BAT-SE-103 : équilibrer le chauffage collectif vaut jusqu’à 120 kWh cumac par m² chauffé
Dans un immeuble de bureaux ou un collège, il y a presque toujours une aile qui étouffe et une aile qui grelotte, pour une seule et même chaudière. La fiche BAT-SE-103 valorise le geste qui corrige ce défaut : régler les organes d’équilibrage du réseau d’eau chaude pour que chaque local reçoive le débit qu’il lui faut. Aucun matériel lourd, et un montant qui se calcule sur la surface chauffée : 120, 100 ou 67 kWh cumac par m² selon la zone climatique. La contrepartie est un dossier exigeant sur la preuve : une grille d’équilibrage vanne par vanne et un relevé de températures qui doit tenir sous 2 °C d’écart.
- Secteur
- Tertiaire
- Version applicable
- v. A19-1
- Durée de vie conventionnelle
- 10 ans
L'essentiel
- La fiche valorise le réglage des organes d’équilibrage d’une installation collective de chauffage à eau chaude, dans des locaux tertiaires existants. On ne remplace ni la chaudière ni les émetteurs : on règle des vannes.
- Le montant est un forfait par m² de surface chauffée : 120 kWh cumac en zone H1, 100 en H2, 67 en H3. Un bâtiment de 2 500 m² en H1 représente 300 000 kWh cumac.
- Le résultat est mesuré, pas déclaré : après réglage, l’écart entre le local le plus chauffé et le moins chauffé d’un même bâtiment doit être strictement inférieur à 2 °C, sur un échantillon de locaux relevé et signé.
- Trois pièces spécifiques font le dossier : un schéma hydraulique situant toutes les vannes réglées et étiquetées, une grille d’équilibrage vanne par vanne (repère, référence ou caractéristiques hydrauliques, débit ou température de retour visés puis mesurés, valeur finale de réglage) et le tableau des températures après équilibrage.
- Le réglage est fait par un professionnel, qui date et signe tous les documents ; le tableau des températures est en plus signé par le bénéficiaire. Durée de vie conventionnelle : 10 ans. Version A19-1 de la fiche.
Ce que couvre la fiche BAT-SE-103, et ce que veut dire son code
La fiche BAT-SE-103 porte sur le réglage des organes d’équilibrage d’une installation de chauffage à eau chaude, destiné à assurer une température uniforme dans tous les locaux. Elle s’applique aux locaux du secteur tertiaire existants équipés d’une installation collective de chauffage à eau chaude. Trois mots fixent le périmètre : existants, donc pas de bâtiment neuf ; collective, donc un réseau qui dessert plusieurs locaux depuis une production commune ; eau chaude, donc un chauffage hydraulique, par radiateurs, planchers chauffants ou batteries à eau, et non un chauffage électrique direct ou à air sans boucle d’eau.
Le code se lit en trois blocs. BAT désigne le secteur des bâtiments tertiaires : bureaux, enseignement, santé, hôtellerie, commerces, équipements sportifs ou culturels. SE désigne la famille des services : l’opération ne consiste pas à poser un matériel, comme dans les fiches TH ou EQ, mais à réaliser une prestation, ici un réglage. 103 est le numéro d’ordre dans cette série.
La fiche donne sa propre définition du résultat attendu, et c’est elle qui structure tout le dossier : une installation collective de chauffage à eau chaude est considérée comme équilibrée si l’écart de température entre le local le plus chauffé et le moins chauffé d’un même bâtiment est strictement inférieur à 2 °C. Ce n’est pas la méthode qui est jugée, c’est l’écart final, bâtiment par bâtiment.
La version en vigueur est la A19-1 ; le document ne porte pas de date d’engagement particulière. La durée de vie conventionnelle est de 10 ans : les économies sont comptées puis actualisées sur cette période, d’où l’unité en kWh cumac, pour cumulés et actualisés.
Pourquoi un réseau équilibré consomme moins
L’eau chaude qui sort de la chaudière ou de la sous-station cherche le chemin de moindre résistance. Les émetteurs proches de la production reçoivent trop de débit ; ceux du dernier étage ou du bout d’aile, derrière des mètres de tuyau et des coudes, en reçoivent trop peu. Pour que le local froid atteigne sa consigne, l’exploitant monte la température de départ ou force la pompe, et les locaux déjà chauds le deviennent encore plus. Les occupants ouvrent les fenêtres, et la chaleur payée part dehors.
L’équilibrage consiste à introduire volontairement une perte de charge sur les circuits favorisés, en fermant partiellement les vannes de réglage placées en pied de colonne ou sur chaque émetteur, jusqu’à ce que chaque branche reçoive le débit prévu au calcul. L’eau se répartit alors selon les besoins et plus selon la géométrie des tuyaux. C’est ce que la fiche appelle le réglage des organes d’équilibrage, en pied de colonne et/ou au niveau des locaux.
Les économies viennent de trois endroits. La température de départ peut être abaissée puisque le local le plus défavorisé n’a plus besoin d’être rattrapé : moins de pertes dans les tuyauteries, meilleur rendement de la chaudière, et sur une chaudière à condensation un retour plus froid qui condense davantage. Le débit total peut souvent être réduit, ce qui allège la pompe de circulation. Enfin, les surchauffes disparaissent, et avec elles les fenêtres ouvertes en plein hiver.
Le professionnel dispose de deux façons de vérifier son réglage, et la fiche admet les deux : la mesure directe du débit, déduite de la pression différentielle relevée aux prises de la vanne et de sa courbe de pertes de charge, ou la température de retour du circuit pour une température de départ donnée, un retour trop chaud signalant un excès de débit et un retour trop froid un manque. La grille d’équilibrage exigée par la fiche accueille l’une ou l’autre de ces lectures.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est la personne qui supporte l’opération sur un bâtiment tertiaire existant : propriétaire exploitant, collectivité pour ses écoles ou ses gymnases, établissement de santé, gestionnaire de bureaux, hôtelier. La fiche ne distingue pas propriétaire et locataire. Le logement collectif n’entre pas dans le champ BAT, il relève des fiches du secteur résidentiel.
Le réglage doit être réalisé par un professionnel. La fiche ne précise pas de qualification, mais elle lui confie la totalité de la preuve : c’est lui qui établit, date et signe le schéma hydraulique, la grille d’équilibrage et le tableau des températures. En pratique, un chauffagiste, un exploitant de chauffage ou un spécialiste de l’équilibrage équipé pour mesurer. Un équilibrage réalisé en régie par le service technique du bénéficiaire n’est pas exclu en toutes lettres par la fiche, mais il expose le dossier à une discussion avec le délégataire sur la notion de professionnel.
Comme pour toute opération de certificats d’économies d’énergie, le mandataire ou l’obligé qui valorise les kWh cumac doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, c’est-à-dire avant la signature du devis ou du bon de commande. Un équilibrage déjà commandé dans le cadre d’un contrat d’exploitation, ou déjà réalisé, ne peut plus être valorisé.
- Éligible : bâtiment tertiaire existant, installation collective de chauffage à eau chaude, réglage réalisé par un professionnel, écart final entre locaux strictement inférieur à 2 °C.
- Hors champ : bâtiment neuf, logements, chauffage électrique direct, chauffage à air sans réseau d’eau, locaux chauffés chacun par un générateur indépendant.
- Le raisonnement se fait bâtiment par bâtiment : l’écart de 2 °C s’apprécie au sein d’un même bâtiment, et la surface chauffée se justifie pour chacun.
Comment se calcule le montant
Le barème du point 5 tient en une multiplication : un forfait par m², qui dépend de la zone climatique, multiplié par la surface chauffée S en m². Le forfait vaut 120 kWh cumac par m² en zone H1, 100 en zone H2 et 67 en zone H3. La zone est celle du département du bâtiment : Paris, Lyon, Lille, Strasbourg ou Grenoble sont en H1 ; Nantes, Bordeaux, Toulouse ou Rennes en H2 ; Marseille, Nice, Montpellier ou Perpignan en H3. Plus l’hiver est long, plus le chauffage tourne, plus un réseau équilibré fait gagner sur la saison.
La fiche ne définit pas la surface chauffée. Elle écrit « surface chauffée (m²) », rien de plus : ni surface utile, ni surface de plancher, ni mode de mesure. La lecture prudente consiste à retenir la surface des locaux effectivement chauffés par l’installation qui a été équilibrée, et à l’appuyer sur un document vérifiable : plans cotés, attestation de surface, descriptif du bail ou de l’acte. On exclut ce qui n’est pas chauffé par ce réseau : parkings, locaux techniques, réserves non chauffées, ailes alimentées par une autre production. Si seule une partie du bâtiment a été équilibrée, on ne compte que la surface desservie par les vannes réglées.
Aucun autre paramètre n’intervient : ni le nombre de vannes réglées, ni l’âge de la chaudière, ni l’énergie utilisée. Deux bâtiments de même surface dans la même zone donnent le même volume, que l’un ait vingt vannes et l’autre deux cents. C’est l’uniformité des températures qui est valorisée, pas l’effort fourni pour l’obtenir.
| Zone climatique | Montant par m² de surface chauffée | Source |
|---|---|---|
| H1 | 120 kWh cumac | Fiche BAT-SE-103, point 5 |
| H2 | 100 kWh cumac | Fiche BAT-SE-103, point 5 |
| H3 | 67 kWh cumac | Fiche BAT-SE-103, point 5 |
| Formule | Forfait de la zone × S, surface chauffée en m² | Résultat en kWh cumac |
| Durée de vie conventionnelle | 10 ans | Fiche BAT-SE-103, point 4 |
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Le forfait au m² paraît modeste à côté des fiches d’équipement, mais il s’applique à toute la surface du bâtiment. Posons les calculs.
Un immeuble de bureaux de 2 500 m² à Lyon, en zone H1, chauffé par une chaudière gaz collective et des radiateurs sur six colonnes, représente 120 × 2 500 = 300 000 kWh cumac. Un collège de 4 200 m² à Nantes, en zone H2, dont les salles côté nord n’atteignent jamais la consigne pendant que l’administration surchauffe, donne 100 × 4 200 = 420 000 kWh cumac. Un hôtel de 1 800 m² à Marseille, en zone H3, totalise 67 × 1 800 = 120 600 kWh cumac : le forfait est presque divisé par deux par rapport au nord, pour une saison de chauffe plus courte.
Les grandes surfaces donnent la mesure de la fiche. Un établissement d’hébergement pour personnes âgées de 6 000 m² à Strasbourg, en zone H1, vaut 120 × 6 000 = 720 000 kWh cumac. Un campus de trois bâtiments à Bordeaux, en zone H2, totalisant 12 000 m² chauffés par une même chaufferie, atteint 100 × 12 000 = 1 200 000 kWh cumac, à condition que chacun des trois bâtiments respecte l’écart de 2 °C et dispose de sa grille et de son relevé.
| Bâtiment | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|
| Bureaux, 2 500 m², Lyon, H1 | 120 × 2 500 | 300 000 |
| Collège, 4 200 m², Nantes, H2 | 100 × 4 200 | 420 000 |
| Hôtel, 1 800 m², Marseille, H3 | 67 × 1 800 | 120 600 |
| Hébergement, 6 000 m², Strasbourg, H1 | 120 × 6 000 | 720 000 |
| Campus de 3 bâtiments, 12 000 m², Bordeaux, H2 | 100 × 12 000 | 1 200 000 |
Les conditions techniques et les pièces du dossier
La fiche pose peu de conditions sur la façon de faire et beaucoup sur la façon de prouver. Côté exécution, le réglage des organes d’équilibrage, en pied de colonne et/ou au niveau des locaux, est réalisé par un professionnel. Le « et/ou » compte : un équilibrage limité aux pieds de colonne est admis, un équilibrage émetteur par émetteur aussi. Ce qui tranche, c’est le relevé de températures final.
La preuve de la réalisation de l’opération, en pratique la facture, doit mentionner le réglage des organes d’équilibrage ; une facture d’entretien annuel qui ne le nomme pas ne suffit pas. Trois documents spécifiques s’y ajoutent, tous datés et signés par le professionnel : le schéma hydraulique, la grille d’équilibrage et le tableau des températures, détaillés ci-dessous. Le schéma porte une double exigence : les vannes sont repérées sur le papier et étiquetées physiquement dans le bâtiment, pour qu’un contrôleur puisse passer du schéma à la vanne.
Deux formulations restent ouvertes. La fiche parle d’un échantillon des locaux sans fixer de taille ni de méthode, et de températures moyennes sans dire sur quelle durée. La lecture prudente est un échantillon qui représente le bâtiment, à chaque niveau et sur chaque orientation, relevé dans des conditions stabilisées et comparables : un relevé limité à trois bureaux du même couloir ne prouve rien sur l’uniformité.
| Exigence | Ce que dit la fiche | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Nature de l’opération | Réglage des organes d’équilibrage, en pied de colonne et/ou au niveau des locaux | La facture doit nommer ce réglage |
| Prestataire | Réalisé par un professionnel | Qualification non précisée ; un réglage fait en régie se discute avec le délégataire |
| Critère de résultat | Écart entre le local le plus chauffé et le moins chauffé strictement inférieur à 2 °C, dans un même bâtiment | 2,0 °C exactement ne passe pas |
| Schéma hydraulique | Simplifié, précisant l’implantation de toutes les vannes réglées et étiquetées sur site | Chaque vanne du schéma porte une étiquette physique au même repère |
| Grille d’équilibrage | Par vanne : repère, marque et référence ou caractéristiques hydrauliques, débit ou température de retour visés puis mesurés, valeur finale de réglage | Une ligne par vanne, colonnes « visé » et « mesuré » remplies |
| Tableau des températures | Températures moyennes sur un échantillon des locaux, après équilibrage | Daté et signé par le professionnel et par le bénéficiaire |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Un dossier BAT-SE-103 se contrôle sur pièces, et les pièces sont très descriptives : on voit vite si la grille a été remplie sur site ou reconstituée au bureau. Un contrôle sur place commence par l’étiquetage : si le repère V12 du schéma ne se retrouve pas sur la vanne correspondante dans le bâtiment, la chaîne de preuve est rompue. Avant d’engager, il faut caler le périmètre des locaux chauffés par le réseau réglé et sa surface, la zone climatique, la liste des vannes et l’organisation du relevé de températures.
- Écart final de 2 °C ou plus entre deux locaux du même bâtiment, ou tableau de températures absent : l’installation n’est pas équilibrée au sens de la fiche.
- Grille d’équilibrage incomplète : vannes sans référence ni caractéristiques hydrauliques, débit mesuré non renseigné, valeur de réglage finale absente.
- Vannes repérées sur le schéma mais non étiquetées sur site, ou étiquettes sans correspondance avec le schéma.
- Tableau des températures signé par le seul professionnel : la fiche exige en plus la signature du bénéficiaire.
- Surface chauffée gonflée : parkings, locaux non chauffés ou ailes alimentées par une autre production comptés dans S.
- Facture d’entretien, de mise en service ou de désembouage qui ne mentionne pas le réglage des organes d’équilibrage ; bâtiment neuf ou logements présentés sous le code BAT.
- Mandataire ou obligé intervenu après la signature du devis : le rôle actif et incitatif doit être établi au plus tard le jour de l’engagement.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’équilibrage hydraulique d’un chauffage collectif, concrètement ?
C’est le réglage des vannes placées en pied de colonne ou sur les émetteurs pour que chaque branche du réseau reçoive le débit d’eau chaude prévu. Le professionnel mesure le débit, ou la température de retour, de chaque vanne, l’ajuste jusqu’à la valeur visée et note la position finale. La fiche BAT-SE-103 considère le réseau équilibré quand l’écart entre le local le plus chaud et le plus froid d’un bâtiment est strictement inférieur à 2 °C.
Quelle surface retenir pour le calcul BAT-SE-103 ?
La fiche écrit « surface chauffée (m²) » sans la définir. La lecture prudente est la surface des locaux réellement chauffés par l’installation équilibrée, justifiée par un plan ou une attestation, hors parkings, réserves et locaux techniques non chauffés et hors zones alimentées par un autre réseau. Pour 1 000 m² chauffés, le montant est de 120 × 1 000 = 120 000 kWh cumac en H1, 100 × 1 000 = 100 000 en H2 et 67 × 1 000 = 67 000 en H3.
Faut-il poser de nouvelles vannes d’équilibrage pour bénéficier de la fiche ?
La fiche valorise le réglage des organes d’équilibrage, pas leur fourniture, et elle n’exige pas de vannes neuves. Si le réseau n’a pas de vannes réglables, ou si elles sont grippées, le professionnel devra en poser avant de régler, mais c’est le réglage, documenté dans la grille et validé par le relevé de températures, qui ouvre droit aux kWh cumac.
Combien de locaux faut-il relever dans le tableau des températures ?
La fiche demande un échantillon des locaux, sans nombre ni pourcentage. Ce qui compte est que l’écart entre le local le plus chauffé et le moins chauffé du bâtiment soit strictement inférieur à 2 °C, et qu’un lecteur extérieur puisse croire le relevé : locaux de chaque niveau et de chaque orientation, en particulier ceux qui étaient froids ou surchauffés avant l’intervention, relevés dans des conditions comparables. Le tableau est daté et signé par le professionnel et par le bénéficiaire.
Peut-on refaire une opération BAT-SE-103 sur le même bâtiment quelques années plus tard ?
La fiche fixe une durée de vie conventionnelle de 10 ans et ne dit rien d’un renouvellement, ni pour l’autoriser ni pour l’interdire. Un réglage bien fait reste valable tant que le réseau n’est pas modifié ; si des travaux changent la distribution, ajout d’une aile ou remplacement des émetteurs, un nouvel équilibrage redevient techniquement nécessaire. Le dossier doit alors montrer une opération distincte, avec sa propre grille et son propre relevé, et c’est le seul point où un échange préalable avec le délégataire qui valorise les certificats est utile.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.