteurs | 1 400 × 40 | 56 000 |
| 60 ensembles et 30 porteurs | 234 000 + 42 000 | 276 000 |
| 300 ensembles articulés | 3 900 × 300 | 1 170 000 |
| 25 ensembles articulés, 3 années de contrat | 97 500 × 3 | 292 500 |
Les conditions : un contrat tripartite, trois seuils de service et une mécanique de dates
La fiche ne demande ni rapport d’essai, ni plaque signalétique, ni facture détaillée : la preuve de réalisation est le contrat lui-même, en cours de validité, signé par les trois parties, avec ses avenants, et qui prouve l’entretien des pneumatiques et les services réalisés. Elle exclut expressément la reconduction tacite : un contrat prolongé sans nouvelle signature n’est plus une preuve recevable, il faut un avenant signé.
Le contenu est fixé avec précision. Le contrat identifie chaque établissement par nom, SIRET et adresse, avec le nombre et le type de véhicules. Il liste les cinq services. Et il chiffre trois engagements : recreusage d’au moins 50 % des pneus qui quittent l’entreprise pour rechapage ou valorisation, vérification de la pression trois fois par an en moyenne, lors d’une vérification ou d’un remplacement, et permutation et/ou retournement sur jante au moins une fois par an sur l’ensemble des véhicules. Ces seuils se lisent mot à mot : le taux de recreusage porte sur les pneus sortants, pas sur le parc monté ; la fréquence de contrôle de pression est une moyenne sur la flotte, mais chiffrée ; la permutation s’applique à chaque véhicule chaque année. Les contrats des réseaux de manufacturiers couvrent souvent ces services, rarement avec ces chiffres et la liste des établissements, et c’est pour cela que la fiche prévoit l’avenant.
Les dates sont le point le plus singulier de la fiche. La date d’engagement est la signature du contrat ; mais lorsque le contrat d’origine arrive à échéance ou ne respecte pas l’intégralité des exigences, c’est la signature de l’avenant qui le prolonge ou le met en conformité qui devient la date d’engagement. La date d’achèvement est la signature du contrat pour la première année, puis la date anniversaire pour les suivantes, et le contrat doit être encore valide au minimum un an après cette date. Un contrat signé pour douze mois remplit la condition le jour de sa signature ; un contrat auquel il reste six mois à la date anniversaire ne la remplit plus, sauf avenant de prolongation signé avant.
La fiche n’écrit pas le mot « renouvellement », elle le construit par ses définitions : durée de vie d’un an, achèvement à chaque anniversaire, contrat qui doit toujours avoir un an devant lui. La lecture prudente est de traiter chaque année de contrat comme une opération à part entière, avec son décompte de véhicules par établissement à la date anniversaire et un contrat qui, ce jour-là, a encore douze mois de validité ferme, reconduction tacite exclue.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Véhicules | Catégories N2 ou N3, poids maximal P avec 7,5 t ≤ P ≤ 44 t, ensembles articulés et porteurs | Écarter les utilitaires légers, vérifier le cas des véhicules de 7,5 t exactement |
| Prestataire | Gestion confiée à un professionnel | L’atelier interne du transporteur ne réalise pas l’opération décrite |
| Preuve de réalisation | Contrat tripartite bénéficiaire, manufacturier, professionnel, en cours de validité, hors reconduction tacite, avec ses avenants | Trois signatures, un avenant signé plutôt qu’une prolongation automatique |
| Établissements | Nom, SIRET et adresse de chacun, avec le nombre et le type de véhicules | Un site oublié, ce sont ses véhicules qui sortent du calcul |
| Services | Réglage des géométries, contrôle des pressions, recreusage, permutation et/ou retournement sur jante, suivi des usures | Les cinq doivent figurer |
| Recreusage | 50 % minimum des pneus quittant l’entreprise pour rechapage ou valorisation | Taux mesuré sur les pneus sortants |
| Pression | Trois vérifications par an en moyenne, sur vérification ou remplacement | Moyenne sur la flotte, mais chiffrée |
| Permutation ou retournement | Au moins une fois par an sur l’ensemble des véhicules | Chaque véhicule, chaque année |
| Dates | Engagement à la signature du contrat ou de l’avenant ; achèvement à la signature puis à chaque anniversaire ; contrat valide au moins un an après | Vérifier la durée restante à chaque anniversaire |
| Cumul | Non cumulable avec TRA-SE-105 ni TRA-SE-108 | Vérifier l’historique CEE de la flotte |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Une fiche de service qui repose sur un document unique est simple à constituer et impitoyable : chaque mention absente du contrat se voit à la première lecture. Le bon réflexe est de travailler le contrat avant de le signer : écarter toute reconduction tacite au profit d’avenants exprès, faire figurer les établissements avec SIRET et adresse et, pour chacun, le nombre d’ensembles articulés et de porteurs, reprendre les cinq services avec les trois seuils dans les termes de la fiche, vérifier la plage de poids de chaque véhicule compté, et poser la question des certificats avant la signature. Quand ces points sont calés, le calcul tient en deux multiplications et le dossier passe.
- Contrat à deux signataires, transporteur et prestataire, sans le manufacturier des pneumatiques.
- Contrat en reconduction tacite à la date d’achèvement, ou auquel il reste moins d’un an de validité sans avenant signé.
- Établissements non identifiés par nom, SIRET et adresse, ou effectif de véhicules par type absent : le nombre N du barème n’est pas prouvé.
- Un des cinq services manquant, le plus souvent le recreusage ou le réglage des géométries, absents de bien des contrats d’entretien standard.
- Seuils non chiffrés : « recreusage selon état », « contrôle de pression régulier » ou « permutation si nécessaire » ne valent pas les 50 %, les trois fois par an et la fois par an exigés.
- Véhicules hors champ comptés dans N : utilitaire de 3,5 tonnes, autocar, engin de chantier, ou véhicule de 7,5 tonnes exactement, dont l’éligibilité est incertaine entre les points 1 et 3 de la fiche.
- Mauvais classement : porteur attelé d’une remorque déclaré en ensemble articulé pour obtenir 3 900 au lieu de 1 400 kWh cumac. La fiche ne définit pas ce cas ; la lecture prudente est de le compter en porteur.
- Certificats évoqués après la signature du contrat ou de l’avenant : la date d’engagement est passée.
Questions fréquentes
Combien vaut la fiche TRA-SE-110 pour ma flotte ?
3 900 kWh cumac par ensemble articulé et 1 400 kWh cumac par porteur, multipliés par le nombre de véhicules sous contrat. Une flotte de 10 ensembles et 10 porteurs vaut 3 900 × 10 = 39 000 plus 1 400 × 10 = 14 000, soit 53 000 kWh cumac pour une année de contrat. Kilométrage, région et marque des pneus n’entrent pas dans le calcul.
J’ai déjà un contrat de gestion pneus avec mon manufacturier. Est-il éligible ?
Pas en l’état si les certificats n’ont pas été évoqués avant sa signature, puisque la date d’engagement est la signature du contrat. Mais quand le contrat ne respecte pas l’intégralité des exigences, la signature de l’avenant qui le met en conformité devient la nouvelle date d’engagement. Un avenant qui ajoute le manufacturier comme signataire, la liste des établissements avec SIRET, les cinq services et les trois seuils chiffrés peut créer une opération valable, si la question des certificats est posée avant de le signer.
Que se passe-t-il au bout d’un an ?
La durée de vie conventionnelle est d’un an et la fiche fixe une date d’achèvement à chaque anniversaire de la signature. Chaque année de contrat se traite donc comme une opération, avec le décompte des véhicules par établissement à cette date et un contrat qui doit encore avoir au moins un an de validité ferme, reconduction tacite exclue. Si le contrat arrive à échéance, l’avenant de prolongation porte la nouvelle date d’engagement.
Un porteur de 7,5 tonnes est-il dans le champ de la fiche ?
La fiche n’est pas cohérente sur ce point. Son point 1 vise les véhicules « de plus de 7,5 t », son point 3 écrit 7,5 tonnes ≤ P ≤ 44 tonnes, borne incluse. Pour un véhicule de 7,5 tonnes exactement, les deux rédactions divergent, et c’est le seul point sur lequel il est raisonnable de demander une position écrite au délégataire avant de le compter. Au-dessus de 7,5 tonnes et jusqu’à 44 tonnes, aucune ambiguïté.
Puis-je cumuler TRA-SE-110 avec d’autres fiches transport ?
La fiche exclut expressément le cumul avec TRA-SE-105 et TRA-SE-108 : un véhicule valorisé en TRA-SE-110 ne peut pas l’être au titre de ces deux fiches. Elle ne dit rien des autres fiches du secteur transport. Avant d’engager, il faut vérifier l’historique CEE de la flotte sur ces deux fiches précisément.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.